Au Moyen-Orient, un projet hôtelier repousse les limites de la construction durable

Images fournies par le groupe Kleindienst qui développe le projet baptisé «Heart of Europe» sur les îles du monde de Dubaï.
Images fournies par le groupe Kleindienst qui développe le projet baptisé «Heart of Europe» sur les îles du monde de Dubaï.
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Publié le Mardi 30 novembre 2021

Au Moyen-Orient, un projet hôtelier repousse les limites de la construction durable

Images fournies par le groupe Kleindienst qui développe le projet baptisé «Heart of Europe» sur les îles du monde de Dubaï.
  • L’ONU avertit que les émissions de gaz à effet de serre devraient être réduites de 25 à 55 % par rapport aux niveaux de 2017 d’ici à 2030
  • Le projet «Heart of Europe» adoptera les politiques zéro rejet et zéro microplastique pour protéger la vie marine autour des îles et du golfe Arabique

DUBAÏ: Des incendies de forêt aux glissements de terrain, en passant par la désertification et les inondations, les effets du réchauffement climatique s’avèrent de plus en plus destructeurs et ravagent les habitats fauniques et floristiques, ainsi que les communautés rurales vulnérables. 

Les zones urbaines ne sont pas non plus à l’abri des risques et elles sont donc également contraintes de s’adapter au changement. 

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The Floating seahorse, première villa sous-marine. 

L’Organisation des nations unies (ONU) avertit que les émissions de gaz à effet de serre devraient être réduites de 25 à 55 % par rapport aux niveaux de 2017 d’ici à 2030. À la lumière de ces statistiques, les promoteurs explorent des moyens innovants de réduire l’empreinte carbone des villes, tout en améliorant la qualité de vie des habitants. 

Josef Kleindienst fait partie de ces personnes-là. Il est président du groupe Kleindienst, le promoteur du projet baptisé «Heart of Europe» qui est en cours d’exécution à Dubaï. L’entreprise se fixe pour objectif de changer le climat, au lieu de se contenter de construire selon les principes du développement durable. 

Le projet «Heart of Europe» occupe une partie des îles du monde de Dubaï – un ensemble d’îles artificielles au large des côtes de la ville, construites sous la forme d’une carte du monde. Une fois terminé, il devrait se transformer en complexe haut de gamme, respectueux de l’environnement et mettant en valeur l’utilisation des dernières technologies pour atténuer les effets du changement climatique dans les zones urbaines. 

Selon le promoteur, «Heart of Europe» comprendra, entre autres, une Rainy Street (rue où il pleuvra toute l’année) rafraîchissante, une place enneigée en plein air et le premier poste de police flottant au monde. 

«La vision est de mettre en œuvre un projet touristique, tout en apportant de l’innovation sur ces îles», déclare M. Kleindienst à Arab News. 

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L’Allemagne 

«Le projet des îles a été initié en 2003, et une pépinière de coraux a été construite sur une structure. Elle produit cent mille coraux par an à planter sur nos récifs. Pour moi, Dubaï a toujours eu des visions futuristes, et ce projet relève de la durabilité pure et dure.» 

Selon le promoteur, la durabilité est au cœur dudit projet, qui abritera plus de cinq cent mille mètres carrés de récifs coralliens et des oliviers en provenance d’Andalousie, au sud de l’Espagne. 

Une fois opérationnel, le projet présentera un aménagement paysager durable, dépourvu de pesticides et de fongicides, et irrigué avec de l’eau recyclée, explique Josef Kleindienst. Il s’agira d’un environnement dépourvu de voitures, alimenté par une énergie propre et qui proposera un transport fluvial durable aux visiteurs. 

Les panneaux solaires assureront une grande partie des besoins en électricité du complexe, tandis que son approvisionnement en eau sera entièrement recyclé et réutilisé pour les chasses d’eau et l’arrosage des plantes, précise le promoteur. 

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L’attraction touristique Honeymoon Island. 

De plus, le projet «Heart of Europe» adoptera les politiques zéro rejet et zéro microplastique afin de protéger la vie marine autour des îles et du golfe Arabique. 

L’Institut sur les coraux, un centre de recherche et de développement interne, a été chargé de créer de nouveaux récifs coralliens, d’aider à l’expansion de l’écosystème marin et de rééquilibrer l’environnement sous-marin, dans le cadre du programme de responsabilité sociale du groupe Kleindienst. 

Dès l’année prochaine, l’institut prévoit également de régénérer et de développer les coraux de dix récifs et sites de plongée à travers le monde, selon le groupe Kleindienst. 

