Dans une réa rattrapée par le Covid, la cinquième vague alarme

Des infirmières soignent un patient, infecté par le virus Covid-19, dans un service de réanimation de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris le 30 novembre 2021. (Photo, AFP)
Des infirmières soignent un patient, infecté par le virus Covid-19, dans un service de réanimation de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris le 30 novembre 2021. (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 01 décembre 2021

Dans une réa rattrapée par le Covid, la cinquième vague alarme

Des infirmières soignent un patient, infecté par le virus Covid-19, dans un service de réanimation de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris le 30 novembre 2021. (Photo, AFP)
  • Ce mardi après-midi, la Covid occupe déjà la moitié des 12 lits de son unité et, dans les trois autres services qui accueillent des malades infectés, leur nombre est «en augmentation rapide et inquiétante»
  • «Ca nous renvoie à des souvenirs pénibles», soupire l'expérimentée cadre de santé Samia Kacer, 52 ans

PARIS: La cinquième vague de Covid montait doucement en réanimation mais « depuis ce weekend, ça flambe » dans un grand hôpital parisien, où l'afflux de malades non vaccinés ravive les « souvenirs pénibles » de soignants « usés » par l'épidémie.   

Même les paquebots commencent à tanguer. A la Pitié-Salpêtrière, qui compte pourtant huit services spécialisés, « depuis 48 heures, il y a des patients qu'on ne peut pas prendre parce que les réas sont pleines », constate le Pr Jean-Michel Constantin, qui éprouve « une vraie sensation de déjà vécu ».  

Ce mardi après-midi, la Covid occupe déjà la moitié des 12 lits de son unité et, dans les trois autres services qui accueillent des malades infectés, leur nombre est « en augmentation rapide et inquiétante ». Sans surprise, ces entrants sont « essentiellement des patients non vaccinés ».  

Chambre 12, par exemple, trois soignantes nettoient une femme intubée et sédatée de la tête aux pieds, sans oublier les dents. Arrivée lundi, obèse, 75 ans, non vaccinée. Chambre 9, aussi, un homme conscient mais essoufflé alterne lunettes à oxygène et masque de ventilation pour pouvoir respirer. Arrivé dimanche, 59 ans, non vacciné.  

A force de les voir défiler, l'aide-soignante Fanny Diebold, 35 ans, « se demande pourquoi il y a encore des gens qui ne se vaccinent pas », même si elle assure que ça « ne change pas (sa) façon de faire ». Un malade est un malade, « il est là, il faut le soigner ».  

Mais tout le monde en paie le prix. « Des règles plus strictes sur les visites » ont ainsi été rétablies car « beaucoup de gens venaient ici alors qu'ils étaient cas contacts », indique le Dr Elodie Baron, 33 ans.  

Désormais, la jauge est limitée à deux personnes par patient chaque jour, et une seule à la fois dans la chambre. « Ça ne nous fait pas plaisir du tout. Les familles le prennent mal, les patients aussi, malheureusement c'est la seule chose qu'on a trouvée pour limiter un peu le risque infectieux », explique-t-elle.  

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Graphique montrant l'évolution des hospitalisations et des personnes en soins critiques en France, au 30 novembre. (Graphique, AFP)

« Ces vagues nous usent »  

La pression monte partout: au niveau national le nombre de malades de Covid hospitalisés vient de repasser le seuil des 10 000, dont plus de 1 800 en soins critiques.  

« Ca nous renvoie à des souvenirs pénibles », soupire l'expérimentée cadre de santé Samia Kacer, 52 ans. Les deux dernières années ont « laissé beaucoup de traces, pour certains plus que d'autres » et les « effectifs complets » d'avant-crise ont été érodés par quelques départs.  

« Ces vagues successives nous usent, elles nous affectent », souligne-t-elle, espérant pouvoir à nouveau « compter sur la direction » pour lui fournir des renforts le moment venu. Par chance, les réas « sont encore des services attractifs », quoi qu'il devient « plus difficile de recruter des personnes qualifiées ». D'ailleurs, l'équipe accueille « beaucoup de jeunes recrues qui sortent de l'école » et nécessitent « plus d'accompagnement ».  

A l'image de Laura Lochu, infirmière plongée dans le grand bain à 24 ans, à la fois heureuse « de se sentir soutenue » et « pas du tout sereine » à l'idée de « la vague de décès qui va arriver, parce qu'on sait que la Covid ne pardonne pas ».  

« Ça m'angoisse beaucoup, confie-t-elle, parce que je n'ai pas l'expérience de mes collègues, qui ont beaucoup plus de bouteille que moi ».  

Il en faut en effet plus pour affoler son aînée, Gwenaëlle Bellocq, aide-soignante en réanimation depuis presque vingt ans. « On sait à peu près ce qui nous attend », dit-elle tranquillement, concédant tout de même « une petite appréhension ».  

