La justice américaine suspend l'obligation de vaccin voulue par Biden dans des entreprises

La campagne de vaccination américaine menée tambour battant s'est essoufflée, relançant les taux de contamination et freinant en partie la reprise économique. (Photo, AFP)
La campagne de vaccination américaine menée tambour battant s'est essoufflée, relançant les taux de contamination et freinant en partie la reprise économique. (Photo, AFP)
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Publié le Dimanche 07 novembre 2021

La justice américaine suspend l'obligation de vaccin voulue par Biden dans des entreprises

  • La mesure vise à obliger des dizaines de millions de salariés à être vaccinés contre la Covid-19 d'ici le 4 janvier
  • La cour d'appel fédérale compétente pour le Texas estime que les plaignants ont «donné des arguments laissant croire qu'il y a de sérieux problèmes constitutionnels et procéduraux»

WASHINGTON : Une cour d'appel fédérale américaine a suspendu samedi l'obligation vaccinale pour les employés des entreprises de plus de 100 salariés, infligeant un revers au président des Etats-Unis Joe Biden qui peine à convaincre l'ensemble du pays de s'immuniser contre la Covid-19.

La mesure vise à obliger des dizaines de millions de salariés à être vaccinés contre la Covid-19 d'ici le 4 janvier, sous peine de devoir se soumettre à des tests très réguliers.

Annoncée mi-septembre, elle a été adoptée cette semaine par l'exécutif, et a été immédiatement contestée en urgence devant la justice notamment par l'Etat du Texas, contrôlé par les républicains opposés à toute obligation vaccinale pour lutter contre la pandémie.

Dans sa décision, la cour d'appel fédérale compétente pour ce grand Etat du Sud américain estime que les plaignants ont "donné des arguments laissant croire qu'il y a de sérieux problèmes constitutionnels et procéduraux" avec le texte gouvernemental. Ce dernier est donc "suspendu" dans l'attente d'un examen par la juridiction sur le fond.

"Nous allons pouvoir contester en justice l'abus de pouvoir inconstitutionnel de Biden", a réagi sur Twitter le gouverneur conservateur du Texas Greg Abbott, qui a déjà interdit les obligations vaccinales sur son sol. Il a ajouté que les audiences auraient lieu "bientôt".

Même s'il ne s'agit à ce stade que d'une suspension, c'est un revers de taille pour le président démocrate, qui venait tout juste d'encaisser sa première victoire législative d'envergure avec l'adoption vendredi au Congrès de son plan d'investissements dans les infrastructures.

«Meilleur moyen»

"La vaccination est le meilleur moyen de sortir de cette pandémie", avait commenté Joe Biden dans un communiqué publié jeudi, assurant qu'il aurait "préféré éviter cette obligation" censée toucher plus des deux-tiers de la main d'oeuvre du pays. "Trop de personnes restent non vaccinées pour que nous puissions en sortir définitivement", avait-il estimé.

Le texte suspendu laisse à l'employeur le soin de prendre les mesures qu'il juge adéquates, y compris disciplinaires, contre les réfractaires au vaccin et aux tests réguliers. Les entreprises qui ne feraient pas appliquer l'obligation s'exposent elles, d'après ce texte, à une amende allant de 13 000 à 136 000 dollars.

La Maison Blanche avait prévenu que la nouvelle règle s'imposait à tous les Etats, y compris ceux qui ont adopté des lois interdisant aux employeurs d'exiger la vaccination, des masques ou des tests.

Mais au pays des libertés individuelles, cette version américaine du pass sanitaire provoque un tollé dans l'opposition républicaine, qui dénonce une "dictature".

Plusieurs grands groupes américains, dont le géant de la viande Tyson Foods ou la compagnie aérienne United Airlines, ont déjà préparé le terrain en imposant dès fin septembre ces obligations à leurs employés.

Joe Biden a relevé que ces précédents n'ont pas conduit à des "licenciements de masse" ni à des "pénuries de travailleurs" en raison d'une opposition au vaccin.

"Les employeurs qui ont mis en œuvre des programmes de vaccination sur leur lieu de travail connaissent, pour la plupart, un succès incroyable de plus de 95% des travailleurs en règle avec l'obligation vaccinale", a souligné jeudi le vice-ministre du Travail Jim Frederick.