EN BREF

• Le projet «Heart of Europe» adoptera les politiques zéro rejet et zéro microplastique pour protéger la vie marine autour des îles et du golfe Arabique. 

• Le projet est alimenté par des combustibles solaires et hydrauliques. Il comprend un aménagement paysager durable, dépourvu de pesticides et de fongicides. Il s’agit d’un environnement sans voitures où l’eau est recyclée.  

En 2018, l’Organisation de coopération et de développement économiques a publié un rapport sur les tendances majeures qui façonnent l’avenir du tourisme. Selon le rapport, le tourisme durable est un domaine de croissance qui changera radicalement le secteur. Le tourisme est une activité humaine qui mobilise des ressources importantes, mais il peut jouer un rôle central dans la transition vers une économie à faible émission de carbone et économe en ressources. 

«Compte tenu de son caractère transversal et des liens étroits qu’il entretient avec de nombreux secteurs, même de petites améliorations auront des répercussions importantes», indique le rapport. 

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Marbella. 

«Les gouvernements et le secteur du tourisme devront travailler de pair et adopter une approche proactive pour garantir la gestion et le développement durables des attractions au profit et pour le plaisir des communautés locales et des touristes.» 

Les pays, villes, îles et autres destinations qui n’adhèrent pas à la tendance du développement durable perdront très probablement des clients, étant donné que les consommateurs sont de plus en plus préoccupés par l’environnement, mentionne le rapport. 

«Dubaï cherche à mettre cette approche à exécution depuis 2003, car une loi sur la politique zéro rejet a été adoptée sur ces îles», déclare M. Kleindienst. «Nous ne sommes pas autorisés à rejeter quoi que ce soit qui pourrait polluer l’air ou l’eau. C’est la technique la plus durable si vous tenez à protéger l’environnement», poursuit-il. 

L’une des innovations principales de «Heart of Europe», selon M. Kleindienst, est la Rainy Street, une artère d’un kilomètre qui utilise une technologie contrôlée par des capteurs pour générer des pluies qui garantissent aux visiteurs un climat agréable, même durant les températures estivales qui peuvent dépasser les 50 degrés Celsius. 

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Côte d’Azur. 

Le long de la rue, qui accueillera des boutiques, des restaurants et des bars, une température ambiante de près de 27 degrés Celsius sera maintenue, grâce à l’utilisation d’une technologie de pointe capable de contrôler le climat extérieur. 

«Nous avons fait appel à des consultants et des spécialistes du monde entier pour apporter des solutions», indique Josef Kleindienst. 

«L’Institut Fraunhofer-Gesellschaft en Allemagne est à la pointe lorsqu’il s’agit de mettre au point ces technologies qui utilisent de l’eau et éliminent l’humidité de l’air. Lorsque la température dépasse 27 degrés Celsius et que l’humidité atteint 60 %, la pluie est libérée.» 

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Portofino. 

Une autre innovation en matière de maîtrise du climat est la place enneigée, selon le groupe Kleindienst. Un concept similaire est adopté pour les systèmes de climatisation utilisés dans les centres commerciaux qui refroidissent l’eau à 5 degrés Celsius pour créer de l’air frais. En réduisant davantage la température de l’eau à 2 degrés Celsius, il est possible de produire de la neige. 

«Nous avons commencé à travailler sur ces technologies en 2008. Désormais, nous sommes prêts», affirme M. Kleindienst. «Il a fallu plus de quatre ans uniquement pour développer, tester et optimiser la technologie requise pour exécuter la vision du plan directeur. Nous l’avons testée pendant les jours de grande chaleur en été et elle fonctionne bien. On utilise un système de canalisation, comme dans les films.» 

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Marbella. 

Le lancement du projet «Heart of Europe» a commencé le 28 octobre avec la mise en contact de tous les services publics. Quelque trois cents tests techniques seront réalisés en un mois et, si tout se passe comme prévu, des clients seront accueillis avec une capacité réduite, avant son lancement complet avec l’ouverture de l’hôtel-boutique Monaco. Mais Dubaï n’est sans doute que le point de départ. 

«Nous avons été invités en Arabie saoudite et en Égypte pour discuter d’éventuels projets dans les deux pays, mais notre objectif est de mener à bien ce projet avant d’évoquer l’expansion», précise Josef Kleindienst. 

La Conférence des nations unies sur les changements climatiques (COP 26) qui s’est tenue à Glasgow, en Écosse, ce mois-ci, a une fois de plus souligné l’importance des enjeux tels que la durabilité et la conservation. M. Kleindienst affirme que son entreprise relève le défi. 

