ONU: Chine et Occidentaux s'accusent de violations des droits

L'enseignante ouïghoure Qelbinur Sidik (à gauche) réagit lors de son témoignage au premier jour des audiences du "Tribunal ouïghour", un panel d'avocats et d'experts des droits basés au Royaume-Uni enquêtant sur les allégations d'abus contre les Ouïghours en Chine, à Londres le 4 juin 2021. (Tolga Akmen/AFP)
L'enseignante ouïghoure Qelbinur Sidik (à gauche) réagit lors de son témoignage au premier jour des audiences du "Tribunal ouïghour", un panel d'avocats et d'experts des droits basés au Royaume-Uni enquêtant sur les allégations d'abus contre les Ouïghours en Chine, à Londres le 4 juin 2021. (Tolga Akmen/AFP)
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Publié le Vendredi 22 octobre 2021

ONU: Chine et Occidentaux s'accusent de violations des droits

  • En 2019 et 2020, porté respectivement par le Royaume-Uni et l'Allemagne, un texte défendant les Ouïghours avait déjà suscité de vives critiques chinoises
  • La déclaration commune aux 43 pays - États-Unis, pays européens, d'Asie, etc - parle de torture, de traitements cruels, inhumains et dégradants, de stérilisation forcée, de violence sexuelle et sexiste

NATIONS-UNIES, États-Unis : Quarante-trois pays ont réclamé jeudi à la Chine, dans une déclaration commune lue à l'ONU par la France, de "garantir le plein respect de l'État de droit" à l'égard des Ouïghours au Xinjiang, s'attirant une vive critique de Pékin dénonçant "un bilan terrible en droits humains" de Washington, Londres et Paris.

"Nous appelons la Chine à autoriser un accès immédiat et sans entrave au Xinjiang pour les observateurs indépendants, y compris le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme et son Bureau", a ajouté l'ambassadeur français Nicolas de Rivière, lors d'une réunion virtuelle d'une commission de l'Assemblée générale de l'ONU spécialisée dans les droits humains.

"Nous sommes particulièrement préoccupés par la situation dans la région autonome ouïghoure du Xinjiang", a-t-il précisé, en évoquant des informations crédibles sur des "camps de rééducation politique où plus d'un million de personnes sont arbitrairement détenues".

La déclaration commune aux 43 pays - États-Unis, pays européens, d'Asie, etc - parle de torture, de traitements cruels, inhumains et dégradants, de stérilisation forcée, de violence sexuelle et sexiste et de séparation forcée d'enfants, ciblant "de manière disproportionnée les Ouïghours et les membres d'autres minorités".

Dénonçant des "mensonges" et un "complot pour nuire à la Chine", l'ambassadeur chinois à l'ONU, Zhang Jun, est rapidement intervenu lors de la réunion pour rejeter des "accusations infondées". "Le Xinjiang jouit du développement et le peuple s'émancipe chaque jour et est fier des progrès réalisés", a-t-il assuré, soutenu par Cuba qui a critiqué une ingérence dans les affaires internes chinoises.

Lors d'une longue conférence de presse, Zhang Jun a affirmé que son pays était disposé à accueillir une visite amicale sans s'apparenter à une enquête du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme. Il a accusé Washington, Paris et Londres d'avoir un "bilan terrible en droits humains".

Dans un document diffusé dans la foulée aux médias, la Chine a dénoncé un "nettoyage ethnique inhumain contre les Indiens" et l'intensification d'un "harcèlement contre les Américains d'origine asiatique" aux États-Unis.

- Pressions chinoises -

Pékin évoque aussi dans ce texte "les problèmes raciaux (ayant) longtemps assailli le Royaume-Uni" et accuse la France "d'avoir massacré des dizaines de milliers de personnes durant la période coloniale", en commettant des "crimes contre l'humanité".

L'armée française a tué "19 civils" au Mali en janvier, précise le document alors que Paris s'est toujours défendu d'avoir commis une bavure. Le texte insiste sur l'"islamophobie" en France et le "mauvais état (de ses) prisons".

