L'ambassadeur de France en Arabie saoudite, salue la profondeur des relations entre les deux pays

Ludovic Pouille, l'ambassadeur de France en Arabie saoudite, lors d'un entretien accordée à SPA. (Photo, @SPAeconomic)
Ludovic Pouille, l'ambassadeur de France en Arabie saoudite, lors d'un entretien accordée à SPA. (Photo, @SPAeconomic)
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Publié le Mardi 26 octobre 2021

L'ambassadeur de France en Arabie saoudite, salue la profondeur des relations entre les deux pays

  • L'ambassadeur a salué le lancement de l’Initiative verte saoudienne et de l’Initiative verte au Moyen-Orient, notant que ces deux stratégies prévoyaient des efforts ambitieux pour réduire les émissions de gaz à effet de serre
  • Il a souligné la nouvelle dimension prise par la relation franco-saoudienne ces dernières années, notamment après la conclusion d'un partenariat stratégique bilatéral lors de la visite du prince héritier à Paris en avril 2018

TUNIS: Dans une interview accordée à l'Agence de presse saoudienne (SPA), l'ambassadeur de France dans le Royaume, Ludovic Pouille, a salué la profondeur des relations entre la France et l’Arabie saoudite, affirmant qu'elles étaient riches, anciennes et fondées sur la confiance.

 «Les relations franco-saoudiennes se sont développées sur un consensus continu existant entre les dirigeants des deux pays. Je n’oublie pas les liens de confiance qui se sont noués entre le roi Faysal ben Abdelaziz al-Saoud et le général de Gaulle après leur rencontre du 2 juin 1967, ainsi qu'entre le roi Faysal ben Abdelaziz al-Saoud et le général de Gaulle, le roi Fahd ben Abdelaziz al-Saoud et le président François Mitterrand», a-t-il déclaré.

Il a souligné la nouvelle dimension prise par cette relation ces dernières années, notamment à la suite de la conclusion d'un partenariat stratégique bilatéral lors de la visite du prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane, à Paris en avril 2018. Il a également qualifié la relation franco-saoudienne d’«excellente», et ce «dans tous les domaines couverts par Vision 2030».

Ludovic Pouille, l'ambassadeur de France en Arabie saoudite, lors d'un entretien accordée à SPA. (Photo, @SPAeconomic)
Ludovic Pouille, l'ambassadeur de France en Arabie saoudite, lors d'un entretien accordée à SPA. (Photo, @SPAeconomic)

Évoquant le forum Future Investment Initiative (FII), Ludovic Pouille a noté que la dimension internationale de cet événement a contribué à ouvrir la voie au Royaume pour promouvoir son économie devant un large public d'investisseurs internationaux, en vue de réaliser les objectifs de la Vision 2030.

Il a indiqué que la représentation française à la cinquième édition de forum Future Investment Initiative (FII) sera d’«un niveau élevé». «Cette semaine constitue une opportunité riche en activités», a-t-il précisé, expliquant que «les dirigeants de grandes entreprises françaises ont répondu à l'invitation».

Dans son interview à SPA, l'ambassadeur de France a salué le lancement par le prince héritier de l’Initiative verte saoudienne et de l’Initiative verte au Moyen-Orient, notant que ces deux stratégies prévoyaient des efforts ambitieux pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, protéger la biodiversité et développer des sources alternatives d'énergie, notamment renouvelables et nucléaires, ainsi que l’hydrogène. Il a félicité le Royaume qui aspire à atteindre 50 % d'énergies renouvelables dans le mix énergétique d'ici à 2030, afin de devenir un pays neutre en carbone d'ici à 2060.

M. Pouille a également souligné le soutien de la France à l’Arabie saoudite pour développer les énergies bas carbone. Sur ce point, il a souligné qu'il existait de nombreuses entreprises françaises travaillant sur des projets importants dans le domaine des énergies renouvelables dans le Royaume, comme EDF Renewable Energy, en tête d'un consortium travaillant au développement d'un parc éolien à Dumat al-Jandal. Il a ajouté que de nombreuses autres entreprises françaises étaient prêtes à accompagner la transformation énergétique du pays.

Il a souligné que les ambitions stratégiques de la France s'inscrivaient pleinement dans celles du Royaume, et que le volet environnemental était un élément central pour assurer un développement durable des économies des deux États.

