La comparution forcée de Sarkozy comme témoin «marque la banalisation du statut du président»

Le président de la République est protégé par deux dispositions constitutionnelles expresses qui posent son irresponsabilité ainsi que son inviolabilité. (AFP)
Le président de la République est protégé par deux dispositions constitutionnelles expresses qui posent son irresponsabilité ainsi que son inviolabilité. (AFP)
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Publié le Mercredi 03 novembre 2021

La comparution forcée de Sarkozy comme témoin «marque la banalisation du statut du président»

  • «Pendant longtemps, Sarkozy était totalement intouchable; aujourd’hui, il tend à être considéré comme un citoyen parmi d'autres»
  • «Sarkozy jouit de l'irresponsabilité conférée par l’article 67-1 qui couvre, pour toujours, les actes qu'il a accomplis en tant que président de la République»

PARIS: Nicolas Sarkozy a été sommé de venir témoigner mardi au procès de ses anciens collaborateurs dans l'affaire dite des "sondages de l'Elysée". Une décision inédite qui "marque la banalisation du statut du président", selon Ariane Vidal-Naquet, professeure de droit public à l'université d'Aix-Marseille.

Q: La comparution forcée de Nicolas Sarkozy est-elle compatible avec l'immunité garantie par la Constitution?


R: Si la comparution forcée d'un ancien chef de l'Etat, inédite sous la Ve République, n'est pas irrégulière, elle marque la banalisation du statut du président de la République (...) Pendant longtemps, (il) était totalement intouchable; aujourd’hui, il tend à être considéré comme un citoyen parmi d'autres (...)


Le président de la République est protégé par deux dispositions constitutionnelles expresses qui posent son irresponsabilité ainsi que son inviolabilité.


Selon l'alinéa 1 de l'article 67 de la Constitution, il +n'est pas responsable des actes accomplis+ en sa qualité de président, sous réserve de deux exceptions : la possibilité d'une destitution par le Parlement, constitué en Haute Cour, en cas de manquement à ses devoirs manifestement incompatible avec l'exercice de son mandat ; la possibilité d'une condamnation par la Cour pénale internationale compétente en matière de génocides, de crimes contre l'humanité, de crimes d'agression et de crimes de guerre.


Selon l'alinéa 2 de l'article 67, le président de la République jouit d'une inviolabilité temporaire et partielle : +Il ne peut, durant son mandat et devant aucune juridiction ou autorité administrative française, être requis de témoigner non plus que faire l'objet d'une action, d'un acte d'information, d'instruction ou de poursuite+.


Cette protection ne concerne que les actes détachables de l’exercice des fonctions ou commis avant l’entrée en fonction . Elle se termine un mois après la cessation de ses fonctions.


Dans le cas de l’affaire des sondages de l'Elysée, l'inviolabilité n'est pas applicable à Nicolas Sarkozy puisqu'elle a cessé avec la fin de son mandat. C'est ce qui explique d’ailleurs qu'il ait pu être jugé et condamné dans l'affaire Bygmalion, tout comme Jacques Chirac dans l'affaire des emplois fictifs de la Ville de Paris. 


En revanche, il jouit de l'irresponsabilité conférée par l’article 67-1 qui couvre, pour toujours, les actes qu'il a accomplis en tant que président de la République. Dans cette affaire, le tribunal correctionnel a jugé, ce qui n'avait rien d’évident, que les faits litigieux - la commande d’études d'opinion – n’étaient pas détachables de l'exercice de ses fonctions de président.

Q: Cela empêche-t-il son audition comme témoin?


R: Dans une approche stricte et conforme à la tradition constitutionnelle française, l'irresponsabilité politique signifie que le chef de l'Etat, voire le gouvernement, ne puisse pas être sanctionné, c'est-à-dire destitué ou renversé (...) Ainsi appréhendée, elle n'empêche pas son audition en tant que témoin, d'autant que cette audition ne suppose pas, précisément, sa mise en cause (...)


On rappellera également que François Hollande avait été, en janvier  2019, auditionné comme témoin dans l'instruction sur l'assassinat de deux journalistes de RFI au Mali (il avait en l'occurrence accepté de témoigner NDLR).

Q: Le tribunal doit-il le questionner d'une façon particulière? Que peut-il se passer s'il s'auto-incrimine ou s'il dédouane ses collaborateurs, alors qu'il est irresponsable pénalement?


R: Son statut de président de la République n'impose pas des règles particulières au cours du déroulement du procès pénal.  


Ainsi, les faits litigieux pourraient conduire à la condamnation de certains de ses anciens collaborateurs. L'irresponsabilité de l'article 67-1 ne s'étend pas aux ex-collaborateurs du président de la République qui sont jugés dans cette affaire.


Toutefois, pour revenir sur l'hypothèse que vous évoquez, rien n'empêche qu'il s'auto-incrimine, alors même qu'il est irresponsable pénalement (...) ce qui pourrait conduire à la relaxe des prévenus.