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La Suède. 

«Nous devons prendre soin de l’environnement», poursuit-il. «Nous ne savions pas à quelle vitesse le changement climatique surviendrait et à quel point son impact serait important sur nos vies.» 

«Nous devons faire en sorte que la planète, le climat et la nature redeviennent ce qu’ils étaient auparavant, et garantir leur pérennité pour nos enfants et les leurs. C’est une obligation absolue pour nous.» 

Conformément à la tendance croissante vers la durabilité, des projets de tourisme respectueux de l’environnement sont initiés dans toute la région. Les chutes d’eau durables de Hatta à Dubaï, à titre d’exemple, devraient être achevées d’ici au mois de novembre de l’année prochaine. Les chutes recueilleront l’eau, la recycleront et la pomperont jusqu’au sommet du barrage. 

L’Arabie saoudite, quant à elle, a initié le mois dernier le Sustainable Tourism Global Center («Centre mondial du tourisme durable»). Le secteur international des voyages et du tourisme est responsable de près de 8 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, et le Royaume a donc priorisé le soutien au secteur pour l’aider à accélérer sa transition vers le système zéro émission nette. 

«Ces émissions augmenteront si nous n’agissons pas maintenant», souligne Ahmed al-Khateeb, ministre saoudien du Tourisme, lors de l’inauguration du centre. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


Liban et Israël retentent un rapprochement à Washington

Une personne est visible à l’intérieur d’un véhicule en flammes tandis que des hommes tentent d’éteindre l’incendie après une frappe aérienne israélienne ayant touché une voiture dans la ville côtière de Barja, au sud de Beyrouth, au Liban, mercredi 13 mai 2026. (Photo AP/Mustafa Jamalddine)
Une personne est visible à l’intérieur d’un véhicule en flammes tandis que des hommes tentent d’éteindre l’incendie après une frappe aérienne israélienne ayant touché une voiture dans la ville côtière de Barja, au sud de Beyrouth, au Liban, mercredi 13 mai 2026. (Photo AP/Mustafa Jamalddine)
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  • Des négociateurs israéliens et libanais se retrouvent à Washington pour tenter de consolider le cessez-le-feu avant son expiration le 17 mai, malgré la poursuite des frappes israéliennes au Liban
  • Le Liban réclame l’arrêt des attaques israéliennes, tandis qu’Israël maintient sa pression contre le Hezbollah, dans un contexte de fortes tensions régionales impliquant aussi l’Iran

WASHINGTON: Négociateurs israéliens et libanais se retrouvent à partir de jeudi à Washington, à quelques jours de l'expiration d'un cessez-le-feu qui n'a pas empêché des centaines de morts supplémentaires lors de frappes israéliennes contre le Hezbollah.

Cette rencontre, la troisième de ce type, intervient au lendemain d'une série de frappes israéliennes sur une trentaine de lieux au Liban qui a fait au moins 22 morts, selon le ministère libanais de la Santé.

Les représentants des deux pays s'étaient déjà rencontrés le 23 avril dans la capitale américaine. Le président Donald Trump avait annoncé à cette occasion une prolongation de trois semaines de la trêve, et exprimé l'espoir d'un rapprochement historique entre les deux voisins du Proche-Orient qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques.

Le président des Etats-Unis avait conjecturé qu'il accueillerait dans l'intervalle à la Maison Blanche le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président libanais Joseph Aoun. Mais cet espoir ne s'est pas concrétisé, le chef d'Etat libanais exigeant au préalable un accord sur les questions de sécurité et la fin des attaques israéliennes.

La trêve a été prolongée jusqu'au dimanche 17 mai. Depuis son entrée en vigueur le 17 avril, plus de 400 personnes ont péri dans des frappes israéliennes, d'après un décompte de l'AFP fondé sur des chiffres officiels.

Israël s'est réservé le droit de continuer à viser le Hezbollah, le mouvement chiite pro-iranien qui a entraîné le Liban dans la guerre à la suite du déclenchement de l'offensive israélo-américaine contre l'Iran le 28 février.

"Quiconque menace l'Etat d'Israël mourra en raison de sa faute", a encore averti la semaine dernière Benjamin Netanyahu après l'assassinat d'un important chef militaire du Hezbollah en plein cœur de Beyrouth.

Dans ses propres tractations indirectes avec Washington, l'Iran exige que toute trêve concerne aussi le Liban -- à savoir qu'Israël cesse de frapper son allié du Hezbollah.

