La jeunesse libanaise, syrienne et palestinienne est confrontée à un avenir de peur, d’angoisse et d’incertitude

Des réfugiés syriens sont évacués de Shebaa, village libanais au sud du Liban, et chargent leurs affaires dans un véhicule pour rentrer en Syrie – le 28 juillet 2018. (AFP)
Des réfugiés syriens sont évacués de Shebaa, village libanais au sud du Liban, et chargent leurs affaires dans un véhicule pour rentrer en Syrie – le 28 juillet 2018. (AFP)
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Publié le Mardi 16 novembre 2021

La jeunesse libanaise, syrienne et palestinienne est confrontée à un avenir de peur, d’angoisse et d’incertitude

  • Une étude de trois ans a mis l’accent sur l’ampleur des souffrances des jeunes au Liban
  • Cela fait dix ans que le Liban est considéré comme le principal pays arabe servant de refuge pour les Syriens fuyant la guerre civile

BEYROUTH: Les jeunes qui vivent dans des zones marginalisées au Liban, notamment dans les régions pauvres, les camps palestiniens et les regroupements de réfugiés syriens, sont confrontés à un avenir dominé par la peur, l’angoisse et l’incertitude.

Cela a été prouvé par une étude de trois ans menée par l'Association libanaise des sciences de l'éducation, en partenariat avec l’Institut Issam Fares pour la politique publique et les affaires internationales de l’Université américaine de Beyrouth.

L’équipe de recherche a présenté les résultats de l’enquête durant une conférence sur Zoom à laquelle a assisté Arab News, et a révélé l’ampleur des souffrances des jeunes au Liban.

Le Dr Kamal Abou Chedid, doyen de la faculté des sciences humaines à l’Université Notre-Dame de Louaizé, a dit : «Les réponses des jeunes concernant les zones marginalisées où ils vivent reflètent leur profonde souffrance et leur désarroi. Les réfugiés sont les plus accablés par la misère. Ils pensaient que les attentes familiales seraient plus réalistes que les attentes générales – qui n’étaient pour eux que rêves et souhaits.» 

Cela fait dix ans que le Liban est considéré comme le principal pays arabe servant de refuge pour les Syriens fuyant la guerre civile

Le Liban ne les a pas reconnus comme réfugiés, mais plutôt comme des «personnes déplacées», pour éviter que le scénario des réfugiés palestiniens qui a eu lieu depuis plus de 70 ans ne se reproduise.

Le Liban – qui héberge 6 millions de personnes – accueille le plus grand nombre de réfugiés au monde, avec 865331 Syriens officiellement enregistrés auprès du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) jusqu’en décembre 2020.

Les autorités libanaises estiment que le nombre de réfugiés syriens qui résident au Liban de façon illégale s’élève à 1,5 million. Certains vivent dans des camps ou des regroupements, alors que d’autres se sont intégrés dans la société.

Il y a aussi près de 60000 Syriens qui vivent dans des camps improvisés.

D’après un recensement de population effectué en 2017, le nombre de réfugiés palestiniens qui vivent dans des camps et des regroupements s’élève à 174 422, dont 7,2% sont analphabètes.

Le nombre de réfugiés palestiniens âgés de 3 à 13 ans ayant reçu une éducation est estimé à 93,6%. Quant au taux de chômage, il s’élève à 18,4%.

Les jeunes libanais sont gravement touchés par la détérioration des conditions de vie au Liban et l’effondrement de la monnaie locale. Plus d’un million de personnes se sont retrouvées sans emploi.

Le Dr Ghada Jouny, professeure d’éducation à l’Université libanaise, a déclaré: «Les jeunes (réfugiés) syriens sont privés d’éducation et d’opportunités de travail. Ils ont des familles autoritaires. Ils essayent de compter sur eux-mêmes mais finissent par se sentir angoissés et désespérés à cause de la mauvaise situation politique et du manque d’éducation et d’opportunités au Liban. Les jeunes syriens voient bien que leur avenir au Liban ne sera pas bon. Ils mangent et boivent mais ne progressent pas.»

Les jeunes syriens craignent que d’autres guerres n’éclatent dans la région, a ajouté Jouny. «Ils ont peur d’être contraints d’accomplir le service militaire obligatoire en Syrie, ce qui les empêche d’envisager un avenir dans leur propre pays.»

Jouny a également mentionné que les Syriens rêvaient de rentrer chez eux et de retrouver leur ancienne vie mais qu’ils s’inquiétaient de devoir retourner dans un pays qui «baigne dans la corruption». Ainsi, ils préfèrent migrer vers l’Europe, les États-Unis, le Canada ou la Suède.

Ils ont même peur de se projeter dans le futur, dit Jouny.

Le Dr Adnan Al-Amine, professeur à l’Université libanaise, trouve que les jeunes vivent dans des environnements marginalisés et sont confrontés à une réalité très dure qui limite leurs attentes. «L’immigration est devenue leur ultime ambition. Les jeunes libanais, syriens et palestiniens ressentent tous les mêmes sentiments : l’angoisse, la peur et l’incertitude.»