Cette hypothèse, frustrante et peu satisfaisante sur le plan du droit, serait totalement inédite, amenant le président de la République à "couvrir" son entourage. L'homme politique, l'élu, serait ainsi amené à endosser l'ensemble de la responsabilité pour tous ses collaborateurs, révélant ainsi l’unité et la solidarité exécutives."


CMA CGM confirme qu'un de ses porte-conteneurs a été touché dans le détroit d'Ormuz

 Le porte-conteneurs "San Antonio" battant pavillon maltais et appartenant à l'armateur français CMA CGM a fait "l'objet d'une attaque" mardi dans le détroit d'Ormuz, a confirmé mercredi matin CMA CGM. (AFP)
Le porte-conteneurs "San Antonio" battant pavillon maltais et appartenant à l'armateur français CMA CGM a fait "l'objet d'une attaque" mardi dans le détroit d'Ormuz, a confirmé mercredi matin CMA CGM. (AFP)
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  • L'agence de sécurité maritime britannique UKTMO avait rapporté qu'un cargo avait été touché mardi vers 18H30 GMT par un "projectile d'origine inconnue" dans le détroit d'Ormuz, sans l'identifier
  • L'armateur précise qu'il suit la situation de près et qu'il reste pleinement mobilisé aux côtés de l'équipage

PARIS: Le porte-conteneurs "San Antonio" battant pavillon maltais et appartenant à l'armateur français CMA CGM a fait "l'objet d'une attaque" mardi dans le détroit d'Ormuz, a confirmé mercredi matin CMA CGM.

L'attaque a fait des "blessés parmi les membres d'équipage" qui ont été "évacués et soignés", et a occasionné des "dommages" au navire, a ajouté CMA CGM dans un bref communiqué à l'AFP.

L'agence de sécurité maritime britannique UKTMO avait rapporté qu'un cargo avait été touché mardi vers 18H30 GMT par un "projectile d'origine inconnue" dans le détroit d'Ormuz, sans l'identifier.

L'armateur précise qu'il suit la situation de près et qu'il reste pleinement mobilisé aux côtés de l'équipage.

L'attaque a eu lieu au lendemain du "projet Liberté" lancé par Donald Trump pour escorter les navires bloqués dans le Golfe afin de les aider à quitter le détroit d'Ormuz.

Mais l'opération d'escorte a été arrêtée dès mardi au bout d'un jour seulement par le même Donald Trump, dans le but de parvenir à un accord avec l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.

Le président américain a déclaré sur sa plateforme Truth Social que "de grands progrès" avaient été réalisés dans les négociations, et que le "Projet liberté" serait suspendu "pendant une courte période" pour voir si un accord pouvait "être finalisé et signé".


Pour Glucksmann, «il est bien trop tôt pour se déclarer candidat»

Toujours hostile à une primaire à gauche, Raphaël Glucksmann juge "qu'il est bien trop tôt pour se déclarer candidat" à la présidentielle et assure que la gauche non mélenchoniste sera "suffisamment adulte" pour désigner "le meilleur candidat". (AFP)
Toujours hostile à une primaire à gauche, Raphaël Glucksmann juge "qu'il est bien trop tôt pour se déclarer candidat" à la présidentielle et assure que la gauche non mélenchoniste sera "suffisamment adulte" pour désigner "le meilleur candidat". (AFP)
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  • Dans ce rassemblement, "on se met d'accord sur le fond (du projet), ensuite on crée une équipe et on désigne le candidat ou la candidate la mieux placée (...) Et on sera suffisamment adulte pour qu'il y en ait qu'un ou une", a-t-il affirmé
  • Il a répété son hostilité à une primaire à gauche, qui a été une nouvelle fois défendue mardi soir dans un meeting à Paris par ses partisans comme Clémentine Autain, François Ruffin, Marine Tondelier ou Olivier Faure

PARIS: Toujours hostile à une primaire à gauche, Raphaël Glucksmann juge "qu'il est bien trop tôt pour se déclarer candidat" à la présidentielle et assure que la gauche non mélenchoniste sera "suffisamment adulte" pour désigner "le meilleur candidat".

"Il est bien trop tôt pour se déclarer candidat. Ce qui m'obsède, c'est que la ligne politique que je porte soit capable de gagner l'élection présidentielle", a déclaré mercredi sur France 2 l'eurodéputé Place publique, le mieux placé selon les sondages pour porter une candidature de centre-gauche.

Il a défendu la démarche de "rassemblement" initiée par une quarantaine d'élus de la gauche et des écologistes, dont le patron des députés PS Boris Vallaud et l'écologiste Yannick Jadot.

Dans ce rassemblement, "on se met d'accord sur le fond (du projet), ensuite on crée une équipe et on désigne le candidat ou la candidate la mieux placée (...) Et on sera suffisamment adulte pour qu'il y en ait qu'un ou une", a-t-il affirmé.

