Transition énergétique: l’Algérie se met au vert

Les vastes surfaces du Sahara algérien, avec un ensoleillement maximal, se prêtent bien à la production d’énergie d’origine solaire: un potentiel énergétique inépuisable pour produire environ 3 000 kWh par mètre carré, selon les prévisions établies. (Photo, AFP)
Les vastes surfaces du Sahara algérien, avec un ensoleillement maximal, se prêtent bien à la production d’énergie d’origine solaire: un potentiel énergétique inépuisable pour produire environ 3 000 kWh par mètre carré, selon les prévisions établies. (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 17 novembre 2021

Transition énergétique: l’Algérie se met au vert

  • En Algérie, l’énergie renouvelable ne représente que 3% du mix énergétique
  • «La dépendance exclusive de l’Algérie aux énergies conventionnelles présage un stock asséché d’ici à l’année 2042», estiment des spécialistes

ALGER: L'Algérie est bien déterminée à devenir une vitrine de transition énergétique. Comment peut-elle relever ce défi et quelle pourrait être sa stratégie pour sortir de la situation actuelle, marquée par une dépendance quasi totale aux énergies fossiles?

Avant de répondre à ces deux questions, il est nécessaire de rappeler que, dans ce pays, l’énergie renouvelable ne représente que 3% du mix énergétique, 97% de son électricité étant générée à partir d’énergies fossiles, en très grande majorité du gaz, et que, selon les spécialistes en la matière, «la dépendance exclusive de l’Algérie aux énergies conventionnelles présage un stock asséché d’ici à l’année 2042».

Il y a donc, d’une part, la nécessité de recourir aux énergies renouvelables – le plus tôt serait le mieux – et, d’autre part, la très faible production actuelle du solaire, de l’éolien et d’un certain nombre d’autres ressources tout à la fois «propres» et «non nocives à l’environnement»; c’est dire à quel point le travail à entreprendre est énorme.

Pour le réaliser dans les règles de l’art, l’État algérien a élaboré une stratégie de transition énergétique ainsi qu’un ambitieux programme de développement relatif aux énergies renouvelables et à l’efficacité énergétique, qui devra être impérativement parachevé en 2030.

Potentiel énergétique inépuisable

Les vastes surfaces du Sahara algérien, avec un ensoleillement maximal, se prêtent bien à la production d’énergie d’origine solaire: un potentiel énergétique inépuisable pour produire environ 3 000 kWh par mètre carré, selon les prévisions établies.

La priorité est donc l'exploitation du potentiel énergétique dont dispose le pays; le gouvernement algérien table sur un programme d’une capacité de 15 000 mégawatts (MW) à l’horizon 2035. C’est dans cette perspective que le pays a lancé, à la fin du mois dernier, un avis d'appel d’offres pour la production d'électricité de 1 000 MW.

Ce lancement est imminent, puisque le projet est en cours de finalisation. «Il reste simplement quelques contraintes administratives que nous sommes sur le point de régler. Le projet aboutira incessamment», fait savoir Benattou Ziane, le ministre de la Transition énergétique et des Énergies renouvelables, à la presse nationale.

L’hydrogène vert est une nouvelle tendance énergétique qui permettra d'atteindre les objectifs tracés par la COP26, c’est-à-dire une température de moins de 2°C d'ici à l’horizon 2100.

Avec plus de 800 millions de dollars (1 dollar = 0,88 euro) d’investissement à la clé, ces centrales solaires photovoltaïques, d'une capacité totale de 1 000 MW, sont destinées aussi bien aux investisseurs nationaux qu'étrangers. Le gouvernement algérien met d’ailleurs tout en œuvre pour assainir le climat des affaires.

Hydrogène vert

L’hydrogène vert est une nouvelle tendance énergétique qui permettra d'atteindre les objectifs tracés par la COP26, c’est-à-dire une température de moins de 2°C d'ici à l’horizon 2100. Capable de pallier l'intermittence des énergies renouvelables, l'hydrogène vert représente un potentiel économique inestimable, notamment pour le secteur industriel, et, sur un plus long terme, pour le secteur résidentiel.