En 2019 et 2020, porté respectivement par le Royaume-Uni et l'Allemagne, un texte défendant les Ouïghours avait été rendu public dans les mêmes conditions et déjà suscité de vives critiques chinoises.

Après 23 signataires il y a deux ans, la déclaration avait recueilli l'an dernier l'appui de 39 pays auxquels se sont ajoutés en 2021 notamment la Turquie, Eswatini, le Portugal et la République tchèque.

En revanche, ne figurent plus dans les signataires cette année, ni Haïti, dont les relations avec la Chine se sont compliquées depuis la reconnaissance par Port-au-Prince de Taïwan, ni la Suisse, a constaté l'AFP.

Selon une source diplomatique, la position de fond de la Suisse sur les Ouïghours n'a pas changé mais ce pays a accueilli récemment une rencontre à haut niveau entre les États-Unis et la Chine et décidé de donner la priorité à son rôle de facilitateur entre ces deux puissances plutôt qu'à sa signature de la déclaration annuelle sur le Xinjiang.

A en croire des diplomates, la Chine multiplie chaque année les pressions pour dissuader les membres de l'ONU de signer, menaçant de ne pas renouveler une mission de paix dans tel pays ou d'empêcher la construction d'une nouvelle ambassade en Chine pour tel autre.


Washington prévoit d'annoncer un accord sur le nucléaire avec Ryad 

L'administration du président Donald Trump a affirmé que cet arrangement permettrait au secteur nucléaire américain de bénéficier de l'apport de milliards de dollars. (AP)
L'administration du président Donald Trump a affirmé que cet arrangement permettrait au secteur nucléaire américain de bénéficier de l'apport de milliards de dollars. (AP)
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  • Le New York Times, citant deux responsables américains non identifiés, a rapporté mardi que le gouvernement avait l'intention de signer officiellement et d'annoncer l'accord avec Ryad mercredi
  • L'administration du président Donald Trump a affirmé que cet arrangement permettrait au secteur nucléaire américain de bénéficier de l'apport de milliards de dollars

WASHINGTON: Les Etats-Unis prévoient d'annoncer mercredi un accord avec l'Arabie saoudite qui doterait le royaume d'un programme nucléaire civil, selon des médias américains.

L'annonce interviendrait alors que les Etats-Unis ont repris leur guerre contre l'Iran, un rival de Ryad, qui avait notamment été déclenchée en raison de la crainte américaine que le programme nucléaire iranien ne vise à doter le pays de la bombe atomique.

Le New York Times, citant deux responsables américains non identifiés, a rapporté mardi que le gouvernement avait l'intention de signer officiellement et d'annoncer l'accord avec Ryad mercredi.

L'administration du président Donald Trump a affirmé que cet arrangement permettrait au secteur nucléaire américain de bénéficier de l'apport de milliards de dollars.

En effet, une clause de l'accord, qui serait valable pendant 30 ans, prévoit que des entreprises américaines construisent un complexe d'enrichissement d'uranium en Arabie saoudite, si une étude conjointe établit qu'il est justifié, a annoncé le Wall Street Journal.

Toutefois, des parlementaires américains républicains et démocrates, ainsi que des responsables israéliens, ont exprimé leur opposition à tout projet nucléaire civil en Arabie saoudite, craignant qu'il ne serve finalement à développer des armes nucléaires.

Interrogé à ce sujet mercredi à Manille, en marge d'une réunion de l'Asean, le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio s'est refusé à confirmer un tel accord, renvoyant toute éventuelle annonce à la Maison Blanche.

Pressé de questions par des journalistes et visiblement un peu dans l'embarras, il a cependant assuré que les Etats-Unis "ne conclueraient jamais d'accord avec un pays dans le monde qui conduirait à un risque de prolifération" nucléaire.

Tensions régionales 

L'accord devrait être soumis au Congrès américain dans les prochains jours, mais son approbation n'est pas nécessaire pour qu'il soit entériné.

L'Arabie saoudite insiste depuis longtemps sur son droit au nucléaire civil.