- "Consolidation" -

A Washington, le Liban vient chercher "une consolidation du cessez-le-feu", a déclaré à l'AFP un haut responsable ayant requis l'anonymat. "La priorité est de mettre un terme aux morts et aux destructions".

Plus de 2.800 personnes ont péri au Liban depuis le début du conflit début mars, dont au moins 200 enfants, d'après Beyrouth.

Israël vise des secteurs à forte population chiite, dont la banlieue sud de Beyrouth, et s'est emparé d'une bande frontalière qu'il occupait déjà entre 1982 et 2000.

Washington dit défendre la souveraineté du Liban sur tout son territoire mais appelle aussi le pays à s'en prendre au Hezbollah.

Pour le département d'Etat, "ces pourparlers doivent permettre de rompre catégoriquement avec l'approche ratée des deux dernières décennies qui autorisait des mouvements terroristes à s'enraciner et à s'enrichir, tout en sapant l'autorité de l'Etat libanais et en menaçant la frontière septentrionale d'Israël".

A la différence de la précédente session de négociations, ni le secrétaire d'Etat Marco Rubio ni Donald Trump lui-même n'y participeront. Tous deux sont en visite officielle en Chine.

Pour ces deux journées d'entretiens au département d'Etat, l'équipe de médiateurs américains comprend les ambassadeurs des Etats-Unis en Israël et au Liban, respectivement Mike Huckabee, un pasteur évangélique, et Michel Issa, un partenaire de golf de Donald Trump qui est né au pays du Cèdre.

Le Liban est représenté par Simon Karam, un avocat et diplomate de 76 ans, et Israël par son ambassadeur Yechiel Leiter, 67 ans, allié de longue date de Benjamin Netanyahu.


L'ONU contrainte de réduire "considérablement" son aide alimentaire en Syrie

Des employés du Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies distribuent des colis d’aide aux Syriens déplacés avant l’arrêt des livraisons d’assistance, dans le camp d’Atmé, en périphérie d’Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie, le 6 décembre 2023. (Archive/AFP)
Des employés du Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies distribuent des colis d’aide aux Syriens déplacés avant l’arrêt des livraisons d’assistance, dans le camp d’Atmé, en périphérie d’Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie, le 6 décembre 2023. (Archive/AFP)
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  • Le PAM réduit fortement son aide alimentaire en Syrie et dans les pays voisins à cause d’un manque critique de financement, touchant des millions de personnes vulnérables
  • L’assistance passe de 1,3 million à 650 000 bénéficiaires, avec une baisse de couverture de 14 à 7 gouvernorats, alors que 7,2 millions de Syriens restent en insécurité alimentaire aiguë

ROME: Le Programme alimentaire mondial (PAM) de l'ONU a annoncé mercredi avoir dû "réduire considérablement" ses opérations d'aide en Syrie et auprès des réfugiés syriens dans les pays voisins en raison de "pénuries critiques de financement".

"Le PAM a réduit de 50% son assistance alimentaire d’urgence, passant de 1,3 million de personnes à 650.000 en mai, et a mis fin à un programme national de subvention du pain qui soutenait quotidiennement des millions de personnes", souligne l'agence de l'ONU, basée à Rome, dans un communiqué.

"La réduction de l’assistance du PAM est uniquement dictée par les contraintes de financement, et non par une diminution des besoins", a déclaré Marianne Ward, directrice du Programme alimentaire mondial pour la Syrie, citée dans le communiqué.

L'agence de l'ONU rappelle que même s'il y a "des signes de stabilisation dans certaines parties du pays, 7,2 millions de personnes en Syrie restent en insécurité alimentaire aiguë, dont 1,6 million confrontées à des conditions sévères".

Alors qu'en 2025, le PAM a pu aider 5,8 millions de personnes dans les 14 gouvernorats de Syrie via différents programmes, "les contraintes de financement persistantes obligent désormais à réduire davantage la couverture, qui passe de quatorze à seulement sept gouvernorats", ajoute le communiqué.

Les pénuries de financement touchent également les réfugiés syriens se trouvant dans les pays voisins tels que le Liban, la Jordanie ou encore l'Egypte, "où la hausse des coûts, l’instabilité persistante et le manque d’opportunités de revenus accentuent la vulnérabilité", note le PAM.

L'agence de l'ONU dit avoir besoin de "189 millions de dollars pour les six prochains mois (juin–novembre 2026) afin de maintenir et de rétablir une assistance vitale à l’intérieur de la Syrie".

