Aux États-Unis, des entreprises peinent à recruter

Un serveur dans un restaurant presque vide du centre-ville, le 30 août 2021 à New York. Des milliers d'entreprises ont fermé ou continuent de lutter en attendant le retour des foules. (Spencer Platt/Getty Images/AFP)
Un serveur dans un restaurant presque vide du centre-ville, le 30 août 2021 à New York. Des milliers d'entreprises ont fermé ou continuent de lutter en attendant le retour des foules. (Spencer Platt/Getty Images/AFP)
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Publié le Dimanche 24 octobre 2021

Aux États-Unis, des entreprises peinent à recruter

  • L'expiration en septembre des allocations chômage plus généreuses mises en place au début de la pandémie ne s'est pas accompagnée d'une ruée vers l'emploi
  • Pour s'assurer que les colis seront livrés à temps pour Noël, les grandes entreprises tentent de recruter des saisonniers à tour de bras: 150.000 chez Amazon, 150.000 chez Walmart, 100.000 chez Target, 100.000 chez UPS, 90.000 chez Fedex...

NEW YORK : Pour faire tourner sa salle de dégustation de bières récemment ouverte dans l'État de New York, Peter Chekijian n'a pas le choix: ses employés clés travaillent en général sept jours sur sept. Il peine à recruter du personnel pour les soulager.

Et les cuves de la brasserie ne fonctionnent toujours pas, faute de main d'œuvre suffisante chez les sous-traitants.

«C'est un gros problème de trouver des gens pour finir le travail», explique ce propriétaire d'une petite brasserie, Twin Fork Beer.

De nombreuses entreprises peinent actuellement à recruter aux États-Unis.

Plus de 10 millions d'emplois étaient vacants fin août. Et le taux d'activité, c'est-à-dire la part des personnes qui travaillent ou cherchent un emploi, est passé de 63,3% juste avant la pandémie à 61,6% en septembre.

Les raisons sont multiples.

Certaines personnes craignent encore d'attraper le coronavirus, surtout si elles ont des enfants ou des personnes âgées à la maison.

D'autres ont pris une retraite anticipée pendant la pandémie, veulent changer leur équilibre entre vies privée et professionnelle, ne se satisfont plus des bas salaires.

L'expiration en septembre des allocations chômage plus généreuses mises en place au début de la pandémie ne s'est pas accompagnée d'une ruée vers l'emploi.

- «Guerre absolue» -

Or dans le même temps, avec la campagne de vaccination, les restaurants, les lieux de tourisme et de spectacle, ont rouvert. Et désormais, tous les distributeurs se préparent à la saison des fêtes.

«Il y a tellement d'employeurs qui cherchent à recruter en même temps», remarque Aaron Sojourner, économiste à l'université du Minnesota. «Cela crée un déséquilibre.»

Pour attirer les candidats, «on essaie de payer autant qu'on peut (...), d'offrir un ensemble de prestations sociales», remarque Peter Chekijian. Il passe des annonces, fait des entretiens, va sur des foires à l'emploi. Mais «c'est terriblement lent». Et cela ralentit «incontestablement» la croissance de son entreprise, affirme-t-il.

Pour Maryclaire Hammond, responsable des ressources humaines pour l'entreprise de logistique GXO qui cherche à recruter 9.000 personnes pour la saison des fêtes aux États-Unis, «il y a une grosse compétition à tous les niveaux (...), une guerre absolue».

 

Pour s'assurer que les colis seront livrés à temps pour Noël, les grandes entreprises tentent de recruter des saisonniers à tour de bras: 150.000 chez Amazon, 150.000 chez Walmart, 100.000 chez Target, 100.000 chez UPS, 90.000 chez Fedex...

- Robots et burritos -

GXO manque surtout de manutentionnaires et de caristes.

Pour recruter, la société utilise des publicités ciblées sur internet et les réseaux sociaux, des panneaux d'affichage, des foires à l'emploi.

Dans certaines régions, elle a augmenté son salaire minimum de 3 à 5 dollars au cours des huit derniers mois, offre des primes à l'embauche ainsi qu'un ensemble de prestations (assurance-santé, cotisations retraites, prise en charge des frais d'université).

