France: l'ex-président Sarkozy convoqué le 2 novembre au procès des sondages de l'Elysée

L'ancien président français Nicolas Sarkozy arrive pour les funérailles du journaliste français Etienne Mougeotte à l'église Saint-François-Xavier à Paris le 13 octobre 2021 (Photo, AFP)
L'ancien président français Nicolas Sarkozy arrive pour les funérailles du journaliste français Etienne Mougeotte à l'église Saint-François-Xavier à Paris le 13 octobre 2021 (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 19 octobre 2021

France: l'ex-président Sarkozy convoqué le 2 novembre au procès des sondages de l'Elysée

L'ancien président français Nicolas Sarkozy arrive pour les funérailles du journaliste français Etienne Mougeotte à l'église Saint-François-Xavier à Paris le 13 octobre 2021 (Photo, AFP)
  • Cité au procès par l'association de lutte contre la corruption Anticor, à l'origine de l'affaire, l'ex-chef d'Etat (2007-2012) avait indiqué dans une lettre qu'il n'entendait pas venir témoigner
  • Selon la Constitution française, le président de la République est couvert par une immunité pour les actes accomplis au cours de son mandat, mais le texte suprême «ne fait nullement obstacle à ce qu'un ancien président soit entendu en qualité de témoin»

PARIS: Le tribunal judiciaire de Paris a ordonné mardi l'audition de l'ancien président français Nicolas Sarkozy comme témoin au procès des sondages surfacturés commandés par la présidence pendant son quinquennat, un dossier dans lequel il n'est pas poursuivi car couvert par son immunité présidentielle. 

Cité au procès par l'association de lutte contre la corruption Anticor, à l'origine de l'affaire, l'ex-chef d'Etat (2007-2012) avait indiqué dans une lettre qu'il n'entendait pas venir témoigner. Le tribunal a cependant « ordonné que ce témoin soit amené devant lui par la force publique pour qu'il soit entendu le 2 novembre ». 

Le tribunal « considère qu'il résulte de l'ordonnance dont il est saisi que le témoignage de Nicolas Sarkozy est effectivement (...) nécessaire à la manifestation de la vérité » et qu'il est « susceptible d'avoir une influence sur les faits reprochés aux prévenus », a souligné mardi le président du tribunal. 

Selon la Constitution française, le président de la République est couvert par une immunité pour les actes accomplis au cours de son mandat, mais le texte suprême « ne fait nullement obstacle à ce qu'un ancien président soit entendu en qualité de témoin », a rappelé le magistrat, qui a aussi cité la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) concernant les droits de la défense des prévenus. 

Interrogé sur cette décision, l'entourage de Nicolas Sarkozy n'a pas souhaité s'exprimer « à ce stade ». 

Déjà cité au cours de l'instruction en 2016 par Anticor, Nicolas Sarkozy avait refusé de venir et le juge d'instruction chargé à l'époque du dossier, Serge Tournaire, avait alors estimé que l'y contraindre serait « disproportionné ». 

Lundi, le Parquet national financier (PNF), qui représente l'accusation à ce procès, avait estimé que « la position du juge d'instruction » était « une position de bon sens et de sagesse », ajoutant »s'en remettre » au tribunal concernant un éventuel recours à la force publique. 

Cinq anciens proches de Nicolas Sarkozy, dont l'ex-secrétaire général de la présidence Claude Guéant, sont jugés pour des soupçons de favoritisme et de détournement de fonds publics autour de contrats de conseil et de sondages entre 2007 et 2012. 

Le procès doit durer quatre semaines. 


Violences aux Antilles: le gouvernement «prêt» à parler de l'autonomie de la Guadeloupe

"Personnel et service de diabétologie en souffrance", peut-on lire en créole antillais sur le T-Shirt de cette employée en grève du CHU de Pointe-à-Pitre. (Photo, AFP)
"Personnel et service de diabétologie en souffrance", peut-on lire en créole antillais sur le T-Shirt de cette employée en grève du CHU de Pointe-à-Pitre. (Photo, AFP)
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  • «Certains élus ont posé la question en creux de l'autonomie», a déclaré Sébastien Lecornu
  • Lecornu a également annoncé le financement de «1 000 emplois aidés pour les jeunes, avec un accompagnement spécifique et une formation»

POINTE-À-PITRE : Le gouvernement est "prêt" à parler de l'autonomie de la Guadeloupe, département touché par une violente crise, a indiqué vendredi le ministre des Outre-mer Sébastien Lecornu, annonçant également la création de "1 000 emplois aidés pour les jeunes".

