En Irak, le football féminin dans un ancien bastion de l'EI

Sur le gazon flambant neuf, les jeunes footballeuses enchaînent les étirements. Elles font le tour du terrain en trottinant, tout en faisant des moulinets avec les bras. (AFP)
Sur le gazon flambant neuf, les jeunes footballeuses enchaînent les étirements. Elles font le tour du terrain en trottinant, tout en faisant des moulinets avec les bras. (AFP)
Short Url
Publié le Lundi 01 novembre 2021

En Irak, le football féminin dans un ancien bastion de l'EI

  • «Aujourd'hui quand les gens nous voient, ils ressentent de l'espoir et de la confiance», affirme Joanne
  • Grâce aux financements d'une ONG locale, le terrain en gazon synthétique a été installé près d'une église de cette petite ville du nord de l'Irak

BARTALLA: Sous les encouragements de leur entraîneur Joanne Youssef Chaba, une vingtaine d'adolescentes en dossards fluo s'échauffent et se passent la balle. Dans la bourgade chrétienne de Bartalla, ancien bastion jihadiste en Irak, le football féminin commence à se faire une place.


Grâce aux financements d'une ONG locale, le terrain en gazon synthétique a été installé près d'une église de cette petite ville du nord de l'Irak, située à une dizaine de kilomètres seulement de Mossoul et sous contrôle du groupe Etat islamique (EI) de 2014 à 2016.


Libérées du joug jihadiste, les quelque 1 500 familles ayant fait le pari du retour à Bartalla tentent de restaurer un semblant de normalité. Comme l'illustre l'Académie de football féminin, qui a ouvert ses portes il y a six mois et qui bouscule la société irakienne ultra-conservatrice.


"Ici on fait tout nous-mêmes pour apprendre aux jeunes filles les bases du football", confie Joanne, 22 ans, arrivée à l'entraînement à vélo.


Le rêve de cette jeune diplômée en éducation physique est de "fonder une équipe féminine qui participera à des compétitions à l'avenir".


Sur le gazon flambant neuf, les jeunes footballeuses enchaînent les étirements. Elles font le tour du terrain en trottinant, tout en faisant des moulinets avec les bras. Les plus petites nagent dans des dossards oranges trop grands pour elles.


Joanne siffle le début d'un match. Quelques passes, une joueuse de l'équipe orange s'empare du ballon et remonte en longueur le terrain de 40 mètres. Elle tire... et le ballon rebondit sur le poteau.

«Manque de soutien»
"Les moments que nous passons ici nous font oublier d'autres plus difficiles", ajoute Joanne qui avait fui Bartalla en 2014 avec sa famille pour trouver refuge à Erbil, deux heures à peine avant l'arrivée des jihadistes.


"Aujourd'hui quand les gens nous voient, ils ressentent de l'espoir et de la confiance".


Récemment diplômée, elle recherche un emploi. "Ici on oublie un peu les soucis du quotidien".


Une cinquantaine de filles, âgées entre 10 et 15 ans, sont inscrites à l'Académie pour suivre deux fois par semaine un entraînement de deux heures.


Miral Jamal avait six ans quand elle a quitté Bartalla avec sa famille pour échapper aux jihadistes. A 13 ans, elle est aujourd'hui passionnée de football.


"Ici les joueuses se sentent bien", assure la collégienne. "Le football ça nous soulage du fardeau de l'école, il n'y a rien d'autre à faire dans la ville", ajoute-t-elle. "J'attends les entraînements avec impatience".


Les modestes cotisations mensuelles des familles --entre 5 000 et 10 000 dinars irakiens (entre 3 et 7 dollars)-- permettent de payer la location du terrain.


Pour les autres dépenses, les quatre fondateurs piochent dans leurs fonds propres.


Hala Thomas, qui a participé au lancement de l'Académie, s'est récemment rendue à Bagdad pour rencontrer les responsables publics et obtenir des financements. Elle a eu droit à des promesses, mais rien de concret.


"Nous n'avons pas suffisamment d'argent pour acheter plus de ballons, des tenues ou ce dont on a besoin pour l'entraînement", déplore cette dame de 55 ans, qui a préféré rester dans sa ville natale plutôt que de rejoindre ses fils aux Pays-Bas.


"Malgré le manque de soutien des institutions sportives, nous avons espoir d'avoir une équipe de football féminin", s'entête-t-elle.

«Bouffée d'air»
Après une montée en puissance fulgurante en 2014, l'EI avait pris le contrôle d'un tiers de l'Irak, faisant de Mossoul sa "capitale" dans le nord du pays.