Il a répété son hostilité à une primaire à gauche, qui a été une nouvelle fois défendue mardi soir dans un meeting à Paris par ses partisans comme Clémentine Autain, François Ruffin, Marine Tondelier ou Olivier Faure.

"La malédiction de la gauche, c'est de ne parler qu'à la gauche", a-t-il expliqué. Pendant que la gauche fait une primaire, "Jean-Luc Mélenchon parlera aux Français, Jordan Bardella parlera aux Français".

Il a jugé "parfaitement normale" la candidature du leader insoumis "parce qu'en fait, nous incarnons des lignes totalement différentes".

"Donc il n'y aura pas de cris d'orfraie de ma part. C'est tout à fait logique qu'il y ait deux offres politiques qui s'affrontent quand il y a deux visions du monde qui s'affrontent", a-t-il estimé.


"La France vous aime", "l'Arménie avec l'Europe", clame Macron sur les lieux du séisme de 1988

Le président français Emmanuel Macron, accompagné du Premier ministre arménien Nikol Pashinyan et du président arménien Vahagn Khachaturyan, s’éloigne après avoir rendu hommage au mémorial des victimes du séisme de 1988, à Gyumri, le 5 mai 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron, accompagné du Premier ministre arménien Nikol Pashinyan et du président arménien Vahagn Khachaturyan, s’éloigne après avoir rendu hommage au mémorial des victimes du séisme de 1988, à Gyumri, le 5 mai 2026. (AFP)
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  • Emmanuel Macron réaffirme à Gyumri l’amitié forte entre la France et l’Arménie, en évoquant la mémoire du séisme de 1988 et le soutien historique français
  • Il soutient une Arménie tournée vers l’Europe et la paix, malgré les tensions passées avec l’Azerbaïdjan, en insistant sur un partenariat durable

ARMENIE: "La France vous aime !", "l'Arménie avec l'Europe" : Emmanuel Macron a conclu mardi sa visite d'Etat dans cette ex-république soviétique sur un message appuyé d'amitié et pro-européen depuis Gyurmi, ville martyre du tremblement de terre de 1988.

"Personne n’a oublié ce jour de décembre 1988 où les horloges se sont arrêtées, où la ville a été touchée et où le monde s’est levé +pour toi Arménie+", a lancé le président aux milliers d'habitants réunis sur la place Vardanants, au coeur de la cité reconstruite, pour un concert franco-arménien.

Deuxième ville du pays, Gyumri a été détruite à 60% lors du séisme qui fit près de 26.000 morts le 7 décembre 1988. A proximité immédiate de la Turquie, elle abrite aussi toujours aujourd'hui une base russe, héritée de l'URSS.

"Pour toi Arménie", chanson emblématique écrite par Charles Aznavour pour les victimes du tremblement de terre, avait été entonnée juste avant sur scène par l'orchestre d'Etat et le Choeur académique national d'Arménie.

"L'héritage de Charles Aznavour demeure immense et précieux pour les peuples arméniens et français", a proclamé la présentatrice du concert entre deux interprétations.

Les artistes Patrick Fiori et Joyce Jonathan ont aussi ajouté à la touche française, avec en toile de fond des écrans géants aux couleurs de la France.

Le Premier ministre Nikol Pachinian, qui accompagnait le président, était aussi un peu en campagne dans cette ville symbole à un mois des élections législatives du 7 juin.

Les deux dirigeants se sont d'ailleurs prêtés à un long bain de foule après s'être inclinés devant le monument aux victimes du séisme sur une autre note de Charles Aznavour ("Emmenez-moi").

Le tremblement de terre avait alors eu une forte résonnance en France, pays qui abrite une importante diaspora arménienne (400.000 personnes).

La France "s’est mobilisée", dépêchant plus de 500 sapeurs-pompiers et militaires sur place, a rappelé Emmanuel Macron.

"Après l’enfer, après l’hiver, c’est un nouveau printemps", a-t-il salué, citant les paroles de "Pour toi Arménie", sans esquiver les "difficultés" du pays ces dernières années avec le long conflit territorial contre l'Azerbaïdjan, autre héritage de l'URSS.

Nikol Pachinian a conclu un accord de paix après la reconquête de l'enclave du Karabakh, majoritairement peuplée d'Arméniens, par Bakou en 2023, malgré le traumatisme ressenti dans la population.

"Comme Gyumri est là, avec ce nouveau visage, l’Arménie avance en paix, en stabilité, avec l’Europe", a estimé Emmanuel Macron sous les applaudissements.

"Comme nous étions là en décembre 1988, nous étions là dans les pires heures de 2020 (de la guerre, ndlr) et nous serons là aujourd'hui et demain à vos côtés. N'oubliez jamais que la France vous aime", a assuré Emmanuel Macron.