Liban: les dirigeants unis contre l'enquête du port, pour maintenir l'impunité

Des partisans du Hezbollah assistent aux funérailles de certains de leurs membres qui ont été tués lors d'affrontements dans le quartier Tayouneh de la banlieue sud de la capitale Beyrouth la veille, le 15 octobre 2021. (AFP)
Des partisans du Hezbollah assistent aux funérailles de certains de leurs membres qui ont été tués lors d'affrontements dans le quartier Tayouneh de la banlieue sud de la capitale Beyrouth la veille, le 15 octobre 2021. (AFP)
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Publié le Mardi 19 octobre 2021

Liban: les dirigeants unis contre l'enquête du port, pour maintenir l'impunité

  • Les politiciens tentent par tous les moyens d'entraver le travail du juge Bitar, refusant de comparaître, multipliant les plaintes devant la justice à son encontre, ou appelant à son remplacement
  • La semaine dernière, le Hezbollah a fait défiler ses partisans et ceux de son allié, le mouvement Amal, au coeur de Beyrouth pour réclamer le remplacement du juge

BEIRUT: Malgré ses profondes divergences, la classe politique libanaise semble au moins unie sur un point: faire obstacle à l'enquête judiciaire sur l'explosion meurtrière au port de Beyrouth, dont les conclusions pourraient menacer sa survie, estiment des analystes.


Les dirigeants libanais se sont opposés à une enquête internationale sur l'explosion du 4 août 2020 qui a fait plus de 210 morts et dévasté des quartiers entiers de la capitale.


Le premier juge chargé de l'enquête locale a été écarté en février après avoir inculpé de hauts responsables, et le magistrat Tareq Bitar est soumis aux pressions et aux menaces depuis qu'il l'a remplacé.


Les politiciens tentent par tous les moyens d'entraver le travail du juge Bitar, refusant de comparaître, multipliant les plaintes devant la justice à son encontre, ou appelant à son remplacement.


"La classe dirigeante est unie dans sa volonté de voir l'enquête abandonnée, et elle fera tout son possible pour la faire échouer", estime Lina Khatib, directrice du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord au think tank Chatham House.

«Aller jusqu'au bout»
Pour l'analyste basée à Londres, "l'espoir de demander des comptes aux responsables de l'explosion faiblit en raison des divers moyens employés par la classe dirigeante pour arrêter l'enquête", dont "le recours à la violence".


Fer de lance de la campagne contre le juge Bitar, le puissant mouvement chiite Hezbollah l'a accusé de politiser l'enquête et a demandé son remplacement par un magistrat "honnête". 


L'affaire a provoqué la crise la plus grave pour le gouvernement de Najib Mikati, formé en septembre après 13 mois d'impasse politique et qui a dû suspendre ses réunions la semaine dernière après la demande du Hezbollah, de crainte d'une implosion du cabinet.


Pour Nadim Houry, directeur de l'Arab Reform Initiative, toute la classe dirigeante se sent menacée par ce qu'il qualifie de "lutte essentielle (...) pour l'Etat de droit".


"Une partie de la société a décidé d'aller jusqu'au bout et de réclamer la vérité", mais elle fait face à "une classe politique qui est prête à avoir recours aux menaces, à la violence, même à une nouvelle guerre civile pour empêcher cette recherche de la vérité d'aboutir", estime-t-il.


L'énorme déflagration au port a été déclenchée par un incendie dans un entrepôt qui abritait des tonnes de nitrate d'ammonium stockées "sans mesures de précaution", de l'aveu même des autorités qui sont accusées de "négligence criminelle".


Les familles des victimes voient dans le juge Bitar le seul espoir de justice au Liban où l'immunité a longtemps été la règle.


Après la guerre civile (1975-1990), le pays a proclamé une loi d'amnistie bénéficiant aux seigneurs de guerre dont beaucoup sont devenus des dirigeants politiques.


"C'est à l'idée même que l'un d'entre eux puisse être tenu pour responsable qu'ils résistent", estime M. Houry, en parlant de ces dirigeants.

«Régime d'impunité»
Si l'enquête aboutit, ce sera "un précédent" qui mettra fin au "régime d'impunité" en vertu duquel chaque parti au pouvoir ferme les yeux sur les abus des autres. 


La semaine dernière, le Hezbollah a fait défiler ses partisans et ceux de son allié, le mouvement Amal, au coeur de Beyrouth pour réclamer le remplacement du juge. Ces manifestants ont soudainement essuyé des tirs, déclenchant des violences qui ont fait sept morts, pour la plupart des membres des deux formations chiites.


