Au Maroc, un monastère cistercien s'érige en pont de dialogue interreligieux

Une photo montre le monastère de Notre Dame de l'Atlas à Midelt dans le centre du Maroc à l'occasion des funérailles du moine catholique français Frère Jean-Pierre Schumacher, dernier survivant de la prise d'otages des sept moines de Tibhirine pendant la guerre civile algérienne guerre en 1996, le 23 novembre 2021. (Photo, AFP)
Une photo montre le monastère de Notre Dame de l'Atlas à Midelt dans le centre du Maroc à l'occasion des funérailles du moine catholique français Frère Jean-Pierre Schumacher, dernier survivant de la prise d'otages des sept moines de Tibhirine pendant la guerre civile algérienne guerre en 1996, le 23 novembre 2021. (Photo, AFP)
Les funérailles du dernier moine survivant au massacre de Tibirhine en 1996 en Algérie, qui s'est éteint à l'âge de 97 ans dimanche. (Photo, AFP)
Les funérailles du dernier moine survivant au massacre de Tibirhine en 1996 en Algérie, qui s'est éteint à l'âge de 97 ans dimanche. (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 26 novembre 2021

Au Maroc, un monastère cistercien s'érige en pont de dialogue interreligieux

  • «Je trouve important d'avoir un rapport à l’Autre sans se soucier de sa religion, de son identité, de sa culture»
  • «J'ai grandi en côtoyant les sœurs puis les moines. Depuis longtemps des liens très forts nous unissent. Jamais je n'ai perçu une quelconque différence entre nous»

MIDELT, Maroc : Derrière une imposante muraille rehaussée de deux tours en pisé, les cloches de l'unique monastère cistercien du Maghreb résonnent dans l'Atlas marocain.


Ce lieu est témoin de la cohabitation entre chrétiens et musulmans, mais il incarne aussi la mémoire du massacre de Tibhirine, en Algérie. Le dernier moine survivant du drame de 1996 s'est paisiblement éteint là dimanche à 97 ans.


Perché sur une colline à la bordure de la ville de Midelt avec en toile de fond la couronne enneigée du mont Ayachi à plus de 3.750 mètres, le prieuré de Notre-Dame de l'Atlas est situé dans une région rurale reculée et pauvre, majoritairement berbérophone.

(Photo, AFP)


Ici la petite église, les deux chapelles et l'espace de vie des quatre moines ont été construits dans le respect de l'architecture locale, simple, en terre crue et aux toitures en bois. 


Les meubles taillés dans des arbres de l'Atlas et les tapis traditionnels, estampillés "Eglise de Midelt", sont confectionnés dans des villages voisins.

«Complicité»

"Ce lieu est à l'image de son environnement. Pareil pour nos rapports avec nos voisins. Je trouve important d'avoir un rapport à l’Autre sans se soucier de sa religion, de son identité, de sa culture", confie le frère espagnol José Luis, en déambulant dans la cour du monastère.


Ce dernier a été érigé dans les années 1920 par des sœurs franciscaines avant que des cisterciens-trappistes ne les rejoignent en l'an 2000, dont les deux seuls rescapés de Tibhirine, Jean-Pierre Schumacher et Amédée Noto.

(Photo, AFP)

"J'ai grandi en côtoyant les sœurs puis les moines. Depuis longtemps des liens très forts nous unissent. Jamais je n'ai perçu une quelconque différence entre nous", raconte Ismaïl, 48 ans, qui fait parfois office de chauffeur aux moines et à leurs convives.  


La règle voudrait que les trappistes vivent en autarcie et en réclusion mais à Notre-Dame de l'Atlas, les frontières avec le monde extérieur restent poreuses. 


"La complicité entre chrétiens et musulmans dans la région a toujours été présente et le restera à jamais", assure Hayat, une jeune trentenaire du village d'Otmane Ou Moussa. 


En témoigne la quinzaine de villageois ayant assisté mardi aux obsèques de Jean-Pierre Schumacher, qui repose désormais dans le cimetière entouré de cyprès du monastère. Amédée Noto était lui décédé en France en 2008. 


Une nuit de mars 1996, sept de leurs compagnons avaient été enlevés à Notre-Dame de l'Atlas de Tibhirine, en pleine guerre civile en Algérie, avant d'être assassinés et décapités dans des circonstances non élucidées.

(Photo, AFP)


La tuerie avait été revendiquée par des islamistes du Groupe islamique armé (GIA) mais des soupçons sur une possible implication des services secrets militaires algériens subsistent.


Au lendemain du massacre, les deux trappistes avaient d'abord rejoint un monastère à Fès, la capitale spirituelle du Maroc, avant de s'établir à Midelt, où fut transférée Notre-Dame de l'Atlas de Tibhirine. 