Le Dr Maryse Younes, professeure de sociologie à l’Université libanaise, a indiqué que la jeunesse libanaise marginalisée rêvait d’immigration et que les 260 000 passeports émis par la Direction générale de la sécurité publique jusqu’à fin août montrait ce que les Libanais pensaient de leur avenir au Liban.

 «La situation sécuritaire est suffisante pour susciter l’angoisse, sans oublier la faiblesse de l’État et la classe politique inchangée.»

Les jeunes libanais se trouvent obligés de se marier sans avoir d’enfants ou de ne pas se marier du tout parce qu’ils sont incapables de subvenir aux besoins de leur famille. «En même temps, certains jeunes dépendent toujours de leurs parents. Cela représente une tendance au patriarcat. Les Libanais ont maintenant comme priorité de terminer leurs études pour envisager l’immigration. Certains pensent même ne jamais retourner au Liban, pour être capables de mener une vie décente sans perdre espoir en l’avenir», a dit Younes.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Piratée, l'application de Tunisie Telecom envoie un message critique du pouvoir

Relayé sur les réseaux sociaux et par des médias, le message, intitulé "Un cri pour la Tunisie: la liberté n'est pas un crime", fustigeait samedi un "net recul des libertés" et "une crise économique étouffante". (AFP)
Relayé sur les réseaux sociaux et par des médias, le message, intitulé "Un cri pour la Tunisie: la liberté n'est pas un crime", fustigeait samedi un "net recul des libertés" et "une crise économique étouffante". (AFP)
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  • L'opérateur a d'abord publié un communiqué parlant seulement de maintenance sur son application
  • Puis il a reconnu l'attaque dans un deuxième communiqué, publié dans la nuit de samedi à dimanche

TUNIS: Au lieu d'une offre promotionnelle, un message critique du pouvoir: à la suite d'une cyberattaque, des clients de Tunisie Telecom ont reçu, via l'application de l'opérateur public tunisien, un texte dénonçant la situation politique et économique du pays.

Relayé sur les réseaux sociaux et par des médias, le message, intitulé "Un cri pour la Tunisie: la liberté n'est pas un crime", fustigeait samedi un "net recul des libertés" et "une crise économique étouffante".

"Des promesses et des slogans, pour quel résultat?", demandait-il.

Incrédules et surpris, de nombreux Tunisiens ont aussitôt partagé des captures d'écran sur Facebook.

Il n'a pas été possible de confirmer combien de personnes avaient reçu ce message.

L'opérateur a d'abord publié un communiqué parlant seulement de maintenance sur son application.

Puis il a reconnu l'attaque dans un deuxième communiqué, publié dans la nuit de samedi à dimanche.

"Tunisie Telecom confirme que son application numérique MyTT a fait l'objet d'une cyberattaque aujourd'hui, qui a été détectée immédiatement et neutralisée avec succès en un temps record grâce aux mécanismes de protection et de surveillance mis en place, sans aucun impact sur la sécurité des données ni sur la continuité du service", a écrit l'opérateur.

"Par ailleurs, Tunisie Telecom souligne que la notification reçue par certains clients est sans lien avec les activités de l'entreprise ni avec les objectifs de cette application purement commerciale, conçue avant tout pour servir nos clients", a-t-il ajouté.

Des ONG tunisiennes et internationales dénoncent un recul des droits et libertés en Tunisie depuis le coup de force, en juillet 2021, du président Kais Saied, à la suite duquel il s'est octroyé de très larges pouvoirs.


Sud du Liban: Israël annonce la mort d'un de ses soldats

Des militants de gauche israéliens manifestent contre le gouvernement israélien devant la résidence du Premier ministre à Jérusalem, le 23 mai 2026. (AFP)
Des militants de gauche israéliens manifestent contre le gouvernement israélien devant la résidence du Premier ministre à Jérusalem, le 23 mai 2026. (AFP)
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  • Le sergent Nehoray Leizer, âgé de 19 ans, est "tombé au combat dans le sud du Liban", a indiqué l'armée sans donner plus de détails
  • Les frappes se poursuivent au Liban, notamment dans le sud, en dépit de l'entrée en vigueur le 17 avril d'une trève entre Israël et le mouvement islamiste et soutenu par l'Iran Hezbollah

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé lundi la mort d'un de ses soldats survenue la veille dans le Sud du Liban, portant à 23 le nombre de morts dans ses rangs depuis le déclenchement le 2 mars de la guerre avec le Hezbollah.

Le sergent Nehoray Leizer, âgé de 19 ans, est "tombé au combat dans le sud du Liban", a indiqué l'armée sans donner plus de détails.

Les frappes se poursuivent au Liban, notamment dans le sud, en dépit de l'entrée en vigueur le 17 avril d'une trève entre Israël et le mouvement islamiste et soutenu par l'Iran Hezbollah.