Le Hezbollah et Amal ont accusé des francs-tireurs du parti des Forces Libanaises (FL) d'avoir visé leurs partisans, ce que dément le parti chrétien.


"Le Hezbollah agit de plus en plus comme la garde prétorienne du régime", estime Nadim Houry.


"Nous sommes aujourd'hui à un tournant: pour la première fois dans l'histoire du Liban, un juge poursuit de haut responsables", explique Nizar Saghié, directeur de l'ONG Legal Agenda.


"La classe politique est habituée depuis des décennies à l'impunité et à contrôler la justice, c'est pour cela qu'elle a peur et lance cette virulente attaque contre le juge Bitar", ajoute-t-il.


Et en ayant recours aux menaces ou en agitant le spectre d'une nouvelle guerre civile, elle "veut aussi convaincre les Libanais que le prix de la justice est trop élevé", estime Lina Khatib. 


Netanyahu affirme qu'Israël est proche de son objectif de tuer tous les responsables du 7-Octobre

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré dimanche qu'Israël était sur le point d'atteindre l'un de ses objectifs: tuer tous les responsables de l'organisation des attaques du 7-Octobre, selon un communiqué de son bureau. (AFP)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré dimanche qu'Israël était sur le point d'atteindre l'un de ses objectifs: tuer tous les responsables de l'organisation des attaques du 7-Octobre, selon un communiqué de son bureau. (AFP)
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  • Depuis l'incursion meurtrière en Israël des combattants du Hamas et leurs alliés le 7-octobre, l'armée a notamment tué Yahya Sinouar, le chef du Hamas à Gaza, considéré comme le principal cerveau de l'attaque du 7 octobre
  • Israël a également tué Mohammed Deif, chef historique de la branche armée du Hamas et autre architecte clé de l'attaque

 


JERUSALEM: Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré dimanche qu'Israël était sur le point d'atteindre l'un de ses objectifs: tuer tous les responsables de l'organisation des attaques du 7-Octobre, selon un communiqué de son bureau.

Ses propos faisaient suite à l'annonce la veille par l'armée israélienne de la mort d'Ezzedine Al-Haddad, commandant de la branche armée du Hamas, mort vendredi lors d'une frappe aérienne ciblée à Gaza.

Au lendemain de l'attaque du mouvement islamiste palestinien Hamas du 7 octobre 2023 sur le sol israélien, M. Netanyahu avait promis de traquer les cerveaux de cette attaque qui, selon un décompte de l'AFP basé sur des chiffres officiels, a fait 1.221 morts en Israël, en majorité des civils.

"J'ai promis que chaque architecte du massacre et de la prise d'otages serait éliminé jusqu'au dernier, et nous sommes très proches d'achever cette mission", a déclaré M. Netanyahu lors du conseil des ministres hebdomadaire, qualifiant Ezzedine Al-Haddad de "terroriste méprisable".

Depuis l'incursion meurtrière en Israël des combattants du Hamas et leurs alliés le 7-octobre, l'armée a notamment tué Yahya Sinouar, le chef du Hamas à Gaza, considéré comme le principal cerveau de l'attaque du 7 octobre.

Israël a également tué Mohammed Deif, chef historique de la branche armée du Hamas et autre architecte clé de l'attaque.

M. Netanyahu a réaffirmé dimanche que les forces israéliennes contrôlaient actuellement 60% du territoire de Gaza.

Cette déclaration laisse entendre que l'armée a continué d'étendre sa présence opérationnelle dans le territoire, après de récents articles de presse affirmant que les troupes israéliennes avaient progressé vers une nouvelle ligne dite "orange".

Selon les termes du cessez-le-feu négocié par les Etats-Unis entre Israël et le Hamas, en vigueur depuis le 10 octobre, les forces israéliennes devaient se replier jusqu'à une "ligne jaune" à Gaza, leur laissant le contrôle de plus de 50% du territoire palestinien.

"Nous tenons le Hamas à notre merci. Nous savons exactement quelle est notre mission, et notre mission est de garantir que Gaza ne représentera plus jamais une menace pour Israël", a encore déclaré M. Netanyahu.

La campagne militaire israélienne contre le Hamas depuis les attaques d’octobre 2023 a fait au moins 72.763 morts à Gaza, selon des chiffres du ministère de la Santé du territoire, contrôlé par le Hamas, jugés fiables par les Nations unies.