«Pas de barrières»
Le souvenir des moines assassinés est très vivace et un mémorial leur est dédié au coeur du prieuré: "C'était important de perpétuer leur mémoire dans ce havre de paix", rappelle le cardinal Cristóbal López, venu célébrer les obsèques de Jean-Pierre Schumacher.  


Les cédules de profession des voeux des sept cisterciens, leur portraits, des bures, des coupures de presse, un téléphone et des sceaux en usage à Tibhirine sont exposés dans cet espace intimiste construit en 2019.  


A Notre-Dame de l'Atlas, la vie des moines est rythmée par les offices mais également par le plaisir d’accueillir des voyageurs en quête d'apaisement.   

La dépouille du dernier moine survivant au massacre de Tibirhine en 1996 en Algérie, qui s'est éteint à l'âge de 97 ans dimanche. (Photo, AFP)


L’hôtellerie du monastère peut accueillir une vingtaine de pèlerins souvent originaires d'Europe ou des Etat-Unis. 


"A plusieurs reprises nos convives viennent avec des idées préconçues sur la population locale. A la fin de leur séjour, ils changent d'avis", se réjouit le moine hôtelier José Luis. "Car entre voisins, il n'y a pas de barrières !".  


Et si les trappistes sont réputés pour la confection de bières, comme en Belgique, à Midelt on leur préfère le jus de pommes "bio" issues du beau verger du monastère. 


Israël continuera à opérer dans le sud du Liban 

 L'armée israélienne a annoncé jeudi poursuivre ses opérations dans le sud du Liban face aux "menaces", après la signature par les Etats-Unis et l'Iran d'un accord visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, y compris sur le front libanais. (AFP)
L'armée israélienne a annoncé jeudi poursuivre ses opérations dans le sud du Liban face aux "menaces", après la signature par les Etats-Unis et l'Iran d'un accord visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, y compris sur le front libanais. (AFP)
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  • Depuis l'annonce lundi de l'accord entre Téhéran et Washington, signé mercredi soir par les présidents de deux pays, l'intensité des violences a drastiquement baissé dans le sud du Liban
  • Mais des échanges de tirs limités sont signalés et au moins huit personnes ont depuis été tuées dans des frappes israéliennes, dont trois sur la seule journée de jeudi selon un média d'Etat libanais

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé jeudi poursuivre ses opérations dans le sud du Liban face aux "menaces", après la signature par les Etats-Unis et l'Iran d'un accord visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, y compris sur le front libanais.

L'armée a publié une carte de ce qu'elle déclare être son "espace de sécurité", s'étendant sur une dizaine de kilomètres à l'intérieur du territoire libanais.

Elle indique que des troupes continueront d'y être déployées "afin d'éliminer les menaces et d'améliorer la défense des habitants du nord d'Israël".

Un responsable militaire israélien a précisé que l'armée pourrait également agir pour "neutraliser" les risques identifiés au-delà de la zone de sécurité, et appelé les civils libanais à ne pas y pénétrer.

Depuis l'annonce lundi de l'accord entre Téhéran et Washington, signé mercredi soir par les présidents de deux pays, l'intensité des violences a drastiquement baissé dans le sud du Liban et le Hezbollah pro-iranien n'a plus revendiqué d'attaques contre Israël.

Mais des échanges de tirs limités sont signalés et au moins huit personnes ont depuis été tuées dans des frappes israéliennes, dont trois sur la seule journée de jeudi selon un média d'Etat libanais.

L'armée israélienne a pour sa part annoncé la mort de l'un de ses soldats dans la nuit de mercredi à jeudi, lors d'un incident survenu dans le sud du Liban. Sept soldats ont également été blessés.

Le groupe armé Hezbollah soutenu par l'Iran a entraîné le Liban dans la guerre début mars en attaquant Israël pour venger l'assassinat du guide suprême de la République islamique au début de la campagne américano-israélienne.

Israël a riposté par de vastes frappes à travers le Liban et par le lancement d'une invasion terrestre dans le sud, région frontalière d'Israël et de longue date sous l'influence du Hezbollah.

Le Liban et Israël mènent depuis avril des pourparlers directs à Washington afin de tenter de mettre fin aux hostilités et de dissocier leur conflit de la guerre régionale.

"D'autres étapes sont en cours de discussion" dans le cadre de ces pourparlers, a déclaré jeudi la même source militaire, ajoutant que "les représentants se rencontreront à nouveau la semaine prochaine".

 


Iran: le guide suprême dit avoir approuvé l'accord avec les Etats-Unis, malgré une «opinion différente»

Le guide suprême iranien, l’ayatollah Mojtaba Khamenei, a déclaré jeudi avoir approuvé l'accord avec les États-Unis pour mettre fin à la guerre, malgré une "opinion différente" sur la question, sans plus de détails. (AFP)
Le guide suprême iranien, l’ayatollah Mojtaba Khamenei, a déclaré jeudi avoir approuvé l'accord avec les États-Unis pour mettre fin à la guerre, malgré une "opinion différente" sur la question, sans plus de détails. (AFP)
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  • "J'avais une opinion différente, mais j’ai donné mon autorisation en raison de l’engagement que le respectable président (iranien), en tant que président du Conseil suprême de sécurité nationale, a pris envers moi en son nom"
  • Selon lui, le président l'a aussi assuré que "si la partie américaine formule des exigences excessives" dans la suite des négociations en vue d'un accord final, "ils ne s’y soumettront pas"

TEHERAN: Le guide suprême iranien, l’ayatollah Mojtaba Khamenei, a déclaré jeudi avoir approuvé l'accord avec les États-Unis pour mettre fin à la guerre, malgré une "opinion différente" sur la question, sans plus de détails.

"J'avais une opinion différente, mais j’ai donné mon autorisation en raison de l’engagement que le respectable président (iranien), en tant que président du Conseil suprême de sécurité nationale, a pris envers moi en son nom et au nom des autres membres pour protéger les droits de la nation iranienne et du front de la résistance" à Israël, a déclaré Mojtaba Khamenei, dans un message écrit lu à la télévision d’État.

Selon lui, le président l'a aussi assuré que "si la partie américaine formule des exigences excessives" dans la suite des négociations en vue d'un accord final, "ils ne s’y soumettront pas".

"Il est évident que les négociations en face-à-face qui se tiendront à l'avenir ne présagent pas de l'acceptation du point de vue de l'ennemi", a souligné le guide suprême, dans cette première réaction à l’accord irano-américain visant à mettre fin à la guerre, signé tôt jeudi par les présidents américain Donald Trump et iranien Masoud Pezeshkian.

Le dirigeant n’a pas été vu en public depuis son entrée en fonction en mars, à la suite de l’assassinat de son père et prédécesseur, l’ayatollah Ali Khamenei, lors des premières frappes américano-israéliennes contre l’Iran, le 28 février, qui ont déclenché la guerre régionale.

Mojtaba Khamenei a encore affirmé que Donald Trump avait "par désespoir, actionné toutes sortes de leviers" pour obtenir cet accord avec l’Iran,  afin de mettre fin à la guerre.


Trump et Netanyahu sur le Liban, un « petit différend »

Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille. (AFP)
Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille. (AFP)
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  • "Pour être tout à fait juste envers Bibi (surnom du Premier ministre israélien) Netanyahu, qui se trouve être un homme bien, il s'emporte un peu parfois", a-t-il déclaré
  • "Nous avons un partenariat formidable", a-t-il ajouté, qualifiant leur désaccord sur le Liban de "petit différend"

EVIAN: Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille.

"Pour être tout à fait juste envers Bibi (surnom du Premier ministre israélien) Netanyahu, qui se trouve être un homme bien, il s'emporte un peu parfois", a-t-il déclaré.

"Nous avons un partenariat formidable", a-t-il ajouté, qualifiant leur désaccord sur le Liban de "petit différend".

Le président américain a indiqué que le protocole d'accord avec l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient serait signé "bientôt", "peut-être" jeudi ou vendredi.

La signature a été annoncée pour vendredi à Genève.

Interrogé sur son intention de rester en Europe pour la signature, il a répondu qu'il "pourrait" rester, tout en ajoutant: "Ce n'est pas le genre de document que je devrais signer".

Sur "la partie libanaise, c'est une chose sur laquelle il va falloir qu'on travaille un peu", a reconnu Donald Trump, alors que les Iraniens exigent qu'Israël cesse ses frappes contre le groupe armé pro-iranien Hezbollah au Liban.

"C'est en fait une toute petite pièce du puzzle, mais elle fait quand même beaucoup de bruit", a également commenté Donald Trump, estimant que "le vrai sujet, c'est l'accord avec l'Iran".

Car "c'est là qu'est l'argent, là que se trouvait le pouvoir", a-t-il ajouté.

Il a en outre répété que les Etats-Unis "prendront" l'uranium hautement enrichi de l'Iran même s'il est "sans valeur".

Le président américain a par ailleurs promis une discussion "parallèle" avec les pays du Golfe portant sur les missiles balistiques.

Ces pays ont été la cible des frappes de Téhéran durant la guerre américano-israélienne contre la République islamique iranienne.

Donald Trump était depuis lundi à Evian, station thermale des Alpes, pour le sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de sept des plus grandes puissances industrialisées (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni).

Il prolonge son séjour en France avec un dîner au château de Versailles avec Emmanuel Macron.