« On se prépare psychologiquement, on sait qu'on va devoir sacrifier beaucoup de temps, donner beaucoup d'heures », alors que Noël approche.  

« Ça tombe très mal parce qu'il va y avoir les fêtes et les vacances », reconnaît le Pr Constantin, qui redoute qu'en plus « une épidémie de grippe vienne se surajouter » au tableau.  

Pour autant, le chef de service « n'envisage pas qu'on bloque les congés des infirmiers et des aides-soignants » en fin d'année. « Ce n'est pas possible, physiquement et moralement il faut que tout le monde souffle ».  


Deux employés d'un Burger King jugés en décembre pour harcèlement après un suicide

Deux employés d'un restaurant Burger King à Calais seront jugés en décembre pour harcèlement moral, quatre mois après le suicide d'une de leurs collègues, a-t-on appris dimanche auprès du parquet de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais) et de l'entourage de la victime. (AFP)
Deux employés d'un restaurant Burger King à Calais seront jugés en décembre pour harcèlement moral, quatre mois après le suicide d'une de leurs collègues, a-t-on appris dimanche auprès du parquet de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais) et de l'entourage de la victime. (AFP)
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  • Sylvana Dufossé, 20 ans, employée polyvalente au Burger King de Calais, a mis fin à ses jours le 1er janvier 2026
  • Selon la plainte déposée par sa grande soeur Angelina Dufossé le 13 janvier et consultée par l'AFP, Sylvana "subissait un harcèlement moral quotidien et presque physique de la part de deux de ses collègues de travail au restaurant Burger King Calais"

LILLE: Deux employés d'un restaurant Burger King à Calais seront jugés en décembre pour harcèlement moral, quatre mois après le suicide d'une de leurs collègues, a-t-on appris dimanche auprès du parquet de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais) et de l'entourage de la victime.

A l'issue de leurs gardes à vue jeudi soir dans le cadre de cette affaire, "des convocations par officier de police judiciaire ont été remises aux deux prévenus" pour être jugés, selon la procureure de Boulogne-sur-Mer Cécile Gressier.

Il s'agit d'un salarié du même niveau hiérarchique que la victime et d'un supérieur direct, de hiérarchie intermédiaire, a précisé la procureure.

Ils doivent comparaître le 10 décembre au tribunal correctionnel de Boulogne-sur-Mer, selon un avis du parquet reçu par la soeur de la victime, partie civile dans ce dossier, et dont l'AFP a obtenu une copie.

Sylvana Dufossé, 20 ans, employée polyvalente au Burger King de Calais, a mis fin à ses jours le 1er janvier 2026.

Selon la plainte déposée par sa grande soeur Angelina Dufossé le 13 janvier et consultée par l'AFP, Sylvana "subissait un harcèlement moral quotidien et presque physique de la part de deux de ses collègues de travail au restaurant Burger King Calais".

Le procès à venir "est un soulagement pour la famille, car nous redoutions que l'affaire soit classée sans suite. C'est une première étape, mais l'objectif reste qu'ils soient condamnés, pour Sylvana et pour toutes les victimes de harcèlement au travail. Il faut que cela cesse", a déclaré à l'AFP Boubacar Dembélé, fondateur du collectif Agir Ensemble, qui lutte contre le harcèlement.

Plusieurs salariés du même établissement se sont joints à la plainte d'Angelina Dufossé et ont témoigné à la justice du harcèlement subi.

Par ailleurs, une autre plainte avait déjà été déposée en mai 2025 par une ancienne employée du même restaurant, Séphina Lapotre, pour harcèlement moral lié à sa religion et à son port du voile.

De son côté, Burger King avait déclaré en février à l'AFP qu'un audit RH réalisé à sa demande dans le restaurant de Calais avait été "partagé aux autorités compétentes" et que les deux salariés concernés étaient suspendus.

 


Rima Hassan convoquée ce vendredi matin à la police judiciaire de Paris

L'eurodéputée LFI Rima Hassan est convoquée ce vendredi matin au siège de la police judiciaire parisienne dans le cadre d'une enquête différente des faits pour lesquels elle a été placée jeudi en garde à vue, a appris l'AFP auprès d'une source proche du dossier. (AFP)
L'eurodéputée LFI Rima Hassan est convoquée ce vendredi matin au siège de la police judiciaire parisienne dans le cadre d'une enquête différente des faits pour lesquels elle a été placée jeudi en garde à vue, a appris l'AFP auprès d'une source proche du dossier. (AFP)
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  • Rima Hassan est attendue au Bastion par les enquêteurs de la Brigade de répression de la délinquance aux personnes (BRDP)
  • L'eurodéputée a été placée jeudi en garde à vue d'où elle est ressortie libre en fin de soirée avec une convocation le 7 juillet pour être jugée pour "apologie du terrorisme" à raison d'un de ses posts sur X

PARIS: L'eurodéputée LFI Rima Hassan est convoquée ce vendredi matin au siège de la police judiciaire parisienne dans le cadre d'une enquête différente des faits pour lesquels elle a été placée jeudi en garde à vue, a appris l'AFP auprès d'une source proche du dossier.