Ces dernières années, Washington a cherché à intégrer tout accord concernant le nucléaire dans une stratégie plus large, qui inclurait la normalisation des relations avec Israël et la signature d'un pacte de défense.

Washington a signé un accord nucléaire en 2009 avec un voisin de l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, qui n'enrichissent toutefois pas d'uranium.

 


Le ministre américain de la Défense estime à 37,5 milliards de dollars le coût de la guerre en Iran

Une Iranienne passe devant une immense fresque antiaméricaine et anti-israélienne représentant le président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, à Téhéran, le 19 juillet 2026. (AFP)
Une Iranienne passe devant une immense fresque antiaméricaine et anti-israélienne représentant le président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, à Téhéran, le 19 juillet 2026. (AFP)
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  • Le Pentagone estime à 37,5 milliards de dollars le coût de la guerre en Iran et demande 67 milliards supplémentaires
  • Des sénateurs contestent cette demande et réclament plus de transparence sur la stratégie américaine

WASHINGTON: Le ministre américain de la Défense a estimé mardi que la guerre en Iran a coûté jusqu'à présent 37,5 milliards de dollars aux Etats-Unis, une hausse de près de 30% par rapport au dernier chiffre de 29 milliards.

"L'estimation que nous avons à ce jour est de 37,5 milliards de dollars", a déclaré Pete Hegseth devant une commission du Sénat américain, en précisant que ce montant incluait certains coûts anticipés jusqu'à fin septembre.

Le ministre a également défendu la demande du gouvernement Trump d'une rallonge budgétaire de 67 milliards de dollars pour le Pentagone.

M. Hegseth, ainsi que le chef d'état-major de l'armée américaine, le général Dan Caine, ont affirmé que cette rallonge était "urgente" et "nécessaire".

Mais la sénatrice démocrate Jeanne Shaheen a contesté cette évaluation, affirmant que le ministre disposait encore de 75 milliards de dollars non dépensés.

"Pourquoi demandez-vous au peuple américain d'assumer le coût d'une guerre qu'il ne soutient pas, au lieu de solliciter une autorisation de transfert de fonds déjà votés mais non dépensés?", a-t-elle demandé.

Selon le ministre, cet argent a été "affecté" à d'autres projets du président Donald Trump comme le "Dôme d'or américain" ou encore d'autres investissements dans l'armement.

Les fonds demandés ne prennent par ailleurs pas en compte le coût de la reconstruction des bases militaires américaines au Moyen-Orient.

D'autres sénateurs ont exprimé leur frustration, réclamant plus de détails sur la stratégie de Donald Trump afin de remporter la guerre au Moyen-Orient.

"Nous avons besoin de réponses claires et d'un discours franc", a estimé le sénateur John Kennedy, un républicain, tout en interrogeant les responsables sur ce qui se passerait si les Etats-Unis quittaient le détroit d'Ormuz.

Pete Hegseth et Dan Caine n'ont pas précisé si l'Iran imposerait des droits de passage aux navires souhaitant emprunter le détroit.


Après deux semaines d'hostilités, Trump n'en a «pas fini du tout» avec l'Iran

Les Etats-Unis n'en ont "pas fini du tout" avec l'Iran, a averti mardi Donald Trump, deux semaines après la reprise des hostilités qui menacent de s'étendre à la mer Rouge et d'affecter encore davantage l'économie mondiale. (AFP)
Les Etats-Unis n'en ont "pas fini du tout" avec l'Iran, a averti mardi Donald Trump, deux semaines après la reprise des hostilités qui menacent de s'étendre à la mer Rouge et d'affecter encore davantage l'économie mondiale. (AFP)
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  • Les Américains "s'occuperont" des Houthis s'ils mettent en oeuvre ce blocus maritime, a mis en garde le président Donald Trump
  • Les Etats-Unis s'étaient déjà mobilisés contre ces rebelles quand ils avaient perturbé le trafic maritime pendant la guerre à Gaza, menant des attaques de drones et de missiles contre des navires

TEHERAN: Les Etats-Unis n'en ont "pas fini du tout" avec l'Iran, a averti mardi Donald Trump, deux semaines après la reprise des hostilités qui menacent de s'étendre à la mer Rouge et d'affecter encore davantage l'économie mondiale.

