Violences au Liban: le ministre de la Défense écarte la thèse de l’embuscade

Les partisans du Hezbollah et du mouvement Amal, qui veulent destituer le juge Tarek Bitar, ont mené la protestation. (Photo, AFP)
Les partisans du Hezbollah et du mouvement Amal, qui veulent destituer le juge Tarek Bitar, ont mené la protestation. (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 19 octobre 2021

Violences au Liban: le ministre de la Défense écarte la thèse de l’embuscade

  • Les affrontements du jeudi passé ont tué 7 personnes et en ont blessé 32
  • L’incident s’est transformé en un débat à la fois politique et juridique

BEYROUTH: Les échanges de tirs sanglants qui ont eu lieu la semaine passée dans les rues de Beyrouth auraient été provoqués par «un incident malencontreux, et non par une embuscade», a dit le ministre libanais de la Défense, Maurice Selim, ce lundi.

Les affrontements du jeudi passé ont tué 7 personnes et en ont blessé 32, après qu’une manifestation contre le juge menant l’enquête sur l’explosion du port de Beyrouth a dégénéré. 

Les partisans du Hezbollah et du mouvement d’Amal, qui veulent que le juge Tarek Bitar soit retiré de l’affaire, ont mené la protestation.

Le Hezbollah a accusé le parti des Forces libanaises, qui soutient Bitar, d’avoir tiré sur les gens lors de la manifestation.

Selim a cependant déclaré à la chaîne télévisée LBC que «la manifestation a pris un mauvais tournant et des affrontements ont éclaté. Les raisons qui ont engendré la violence seront déterminées par l’investigation en cours qui se base sur des faits et des preuves et qui traduira les responsables en justice.»

Les affrontements armés se sont produits entre le quartier de Chiyah à prédominance chiite et le quartier chrétien d’Ain Al-Rummaneh. Des mitrailleuses et des lance-roquettes ont été utilisés.

Les images de surveillance de l’une des entrées qui mènent à Ain Al-Rummaneh se sont vite répandues. Elles montraient des manifestants soumis à des tirs délibérés lancés par des tireurs embusqués qui étaient sur les toits des immeubles résidentiels.

L’enregistrement a montré un membre de l’armée libanaise tirer sur une personne qui a insisté à contourner le point de contrôle militaire et à entrer à Ain Al-Rummaneh.

Le chaos a régné au moment où l’homme a été abattu. Les gens se sont mis à jeter des pierres et il y a eu un échange de tirs.

D’après le commandement militaire, «le soldat qui a ouvert le feu a été arrêté et est interrogé par le système judiciaire compétent.»

Jusqu’à présent, 20 personnes des deux camps ont été arrêtées.

Hussein Hajj Hassan, député du Hezbollah, a accusé les Forces libanaises d’avoir «massacré» les manifestants pacifiques, bien que la vidéo ait montré un soldat leur tirant dessus.

«Le Hezbollah pense que les partisans des Forces libanaises sont les tueurs et les criminels. Mais l’opposition, le Hezbollah et le mouvement d’Amal ne seront pas entraînés dans une guerre civile puisqu’ils sont conscients du complot malveillant mis en place par les Forces libanaises», a-t-il ajouté.

L’incident s’est transformé en un débat politique et juridique.

Des ministres du Hezbollah et du mouvement d’Amal s’abstiennent de participer aux réunions du cabinet jusqu’à ce que Bitar soit retiré de l’affaire et que «les agresseurs et tous ceux qui sont impliqués dans les affrontements de Tayouneh – tireurs, francs-tireurs, commandants, chefs, et toute autre personne concernée – soient tenus responsables et poursuivis en justice», a précisé Hajj Hassan.

Le gouvernement libanais est non opérationnel depuis vendredi passé, jour de deuil suivi du weekend.

Toutes les institutions vont reprendre leur travail mardi, y compris le parlement, qui prévoit une séance plénière pour rétablir l’immunité des députés, surtout ceux que Bitar avait convoqués.

Le député du bloc parlementaire "Développement et Libération", Kassem Hachem, a nié les nouvelles qui circulent à propos du projet de loi accéléré qui aurait pour but d’établir une autorité judiciaire exceptionnelle qui examine les décisions, les procédures et les arrestations menées par Bitar, hormis l’acte d’accusation qu’il a émis pour accéder aux procès publics devant le Conseil de la magistrature.

 «Cette affaire contredit les principes constitutionnels que nous respectons particulièrement. Le projet de loi a besoin d’un amendement constitutionnel et cela ne sera pas possible», a dit Hachem.