Lors des réunions de ces derniers jours pour tenter de résoudre la crise, née d'un refus de l'obligation vaccinale avant d'embrasser des revendications sociales, "certains élus ont posé la question en creux de l'autonomie", a déclaré Sébastien Lecornu dans une allocution télévisée aux Guadeloupéens.

"D'après eux, la Guadeloupe pourrait mieux se gérer d'elle-même. Ils souhaitent moins d'égalité avec l'Hexagone, plus de liberté de décision par les décideurs locaux. Le gouvernement est prêt à en parler, il n'y a pas de mauvais débats du moment que ces débats servent à résoudre les vrais problèmes du quotidien des Guadeloupéens", a poursuivi le ministre.

M. Lecornu a également annoncé le financement de "1 000 emplois aidés pour les jeunes, avec un accompagnement spécifique et une formation, dans le secteur non marchand, pour soutenir les collectivités ou les associations sociales, sportives, environnementales du territoire".

En Guadeloupe, 34,5% de la population vit en-dessous du seuil de pauvreté national, avec un fort taux de chômage (19%), notamment chez les jeunes (35% en 2020 contre une moyenne nationale de 20%).

Pour tenter d'apaiser les esprits et mettre fin aux violences, le gouvernement avait auparavant indiqué qu'il repoussait au 31 décembre la mise en œuvre de l'obligation vaccinale des soignants et pompiers en Guadeloupe comme en Martinique, où la contestation a fait tache d'huile.

Par ailleurs, le préfet de Guadeloupe "a décidé la prorogation du couvre-feu de 18 heures à 5 heures jusqu'au lundi 29 novembre 2021 à 5 heures".

Jeudi, le préfet de Martinique avait, lui, instauré un couvre feu "de 19H00 à 5H00 jusqu'au retour au calme".

Ce qui avait commencé il y a quelques jours dans ces deux îles avec des blocages et des piquets de grèves a vite dérapé en violences contre les forces de l'ordre, incendies et pillages.

Levée des suspensions

Sébastien Lecornu et le ministre de la Santé Olivier Véran ont aussi annoncé la levée des suspensions pour les personnels qui accepteront un accompagnement individuel.

Par contre, ceux qui refuseront "poursuivront leur suspension", ajoute le texte.

Cette annonce "ne change rien: nous ne sommes pas satisfaits de cette décision. Nous demandons le retrait de l'obligation vaccinale car notre liberté de choisir est bafouée, et du pass sanitaire qui empêche tout le monde de vivre", a réagi Sormain Sandrou, secrétaire général adjoint de l'UTS-UGTG du CHU de Pointe-à-Pitre, présent sur le piquet de grève devant l'établissement.

"J'ai l'impression qu'on ne s'entend pas, qu'on ne se comprend pas (...) On veut une dérogation pour que cette loi ne soit pas appliquée chez nous! Et pas que chez les pompiers !", a pour sa part clamé Jocelyn Zou, représentant du syndicat Force Ouvrière chez les pompiers, à l'antenne de la radio RCI.


L'archevêque de Paris démissionne à cause d'un «comportement ambigu» avec une femme

L'archevêque de Paris Mgr Michel Aupetit. (Photo, AFP)
L'archevêque de Paris Mgr Michel Aupetit. (Photo, AFP)
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  • La demande de démission «n'est pas un aveu de culpabilité mais un geste d'humilité, une mise à disposition», a souligné le diocèse
  • Il ne s'agissait «pas d'une relation amoureuse», Mgr Michel Aupetit «s'en était ouvert à sa hiérarchie à l'époque»

PARIS : Le Vatican tranchera: l'archevêque de Paris Mgr Michel Aupetit a remis cette semaine au pape François sa démission après avoir été accusé, dans la presse, d'avoir entretenu une relation intime avec une femme, ce qu'il a catégoriquement démenti.

Nommé en 2017, l'archevêque, 70 ans, "a proposé au pape de lui remettre sa démission" par "un courrier envoyé cette semaine", a déclaré à l'AFP le diocèse de Paris, confirmant une information du journal Le Figaro.

Seul le pape peut décider de l'accepter ou de la rejeter.

En 2012, "il a eu un comportement ambigu avec une personne très présente vis-à-vis de lui", a admis le diocèse.

Mercredi sur son site internet, l'hebdomadaire français Le Point affirmait que l'archevêque avait eu cette année-là une relation intime et consentie avec une femme, faisant référence à un courriel qu'il aurait envoyé par erreur et laissait peu de doute, selon l'hebdomadaire, sur la relation entretenue.

Il ne s'agissait "pas d'une relation amoureuse" ni d'une "relation sexuelle", a assuré vendredi à l'AFP le diocèse, ajoutant qu'il "s'en était ouvert à sa hiérarchie à l'époque".