Alors que la République islamique resserre son étau sur le stratégique détroit d'Ormuz, ses alliés yéménites, les rebelles houthis, menacent d'entraver le trafic de l'autre côté de la péninsule arabique.

Si elle était maintenue, la menace houthie couperait l'accès aux ports d'Arabie saoudite situés sur la mer Rouge, cruciaux pour contourner le détroit d'Ormuz. Le royaume est le premier exportateur de pétrole brut au monde.

Conséquence: le prix du baril de Brent, référence internationale, a terminé la séance au-dessus de 90 dollars pour la première fois depuis début juin.

Les Américains "s'occuperont" des Houthis s'ils mettent en oeuvre ce blocus maritime, a mis en garde le président Donald Trump.

Les Etats-Unis s'étaient déjà mobilisés contre ces rebelles quand ils avaient perturbé le trafic maritime pendant la guerre à Gaza, menant des attaques de drones et de missiles contre des navires. Les Houthis tirent parti du détroit de Bab el-Mandeb, un goulet d'étranglement situé à son extrémité sud, que les navires doivent emprunter pour rallier le canal de Suez.

Le cabinet de sécurité maritime Vanguard Tech a identifié pour la première fois mardi deux navires ayant fait demi-tour en mer Rouge après avoir chargé du brut saoudien dans le port de Yanbu, à la suite de l'annonce houthie.

L'Iran, de son côté, verrouille toujours Ormuz, où il a ciblé ces derniers jours plusieurs navires. Téhéran riposte aussi aux frappes américaines en visant les alliés régionaux des Etats-Unis.

"Si nous partions maintenant, cela prendrait à l'Iran 20, 25 ans pour reconstruire. Mais nous n'en avons pas fini du tout", a affirmé Donald Trump depuis la Maison Blanche.

"Inquiétudes" 

L'Agence internationale de l'énergie (AIE) a exprimé des "inquiétudes concernant la sécurité d'approvisionnement" en pétrole, notant toutefois que des "facteurs d'amortissement" existent.

Les tensions autour d'Ormuz avaient relancé les hostilités irano-américaines le 7 juillet, faisant voler en éclats le protocole d'accord signé mi-juin en vue d'un règlement durable du conflit.

Celui-ci a commencé avec l'offensive israélo-américaine sur l'Iran le 28 février, avant un cessez-le-feu en avril.

L'Iran, qui estime faire face à une "guerre totale" de la part de Washington, a été frappé à nouveau dans la nuit de lundi à mardi, notamment à Chiraz, à près de 200 km du Golfe, et dans la province du Fars (centre), selon l'agence locale Mehr.

Donald Trump a promis de lui faire "payer le prix plusieurs fois" pour la mort de chaque soldat américain, après la mort de trois militaires en Jordanie et en Irak ces derniers jours.

Côté iranien, le dernier bilan officiel publié vendredi recense au moins 50 morts et plus de 500 blessés depuis de premières escarmouches fin juin.

Economiser l'énergie 

Ces dernières 24 heures, la Jordanie, Bahreïn, ainsi que le Koweït ont annoncé avoir essuyé des attaques de drones et de missiles iraniens.

"L'ennemi devrait se préparer à des vagues de drones et à des attaques de missiles encore plus décisives et puissantes", ont averti les Gardiens de la Révolution iraniens, une des plus puissantes armées du Moyen-Orient.

Le Koweït accuse l'Iran d'avoir attaqué des centrales électriques et sites de dessalement d'eau, des installations cruciales pour rafraîchir et alimenter en eau potable ses millions d'habitants, dans une région parmi les plus arides du monde.

Pour réduire la pression sur le réseau, un habitant, Khaled al-Badri, a expliqué à l'AFP éteindre l'air conditionné avant de quitter son domicile et couper son éclairage extérieur. "Chacun peut contribuer à nous sortir de cette période", pense-t-il.