Le président Michel Aoun et le premier ministre Najib Mikati tiennent à l’indépendance du système judiciaire et ont appelé à la non-ingérence dans les affaires judiciaires.

Le Conseil supérieur de la magistrature n’a pas le pouvoir d’écarter Bitar ni de l’obliger à mener son enquête d’une façon ou d’une autre.

Toutefois, le déroulement de l’enquête de Bitar fait toujours l’objet de pressions.

Lundi, le Grand Mufti de la République, Cheikh Abdul Latif Derian, a exprimé ses inquiétudes quant à la coexistence, le document d’entente nationale et la Constitution.

 «Nous devons nous conformer à la justice, mais la voie de la justice doit être claire pour que les gens ne soient pas divisés au sujet de la justice, comme ils le sont au sujet de la politique», a-t-il affirmé, tout en mettant en garde contre le «chemin suicidaire» que tout le monde se hâte d’emprunter «avec enthousiasme».

Il a dit que l’ambiance qui régnait nous a rappelé le début de la guerre civile.

 «Tout Libanais raisonnable doit s’abstenir de s’engager dans des actions suicidaires et doit œuvrer pour la Constitution, la coexistence et la paix civile. Se battre dans la rue est interdit, quelle qu’en soit la raison. Les solutions sont trouvées par des moyens pacifiques et non par le recours aux armes non contrôlées dans le rues, notamment dans la capitale.»

Dimanche, le patriarche maronite, le cardinal Béchara Boutros Rahi, a dit que nuire à la paix nationale et au bon voisinage était inadmissible, quelle qu’en soit l’origine.

 «Nous ne retournerons pas aux accusations arbitraires, aux mobilisations sectaires, aux tentatives d’isolement et à la fabrication de dossiers contre tel ou tel autre groupe. Nous ne désignerons pas de boucs-émissaires et nous ne remplacerons par la justice par la vengeance.»

Rahi a insisté sur l’importance de se conformer à la loi et d’éviter les ingérences politiques, sectaires et partisanes. «Nous devons respecter l’indépendance des autorités judiciaires et les laisser corriger ce qui doit l’être par des moyens légaux.»

Il a également appelé le cabinet à se réunir, étant donné que chaque ministre se doit de respecter l’autorité judiciaire et d’assumer ses responsabilité au nom du peuple libanais et non de celui de «personnalités influentes».

 «La force ne fait pas peur à ceux qui croient en le Liban. Il n’y a pas de parties faibles au Liban. Nous sommes tous forts grâce à notre droit d’exister librement et à notre loyauté envers la patrie, sans ingérence aucune.»

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'armée israélienne annonce avoir frappé un site en Iran utilisé selon elle pour produire des armes nucléaires

L'armée israélienne a annoncé jeudi avoir frappé un site en Iran utilisé selon elle pour produire des armes nucléaires, au 13e jour de la guerre déclenchée par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique. (AFP)
L'armée israélienne a annoncé jeudi avoir frappé un site en Iran utilisé selon elle pour produire des armes nucléaires, au 13e jour de la guerre déclenchée par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique. (AFP)
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  • "Dans le cadre des vagues de frappes menées ces derniers jours", l'armée de l'air israélienne a bombardé "le complexe +Taleghan+ (...) utilisé par le régime pour développer des capacités essentielles à la fabrication d'armes nucléaires"
  • "L'armée israélienne a récemment découvert que le régime avait pris des mesures pour réhabiliter le complexe après qu'il a été frappé en octobre 2024", poursuit le texte

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé jeudi avoir frappé un site en Iran utilisé selon elle pour produire des armes nucléaires, au 13e jour de la guerre déclenchée par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique.

"Dans le cadre des vagues de frappes menées ces derniers jours", l'armée de l'air israélienne a bombardé "le complexe +Taleghan+ (...) utilisé par le régime pour développer des capacités essentielles à la fabrication d'armes nucléaires", a déclaré l'armée dans un communiqué.

L'armée fait probablement référence à une installation située à Parchin, au sud-est de Téhéran, où, selon l'Institut pour la science et la sécurité internationale, un organisme basé aux Etats-Unis spécialisé dans la surveillance de la prolifération nucléaire, l'Iran mène des activités militaires secrètes.

"L'armée israélienne a récemment découvert que le régime avait pris des mesures pour réhabiliter le complexe après qu'il a été frappé en octobre 2024", poursuit le texte.

Début mars, l'armée israélienne avait annoncé avoir frappé un centre militaire souterrain secret du programme nucléaire de l'Iran dans la région de Téhéran, où d'après elle des scientifiques travaillaient sur "un élément clé de la capacité du régime iranien à développer des armes atomiques".