Des dizaines de milliers de chrétiens avaient fui la région environnante de Ninive, jadis un haut lieu du christianisme. Certains ont rallié le Kurdistan irakien tout proche, d'autres se sont exilés.


Une nouvelle vague d'exode, venue encore une fois amputer une minorité chrétienne qui depuis deux décennies se réduit comme peau de chagrin avec chaque nouveau cycle de violences.


Forte de plus de 1,5 million de personnes en 2003 avant l'invasion américaine, la communauté ne compte plus aujourd'hui que 400 000 âmes.


A travers la plaine de Ninive, des églises et des monastères détruits et incendiés par les jihadistes ont été restaurés. Mais les défis de la reconstruction restent titanesques dans la province aux infrastructures ravagées.


"Le football c'est une bouffée d'air pour n'importe quelle communauté", reconnaît Bassem Metti, responsable de quartier. "Il nous fallait quelque chose qui encourage la stabilité de notre quotidien et qui commence à être palpable".


Le premier ministre libanais dit qu'il ne laissera pas son pays être entrainé dans un nouveau conflit

Salam a déclaré que l’objectif du Liban était de renforcer sa souveraineté et d’attirer les investissements internationaux. (WGS)
Salam a déclaré que l’objectif du Liban était de renforcer sa souveraineté et d’attirer les investissements internationaux. (WGS)
Short Url
  • Le Premier ministre libanais Nawaf Salam a affirmé que le Liban ne serait pas entraîné dans un nouveau conflit, après des déclarations du Hezbollah liées à une éventuelle attaque américaine contre l’Iran
  • Il a souligné le contrôle de l’État sur le sud du Liban et appelé au soutien arabe pour renforcer l’armée libanaise, en amont d’une conférence internationale prévue le 5 mars à Paris

DUBAI: Le premier ministre libanais a affirmé mardi qu'il "ne permettra(it)" pas que son pays soit entrainé dans un nouveau conflit, après que le Hezbollah a dit qu'il se sentirait visé par toute éventuelle attaque américaine contre l'Iran.

"Nous ne permettrons jamais à quiconque d'entrainer le pays dans une nouvelle aventure", a dit Nawaf Salam lors d'une conférence à Dubai, en réponse à une question sur les déclarations récentes du chef du Hezbollah pro-iranien.

La guerre menée par le Hezbollah contre Israël en soutien au Hamas a couté "très cher" au Liban et "personne n'est prêt à exposer le pays à des aventures de ce genre", a-t-il ajouté.

Le chef du groupe islamiste, Naïm Qassem, a dit la semaine dernière que sa formation se sentirait "visé" par une éventuelle attaque américaine contre l'Iran, et "choisira(it) en temps voulu comment agir".

Ce mouvement chiite est sorti affaibli d'un conflit meurtrier avec Israël qui a pris fin en novembre 2024. Il n'est pas intervenu pendant la guerre de 12 jours entre l'Iran et Israël en juin 2025.

Malgré un cessez-le-feu, Israël poursuit ses frappes régulières contre ses bastions et ses militants, l'accusant de tenter de se réarmer.

M.Salam a affirmé que son gouvernement avait "aujourd'hui un contrôle opérationnel du sud du pays", où l'armée avait annoncé avoir mené à bien le désarmement du Hezbollah au sud du fleuve Litani, à quelque 30 km de la frontière avec Israël.

Il a appelé les pays arabes à le soutenir, à l'occasion de la conférence internationale prévue le 5 mars à Paris et destinée à lever des fonds pour l'armée libanaise, confrontée à un manque de moyens financiers et d'équipements face au Hezbollah, qu'elle cherche à désarmer sur l'ensemble du pays.

"J'espère que tous nos frères arabes y participeront activement, car c'est la clé de la sécurité", a-t-il déclaré.


Rafah: douze personnes entrées en Egypte de Gaza au premier jour de la réouverture du passage

Les autorités égyptiennes ont mobilisé 150 hôpitaux et 300 ambulances, de même que 12.000 médecins et 30 équipes d'urgence pour accueillir les patients de Gaza, selon AlQahera News, un média d'Etat proche des renseignements égyptiens. (AFP)
Les autorités égyptiennes ont mobilisé 150 hôpitaux et 300 ambulances, de même que 12.000 médecins et 30 équipes d'urgence pour accueillir les patients de Gaza, selon AlQahera News, un média d'Etat proche des renseignements égyptiens. (AFP)
Short Url
  • "Cinq blessés et sept accompagnateurs" ont traversé le poste-frontière, a déclaré mardi la source, alors que le nombre maximum de patients de Gaza autorisés à entrer en Egypte avait été limité lundi à 50 avec deux accompagnants chacun
  • Lundi, un responsable égyptien du ministère de la Santé a confirmé à l'AFP que trois ambulances ont transportés des patients palestiniens, qui "ont "été immédiatement examinés pour déterminer vers quel hôpital ils seraient transférés"

RAFAH: Douze personnes, des blessés et leurs accompagnants, sont entrées en Egypte de la bande de Gaza, au premier jour lundi de la réouverture très limitée du passage de Rafah, a déclaré mardi à l'AFP une source à la frontière.