"Je reconnais que mon comportement vis-à-vis d'elle a pu être ambigu, laissant ainsi sous-entendre l'existence entre nous d'une relation intime et de rapports sexuels, ce que je réfute avec force", disait Mgr Aupetit dans l'article du Point. Il ajoutait avoir "décidé de ne plus la revoir" et l'en avoir "informée".

La demande de démission "n'est pas un aveu de culpabilité mais un geste d'humilité, une mise à disposition", a souligné le diocèse.

L'archevêque fait ce geste aujourd'hui "parce qu'il comprend qu'il puisse y avoir un trouble chez les catholiques du diocèse", a-t-on ajouté.

"Ce n'est pas en raison de ce que j'aurais dû faire ou pas par le passé - sinon je serais parti depuis longtemps - mais pour éviter la division, si moi-même je suis source de divisions", a précisé Mgr Aupetit à La Croix.

La réponse du pape peut prendre plusieurs semaines, le temps pour lui d'examiner et d'évaluer les raisons qui poussent un prélat à vouloir "remettre sa charge".

Il peut refuser la demande. François avait ainsi d'abord opposé une fin de non-recevoir à plusieurs demandes de démission du cardinal français Philippe Barbarin, mis en cause pour ses silences sur les agressions sexuelles d'un ancien prêtre. Il l'avait finalement acceptée en 2020 lorsque l'archevêque de Lyon avait été relaxé en appel.

En juin, le souverain pontife a rejeté la demande de démission de l'archevêque de Munich, Reinhard Marx, qui souhaitait tirer les conséquences de l'"échec", selon lui, de l'Eglise dans "la catastrophe des abus sexuels", notamment dans le diocèse de Cologne.

Initialement, Mgr Aupetit ne souhaitait pas rendre publique sa demande "pour que le pape puisse prendre sa décision librement", a-t-on souligné au diocèse.

L'ecclésiastique fut médecin généraliste en région parisienne pendant onze ans avant d'entrer dans la prêtrise.

Celui qui aime à dire que Dieu lui "a donné rendez-vous sur le tard" a été ordonné prêtre du diocèse de Paris en 1995, à 44 ans, par le cardinal Lustiger. Il y a exercé différents ministères de vicaire et curé, mais aussi d'aumônier auprès de la jeunesse.

Michel Aupetit a été promu évêque auxiliaire en 2013. Un an seulement après, il hérite d'un diocèse de plein droit, celui de Nanterre. Trois ans et demi plus tard, en 2017, celui qui se rêvait "curé de campagne" est hissé à la tête du plus urbain des diocèses.

L'archevêque, qui a eu à gérer l'incendie de Notre-Dame de Paris en 2019, est connu pour ses positions strictes sur la famille et la bioéthique - il a notamment soutenu régulièrement les "marches pour la vie" hostiles à l'interruption volontaire de grossesse.

Il a aussi eu maille à partir avec les homosexuels en 2012 lors des débats sur le "mariage pour tous".

 


Violences aux Antilles: le gouvernement repousse l'obligation vaccinale

Ce qui avait commencé il y a quelques jours dans ces deux îles avec des blocages et des piquets de grèves a vite dérapé en violences contre les forces de l'ordre, incendies et pillages. (Photo, AFP)
Ce qui avait commencé il y a quelques jours dans ces deux îles avec des blocages et des piquets de grèves a vite dérapé en violences contre les forces de l'ordre, incendies et pillages. (Photo, AFP)
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  • Forces de l'ordre et journalistes ont été ciblés par des tirs dans la nuit de jeudi à vendredi en Martinique, où les violences ont fait dix blessés parmi les policiers, dont cinq par balles
  • L'obligation vaccinale devait s'appliquer le 15 novembre dans les Antilles, jour où a débuté la grève générale en Guadeloupe

FORT-DE-FRANCE : Le gouvernement a annoncé vendredi qu'il repoussait la mise en œuvre de l'obligation vaccinale des soignants et pompiers en Guadeloupe et en Martinique au 31 décembre, pour tenter de mettre fin aux violences, tandis que le préfet de Guadeloupe a prolongé le couvre-feu sur l'île jusqu'à lundi.

Le préfet de Guadeloupe "a décidé la prorogation du couvre-feu de 18 heures à 5 heures jusqu'au lundi 29 novembre 2021 à 5 heures", a-t-il indiqué dans un communiqué. Jeudi, le préfet de Martinique avait, lui, instauré un couvre-feu "de 19H00 à 5H00 jusqu'au retour au calme".