 


L'Arabie saoudite condamne l'attaque de drone près de la centrale nucléaire d'Abou Dhabi

 Le ministère des affaires étrangères de l'Arabie saoudite a déclaré que l'attaque menaçait la sécurité et la stabilité régionales. (SPA)
Le ministère des affaires étrangères de l'Arabie saoudite a déclaré que l'attaque menaçait la sécurité et la stabilité régionales. (SPA)
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  • Ministère des Affaires étrangères : L'attentat menace la sécurité et la stabilité régionales
  • Le Koweït, le Bahreïn et le chef de la Ligue arabe expriment également leur condamnation

RIYAD: L'Arabie saoudite a condamné une attaque de drone qui a visé un générateur d'électricité aux Émirats arabes unis, situé à l'extérieur du périmètre de la centrale nucléaire de Barakah, dans la région d'Al-Dhafra, à Abou Dhabi.

Le ministère des Affaires étrangères a déclaré que cette attaque menaçait la sécurité et la stabilité régionales, et a exprimé sa solidarité avec les Émirats arabes unis et son soutien à toutes les mesures visant à préserver leur souveraineté, leur sécurité et leur intégrité territoriale, a rapporté l'agence de presse saoudienne.

Les ministères des affaires étrangères du Koweït et de Bahreïn, ainsi que le secrétaire général de la Ligue arabe, Ahmed Aboul Gheit, ont également condamné l'attentat.

Le Koweït a déclaré que le fait de viser des installations nucléaires pacifiques constituait une violation flagrante du droit international et représentait un risque pour les civils, l'environnement et la sécurité.

Bahreïn a réaffirmé sa solidarité avec les Émirats arabes unis et a félicité les forces de défense aérienne d'Abou Dhabi pour leur réponse à la menace.

M. Aboul Gheit a exprimé son soulagement après les déclarations de l'Autorité fédérale de régulation nucléaire des Émirats arabes unis selon lesquelles l'incendie provoqué par l'attaque avait été circonscrit.

L'autorité "a confirmé que l'incendie n'a pas affecté la sécurité de la centrale ou l'état de préparation de ses systèmes essentiels, et que toutes les unités fonctionnent normalement".

Les Émirats arabes unis n'ont pas précisé qui avait lancé le drone ni son territoire d'origine.

L'attaque s'est produite pendant un fragile cessez-le-feu entre les États-Unis et l'Iran, alors que près de 40 pays préparent des efforts pour rouvrir le détroit d'Ormuz, fermé depuis fin février, ce qui a perturbé les marchés du pétrole et du gaz.


Le ministère de la défense saoudien annonce l'interception de trois drones en provenance de l'espace aérien irakien

Le porte-parole du ministère de la Défense du Royaume, le général de division Turki Al-Maliki, a déclaré que le Royaume prendrait les mesures opérationnelles nécessaires pour répondre à toute tentative de violation de sa souveraineté et de sa sécurité. (SPA)
Le porte-parole du ministère de la Défense du Royaume, le général de division Turki Al-Maliki, a déclaré que le Royaume prendrait les mesures opérationnelles nécessaires pour répondre à toute tentative de violation de sa souveraineté et de sa sécurité. (SPA)
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  • Le porte-parole du ministère de la Défense du Royaume, le général de division Turki Al-Maliki, a déclaré qu'il prendrait les mesures opérationnelles nécessaires pour répondre à toute tentative de violation de sa souveraineté et de sa sécurité
  • M. Al-Maliki a ajouté qu'il prendrait également des mesures pour assurer la sécurité des citoyens et des résidents sur le territoire saoudien

RIYAD: L'Arabie saoudite a déclaré dimanche avoir intercepté trois drones qui avaient pénétré sur son territoire depuis l'espace aérien irakien.

Le porte-parole du ministère de la Défense du Royaume, le général de division Turki Al-Maliki, a déclaré qu'il prendrait les mesures opérationnelles nécessaires pour répondre à toute tentative de violation de sa souveraineté et de sa sécurité.

M. Al-Maliki a ajouté qu'il prendrait également des mesures pour assurer la sécurité des citoyens et des résidents sur le territoire saoudien.

Bien que les hostilités dans le cadre du conflit iranien aient été largement réduites depuis l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu en avril, des drones ont été lancés depuis l'Irak en direction des pays du Golfe.