Un pétrolier vietnamien saisi par l’Iran navigue désormais librement

Le 24 octobre, les troupes paramilitaires du Corps des gardiens de la révolution ont pris le contrôle du MV Sothys, un navire que les analystes soupçonnent d’avoir tenté de transférer du pétrole brut iranien sanctionné vers l’Asie. (Photo. Corps des gardiens de la révolution via AP)
Le 24 octobre, les troupes paramilitaires du Corps des gardiens de la révolution ont pris le contrôle du MV Sothys, un navire que les analystes soupçonnent d’avoir tenté de transférer du pétrole brut iranien sanctionné vers l’Asie. (Photo. Corps des gardiens de la révolution via AP)
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Publié le Mercredi 10 novembre 2021

Un pétrolier vietnamien saisi par l’Iran navigue désormais librement

  • Le Sothys apparaissait sur l’écran radar de l’organisation de défense américaine United Against a Nuclear Iran qui se méfie depuis longtemps de la République islamique
  • Une guerre de l’ombre plus large oppose l’Iran à l’Occident dans les eaux agitées de la région

DUBAÏ: Un pétrolier vietnamien, précédemment saisi par l’Iran, navigue désormais librement depuis mercredi, mettant fin à la dernière confrontation maritime qui implique Téhéran, au moment où les négociations sur l’accord nucléaire sont au point mort avec les puissances mondiales.

Le Sothys a quitté mercredi le port iranien de Bandar Abbas et a atteint les eaux internationales du golfe d’Oman, selon les données de MarineTraffic.com, analysées par l’Associated Press. Le navire semble y avoir jeté l’ancre, mais il n’y a aucune information sur son équipage.

Shahrokh Nazemi, porte-parole de la mission iranienne auprès des Nations unies, déclare mercredi à l’Associated Press que «le Sothys a quitté les eaux iraniennes la nuit dernière après avoir transféré le pétrole».

Les responsables vietnamiens n’ont pu être joints pour s’exprimer à ce sujet, bien qu’ils aient précédemment reconnu avoir essayé d’obtenir plus d’informations sur la saisie en Iran.

La cinquième flotte de l’US Navy chargée des forces navales au Moyen-Orient n’a pas souhaité répondre immédiatement aux questions.

Le 24 octobre, les puissantes troupes paramilitaires du Corps des gardiens de la révolution ont pris le contrôle du MV Sothys, un navire que les analystes soupçonnent d’avoir tenté de transférer du pétrole brut iranien sanctionné vers l’Asie. Les forces américaines ont surveillé la saisie sans pour autant prendre de mesures pendant que le navire naviguait dans les eaux iraniennes.

L’Iran a ensuite célébré la saisie du navire au moyen d’une séquence dramatique diffusée à la télévision nationale, la veille du 42e anniversaire de la saisie de l’ambassade des États-Unis à Téhéran en 1979.

Le Sothys apparaissait sur l’écran radar de l’organisation de défense américaine United Against a Nuclear Iran qui se méfie depuis longtemps de la République islamique. Dans une lettre adressée à l’administration maritime vietnamienne en date du 11 octobre, le groupe déclare que son analyse des photos satellites montre que le Sothys a reçu un transfert de pétrole de navire à navire en juin d’un pétrolier appelé l’Oman Pride.

En août, le département du Trésor des États-Unis a identifié l’Oman Pride comme étant utilisé pour transporter du pétrole iranien dans le cadre d’un programme de contrebande visant à enrichir la Force expéditionnaire Al-Qods du Corps des gardiens de la révolution. Ce pétrole iranien finit par être vendu en Asie de l’Est, affirme le Trésor, sans nommer de pays spécifique.

La saisie du Sothys par l’Iran serait la dernière d’une série de détournements d’avions et d’explosions pour secouer le golfe d’Oman, qui se trouve près du détroit d’Ormuz, l’embouchure étroite du golfe Arabique par laquelle passe un cinquième de tout le pétrole échangé.

La marine américaine a accusé l’Iran d’une série d’attaques par des mines à patelle qui ont endommagé des pétroliers en 2019 et d’une attaque mortelle par drone contre un pétrolier en lien avec Israël qui a tué deux membres d’équipage européens plus tôt cette année. Il y a quelques mois à peine, des pirates de l’air iraniens ont pris d’assaut et brièvement saisi un pétrolier portant le drapeau du Panama au large des Émirats arabes unis.