Ce qui avait commencé il y a quelques jours dans ces deux îles avec des blocages et des piquets de grèves a vite dérapé en violences contre les forces de l'ordre, incendies et pillages.

Forces de l'ordre et journalistes ont été ciblés par des tirs dans la nuit de jeudi à vendredi en Martinique, où les violences ont fait dix blessés parmi les policiers, dont cinq par balles.

"Dans la nuit, un gradé de la gendarmerie qui intervenait avec ses collègues sur un cambriolage a été violemment heurté par le véhicule des pilleurs. Il est grièvement blessé et est opéré ce jour", a expliqué le parquet de Fort-de-France.

Une dizaine d'interpellations ont eu lieu en Martinique dans la nuit, selon le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin. Il "y a eu près de 150 interpellations depuis le début de cette situation en Guadeloupe et en Martinique", a déclaré de son côté le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal.

Par ailleurs, le procureur de Pointe-à Pitre, Patrick Desjardins, a indiqué vendredi dans un communiqué que les premiers résultats d'une enquête diligentée après la blessure d'un jeune homme mercredi à proximité d'un barrage montrent "que la blessure ne provient en aucun cas d'un tir par arme à feu mais plus vraisemblablement de l'impact d'un morceau de grenade lacrymogène tiré par les forces de gendarmerie dans le cadre de l'opération de maintien de l'ordre".

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Une voiture brûle sur une barricade bloquant un pont le 26 novembre 2021 à Fort-de-France, en Martinique. (Photo, AFP)

Levée des suspensions

Dans l'intention de faire redescendre la tension, les ministres des Outre-mer Sébastien Lecornu et de la Santé Olivier Véran ont annoncé conjointement repousser "au 31 décembre 2021 la finalisation de la mise en œuvre de l'obligation vaccinale" pour la Guadeloupe et la Martinique, après concertation avec les élus locaux et les collectivités territoriales.  

L'obligation vaccinale devait s'appliquer le 15 novembre dans les Antilles, jour où a débuté la grève générale en Guadeloupe. Le mouvement a ensuite gagné la Martinique où la contestation a débuté le 22 novembre.

Les suspensions seront également levées pour ceux qui accepteront un accompagnement individuel dans ces îles où la contestation des mesures sanitaires anti-Covid se double d'une grave crise sociale.

Par contre, ceux qui refuseront "poursuivront leur suspension", ajoute le texte.

Cette annonce "ne change rien: nous ne sommes pas satisfaits de cette décision. Nous demandons le retrait de l'obligation vaccinale car notre liberté de choisir est bafouée, et du pass sanitaire qui empêche tout le monde de vivre", a réagi auprès de l'AFP Sormain Sandrou, secrétaire général adjoint de l'UTS-UGTG du CHU de Pointe-à-Pitre, présent sur le piquet de grève devant l'établissement.

"J'ai l'impression qu'on ne s'entend pas, qu'on ne se comprend pas (...) On veut une dérogation pour que cette loi ne soit pas appliquée chez nous! Et pas que chez les pompiers !", a pour sa part clamé Jocelyn Zou, représentant du syndicat Force Ouvrière chez les pompiers, à l'antenne de la radio RCI.

Avec un taux d’incidence de 35 cas pour 100 000 habitants sur les 7 derniers jours, l'ARS a publié vendredi des chiffres encourageants sur l'épidémie de Covid, mais elle souligne cependant que "les barrages sur les routes empêchent des guadeloupéens de se faire dépister".

Reste à savoir si ces mesures permettront un retour à la normale sur ces deux îles où la colère est allée bien au delà de la contestation de l'obligation vaccinale, et a réveillé une colère générée par le manque de travail et la précarité. 

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Des policiers montent la garde alors qu'une barricade incendiée bloque une route à Fort-de-France, le 25 novembre 2021. (Photo, AFP)

Seuil de pauvreté

La situation économique et sociale est très tendue en Guadeloupe et la Martinique.

En Guadeloupe, 34,5% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté national, avec un fort taux de chômage (19%), selon les données de l'Institut national de la statistique (Insee).

La Martinique est certes la région d'outre-mer la moins touchée par le chômage (12,4% en 2020) et la pauvreté, mais celle-ci y est également "très présente": "le taux de pauvreté est de 29,8% en 2018, soit près de deux fois plus qu'au niveau national", avec des inégalités de niveaux de vie plus grandes qu'en France métropolitaine, selon l'institut.

L'opposition aux vaccins reflète, selon des sociologues, la défiance de la population envers les autorités depuis le "scandale du chlordécone", un pesticide autorisé jusqu'en 1993 aux Antilles où il est tenu pour responsable d'une vague de cancers de la prostate.