Le plan national de production d'hydrogène vert – obtenu par l’électrolyse de l’eau – a été approuvé au mois de mai dernier et il sera poursuivi jusqu'en 2050. Il inclut le lancement d'études de marché, le développement et la réglementation. Sur ce point, l’ambition de l’Algérie est tellement grande que le pays espère vendre, à partir de 2030, de l’hydrogène à la place du gaz naturel en utilisant les mêmes gazoducs vers l’Espagne et l’Italie.

Environ 20 millions de tonnes de CO2 sont annuellement générées par le parc automobile algérien.  

Le Dr Nadjib Drouiche, chercheur au Centre de recherche en technologie des semi-conducteurs pour l'énergétique (CRTSE), explique à Arab News en français que l’Algérie est bien lotie et qu’elle possède tous les atouts pour réussir ce bond en avant en matière de transition énergétique. Il révèle qu'il existe déjà quatre sites de production de l'hydrogène vert destiné à la production d'ammoniac, dans les complexes d'acier comme celui d'El-Hadjar (Annaba) ou les usines de verre comme celle de Larbaâ (Blida). Voilà qui permettrait de relever un nouveau défi, «celui de l'exportation de l'hydrogène vert vers l'Europe via les pipelines de gaz».

Voiture électrique

Environ 20 millions de tonnes de CO2 sont annuellement générées par le parc automobile algérien. Dans le souci d’engager une transition énergétique qui dicte l’orientation vers la voiture électrique, l’importation des véhicules hybrides est désormais privilégiée, tandis que celle des moteurs diesel connaît le sort inverse. Cette option a été retenue avec 15% de quotas dans les cahiers des charges des concessionnaires.

Le ministre de la Transition énergétique déclare que son secteur accorde la propriété aux actions et aux programmes de terrain. «Sur le plan technologique, ce n'est pas si difficile. C'est même très abordable en ce qui concerne la technologie de la voiture électrique. Beaucoup d'ateliers de mécanique pratiquent déjà la technique appelée “rétrofit” [rénovation d’équipements, NDLR], qui consiste en une conversion électrique. Il s’agit de doter tout type de véhicule (à moteur thermique, essence ou diesel) d’énergie électrique», précise-t-il.

Au niveau des solutions intermédiaires, un programme dédié à la conversion des modes de carburants dans le secteur des transports est inscrit au plan d'action du gouvernement. En 2021, 150 000 véhicules utilisaient le GPL, qu’il s’agisse de particuliers, de taxis ou d’administrations publiques.

Les ambitions du géant gazier pour combattre les changements climatiques sont telles que l’Algérie s'est engagée, selon les termes de l’accord de Paris, à réduire avec ses propres capacités de 7% les gaz à effet de serre d'ici à l’année 2030. Ce taux pourrait atteindre 22% si le pays arrivait à obtenir une aide financière et technologique. L’Algérie réussira-t-elle à devenir l’eldorado africain des énergies renouvelables? L’avenir nous le dira…


Le Qatar affirme que les pays du Golfe sont «unis» dans leur appel à la désescalade

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  • "Il nous semble qu'il y a une position très unanime dans le Golfe appelant à une désescalade et une fin de la guerre", a déclaré le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed al-Ansari
  • Les riches états pétroliers de la région ont été visés par des centaines de missiles et de drones iraniens depuis le lancement de l'offensive israélo-américaine contre l'Iran le 28 février

DOHA: Les pays du Golfe sont "unis" dans leur appel à une désescalade dans la guerre au Moyen-Orient, a affirmé mardi le Qatar, alors que l'Iran poursuit ses attaques de représailles contre ses voisins de la région.

"Il nous semble qu'il y a une position très unanime dans le Golfe appelant à une désescalade et une fin de la guerre", a déclaré le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed al-Ansari, lors d'une conférence de presse à Doha.

Les riches états pétroliers de la région ont été visés par des centaines de missiles et de drones iraniens depuis le lancement de l'offensive israélo-américaine contre l'Iran le 28 février, tandis que leurs exportations d'hydrocarbures sont affectées par la fermeture de facto du détroit d'Ormuz.

Lundi, une commission parlementaire iranienne a approuvé un projet visant à imposer des droits de passage aux navires transitant par ce détroit stratégique par lequel passait environ un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié mondiaux.