Téhéran nie avoir mené les attaques, mais une guerre de l’ombre plus large oppose l’Iran à l’Occident dans les eaux agitées de la région depuis que le président Donald Trump a retiré les États-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien en 2018 et imposé des sanctions écrasantes au pays.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Les discussions entre le Liban et Israël à Washington vont se poursuivre vendredi

Un barbier coupe les cheveux d'un client dans son salon, endommagé par des frappes militaires israéliennes, dans le village de Srifa, au sud du Liban, le 24 juin 2026. (Photo : Fadel Itani / AFP)
Un barbier coupe les cheveux d'un client dans son salon, endommagé par des frappes militaires israéliennes, dans le village de Srifa, au sud du Liban, le 24 juin 2026. (Photo : Fadel Itani / AFP)
  • Les pourparlers entre Israël et le Liban, sous médiation américaine à Washington, se poursuivront vendredi afin de tenter de parvenir à un accord
  • Malgré les négociations, les tensions persistent : le Hezbollah accuse Israël d'avoir violé le cessez-le-feu après une frappe meurtrière, tandis qu'Israël affirme avoir ciblé des combattants du mouvement

WASHINGTON: La cinquième session de pourparlers entre Israël et le Liban sous médiation américaine censée se terminer jeudi va finalement se poursuivre vendredi à Washington, a annoncé le département d'Etat américain.

"Les discussions entre Israël et le Liban sont toujours en cours alors que nous continuons à les faciliter. Les deux parties reprendront demain à 9h00 (13h00 GMT) pour continuer leur travail en vue d'un accord", a déclaré le département d'Etat à l'AFP jeudi.

Le Hezbollah pro-iranien a de nouveau accusé jeudi Israël de "violation flagrante" du cessez-le-feu après qu'une frappe de drone a fait trois morts. L'armée israélienne a affirmé avoir tué des combattants de la formation chiite.

Le protocole d'accord irano-américain signé le 17 juin prévoit la cessation des hostilités, y compris au Liban. L'Iran a imposé que cette question soit incluse dans le protocole d'accord.


Le Hezbollah accuse Israël de nouvelle «violation» de la trêve après une frappe meurtrière dans le sud du Liban

Le Hezbollah a accusé Israël d'une nouvelle "violation" du cessez-le-feu mercredi, après qu'un drone israélien a fait deux morts dans le sud du Liban, au lendemain de la mort de deux autres personnes tuées par des tirs israéliens. (FADEL ITANI / AFP)
Le Hezbollah a accusé Israël d'une nouvelle "violation" du cessez-le-feu mercredi, après qu'un drone israélien a fait deux morts dans le sud du Liban, au lendemain de la mort de deux autres personnes tuées par des tirs israéliens. (FADEL ITANI / AFP)
  • Le Hezbollah "réitère que les actions de l'ennemi constituent une violation flagrante du cessez-le-feu auquel il a adhéré jusqu'à présent, et qu'il surveille et documente ces violations"
  • L'Agence nationale d'information (ANI), agence officielle libanaise, a rapporté que "deux personnes ont été tuées" lorsqu'un drone israélien a visé leur véhicule près de la localité de Kfar Roummane

BEYROUTH: Le Hezbollah a accusé Israël d'une nouvelle "violation" du cessez-le-feu mercredi, après qu'un drone israélien a fait deux morts dans le sud du Liban, au lendemain de la mort de deux autres personnes tuées par des tirs israéliens.

"Pour la deuxième fois en moins de 48 heures, l'armée ennemie israélienne a délibérément visé des citoyens libanais qui inspectaient leurs maisons" près de la localité de Kfar Roummane, a déclaré le groupe soutenu par l'Iran dans un communiqué.

Le Hezbollah "réitère que les actions de l'ennemi constituent une violation flagrante du cessez-le-feu auquel il a adhéré jusqu'à présent, et qu'il surveille et documente ces violations".

L'Agence nationale d'information (ANI), agence officielle libanaise, a rapporté que "deux personnes ont été tuées" lorsqu'un drone israélien a visé leur véhicule près de la localité de Kfar Roummane.

L'armée israélienne avait indiqué plus tôt avoir visé "deux terroristes armés du Hezbollah dans le secteur de la crête d'Ali al-Taher", près de la ville de Nabatieh, "qui représentaient une menace", affirmant qu'elle "continuerait d'agir pour éliminer les menaces immédiates".

Elle a ensuite précisé avoir également visé "un véhicule transportant des suspects (...) traversant la zone de sécurité dans le secteur de la crête d'Ali al-Taher, représentant une menace pour les soldats (israéliens)".

Le Pakistan et le Qatar — médiateurs dans le conflit impliquant l'Iran — ont annoncé lundi que Téhéran et Washington avaient convenu de mettre en place une cellule préventive afin de limiter les flambées de violence au Liban.

Cette décision fait suite à des pourparlers en Suisse visant à mettre fin au conflit plus large au Moyen-Orient, un dossier que Téhéran lie à l'arrêt du conflit parallèle au Liban.

Si les violences au Liban ont reflué ces derniers jours, le ministre israélien de la Défense a insisté sur le fait que ses troupes présentes dans le sud du pays voisin n'allaient pas se retirer.

"Nous avons annoncé que, dans tous les cas, nous ne nous retirerons pas et qu'à l'heure actuelle (...) il n'y a aucune exigence américaine pour qu'Israël se retire du Liban", a dit M. Katz lors d'une interview à Tel-Aviv.