Mais il faut surtout inciter les gens à rester, remarque Mme Hammond.

«La main-d’œuvre actuelle est assez volage. Si un entrepôt dans la rue d'à côté propose un dollar de l'heure de plus, ils vont changer», explique-t-elle.

L'entreprise tente de créer une bonne ambiance dans les entrepôts. «Ça peut paraître bête mais proposer de bons burritos le matin, ça motive les gens», dit la responsable.

Pour faire face, GXO a aussi augmenté l'automatisation des tâches dans ses entrepôts de 40% depuis un an. «Pour des manutentionnaires qui doivent parfois marcher jusqu'à 16 kilomètres par jour dans l'entrepôt, un robot peut les aider à trouver les produits plus facilement», explique Mme Hammond.

A la recherche d'un emploi administratif à plein temps, Staci Weinsheimer, 44 ans, sent que le marché tourne en sa faveur.

«J'ai beaucoup d'entretiens, j'ai beaucoup de bons retours de la part des employeurs», explique-t-elle après avoir rencontré quelques entreprises à une foire à l'emploi regroupant 27 entreprises de l'hôtellerie-restauration à Melville, dans l'Etat de New York. «Il y a tout un tas de postes différents qui sont disponibles, qui n'étaient peut-être pas ouverts il y a cinq ou six ans», remarque-t-elle. 

Certains chômeurs peinent encore à décrocher des entretiens ou remettent en cause la volonté réelle des entreprises à faire des efforts.

«Les employeurs pourraient dépenser plus d'argent pour attirer les candidats et améliorer les conditions de travail. Ceux qui le font trouvent plus facilement», remarque Aaron Sojourner.

«Mais beaucoup d'employeurs sont réticents à augmenter les salaires parce que ça rogne sur leurs profits et que ça les obligerait à augmenter tout le monde», remarque-t-il. Certains préfèrent payer plus cher des heures supplémentaires.


Les Emirats annoncent leur retrait de l'Opep à partir de mai 

Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de l'alliance Opep+ comptant aussi la Russie, à partir du 1er mai, a annoncé l'agence de presse émiratie. (AP)
Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de l'alliance Opep+ comptant aussi la Russie, à partir du 1er mai, a annoncé l'agence de presse émiratie. (AP)
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  • Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep)
  • "Cette décision reflète la vision stratégique et économique à long terme des Emirats arabes unis ainsi que l'évolution de leur profil énergétique, notamment l'accélération des investissements dans la production d'énergie nationale"

DUBAI: Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de l'alliance Opep+ comptant aussi la Russie, à partir du 1er mai, a annoncé l'agence de presse émiratie.

"Cette décision reflète la vision stratégique et économique à long terme des Emirats arabes unis ainsi que l'évolution de leur profil énergétique, notamment l'accélération des investissements dans la production d'énergie nationale", explique l'agence Wam.

 

 

 

 


Veolia et Amazon accélèrent la transformation hydrique des data centers

Un avion survole une unité mobile de traitement de la pollution aux PFAS dans l’eau, fournie par Veolia, alors qu’il atterrit à l’EuroAirport de Bartenheim, dans l’est de la France, le 4 septembre 2025. (AFP)
Un avion survole une unité mobile de traitement de la pollution aux PFAS dans l’eau, fournie par Veolia, alors qu’il atterrit à l’EuroAirport de Bartenheim, dans l’est de la France, le 4 septembre 2025. (AFP)
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  • Un partenariat Veolia-Amazon pour déployer des solutions de réutilisation des eaux usées dans les data centers, avec un premier site opérationnel en 2027
  • Une économie annuelle estimée à 314 millions de litres d’eau potable, au service d’une stratégie globale de durabilité et de résilience hydrique

DUBAI: Dans un contexte de croissance exponentielle des besoins en infrastructures numériques et de pression accrue sur les ressources naturelles, Veolia et Amazon annoncent un partenariat structurant visant à transformer la gestion de l’eau dans les data centers. L’ambition : substituer l’eau potable par des eaux usées traitées pour les besoins de refroidissement, un poste particulièrement consommateur dans ces installations critiques.