Il avait prédit que cela deviendrait "la norme dans la grande majorité des lieux de travail qui appliquent une obligation vaccinale".

Alimentée depuis l'été par le variant Delta, la pandémie a déjà fait plus de 750 000 morts aux Etats-Unis.

Le président Biden a fait de la lutte contre la Covid-19 un des marqueurs de sa présidence. Mais la campagne de vaccination américaine menée tambour battant s'est essoufflée, relançant les taux de contamination et freinant en partie la reprise économique.


Les Etats-Unis frappent l'Iran pour la troisième nuit de suite et vont rétablir le blocus des ports

Les Etats-Unis ont mené une troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran, avant le rétablissement prévu mardi du blocus naval des ports iraniens, même si Donald Trump suggère qu'un accord avec Téhéran est encore "possible". (AFP)
Les Etats-Unis ont mené une troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran, avant le rétablissement prévu mardi du blocus naval des ports iraniens, même si Donald Trump suggère qu'un accord avec Téhéran est encore "possible". (AFP)
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  • Quatre explosions ont été entendues près de Bandar Abbas, ville portuaire située sur le détroit d'Ormuz, selon l'agence de presse iranienne Irna
  • Parmi les objectifs ciblés figurent "des systèmes de défense côtière, des installations de drones et de missiles et des moyens maritimes", selon le Centcom

TEHERAN: Les Etats-Unis ont mené une troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran, avant le rétablissement prévu mardi du blocus naval des ports iraniens, même si Donald Trump suggère qu'un accord avec Téhéran est encore "possible".

Pendant une mission de cinq heures, "les forces américaines ont frappé des cibles militaires" dans plusieurs villes portuaires du sud de l'Iran, comme Bouchehr et Bandar Abbas, a détaillé le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) dans la matinée.

Quatre explosions ont été entendues près de Bandar Abbas, ville portuaire située sur le détroit d'Ormuz, selon l'agence de presse iranienne Irna.

Parmi les objectifs ciblés figurent "des systèmes de défense côtière, des installations de drones et de missiles et des moyens maritimes", selon le Centcom.

"Nous allons les frapper fort ce soir, et nous allons les frapper fort demain", avait déclaré lundi Donald Trump dans une interview radio. Pour le président américain, les dirigeants iraniens "ne peuvent absolument rien faire contre" ces frappes.

Comme la veille, les Gardiens de la Révolution iraniens ont, eux, revendiqué une opération à Bahreïn - entre autres contre un bâtiment hébergeant les troupes américaines sur la base de Juffair.

L'armée idéologique iranienne a aussi annoncé avoir ciblé en Jordanie "des installations clé et les forces américaines sur une base aérienne jordanienne", dans un communiqué cité par l'agence Tasnim. L'armée jordanienne a annoncé pour sa part l'interception de quatre missiles iraniens.

Deux tankers attaqués 

Dans le détroit d'Ormuz, les Emirats arabes unis ont déploré des attaques de missiles iraniens contre deux de leurs tankers, tuant un membre d'équipage indien.

Malgré ces échanges de frappes, Donald Trump a tout de même estimé, devant la presse à la Maison Blanche, qu'un accord avec l'Iran était encore "possible".

Avant cela, il avait annoncé sur Truth Social que les Etats-Unis prendraient le contrôle du détroit d'Ormuz et que le blocus des ports iraniens serait rétabli.

Il entrera en vigueur mardi à 20H00 GMT, selon l'armée américaine.

Tout comme Téhéran souhaite instaurer un péage pour traverser Ormuz, le président américain a dit vouloir percevoir en échange de la protection du détroit "une rémunération correspondant à 20% de la valeur des cargaisons", contraire au droit international censé garantir la liberté de navigation.

Le pétrole remonte 

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, dont le pays a pris le contrôle du détroit au début de la guerre, a rétorqué sur X: "l'Iran a toujours été le gardien du détroit et le restera pour toujours".

Donald Trump "a tout à fait raison. Quiconque assure le passage sûr et sécurisé des navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz devrait être rémunéré", a-t-il ironisé, ajoutant: "20%, c'est évidemment trop. Nous serons équitables".