Rima Hassan est attendue au Bastion par les enquêteurs de la Brigade de répression de la délinquance aux personnes (BRDP), a ajouté cette source confirmant partiellement une information de TF1.

Les faits pour lesquels l'eurodéputée est convoquée à la BRDP n'ont rien à voir avec ce qu'il s'est passé jeudi, a-t-on insisté.

L'eurodéputée a été placée jeudi en garde à vue d'où elle est ressortie libre en fin de soirée avec une convocation le 7 juillet pour être jugée pour "apologie du terrorisme" à raison d'un de ses posts sur X.

Lors de la fouille de ses effets, il a été découvert "la présence de matières s'apparentant d'une part à du CBD et d'autre part à de la 3MMC (une drogue de synthèse, ndlr), sur lesquelles elle a été interrogée", avait indiqué le parquet à l'issue de sa garde à vue, en ajoutant que "ces éléments (étaient) disjoints et feront l'objet d'une procédure distincte".

Manuel Bompard, coordinateur national de La France insoumise, a assuré vendredi sur Sud Radio que Rima Hassan n'avait "aucune drogue sur elle", dénonçant des "informations mensongères" utilisées pour la "salir".

Invité de BFMTV, Laurent Nuñez a justifié le signalement à la justice par ses services du post de Rima Hassan qui faisait référence à Kōzō Okamoto, un des auteurs du massacre perpétré le 30 mai 1972 à l'aéroport de Tel-Aviv (26 morts).

"C'était normal de faire un signalement (...) le tweet de Mme Hassan est grave (...), il n'y a pas d'acharnement", a fait valoir le ministre de l'Intérieur, en affirmant qu'il ne "fallait rien laisser passer".

"L'action politique doit rester dans les limites de l'Etat de droit", a-t-il ajouté.


Macron reçu par l'empereur à la fin de sa visite au Japon

Le président français Emmanuel Macron (2e à gauche) et la première dame Brigitte Macron (à gauche) sont accueillis par l'empereur Naruhito (2e à droite) et l'impératrice Masako au Palais impérial de Tokyo, le 2 avril 2026. (Photo : Ludovic MARIN / POOL / AFP)
Le président français Emmanuel Macron (2e à gauche) et la première dame Brigitte Macron (à gauche) sont accueillis par l'empereur Naruhito (2e à droite) et l'impératrice Masako au Palais impérial de Tokyo, le 2 avril 2026. (Photo : Ludovic MARIN / POOL / AFP)
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  • Après un déjeuner offert par le couple impérial, le chef de l'Etat doit s'envoler pour la Corée du Sud, où il doit rencontrer le président Lee Jae Myung
  • Jeudi matin, Emmanuel Macron avait retrouvé la Première ministre japonaise Sanae Takaichi pour le deuxième jour consécutif, lors d'une visite auprès de la société Astroscale, spécialisée dans la lutte contre les débris dans l'espace

TOKYO: Emmanuel Macron a été reçu jeudi à Tokyo par l'empereur du Japon Naruhito, au dernier jour de sa visite dans l'archipel nippon pour renforcer les liens diplomatiques et économiques avec la France.

Le président français, accompagné par son épouse Brigitte Macron, a été accueilli par le souverain et l'impératrice Masako au palais impérial, une bâtisse épurée dans un parc arboré au coeur de la capitale japonaise, a constaté un journaliste de l'AFP.

Après un déjeuner offert par le couple impérial, le chef de l'Etat doit s'envoler pour la Corée du Sud, où il doit rencontrer le président Lee Jae Myung.

Jeudi matin, Emmanuel Macron avait retrouvé la Première ministre japonaise Sanae Takaichi pour le deuxième jour consécutif, lors d'une visite auprès de la société Astroscale, spécialisée dans la lutte contre les débris dans l'espace. Astrocale a une filiale en France et un partenariat avec le français Exotrail.

"C'est une parfaite illustration de ce qu'est la coopération spatiale entre le Japon et la France", a-t-il dit, alors que l'espace est l'un des secteurs pour lesquels il a appelé la veille au renforcement des partenariats bilatéraux.

"Comment oeuvrer à une mission d'intérêt général pour un espace durable", avec "le désorbitage et la destruction des débris spatiaux qui aujourd'hui sont une vraie problématique", est une question qui était "au coeur du G7 porté par le Japon" et sera "au coeur aussi du G7 que la France préside cette année", a-t-il ajouté.