Le détroit a été "fermé en raison d'une opération militaire", et son avenir est "une question que l'ensemble de la région et les partenaires internationaux doivent décider collectivement", a déclaré le responsable qatari.

"Je pense que nous avons pris une décision collective, dans le Golfe, pour traiter cela comme une menace collective", a-t-il insisté.

Pays le plus visé par les attaques iraniennes, les Emirats arabes unis se sont démarqués ces derniers jours de leurs voisins en adoptant un ton plus offensif à l'égard de Téhéran.

"Un simple cessez-le-feu n'est pas suffisant. Nous avons besoin d'un résultat concluant qui réponde à l'ensemble des menaces iraniennes: capacités nucléaires, missiles, drones, mandataires terroristes et blocages des voies maritimes internationales", a écrit leur ambassadeur à Washington, Yousef Al Otaiba, la semaine dernière dans une tribune du Wall Street Journal.

Le diplomate émirati a affirmé que son pays était prêt "à rejoindre une initiative internationale pour rouvrir le détroit et le maintenir ouvert".


Plus de 200.000 personnes sont parties du Liban vers la Syrie depuis le début de la guerre 

Plus de 200.000 personnes, dont une grande majorité de Syriens, ont traversé la frontière entre le Liban et la Syrie depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah début mars, a indiqué mardi l'agence de l'ONU pour les réfugiés (HCR). (AFP)
Plus de 200.000 personnes, dont une grande majorité de Syriens, ont traversé la frontière entre le Liban et la Syrie depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah début mars, a indiqué mardi l'agence de l'ONU pour les réfugiés (HCR). (AFP)
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  • "Près d'un mois après l'intensification des hostilités au Liban, la Syrie a connu une forte augmentation du nombre de personnes traversant sa frontière avec le Liban. Entre le 2 et le 27 mars, plus de 200.000 personnes sont entrées en Syrie
  • "Plus de 28.000 Libanais ont également franchi la frontière syrienne. La plupart fuient les bombardements israéliens intensifs. Ils arrivent épuisés, traumatisés et avec très peu d’affaires", a poursuivi la responsable du HCR

GENEVE: Plus de 200.000 personnes, dont une grande majorité de Syriens, ont traversé la frontière entre le Liban et la Syrie depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah début mars, a indiqué mardi l'agence de l'ONU pour les réfugiés (HCR).

"Près d'un mois après l'intensification des hostilités au Liban, la Syrie a connu une forte augmentation du nombre de personnes traversant sa frontière avec le Liban. Entre le 2 et le 27 mars, plus de 200.000 personnes sont entrées en Syrie par les trois points de passage officiels", a déclaré Aseer al-Madaien, représentante par intérim du HCR en Syrie, lors d'un point presse donné en visioconférence à Genève depuis Damas.

"Ces chiffres ont été fournis par les autorités et confirmés par nos collègues sur le terrain", a-t-elle ajouté, précisant que "la grande majorité" de ces personnes, soit "près de 180.000, sont des Syriens, notamment des réfugiés syriens qui avaient déjà fui la Syrie pour trouver refuge au Liban et qui sont aujourd'hui contraints de fuir à nouveau".

"Plus de 28.000 Libanais ont également franchi la frontière syrienne. La plupart fuient les bombardements israéliens intensifs. Ils arrivent épuisés, traumatisés et avec très peu d’affaires", a poursuivi la responsable du HCR.

Le Hezbollah pro-iranien a entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars en menant une attaque contre Israël en représailles aux frappes israélo-américaines ayant tué le guide suprême iranien Ali Khamenei.

Le Liban avait accueilli plus d'un million de réfugiés syriens qui ont fui leur pays pendant la guerre civile déclenchée par la répression d'un soulèvement populaire contre le pouvoir de Bachar al-Assad en 2011.

Plus d'un demi-million de ces réfugiés ont regagné leur pays depuis la chute d'Assad fin 2024.

Le HCR a indiqué que son plan d'urgence pour les personnes rejoignant précipitamment la Syrie depuis le Liban prévoyait "un nombre pouvant atteindre de 300 à 350.000 personnes".