"Un financement rapide permettra au PAM d’atteindre 1,6 million des personnes les plus vulnérables, de maintenir un soutien nutritionnel essentiel, de garantir l’accès à du pain abordable pour des millions d’autres et de contribuer à prévenir une nouvelle détérioration à un moment qui demeure déterminant pour le relèvement de la Syrie", souligne le communiqué. 


Le Koweït dit avoir déjoué une tentative d'«infiltration» de Gardiens de la Révolution iraniens

Le Koweït a annoncé mardi que quatre personnes arrêtées début mai alors qu'elles tentaient de pénétrer dans le pays par voie maritime avaient "avoué" appartenir aux Gardiens de la Révolution iraniens, accusations démenties par l'Iran. (AFP)
Le Koweït a annoncé mardi que quatre personnes arrêtées début mai alors qu'elles tentaient de pénétrer dans le pays par voie maritime avaient "avoué" appartenir aux Gardiens de la Révolution iraniens, accusations démenties par l'Iran. (AFP)
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  • Les quatre hommes, deux colonels de la marine, un capitaine et un lieutenant de vaisseau, ont avoué avoir été chargés par l'armée idéologique de la République islamique d'Iran "d'infiltrer l'île de Bubiyan"
  • Lors d'échanges de tirs avec les forces armées koweïtiennes stationnées sur l'île, un militaire koweïtien "a été blessé" et deux membres du groupe des Gardiens de la Révolution sont parvenus à "prendre la fuite", selon la même source

KOWEIT: Le Koweït a annoncé mardi que quatre personnes arrêtées début mai alors qu'elles tentaient de pénétrer dans le pays par voie maritime avaient "avoué" appartenir aux Gardiens de la Révolution iraniens, accusations démenties par l'Iran.

Les quatre hommes, deux colonels de la marine, un capitaine et un lieutenant de vaisseau, ont avoué avoir été chargés par l'armée idéologique de la République islamique d'Iran "d'infiltrer l'île de Bubiyan", a indiqué le ministère de l'Intérieur du Koweït dans un communiqué publié par l'agence nationale Kuna.

Ils ont tenté d'atteindre cette île, la plus grande du Koweït, proche des côtes iraniennes, "le vendredi 1er mai à bord d'un bateau de pêche spécialement affrété pour mener des actions hostiles contre le Koweït", précise le communiqué.

Lors d'échanges de tirs avec les forces armées koweïtiennes stationnées sur l'île, un militaire koweïtien "a été blessé" et deux membres du groupe des Gardiens de la Révolution sont parvenus à "prendre la fuite", selon la même source.

Le ministère iranien des Affaires étrangères a jugé de son côté "absolument infondées" les "allégations formulées par le Koweït, selon lesquelles l'Iran planifierait de mener des actions hostiles contre le Koweït". Et il a demandé dans un communiqué à pouvoir s'entretenir avec ses ressortissants détenus ainsi que "leur libération immédiate".

Le ministère des Affaires étrangères du Koweït a annoncé de son côté avoir convoqué l'ambassadeur iranien dans le pays, Mohammad Toutounji, "à qui une lettre de protestation a été remise à la suite de l'infiltration sur l'île de Bubiyan d'un groupe armé appartenant aux Gardiens de la Révolution et de son engagement dans des affrontements avec les forces armées koweïtiennes".

Le ministère, qui dénonce un "acte hostile" iranien et une "atteinte flagrante" à sa souveraineté, affirme que le Koweït se réserve pleinement "le droit de se défendre".

Il s'agit de la quatrième convocation de M. Toutounji depuis que l'Iran a commencé à viser les pétromonarchies du Golfe alliées des Etats-Unis en représailles à l'attaque israélo-américaine déclenchée le 28 février.

Le 3 mai, le ministère de la Défense du Koweït avait indiqué avoir appréhendé quatre personnes tentant de rejoindre le Koweït par la mer.

Depuis le début de la guerre, les autorités du Koweït ont multiplié les opérations contre des personnes ou organisations soupçonnées d'être liées à la République islamique ou de la soutenir.

Mi-avril, 24 personnes ont été arrêtées au Koweït pour financement d'entités "terroristes", selon le ministère de l'Intérieur de cette monarchie du Golfe, une source de sécurité précisant que cinq anciens parlementaires faisaient partie des mis en cause.

En mars, le Koweït avait arrêté six personnes soupçonnées de liens avec le Hezbollah libanais, dans le cadre d'une enquête sur des projets "d'assassinats" dans le pays.

Le mouvement islamiste pro-iranien a déjà démenti plusieurs fois toute présence au Koweït.