Cette collaboration associe l’expertise de Veolia, leader mondial des technologies de l’eau et des services à l’environnement, aux capacités d’Amazon en matière de cloud et d’intelligence artificielle. Ensemble, les deux groupes entendent concevoir et déployer des stratégies de gestion de l’eau plus durables, adaptées aux data centers de nouvelle génération.

Le projet pilote sera lancé dans le Mississippi, où Veolia accompagnera les opérations d’Amazon afin de réduire significativement leur consommation d’eau potable. À l'horizon 2027, une première installation devrait entrer en service, marquant une étape importante : il s’agira du premier data center d’Amazon dans cet État à recourir à de l’eau recyclée pour ses systèmes de refroidissement.

Une innovation industrielle au service de la sobriété hydrique

Au cœur du dispositif, des systèmes de traitement de l’eau développés par Veolia, à la fois autonomes, modulaires et conteneurisés. Ces unités seront capables de capter des effluents issus de stations d’épuration locales ainsi que d’autres sources disponibles, puis de les transformer en une ressource conforme aux exigences de qualité des procédés industriels de refroidissement.

Cette approche permet de convertir un déchet en ressource stratégique, tout en limitant le recours aux nappes phréatiques et aux réseaux d’eau potable, particulièrement sollicités dans certaines régions. Une fois pleinement opérationnel, le projet devrait permettre de réutiliser plus de 314 millions de litres d’eau potable par an. Ce volume correspond à la consommation annuelle d’environ 760 foyers américains — une économie significative à l’échelle locale.

Au-delà de la performance environnementale, cette solution répond également à des enjeux de continuité opérationnelle. En sécurisant l’approvisionnement en eau via des sources alternatives, elle renforce la résilience des data centers face aux risques de stress hydrique ou de restrictions d’usage.

Un modèle réplicable à l’échelle mondiale

L’un des atouts majeurs du dispositif réside dans sa conception modulaire. Les systèmes conteneurisés de Veolia peuvent être déployés rapidement et adaptés aux spécificités locales, ce qui ouvre la voie à une duplication de la solution sur d’autres sites d’Amazon dans le monde.

Cette logique d’industrialisation s’inscrit dans la nouvelle offre « Data Center Resource 360 » développée par Veolia. Celle-ci vise à optimiser l’ensemble des flux de ressources — eau, énergie, déchets — au sein des data centers, en s’appuyant sur des technologies avancées et des outils de pilotage numérique.

Pour Amazon, cette initiative constitue un levier concret pour atteindre son objectif d’empreinte eau positive dans l’ensemble de ses opérations directes de data centers d’ici 2030. Cela implique non seulement de réduire ses prélèvements, mais aussi de contribuer activement à la restauration des ressources en eau dans les territoires où l’entreprise est implantée. 


« Marché stratégique » : PepsiCo souligne le rôle de l’Arabie saoudite dans sa croissance mondiale

Le PDG des boissons internationales chez PepsiCo, Eugene Willemsen, à Djeddah. (Fourni)
Le PDG des boissons internationales chez PepsiCo, Eugene Willemsen, à Djeddah. (Fourni)
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  • PepsiCo considère l’Arabie saoudite comme un marché stratégique majeur, avec des investissements continus et un fort alignement sur la Vision 2030
  • L’entreprise accélère l’innovation (IA, R&D, produits sans sucre) pour répondre à l’évolution des consommateurs et renforcer sa croissance régionale

RIYAD : PepsiCo considère l’Arabie saoudite comme un marché « stratégique » offrant des opportunités croissantes d’investissement et d’innovation, alors que le Royaume demeure une cible clé pour l’entreprise.

La société affirme s’être étroitement alignée sur les objectifs à long terme du Royaume, en s’appuyant sur une présence qui s’étend sur près de sept décennies.