"Ce nombre dépendra en grande partie d'éventuelles opérations terrestres supplémentaires. Parallèlement, le gouvernement syrien nous a informés qu'il mettait en place un plan d'urgence au cas où davantage de Libanais se dirigeraient vers la Syrie", a ajouté Mme al-Madaien.


Israël occupera une partie du sud du Liban après la guerre, déclare son ministre de la Défense

 Israël a l'intention d'occuper une partie du sud du Liban une fois la guerre terminée, a déclaré mardi son ministre de la Défense, Israël Katz. (AFP)
Israël a l'intention d'occuper une partie du sud du Liban une fois la guerre terminée, a déclaré mardi son ministre de la Défense, Israël Katz. (AFP)
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  • "Le retour au sud du Litani de plus de 600.000 habitants du sud du Liban qui ont été évacués vers le nord sera totalement empêché tant que la sécurité et la sûreté des habitants du nord (d'Israël) ne seront pas garanties"
  • "Toutes les maisons des villages (libanais) adjacents à la frontière (avec Israël) seront démolies conformément au modèle de Rafah et de Beit Hanoun à Gaza"

JERUSALEM: Israël a l'intention d'occuper une partie du sud du Liban une fois la guerre terminée, a déclaré mardi son ministre de la Défense, Israël Katz.

"A la fin de cette opération, Tsahal (l'armé israélienne, NDLR) s'installera dans une zone de sécurité à l'intérieur du Liban, sur une ligne défensive contre les missiles antichars, et maintiendra le contrôle sécuritaire de toute la zone jusqu'au Litani", fleuve qui s'écoule à une trentaine de kilomètres au nord de la ligne de démarcation entre Israël et le Liban, a déclaré M. Katz, dans une vidéo diffusée par son bureau.

"Le retour au sud du Litani de plus de 600.000 habitants du sud du Liban qui ont été évacués vers le nord sera totalement empêché tant que la sécurité et la sûreté des habitants du nord (d'Israël) ne seront pas garanties", a ajouté M. Katz.

"Toutes les maisons des villages (libanais) adjacents à la frontière (avec Israël) seront démolies conformément au modèle de Rafah et de Beit Hanoun à Gaza, afin d'éliminer une fois pour toutes les menaces le long de la frontière qui pèsent sur les habitants du nord", a encore ajouté M. Katz en référence à deux villes de la bande de Gaza dévastées par les opérations militaires d'Israël dans sa guerre contre le Hamas après le 7 octobre 2023.

Le Liban a été entraîné dans la guerre entre Israël et les Etats-Unis d'une part et l'Iran d'autre part par une attaque le 2 mars du mouvement islamiste Hezbollah contre Israël en représailles à la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué au premier jour du conflit.

Depuis lors, les frappes israéliennes massives sur le pays du Cèdre ont tué plus de 1.200 personnes et en ont blessé plus de 3.600, selon le dernier bilan du ministère de la Santé. L'armée israélienne affirme elle avoir éliminé "850 terroristes" au Liban.

M. Katz ne cesse de multiplier les déclarations martiales à l'encontre du Liban et des Libanais.

Dimanche, l'ONG Human Rights Watch (HRW) a indiqué lui avoir écrit pour exprimer ses "vives préoccupations concernant (des propos tenus récemment par des responsables israéliens) qui sapent le respect du droit international humanitaire" et dénotent selon elle une volonté de s'y soustraire.

Dans une copie de la lettre publiée par HRW, cette dernière lui reproche nommément ses propos du 16 mars, dans lesquels il menaçait déjà d'empêcher le retour des personnes ayant fui la région au sud du Litani.

"Utiliser le refus du retour des civils comme outil de négociation constitue un déplacement forcé, ce qui est interdit par les lois de la guerre et peut constituer un crime de guerre", écrit l'ONG.

Depuis le 2 mars, le Hezbollah a tiré "entre 4.000 et 5.000 roquettes, drones et missiles, ainsi que des mortiers (...) en direction d'Israël, certains en direction de nos troupes, d'autres vers des communautés civiles", a déclaré mardi le lieutenant-colonel Nadav Shoshani, porte-parole international de l'armée israélienne.