Les Gardiens de la Révolution iraniens ont accusé les Etats-Unis de mettre en péril l'approvisionnement mondial en pétrole.

Au lendemain d'une envolée spectaculaire de plus de 9%, les cours du pétrole continuaient leur ascension dans ce contexte. Le baril de Brent de la mer du Nord, référence internationale, gagnait 1,19% à 84,29 dollars vers 02H00 GMT.

Après quasiment 40 jours de bombardements dans le conflit déclenché par des frappes israélo-américaines le 28 février, un cessez-le-feu était entré en vigueur début avril, avant d'être entériné le 17 juin par un protocole d'accord.

Mais depuis des attaques survenues mardi contre des navires tentant de franchir Ormuz, les affrontements ont repris avec une intensité inédite depuis des semaines, faisant dire à Donald Trump que le cessez-le-feu était "terminé".

La semaine dernière, le président américain a d'ailleurs envoyé une notice officielle au Congrès indiquant que le conflit avec l'Iran avait repris, a confirmé la Maison Blanche à l'AFP.

Et au total, 25 personnes ont été tuées depuis mercredi, selon un décompte de l'AFP à partir des médias iraniens et sources officielles.

 Protocole d'accord "en crise" 

Pour le porte-parole de la diplomatie iranienne Esmaïl Baghaï, "il ne fait aucun doute" que le protocole d'accord "est en crise".

"Mais l'Iran n'a jamais été le premier à violer ses engagements", a-t-il tancé lors d'une conférence de presse lundi à Téhéran à laquelle assistait l'AFP.

Les consultations avec les médiateurs que sont le Qatar, le Pakistan et Oman se poursuivent afin de "prévenir une escalade", a-t-il toutefois assuré.

Le protocole d'accord prévoyait la réouverture du détroit, Téhéran n'autorisant toutefois qu'un seul couloir de navigation, le long de ses côtes.

"Ce passage stratégique est plus important que des dizaines de bombes atomiques, et la République islamique d'Iran le protégera", avait averti dimanche le conseiller militaire du guide suprême, Mohsen Rezaï.


L'armée américaine dit avoir conclu une série de frappes en Iran contre «des dizaines de cibles»

  • L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran
  • Elle a "visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations"

WASHINGTON: L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran, pour la deuxième journée consécutive, se disant prête à "garantir que la liberté de navigation reste assurée" dans le détroit d'Ormuz.

Les forces américaines "ont visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations", a écrit le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.

 


Le chef de la diplomatie iranienne se rend à Oman au sujet du détroit d'Ormuz

La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
  • Abbas Araghchi se rend à Oman pour des discussions sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime
  • Malgré le cessez-le-feu avec Washington, le contrôle du détroit d'Ormuz reste une source de tensions

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi va se rendre samedi à Oman pour une visite axée "sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime", a annoncé son porte-parole.

La visite "portera principalement sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime" et s'inscrit "dans le prolongement des consultations que nous avons entamées avec Oman depuis un mois ou deux", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, selon des propos rapportés par l'agence de presse officielle iranienne IRNA.

Malgré l'accord conclu le 17 juin entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre déclenchée fin février par des attaques américano-israéliennes, la question du détroit demeure un point de contentieux majeur.

L'Iran a profité du conflit pour prendre le contrôle de ce point de passage clef pour le commerce mondial des hydrocarbures et refuse de revenir à la situation antérieure.

Téhéran veut imposer des droits de passage sur les bateaux et autorise uniquement une route longeant ses côtes, dans le nord. Des navires passant au sud, au large d'Oman, ont récemment été attaqués, ce qui a déclenché une reprise des hostilités avec les Etats-Unis.

En mai, le président Donald Trump avait menacé à la surprise générale de "pulvériser" le sultanat d'Oman s'il continuait de discuter avec Téhéran d'une gestion commune du détroit.

"Plusieurs séries de réunions techniques ont eu lieu jusqu'à présent, tant à Téhéran qu'à Mascate, et ce déplacement s'inscrit dans le prolongement de ces consultations, afin de contribuer à faciliter la circulation en toute sécurité dans le détroit d'Ormuz", a également fait savoir le porte-parole de la diplomatie iranienne.