Sous la pression des Etats-Unis, des responsables libanais ont entamé en avril des pourparlers directs avec Israël à Washington, les autorités libanaises cherchant à dissocier ces négociations de l'accord entre les États-Unis et l'Iran.

Le président libanais Joseph Aoun a souligné mercredi que "les négociations à Washington sont distinctes de ce qui a découlé des réunions en Suisse" entre les Etats-Unis et l'Iran.


Rubio poursuit à Bahreïn sa tournée pour rassurer les alliés de Washington dans le Golfe

  • Avant son étape au Koweït, Marco Rubio avait assuré depuis Abou Dhabi le président émirati de l'engagement de Washington en faveur de la sécurité de son pays
  • Il a ensuite rallié Bahreïn pour une réunion jeudi du Conseil de coopération du Golfe (CCG)

MANAMA: Le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio est jeudi à Bahreïn, poursuivant sa tournée destinée à rassurer les pays du Golfe sur la volonté des Etats-Unis de protéger leurs intérêts dans les discussions avec l'Iran.

Mercredi au Koweït, le secrétaire d'Etat américain avait assuré que les Etats-Unis entendaient "discuter avec eux de chaque décision prise concernant" les négociations en cours avec Téhéran.

Les pays du Golfe ont payé un lourd tribut à l'offensive américano-israélienne lancée le 28 février contre l'Iran. Ils accueillent des bases militaires américaines et ont été visés par des missiles et drones iraniens en représailles.

Avant son étape au Koweït, Marco Rubio avait assuré depuis Abou Dhabi le président émirati de l'engagement de Washington en faveur de la sécurité de son pays. Il a ensuite rallié Bahreïn pour une réunion jeudi du Conseil de coopération du Golfe (CCG).

En parallèle, des discussions sur une réconciliation entre les pays du Golfe et l'Iran sont prévues en Arabie saoudite, à une date encore indéterminée, a indiqué à l'AFP un diplomate.

Trump refuse tout péage 

L'Iran et les Etats-Unis ont signé le 17 juin un protocole pour mettre fin aux hostilités, ouvrant la voie à 60 jours de négociations en vue d'un règlement durable.

Une réunion technique avec la délégation iranienne est prévue les 29 ou 30 juin en Suisse, a précisé Marco Rubio.

Mais de nombreuses divergences subsistent, comme le nucléaire ou le détroit d'Ormuz. Et les critiques se multiplient aux Etats-Unis sur les concessions accordées par Donald Trump, soucieux de mettre un terme au plus vite à cette guerre impopulaire.

La Maison Blanche a dû demander aux parlementaires américains une rallonge budgétaire de près de 88 milliards de dollars, notamment pour reconstituer ses stocks de munitions après la guerre.

Le protocole d'accord a "la valeur d'une déclaration de défaite pour l'Amérique", s'est prévalu mercredi le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf.

Si le texte prévoit une réouverture du détroit d'Ormuz, après des mois de blocage qui ont fait flamber les cours de l'or noir, l'Iran a dit vouloir imposer des frais de service, assurant que cette voie maritime stratégique ne retrouvera pas son fonctionnement libre d'avant-guerre.

"AUCUN PEAGE, AUCUN FRAIS D'ASSURANCE ET AUCUN AUTRE FRAIS" ne sera accepté par Washington, a tonné Donald Trump sur sa plateforme Truth Social.

Aucun pays autre que l'Iran ne soutient l'imposition de frais pour son passage, a assuré pour sa part Marc Rubio.

Pour l'heure, les cours du baril de pétrole Brent continuent leur décrue. Le Brent de la mer du Nord, référence internationale, est brièvement retombé jeudi sous son niveau d'avant-guerre. Durant le conflit, la flambée des cours du brut avaient provoqué une poussée d'inflation mondiale et des pénuries de carburant dans certains pays.

Sur le volet nucléaire, l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a assuré mercredi que des inspections en Iran auraient bien lieu, sans fixer de date.

Téhéran a toujours nié vouloir se doter de la bombe atomique, mais campe sur son droit à une filière civile complète.

"Comme le phénix" 

Sur le Liban, dont l'Iran a imposé l'inclusion dans le protocole d'accord, Mohammad Bagher Ghalibaf a estimé que la fin de la guerre y était "aussi importante" que la fin des hostilités dans son propre pays.

Or le Hezbollah libanais a accusé mercredi Israël d'une nouvelle "violation" du cessez-le-feu après qu'un drone israélien a fait deux morts dans le sud du pays. Deux autres personnes avaient été tuées par des tirs israéliens la veille.

L'Iran a par ailleurs accusé jeudi l'Otan, de "complicité" dans la guerre déclenchée contre lui par les Etats-Unis et Israël, reprochant notamment à l'Italie et à la Roumanie d'avoir permis à des avions américains d'utiliser leurs bases pendant le conflit.

"Il s'agit là d'un aveu clair et accablant de la complicité active de l'Otan dans une guerre d'agression illégale", a écrit sur X le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï.