Washington menace d'escalade dans le conflit nucléaire avec Téhéran

Le directeur général de l'AIEA, Rafael Grossi, a déclaré mercredi qu'il ne sait pas si l'atelier fonctionnera à nouveau. (Photo, Reuters)
Le directeur général de l'AIEA, Rafael Grossi, a déclaré mercredi qu'il ne sait pas si l'atelier fonctionnera à nouveau. (Photo, Reuters)
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Publié le Samedi 27 novembre 2021

Washington menace d'escalade dans le conflit nucléaire avec Téhéran

  • Une session extraordinaire de l'AIEA pourrait adopter une résolution contre Téhéran
  • Cela pourrait compromettre les pourparlers indirects entre l'Iran et les États-Unis sur la relance du JCPOA, qui devraient reprendre lundi

 VIENNE : Les États-Unis ont menacé d'affronter l'Iran à l'Agence internationale de l'énergie atomique le mois prochain s'ils ne coopèrent pas davantage avec l'organisme de surveillance nucléaire de l'ONU. Cette escalade qui pourrait saper les pourparlers sur la relance de l'accord, dit JCPOA, de 2015 avec l'Iran.

Téhéran est aux prises avec plusieurs impasses avec l'AIEA, dont le conseil des gouverneurs composé de 35 pays tient une réunion trimestrielle cette semaine.

L'ancien président américain Donald Trump a retiré Washington du JCPOA, également connu sous le nom d'accord sur le nucléaire iranien, qui a levé les sanctions contre Téhéran en échange de restrictions sur ses activités atomiques.

Trump a réimposé des sanctions affaiblissantes, après quoi Téhéran accroitra ses travaux nucléaires et réduira sa coopération avec l'AIEA.

L'Iran refuse actuellement à l'agence l'accès pour réinstaller des caméras de surveillance dans un atelier du complexe TESA Karaj.

L'AIEA exige également des réponses sur l'origine des particules d'uranium trouvées sur des sites apparemment anciens mais non déclarés, et affirme que Téhéran continue de soumettre ses inspecteurs à des «fouilles corporelles poussées».

Dans un communiqué, l’AIEA a signalé: «Si la non-coopération de l'Iran n'est pas immédiatement corrigée, le conseil d'administration n'aura d'autre choix que de se réunir à nouveau en session extraordinaire avant la fin de cette année dans le but de résoudre la crise».

Elle a ajouté qu'elle se référait «en particulier» à la réinstallation des caméras de l'AIEA sur le site de Karaj, qui fabrique des pièces pour des centrifugeuses avancées pour l'enrichissement d'uranium.

Cet atelier a été touché par un acte de sabotage visible en juin, ce qui, selon Téhéran, était une attaque d'Israël. Israël n'a toutefois pas commenté l'incident.

L'une des quatre caméras de l'AIEA installées dans le site de Karaj a été détruite et ses images sont manquantes. L'Iran a retiré toutes les caméras après l'incident.

Le directeur général de l'AIEA, Rafael Grossi, a déclaré mercredi qu'il ne sait pas si l'atelier fonctionnera à nouveau et que le temps était compté pour parvenir à un accord, ajoutant qu'aucun progrès n'avait été réalisé sur plusieurs autres différends.

Une réunion extraordinaire du conseil d'administration de l'AIEA viserait très probablement à adopter une résolution contre l'Iran, une escalade diplomatique susceptible de contrarier Téhéran.

Cela pourrait compromettre les pourparlers indirects entre l'Iran et les États-Unis sur la relance du JCPOA, qui devraient reprendre lundi.

L'Iran souhaite la levée de toutes les sanctions dans un processus vérifiable, a soutenu vendredi son ministre des Affaires étrangères Hossein Amirabdollahian.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Frappes israéliennes sur le plus grand complexe pétrochimique iranien

Israël a dit avoir mené lundi des frappes sur le plus grand complexe pétrochimique dans le sud de l'Iran et s'est félicité de porter "un coup sévère au régime", Téhéran affirmant de son côté que la situation était "sous contrôle" mais que l'étendue des dégâts restait à évaluer. (AFP)
Israël a dit avoir mené lundi des frappes sur le plus grand complexe pétrochimique dans le sud de l'Iran et s'est félicité de porter "un coup sévère au régime", Téhéran affirmant de son côté que la situation était "sous contrôle" mais que l'étendue des dégâts restait à évaluer. (AFP)
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  • Le complexe gazier d'Assalouyeh, dans le sud de l'Iran, se situe en bordure de l'immense champ gazier de South Pars, partagé par l'Iran avec le Qatar
  • Les frappes lundi sur Assalouyeh font suite à des bombardements israélo-américains samedi sur un site pétrochimique dans le sud-ouest de l'Iran, dans la province de Khouzestan

JERUSALEM: Israël a dit avoir mené lundi des frappes sur le plus grand complexe pétrochimique dans le sud de l'Iran et s'est félicité de porter "un coup sévère au régime", Téhéran affirmant de son côté que la situation était "sous contrôle" mais que l'étendue des dégâts restait à évaluer.

L'agence iranienne Fars a par ailleurs affirmé qu'un autre complexe pétrochimique, cette fois près de Chiraz (centre-sud) avait été visé par des frappes, évoquant des "dégâts mineurs".

Israël n'a pas évoqué cette opération à ce stade. Mais le ministre de la Défense Israël Katz a déclaré que l'armée avait lundi "frappé avec force le plus grand complexe pétrochimique en Iran, situé à Assalouyeh, une cible clé qui assure environ la moitié de la production pétrochimique du pays".

Juste avant, Téhéran avait rapporté une série d'explosions sur le site, déjà frappé le 18 mars par Israël.

Le complexe gazier d'Assalouyeh, dans le sud de l'Iran, se situe en bordure de l'immense champ gazier de South Pars, partagé par l'Iran avec le Qatar.

Les frappes lundi sur Assalouyeh font suite à des bombardements israélo-américains samedi sur un site pétrochimique dans le sud-ouest de l'Iran, dans la province de Khouzestan.

"Les deux sites, représentant 85% des exportations pétrochimiques iraniennes, sont désormais hors service", a déclaré Israël Katz. "Cela représente un coup sévère se montant à des dizaines de milliards de dollars pour le régime iranien", a-t-il ajouté.

Quelques heures plus tard, le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'est également félicité des frappes.

"Aujourd'hui nous avons détruit la plus grande usine pétrochimique en Iran. Ce qui veut dire que nous éliminons systématiquement la machine à financer des Gardiens de la Révolution", l'armée idéologique de la République islamique, a-t-il déclaré dans une vidéo.

"Sous contrôle" 

Les médias officiels iraniens ont affirmé que la situation à Assalouyeh était "sous contrôle".

"L'incendie a été maîtrisé. La situation est actuellement sous contrôle et les aspects techniques ainsi que l'étendue des dégâts font l'objet d'une enquête", a indiqué l'agence Irna, citant un communiqué de la compagnie pétrochimique iranienne, ajoutant qu'aucun blessé n'était à déplorer.

Le champ offshore de South Pars, essentiel pour le secteur énergétique iranien, sert pour l'exploitation commune avec le Qatar du plus grand gisement de gaz naturel au monde.

Ehsan Jahanian, gouverneur adjoint de la province iranienne de Bouchehr (sud-ouest), a indiqué que "deux infrastructures dans le secteur de Pars avaient été touchées par un raid aérien ennemi".

L'agence Tasnim a elle indiqué que "les entreprises Mobin et Damavand, qui fournissent de l'électricité, de l'eau et de l'oxygène" à Assalouyeh "ont été visées".

Il n'y a pas eu de dégâts du côté de l'entreprise pétrochimiques de Pars, selon cette source.

En mars, le président Donald Trump avait demandé à Israël de ne plus attaquer les infrastructures énergétiques iraniennes après les premières frappes contre le champ de South Pars.

Mais le président américain avait aussi menacé de détruire "massivement l'intégralité du gisement" si Téhéran continuait ses attaques dans la région.

 


Iran: le chef des renseignements des Gardiens de la Révolution tué dans une frappe 

Le commandant général Majid Khademi. (AFP)
Le commandant général Majid Khademi. (AFP)
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  • "Le commandant général Majid Khademi, le puissant et instruit chef de l'Organisation du renseignement du Corps des Gardiens de la Révolution islamique, est devenu un martyr dans l'attaque terroriste criminelle de l'ennemi américano-sioniste à l'aube"
  • Des frappes américano-israéliennes ont tué lundi le chef des renseignements des Gardiens de la Révolution, a annoncé l'armée idéologique de l'Iran

TEHERAN: Des frappes américano-israéliennes ont tué lundi le chef des renseignements des Gardiens de la Révolution, a annoncé l'armée idéologique de l'Iran.

"Le commandant général Majid Khademi, le puissant et instruit chef de l'Organisation du renseignement du Corps des Gardiens de la Révolution islamique, est devenu un martyr dans l'attaque terroriste criminelle de l'ennemi américano-sioniste (...) à l'aube aujourd'hui", ont déclaré les Gardiens dans une publication sur leur chaîne Telegram.

 

 


Le Koweït attaqué par des missiles et des drones 

L'armée du Koweït a dit lundi que le pays du Golfe était visé par des attaques de missiles et de drones. (AFP)
L'armée du Koweït a dit lundi que le pays du Golfe était visé par des attaques de missiles et de drones. (AFP)
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  • "Toute explosion qui serait entendue est le résultat de l'interception de cibles hostiles par les systèmes de défense anti-aériens"
  • L'armée du Koweït a dit, pour la troisième fois de la nuit de dimanche à lundi, que le pays du Golfe était visé par des attaques de missiles et de drones

KOWEIT: L'armée du Koweït a dit lundi que le pays du Golfe était visé par des attaques de missiles et de drones.

Six personnes ont été blessées lundi au Koweït après des attaques de missiles et de drones iraniens, ont annoncé les autorités du pays, alors que Téhéran poursuit ses frappes contre ses voisins du Golfe.

Les secours sont intervenus à l'aube "après la chute de projectiles et des débris sur une zone résidentielle dans le nord du pays", soignant six personnes, dont une a été transportée à l'hôpital, a annoncé le ministère de la Santé dans un communiqué.

L'armée koweïtienne avait fait état dans la nuit de plusieurs attaques de missiles et de drones.

"Toute explosion qui serait entendue est le résultat de l'interception de cibles hostiles par les systèmes de défense anti-aériens", a indiqué, sur le réseau X, l'armée, qui avait déjà fait part de deux autres alertes dans la nuit de dimanche à lundi.

L'armée du Koweït a dit, pour la troisième fois de la nuit de dimanche à lundi, que le pays du Golfe était visé par des attaques de missiles et de drones.