Israël et les Occidentaux affirment que l'Iran cherche à se doter de l'arme atomique, ce que la République islamique dément tout en défendant son droit à développer un programme nucléaire civil.

Israël a lancé le 28 février, conjointement avec les Etats-Unis, une offensive massive pour faire disparaître la "menace existentielle" que représentent selon lui les programmes nucléaire et balistique iraniens.

Les responsables israéliens affirment que Téhéran avait intensifié ses efforts pour se doter de l'arme atomique depuis la fin de la guerre de 12 jours déclenchée en juin 2025 par Israël, au cours de laquelle les Etats-Unis avaient bombardé trois installations nucléaires, dont une usine d'enrichissement.

 


Iran: plus de 3 millions de déplacés depuis le début de la guerre, selon le HCR

Quelque 3,2 millions d'Iraniens ont été déplacés à l'intérieur de l'Iran depuis le début de la guerre opposant ce pays à Israël et aux Etats-Unis, a annoncé jeudi le Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR). (AFP)
Quelque 3,2 millions d'Iraniens ont été déplacés à l'intérieur de l'Iran depuis le début de la guerre opposant ce pays à Israël et aux Etats-Unis, a annoncé jeudi le Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR). (AFP)
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  • Les Etats-Unis et Israël ont lancé conjointement le 28 février une vaste offensive contre l'Iran. Cette offensive a déclenché une guerre dans l'ensemble du Moyen-Orient
  • Alors que les frappes se poursuivaient jeudi en Iran et dans la région au 13e jour du conflit, le HCR a aussi voulu attirer l'attention sur les personnes réfugiées en Iran

GENEVE: Quelque 3,2 millions d'Iraniens ont été déplacés à l'intérieur de l'Iran depuis le début de la guerre opposant ce pays à Israël et aux Etats-Unis, a annoncé jeudi le Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR).

"Selon des estimations préliminaires, entre 600.000 et 1 million de foyers iraniens sont actuellement déplacés temporairement à l’intérieur du pays en raison du conflit en cours, ce qui représente jusqu’à 3,2 millions de personnes", a annoncé dans un communiqué Ayaki Ito, directeur de la division des urgences et du soutien aux programmes du HCR.

"La plupart d’entre eux fuient Téhéran et d’autres grandes agglomérations pour se réfugier dans le nord du pays et les zones rurales", a-t-il ajouté, estimant que "ce chiffre devrait continuer d’augmenter tant que les hostilités se poursuivent".

Les Etats-Unis et Israël ont lancé conjointement le 28 février une vaste offensive contre l'Iran. Cette offensive a déclenché une guerre dans l'ensemble du Moyen-Orient.

Alors que les frappes se poursuivaient jeudi en Iran et dans la région au 13e jour du conflit, le HCR a aussi voulu attirer l'attention sur les personnes réfugiées en Iran.

"Les familles de réfugiés accueillies dans le pays, majoritairement afghanes, sont également touchées. Leur situation précaire et leurs réseaux de soutien limités les rendent particulièrement vulnérables", a prévenu M. Ito.

"Face à l'insécurité croissante et à l'accès restreint aux services essentiels, ces familles quittent les zones sinistrées", a-t-il ajouté, précisant que le HCR "collabore avec les autorités nationales et ses partenaires pour évaluer les nouveaux besoins et renforcer sa préparation face à l'augmentation des mouvements de population".

Dans son communiqué, le HCR a encore alerté sur "l'urgence de protéger les civils, de maintenir l'accès humanitaire et de garantir l'ouverture des frontières aux personnes en quête de sécurité, conformément aux obligations internationales".

 


Liban: huit morts dans une nouvelle frappe sur Beyrouth, Israël menace d'une offensive terrestre

De nouvelles frappes israéliennes ont fait 11 morts au Liban, dont huit sur le front de mer à Beyrouth où des déplacés dorment dans des tentes, Israël menaçant "d'étendre" ses opérations terrestres contre le Liban où il mène depuis le 2 mars une vaste campagne de frappes aériennes. (AFP)
De nouvelles frappes israéliennes ont fait 11 morts au Liban, dont huit sur le front de mer à Beyrouth où des déplacés dorment dans des tentes, Israël menaçant "d'étendre" ses opérations terrestres contre le Liban où il mène depuis le 2 mars une vaste campagne de frappes aériennes. (AFP)
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  • Cette guerre a fait plus de 687 morts, dont 98 enfants et 52 femmes, et déplacé plus de 800.000 personnes, selon le dernier bilan libanais officiel
  • Alors que le Hezbollah a annoncé mercredi soir intensifier ses attaques contre Israël, le ministre israélien de la Défense Israël Katz a déclaré jeudi avoir ordonné à l'armée de se préparer à "étendre" ses opérations au Liban

BEYROUTH: De nouvelles frappes israéliennes ont fait 11 morts au Liban, dont huit sur le front de mer à Beyrouth où des déplacés dorment dans des tentes, Israël menaçant "d'étendre" ses opérations terrestres contre le Liban où il mène depuis le 2 mars une vaste campagne de frappes aériennes.