"Cinq blessés et sept accompagnateurs" ont traversé le poste-frontière, a déclaré mardi la source, alors que le nombre maximum de patients de Gaza autorisés à entrer en Egypte avait été limité lundi à 50 avec deux accompagnants chacun, selon trois sources officielles à la frontière égyptienne.

Lundi, un responsable égyptien du ministère de la Santé a confirmé à l'AFP que trois ambulances ont transportés des patients palestiniens, qui "ont "été immédiatement examinés pour déterminer vers quel hôpital ils seraient transférés."

Les autorités égyptiennes ont mobilisé 150 hôpitaux et 300 ambulances, de même que 12.000 médecins et 30 équipes d'urgence pour accueillir les patients de Gaza, selon AlQahera News, un média d'Etat proche des renseignements égyptiens.

Quelque "20.000 patients, dont 4.500 enfants" ont "un besoin urgent de soins", selon Mohammed Abou Salmiya, directeur du principal hôpital du territoire palestinien, Al-Chifa.

Le nombre de personnes ayant pu rentrer dans la bande de Gaza n'a pas été communiqué officiellement.

Lundi, des bus blancs, qui avaient acheminé plus tôt dans la journée des Palestiniens d'Egypte vers le territoire palestinien ont retraversé le poste-frontière à vide, selon des images de l'AFP.

Fermé depuis mai 2024 par l'armée israélienne, le passage de Rafah a rouvert lundi au compte-gouttes dans les deux sens, avec d'importantes restrictions imposées par Israël, mais sans ouverture à l'entrée d'aide humanitaire internationale.

Ce seul passage entre la bande de Gaza et le monde extérieur sans passer par Israël a été rouvert au surlendemain de frappes israéliennes sur le territoire palestinien qui ont fait des dizaines de morts, selon la Défense civile dans la bande de Gaza, l'armée affirmant avoir riposté à la sortie de combattants palestiniens d'un tunnel dans la zone qu'elle contrôle à Rafah.

La réouverture de Rafah constitue une "fenêtre d'espoir" pour les habitants de Gaza, a estimé lundi Ali Shaath, chef du Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG) chargé de gérer le territoire pendant une période transitoire sous l'autorité du "Conseil de paix" présidé par Donald Trump.

La réouverture de la frontière devrait aussi permettre l'entrée à Gaza, à une date encore inconnue, des 15 membres qui constituent le NCAG.

 

 


Le prince héritier saoudien reçoit le président turc à Riyad

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane reçoit le président turc Recep Tayyip Erdogan au palais Al-Yamamah à Riyad, mardi. (SPA)
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane reçoit le président turc Recep Tayyip Erdogan au palais Al-Yamamah à Riyad, mardi. (SPA)
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane reçoit le président turc Recep Tayyip Erdogan au palais Al-Yamamah à Riyad, mardi. (SPA)
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane reçoit le président turc Recep Tayyip Erdogan au palais Al-Yamamah à Riyad, mardi. (SPA)
Erdogan a été reçu à l'aéroport international King Khalid par le prince Mohammed bin Abdulrahman bin Abdulaziz, gouverneur adjoint de la région de Riyad. (SPA)
Erdogan a été reçu à l'aéroport international King Khalid par le prince Mohammed bin Abdulrahman bin Abdulaziz, gouverneur adjoint de la région de Riyad. (SPA)
Short Url
  • Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane et le président turc Recep Tayyip Erdogan ont tenu une séance de pourparlers au palais Al-Yamamah à Riyad, mardi

RIYAD: Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a reçu mardi le président turc Recep Tayyip Erdogan au palais Al-Yamamah, à Riyad.

Une cérémonie officielle d’accueil a été organisée en l’honneur du président Erdogan, à l’issue de laquelle les deux dirigeants ont tenu une séance de discussions.

Le président turc est arrivé plus tôt dans la journée en Arabie saoudite pour une visite officielle.

Il a été accueilli à l’aéroport international King Khalid par le vice-gouverneur de la région de Riyad, le prince Mohammed ben Abdulrahman ben Abdulaziz, ainsi que par plusieurs hauts responsables saoudiens.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com