 

 


Sous des chaleurs extrêmes, le hajj met les pélerins à rude épreuve

La chaleur accablante pousse aussi des dizaines de fidèles à chercher refuge à l'ombre des bâtiments jouxtant la mosquée ou dans les galeries intérieures. (AFP)
La chaleur accablante pousse aussi des dizaines de fidèles à chercher refuge à l'ombre des bâtiments jouxtant la mosquée ou dans les galeries intérieures. (AFP)
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  • Pour protéger les fidèles, les autorités ont déployé sur les esplanades de la Grande Mosquée  - dont le marbre blanc brûle sous le soleil de plomb - un puissant circuit de climatisation
  • Immenses ventilateurs, brumisateurs et systèmes de refroidissement des sols complètent le dispositif, tandis que des bouteilles d'eau glacée sont distribuées gratuitement aux pèlerins

LA MECQUE: Sous des températures dépassant les 40°C, Inas Gamal s'est résolue à rester dans la chambre, climatisée, de son hôtel, pour faire, entre le lever et le coucher du soleil les prières du hajj, qui débute lundi en Arabie saoudite.

"Il fait très chaud, beaucoup plus que je ne l'imaginais", dit à l'AFP cette Egyptienne mère de quatre enfants, qui effectue pour la première fois le grand pèlerinage annuel musulman.

"Je n'arrive pas à m'adapter" à la chaleur extrême de la péninsule arabique, admet avec gêne cette quadragénaire, en ajustant ses lunettes de soleil.

"J'avais prévu de faire toutes mes prières à la Grande Mosquée", au coeur de laquelle trône la Kaaba, ce cube noir géant vers lequel les musulmans du monde entier se tournent pour prier, "mais je n'ai pas pu y aller pour les prières qui se tiennent en journée", explique-t-elle.

Le Centre national de météorologie prévoit des températures diurnes comprises entre 42 et 47 degrés pendant le hajj et sa série de rites codifiés se déroulant, souvent en plein air, sur plusieurs jours à la Mecque et dans ses environs.

Sous un soleil brûlant et dans une atmosphère étouffante, les pèlerins s'exposent aux coups de chaleur, malaises et même arrêts cardiaques.

Comme Mme Gamal, 1,5 million de fidèles sont déjà arrivés en Arabie saoudite pour effectuer ce pèlerinage, un des cinq piliers de l'islam, qui doit être entrepris par tout musulman au moins une fois dans sa vie s'il en a les moyens.

"Le seul obstacle" 

Pour beaucoup, la chaleur et l'aridité du climat sont un choc.

"Je veille à boire de grandes quantités d'eau et des boissons riches en sels et en minéraux, parce que nous transpirons en permanence et que nous sommes constamment en mouvement", assure à l'AFP Imad Ahmed, venu du Royaume-Uni.

Pour protéger les fidèles, les autorités ont déployé sur les esplanades de la Grande Mosquée  - dont le marbre blanc brûle sous le soleil de plomb - un puissant circuit de climatisation, que la télévision d'Etat saoudienne vante comme sans équivalent au monde.

Immenses ventilateurs, brumisateurs et systèmes de refroidissement des sols complètent le dispositif, tandis que des bouteilles d'eau glacée sont distribuées gratuitement aux pèlerins.

Mais quand même "il fait vraiment très chaud", souffle sous son chapeau Mohamed Nabil, Algérien venu d'Oran, où les températures ne dépassent actuellement pas les 25°C.

Pour ce professeur de 43 ans, qui explique parcourir plus de 30.000 pas par jour, la chaleur constitue "le seul obstacle" au plaisir d'accomplir les rites à La Mecque, berceau de l'islam.

Coups de chaleur 

Les stands de glaces sont pris d'assaut, les pèlerins faisant la queue pour obtenir un pot vendu environ deux euros.

La chaleur accablante pousse aussi des dizaines de fidèles à chercher refuge à l'ombre des bâtiments jouxtant la mosquée ou dans les galeries intérieures.

Certains rites du hajj restent particulièrement éprouvants, comme l'étape phare du Mont Arafat, mardi, où les pèlerins seront exposés au soleil brûlant sur un promontoire rocheux.

Le ministère saoudien de la Santé a annoncé samedi que ses équipes médicales avaient déjà pris en charge 144 personnes souffrant de coups de chaleur.

En 2024, plus de 1.300 pèlerins avaient péri sous des températures dépassant les 50°C, d'après les autorités.

Dans la vallée de Mina, près de La Mecque, où le pèlerinage doit se conclure avec le rituel de la lapidation de Satan, un hôpital se tient prêt à accueillir les personnes souffrant de coups de chaleur.

Sans cacher sa préoccupation, Jamil Abualenain, directeur général exécutif du Centre national de gestion des crises et des catastrophes sanitaires, y répète pour l'AFP les consignes de base: "consommer suffisamment d'eau, utiliser des parapluies et éviter toute exposition prolongée aux rayons du soleil".