S’agissant des relations économiques et commerciales, l'ambassadeur a assuré que les deux pays entretenaient des relations économiques solides, avec un vrai potentiel pour renforcer cette coopération, notant que la France a conservé 3,5% du total des importations saoudiennes pendant dix ans, et demeurait le septième fournisseur du Royaume. Le total des investissements directs français (IDE) dans le pays s’est élevé à 5 milliards de dollars (soit 4,3 milliards d’euros), avec environ 120 entreprises françaises présentes.

M. Pouille a exprimé sa joie d'être nommé ambassadeur dans le Royaume, affirmant qu’il avait visité plusieurs villes et gouvernorats saoudiens, constatant l’importance du patrimoine saoudien, que ce soit à Diriyah et Dammam, Djeddah et Abha, Taïf, ou AlUla. Il a dit son admiration pour la richesse culturelle de l’Arabie saoudite et de son peuple. «Il existe une grande diversité dans le pays, l'accueil est chaleureux, les Saoudiens portent un message de fraternité, où que l’on se trouve dans le Royaume», a-t-il ajouté.

Ludovic Pouille, l'ambassadeur de France en Arabie saoudite. (Photo, @SPAeconomic)
Ludovic Pouille, l'ambassadeur de France en Arabie saoudite. (Photo, @SPAeconomic)

«J'ai été impressionné par la vitalité existant dans chaque parcelle de la société saoudienne, en particulier parmi les jeunes hommes et femmes qui travaillent dur pour le Royaume de demain», a-t-il encore affirmé. «Nous ne pouvons vraiment l'apprécier à sa juste valeur que si nous le vivons nous-mêmes, et je suis très heureux de parler de cette expérience intéressante que je vis ici, partout où je vais, et de l'intérêt et de l'amour des Saoudiens pour la France.»

(Avec SPA)


Liban: un proche du Hezbollah arrêté pour espionnage au profit d'Israël 

Israeli Defense Minister Israel Katz said Wednesday that the United States has not demanded that Israel withdraw its troops from southern Lebanon, a condition set by Lebanon in ongoing ceasefire negotiations. (AFP/File)
Israeli Defense Minister Israel Katz said Wednesday that the United States has not demanded that Israel withdraw its troops from southern Lebanon, a condition set by Lebanon in ongoing ceasefire negotiations. (AFP/File)
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  • "Un agent de premier plan au service d'Israël a été arrêté à Beyrouth", a déclaré ce responsable sous couvert d'anonymat. Il est accusé d'avoir transmis "des informations détaillées à Israël"
  • Le suspect était "très proche de responsables du Hezbollah", ce qui lui permettait d'avoir accès à "un vaste éventail d'informations", selon cette source

BEYROUTH: Les autorités libanaises ont arrêté un proche du Hezbollah pro-iranien soupçonné d'espionnage au profit d'Israël, a indiqué mardi à l'AFP un responsable judiciaire.

"Un agent de premier plan au service d'Israël a été arrêté à Beyrouth", a déclaré ce responsable sous couvert d'anonymat. Il est accusé d'avoir transmis "des informations détaillées à Israël ayant conduit à l'assassinat de cadres du Hezbollah, dont quatre hauts responsables sécuritaires".

Le suspect était "très proche de responsables du Hezbollah", ce qui lui permettait d'avoir accès à "un vaste éventail d'informations", selon cette source.

Il a été arrêté la semaine dernière à l'aéroport de Beyrouth, alors qu'il s'apprêtait à se rendre en Irak, puis déféré devant le tribunal militaire où il doit être jugé, a ajouté le responsable judiciaire.

Originaire du sud du Liban, il est marié à une Irakienne et faisait régulièrement la navette entre le Liban et l'Irak, avant de se rendre en Turquie "pour rencontrer des officiers et des agents liés au Mossad israélien", d'après la même source.

Il leur "fournissait des informations sur des cibles potentielles dont il collectait des données à Beyrouth, avant qu'elles ne soient ensuite attaquées", a ajouté le responsable, sans préciser l'identité des responsables du Hezbollah visés ni la date de leur assassinat.

Israël a mené des opérations ciblées au Liban contre le Hezbollah depuis que le mouvement islamiste a ouvert un front en soutien au Hamas en octobre 2023, puis le 2 mars en soutien à l'Iran.

Ces opérations ont conduit à l'assassinat des principaux responsables du Hezbollah, dont son chef Hassan Nasrallah en septembre 2024, ainsi qu'à la destruction d'une grande partie de son arsenal.

En octobre 2025, un responsable judiciaire avait indiqué à l'AFP que les autorités libanaises avaient arrêté, au cours des mois précédents, 32 personnes reconnues coupables ou soupçonnées d'avoir transmis à Israël des informations sur des dirigeants du Hezbollah.

Au Liban, officiellement en état de guerre avec Israël, toute prise de contact avec le pays voisin est passible d'emprisonnement.

Au cours des années précédant les deux dernières guerres, des dizaines de personnes avaient été arrêtées et jugées pour collaboration avec Israël, dont plusieurs recrutées sur internet après la crise économique de 2019. Certaines ont été condamnées à des peines allant jusqu'à 25 ans de prison.


En pleines discussions à Rome, Israël se dit prêt à avancer sur deux «zones pilotes» au Liban

Israël s'est dit prêt à avancer dans le projet de retrait de ses troupes de deux zones du sud du Liban, au moment où se tiennent mardi de nouvelles négociations à Rome dans l'ombre d'une reprise des hostilités au Moyen-Orient. (AFP)
Israël s'est dit prêt à avancer dans le projet de retrait de ses troupes de deux zones du sud du Liban, au moment où se tiennent mardi de nouvelles négociations à Rome dans l'ombre d'une reprise des hostilités au Moyen-Orient. (AFP)
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  • Les deux pays, techniquement en état de guerre depuis des décennies, avaient conclu le 26 juin un accord-cadre en vue d'une "paix durable", à l'issue de cinq cycles de discussions à Washington
  • Le ministre des Affaires étrangères israélien, Gideon Saar, a déclaré que son pays était prêt à "aller de l'avant" dans la mise en oeuvre de deux "zones pilotes", revendication clé du pouvoir libanais

ROME: Israël s'est dit prêt à avancer dans le projet de retrait de ses troupes de deux zones du sud du Liban, au moment où se tiennent mardi de nouvelles négociations à Rome dans l'ombre d'une reprise des hostilités au Moyen-Orient.

Les deux pays, techniquement en état de guerre depuis des décennies, avaient conclu le 26 juin un accord-cadre en vue d'une "paix durable", à l'issue de cinq cycles de discussions à Washington.

Mais le Hezbollah, armé et financé par Téhéran, rejette ce texte dont l'application doit commencer par le retrait israélien de "zones pilotes" dans le sud du Liban.

Le ministre des Affaires étrangères israélien, Gideon Saar, a déclaré que son pays était prêt à "aller de l'avant" dans la mise en oeuvre de deux "zones pilotes", revendication clé du pouvoir libanais.

"J'espère et j'ai bon espoir que cette série de discussions à Rome y contribuera", a-t-il déclaré depuis Jérusalem.

Aucune information n'a filtré à ce stade des pourparlers dans la capitale italienne.

Des journalistes de l'AFP ont vu les voitures des délégations entrer dans l'enceinte de l'ambassade américaine sous haute sécurité mardi matin, tandis que l'ambassade, sollicitée, s'est refusée à tout commentaire.

"Se retirer progressivement" 

La délégation libanaise "a reçu comme instruction de réclamer le début immédiat du retrait des forces israéliennes de deux zones pilotes avant toute autre discussion", avait fait savoir la présidence libanaise lundi soir.

Selon une source diplomatique libanaise informée de la teneur des négociations, "l'armée libanaise est prête à prendre progressivement le contrôle des localités dont l'armée israélienne se retirerait".

"Israël est disposé à se retirer progressivement, à condition que le Hezbollah ne soit pas présent dans les zones évacuées et que l'armée libanaise dispose des capacités nécessaires pour maintenir ces secteurs démilitarisés et empêcher tout retour du mouvement", explique l'analyste israélienne Orna Mizrahi.

Une délégation militaire américaine a d'ailleurs entamé samedi à Beyrouth des discussions avec l'armée libanaise sur les modalités de mise en oeuvre du retrait israélien de l'une de ces "zones pilotes".

L'accord-cadre a été conclu après l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu fragile dans la nouvelle guerre qui a éclaté début mars entre le Hezbollah et l'armée israélienne. Le mouvement chiite avait entraîné le Liban dans le conflit en bombardant Israël en représailles aux frappes américano-israéliennes contre l'Iran.

L'armée israélienne poursuit cependant des frappes limitées dans le sud, où un drone a visé mardi la localité de Nabatiyé al-Fawqa et procède à des destructions dans les villages qu'elle occupe, selon les médias officiels libanais.

"Réfléchir à deux fois" 

Depuis le début de ce conflit, ces frappes israéliennes ont fait depuis plus de 4.300 morts, d'après les autorités libanaises. Sur la même période, l'armée israélienne a annoncé la mort de 38 soldats et d'un contractuel civil au Liban.

"Les chances d'une percée à Rome sont assez limitées", estime Karim Bitar, enseignant à Sciences Po Paris, qui voit plutôt dans cette réunion "l'opportunité de montrer que le processus est encore en place (...), qu'il y a des négociations qui perdurent malgré les oppositions et les obstacles qui commencent à apparaître".

Téhéran avait exigé l'arrêt des hostilités au Liban pour conclure un protocole d'accord avec Washington le 17 juin.

Mais ce texte semble avoir volé en éclats après des frappes américaines et iraniennes au Moyen-Orient d'une ampleur inédite depuis la mise en place d'un cessez-le-feu début avril.

"Les Iraniens veulent établir un lien entre les deux dossiers, tandis que nous souhaitons les dissocier", relève Orna Mizrahi.

"Chaque fois qu'ils en auront l'occasion, ils (les Iraniens) chercheront à faire échouer ce qui se passe sur la scène libanaise", ajoute cette chercheuse spécialiste du Liban à l'Institut pour les études de sécurité nationale (INSS) de Tel-Aviv. Même si Téhéran a actuellement d'autres priorités, notamment le contrôle du détroit d'Ormuz.

Karim Bitar souligne pour sa part que le risque d'une reprise des violences au Liban en raison du contexte régional "n'est bien évidemment pas négligeable".

"Mais je pense que l'Iran aujourd'hui y réfléchira à deux fois avant de demander au Hezbollah de lancer de nouvelles frappes contre Israël", dit-il.

Selon lui, Téhéran "souhaite maintenir le Hezbollah comme instrument de dissuasion à long terme et ne veut pas l'utiliser immédiatement pour ouvrir un nouveau front".


Netanyahu avertit les dirigeants iraniens qu'Israël ripostera en cas d'attaque

Un homme tient une pancarte sur laquelle figurent des photos du guide suprême iranien, l'ayatollah Mojtaba Khamenei, aux côtés de l'officier militaire assassiné Qasem Soleimani, alors qu'il assiste à la cérémonie d'adieu organisée en l'honneur de l'équipe nationale iranienne de football avant son départ pour la Coupe du monde de la FIFA 2026, à Téhéran, le 13 mai 2026. (AFP)
Un homme tient une pancarte sur laquelle figurent des photos du guide suprême iranien, l'ayatollah Mojtaba Khamenei, aux côtés de l'officier militaire assassiné Qasem Soleimani, alors qu'il assiste à la cérémonie d'adieu organisée en l'honneur de l'équipe nationale iranienne de football avant son départ pour la Coupe du monde de la FIFA 2026, à Téhéran, le 13 mai 2026. (AFP)
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  • Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a averti mardi les dirigeants iraniens qu'Israël riposterait en cas d'attaque
  • "Je le dis aux dirigeants iraniens : ne comptez pas sur le calme si vous nous attaquez (...), l'époque où l'on pouvait nous frapper sans que nous ripostions de manière décisive est révolue"

JERUSALEM: Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a averti mardi les dirigeants iraniens qu'Israël riposterait en cas d'attaque, alors que les frappes américaines et iraniennes ont repris avec une ampleur inédite depuis le cessez-le-feu d'avril.

"Je le dis aux dirigeants iraniens : ne comptez pas sur le calme si vous nous attaquez (...), l'époque où l'on pouvait nous frapper sans que nous ripostions de manière décisive est révolue", a déclaré M. Netanyahu lors d'une conférence, selon une vidéo diffusée par son cabinet.