Cette guerre a fait plus de 687 morts, dont 98 enfants et 52 femmes, et déplacé plus de 800.000 personnes, selon le dernier bilan libanais officiel.

Alors que le Hezbollah a annoncé mercredi soir intensifier ses attaques contre Israël, le ministre israélien de la Défense Israël Katz a déclaré jeudi avoir ordonné à l'armée de se préparer à "étendre" ses opérations au Liban.

"J'ai averti le président libanais que si son gouvernement ne parvient pas à contrôler le territoire et à empêcher le Hezbollah de menacer les communautés du nord et de tirer sur Israël, nous prendrons des territoires et le ferons nous-mêmes", a-t-il dit.

Selon Israël, le Hezbollah a mené mercredi soir une attaque coordonnée avec l'Iran, lançant quelque "200 roquettes et environ 20 drones", combinés à des missiles balistiques tirés par Téhéran.

Le Liban a été entraîné dans la guerre au Moyen-Orient lorsque le Hezbollah a attaqué Israël en riposte à la mort du guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, tué lors de frappes américano-israéliennes.

A Beyrouth, une nouvelle frappe a ciblé dans la nuit le front de mer de Ramlet al-Bayda où ont afflué les déplacés venus des bastions du Hezbollah,  faisant huit morts et 31 blessés selon un dernier bilan officiel.

"Nous avons soudain entendu le fracas d'une explosion", dit Aseel Habbaj, une femme portant son bébé, qui dormait dans une tente avec sa famille. Elle dit avoir "vu des gens tués étendus par terre", avant qu'une deuxième frappe blesse son mari.

"Nous avons choisi cet endroit parce qu'on aurait jamais imaginé qu'Israël frappe" en plein cœur de Beyrouth, dit Dalal al-Sayed, 40 ans.

"Carnage" 

Elle dit qu'après la première frappe, "une deuxième a suivi" au moment ou des personnes s'étaient rassemblées autour du site visé, causant "un carnage".

Cette femme ayant fui le sud du Liban dit qu'elle continuera de vivre sous la tente sur le front de mer, n'ayant nulle part où aller.

Un correspondant de l'AFP sur place a vu une moto et deux voitures endommagées. Des taches de sang maculent le trottoir et un petit trou est visible dans le sol.

Les éclats d'obus ont atteint quelques tentes.

Il s'agit de la troisième attaque au cœur de la capitale depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, après une frappe contre un hôtel en bord de mer dimanche et un raid contre un appartement mercredi.

Des frappes ont également visé Aramoun, un quartier résidentiel au sud de Beyrouth, hors des bastions du Hezbollah, faisant trois morts et un blessé, un enfant, selon le bilan initial du ministère de la Santé.

Mercredi soir, l'armée israélienne avait annoncé avoir déclenché une nouvelle série de frappes "à grande échelle" sur la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah régulièrement bombardé depuis dix jours et dont une grande partie de la population a fui.

Désolation 

L'armée israélienne a dit avoir atteint dix cibles liées au Hezbollah dans le sud de Beyrouth, dont un quartier général du renseignement, des centres de commandement, et "des dizaines de lanceurs".

Jeudi matin, un photographe de l'AFP a rapporté un spectacle de désolation dans la banlieue déserte: immeubles en ruines, certains encore en feu, et gravats jonchant les rues.

Alors que toutes les issues diplomatiques semblent bloquées, le président français Emmanuel Macron a appelé mercredi Israël sur X à "clairement renoncer à une offensive terrestre au Liban" et le Hezbollah à "immédiatement mettre fin à ses attaques", après s'être entretenu avec son homologue libanais Joseph Aoun.

Israël a massé des troupes à sa frontière avec le Liban et son armée s'est avancée dans plusieurs villages frontaliers depuis le début de la guerre.

Jeudi en milieu de journée, l'Agence nationale d’information (Ani, officielle) a rapporté des frappes sur plusieurs villages du sud, dont certains proches de la frontière.