« Nous opérons dans le Royaume depuis presque 70 ans », a déclaré Eugene Willemsen, PDG des boissons internationales chez PepsiCo, à Arab News. « Nous avons immédiatement adopté la Vision 2030 dès son lancement et avons clairement indiqué que nous voulions en faire partie, mais aussi y contribuer activement. »

Il a souligné plusieurs domaines dans lesquels PepsiCo a élargi son rôle, notamment en renforçant l’intégration des talents saoudiens et féminins, en faisant évoluer son portefeuille de produits et en soutenant des initiatives favorisant des modes de vie plus actifs.

« Nous nous voyons comme un contributeur à la Vision 2030… et nous nous réjouissons de continuer à le faire avec l’ensemble de nos activités en Arabie saoudite », a-t-il ajouté. 

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Le PDG des boissons internationales chez PepsiCo, Eugene Willemsen, à Riyad. (Fourni)

L’Arabie saoudite est l’un des marchés les plus importants de PepsiCo à l’échelle mondiale, soutenu par de solides capacités locales et des partenariats de longue date.

« C’est un marché très important pour PepsiCo. C’est un marché stratégique pour nous », a déclaré Willemsen. « Nous disposons de capacités très solides et avancées en marketing, dans les domaines commerciaux et dans la chaîne d’approvisionnement, que nous pouvons exploiter à l’échelle de notre réseau international. »

Il a également mis en avant le rôle des partenaires d’embouteillage locaux, évoquant des relations « qui remontent à plusieurs décennies » et offrant des « capacités exceptionnelles » au bénéfice de l’ensemble du système PepsiCo.

L’entreprise emploie environ 9 000 personnes dans ses opérations en Arabie saoudite et a continué d’étendre sa présence locale. Parmi les investissements récents figure un nouveau centre de recherche et développement dans le quartier financier King Abdullah à Riyad, développé en collaboration avec son activité snacks.

« Il s’agit d’un investissement d’environ 30 millions de riyals saoudiens (8 millions de dollars) », a précisé Willemsen, ajoutant que ce centre vise à développer des produits adaptés aux besoins locaux et potentiellement intégrant des cultures locales, avec des applications pouvant s’étendre à l’ensemble du Moyen-Orient.

L’évolution des préférences des consommateurs influence également la stratégie de PepsiCo dans le Royaume, notamment avec une demande croissante pour des options plus saines.

« Nous avons fortement mis l’accent sur les offres sans sucre ici en Arabie saoudite, et nous avons observé un changement significatif vers le zéro sucre », a-t-il expliqué. « Les consommateurs, tous âges et profils confondus, recherchent des options permettant de réduire leur consommation de sucre. »

Parallèlement, l’hydratation est une priorité majeure, notamment en raison du climat du Royaume. Willemsen a évoqué des opportunités d’élargir les produits contenant des électrolytes, destinés aussi bien aux consommateurs actifs qu’à un usage quotidien.

PepsiCo intensifie également l’utilisation de l’intelligence artificielle dans ses opérations, de l’agriculture au développement de produits.

« Nous voulons être parmi les leaders dans l’adoption de l’IA dans le secteur des biens de consommation », a déclaré Willemsen. « L’IA permet de tester et valider des concepts beaucoup plus rapidement, de développer des produits plus vite et de les lancer plus rapidement sur le marché. »

Il a précisé que l’IA est utilisée dans les opérations agricoles mondiales de l’entreprise pour aider les agriculteurs à optimiser l’utilisation de l’eau, l’application d’engrais et les rendements.

Concernant les chaînes d’approvisionnement, Willemsen a indiqué que l’entreprise se concentre sur le renforcement de la résilience locale face à la volatilité mondiale.

« Notre objectif à travers le monde est de créer des chaînes d’approvisionnement aussi locales que possible », a-t-il déclaré. « Nous avons développé une grande résilience et agilité pour faire face à différents scénarios. »

Malgré l’incertitude mondiale, il s’est dit confiant quant aux perspectives à long terme du marché saoudien.

« Le marché saoudien est en lui-même très résilient », a-t-il affirmé. « Parce qu’il évolue rapidement, il continue d’offrir des opportunités d’innovation et de réponse aux besoins changeants des consommateurs. »

Il a ajouté : « Il existe une forte résilience intrinsèque en Arabie saoudite, ce qui nous donne confiance dans le fait que ce pays continuera à croître et à prospérer. » 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com