Lutte contre le financement du terrorisme: Paris a beaucoup à apprendre de Riyad, déclare Nathalie Goulet

Goulet: «L'Arabie saoudite a sa place en matière de lutte contre le financement du terrorisme, et elle le fait très sérieusement."
Goulet: «L'Arabie saoudite a sa place en matière de lutte contre le financement du terrorisme, et elle le fait très sérieusement."
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Publié le Dimanche 19 février 2023

Lutte contre le financement du terrorisme: Paris a beaucoup à apprendre de Riyad, déclare Nathalie Goulet

  • Nathalie Goulet: «En Europe et particulièrement en France, il y a eu quelques fois une sorte de mauvaise tendance qui consiste à lier l'Arabie saoudite au financement du terrorisme, et il faut rompre avec cette idée qui n'a rien à voir avec la réalité»
  • Goulet dénigre les perspectives présidentielles d’Éric Zemmour, un populiste de droite qui a récemment gagné du terrain dans les sondages d'opinion

DUBAÏ : La France et l'Europe peuvent apprendre beaucoup de l’approche adoptée par l'Arabie saoudite dans la lutte contre le financement du terrorisme, a déclaré à Arab News une éminente femme politique française très versée dans les affaires étrangères.

Nathalie Goulet, membre du Sénat français et de la Commission des affaires étrangères et de la défense, a déclaré: «L'Arabie saoudite a fait ses preuves en termes de lutte contre le financement du terrorisme, et elle le fait très sérieusement. Cela répond aux standards internationaux en la matière.»

Goulet, qui est récemment rentrée d'une visite au Royaume dans le cadre de laquelle elle a rencontré de hauts responsables politiques au sujet de la campagne visant à mettre fin au financement du terrorisme, a mis en relief les initiatives saoudiennes avec Etidal, le centre de lutte contre l'idéologie extrémiste, ainsi que les actions de la Banque centrale saoudienne et des services du renseignement financier.

«En Europe et particulièrement en France, il y a eu quelques fois une sorte de mauvaise tendance qui consiste à lier l'Arabie saoudite au financement du terrorisme, et il faut rompre avec cette idée qui n'a rien à voir avec la réalité», ajoute-t-elle.

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Nathalie Goulet affirme que les Frères musulmans jouent toujours un rôle important dans le financement du terrorisme en Europe.

Goulet, s'exprimant juste avant la visite du président français Emmanuel Macron au Royaume, a donné son point de vue sur «Frankly Speaking», la série d'entretiens en vidéo avec d'éminents responsables politiques et hommes d’affaires régionaux et internationaux.

Dans une interview aux sujets diversifiés, elle a également évoqué la menace croissante des Frères musulmans et leur rôle dans le financement du terrorisme, les relations instables entre la France et l'Algérie ainsi que les réformes en Arabie saoudite dans le cadre de la stratégie de la Vision 2030.

Concernant le financement du terrorisme, elle a mis en contraste les pratiques de la communauté musulmane en France, où les dons de zakat sont effectués en espèces – ce qui les rend plus difficiles à contrôler –, avec la situation dans le Royaume.

«L'Arabie saoudite a mis en place un système pour empêcher tout encaissement de la zakat en espèces. Tout se fait par virements bancaires en faveur d’une ONG spéciale, et cela est très utile, très astucieux et très sûr.»

«En ce qui concerne la collecte de la zakat, l'Arabie saoudite constitue un modèle pour nous, car nous sommes absolument incapables de pister l'argent, sachant qu’en même temps, la plus grande partie de la zakat est constituée d’argent utilisé à de bonnes fins. Mais parfois ce n'est pas le cas. Nous essayons d'interdire l'argent en espèces autant que possible. L'Arabie saoudite nous donne là un excellent exemple», précise-t-elle.

Elle affirme que les Frères musulmans jouent toujours un rôle important dans le financement du terrorisme en Europe et souligne l'influence de cette organisation au sein de la communauté islamique et des organisations humanitaires.

«D'abord, ils accomplissent beaucoup d'actions humanitaires, mais ils utilisent ensuite le même argent pour parrainer le terrorisme dans toute l'Europe. Nous devons faut bannir ces gens-là définitivement. L'Autriche a déjà banni les Frères musulmans en Autriche et l'Allemagne a suivi son exemple. La France pas encore, mais je pousse beaucoup dans ce sens», poursuit-elle.

Goulet dénonce spécifiquement le rôle de l'organisation Islamic Relief qui, selon elle, avait aidé au financement du terrorisme et soutenu l'organisation terroriste Hamas en Palestine. Elle affirme que ses dirigeants sont responsables de la diffusion de messages antisémites sur les réseaux sociaux.

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Frank Kane anime Frankly Speaking.

«Par conséquent, ce que nous devons faire, c'est pister l'argent et essayer ensuite d'interdire tout financement en faveur de ces personnes. Nous devons mener des enquêtes approfondies sur la façon dont elles collectent de l'argent et ce qu'elles font de cet argent, et nous devons absolument mettre un terme à tout financement du terrorisme», déclare-t-elle.

La détermination du Royaume à lutter contre le financement du terrorisme est un exemple des changements positifs intervenus dans le pays dans le cadre du plan de réforme de la Vision 2030 qui a eu de profondes répercussions sur la vie en Arabie saoudite.

«Quand vous voyez la différence dans la rue, comment les jeunes sont heureux dans le pays, et quand vous voyez l’évolution actuelle, il est clair que quelque chose s'est produit. C'est la Vision 2030 du prince héritier Mohammed ben Salmane qui a rendu ce changement possible et qui apportera beaucoup d'espoir pour le pays», ajoute Goulet.

Pour ce qui est de la politique étrangère française vis-à-vis des pays musulmans, Mme Goulet estime que la question est compliquée en raison de l'histoire coloniale de la France. «C'est toujours très émotionnel», indique-t-elle.

Concernant l'Algérie, ancienne colonie française, avec laquelle les relations sont tendues à cause des propos tenus par Emmanuel Macron ainsi que de certains problèmes de visas, Goulet s'attend à une amélioration de la situation, ajoutant que «les liens avec l'Algérie sont très forts».

Quant au Liban, un pays où Macron s'est rendu à plusieurs reprises pour tenter de l'aider à traverser sa crise qui va en s'amplifiant, elle affirme que le peuple libanais devrait se tourner vers une nouvelle génération politique pour rapatrier les produits de la corruption conservés dans des paradis fiscaux à l’étranger plutôt que de chercher des sauvetages financiers de la part de pays comme la France.

Cependant, elle se prononce contre la politique française au Liban à l'égard du Hezbollah. «Au cours des quinze dernières années, le gouvernement a traité le Hezbollah d'une manière très étrange – comme s'il y avait un Hezbollah politique et un Hezbollah militaire, et que pour discuter avec le Hezbollah politique, il faut bannir le Hezbollah militaire. Mais en réalité il n'y a qu'un seul Hezbollah. Tout comme il y a un seul Hamas, il y a un seul Hezbollah. Il n'y a pas un Hezbollah militaire et un Hezbollah politique. C'est un même groupe terroriste», déclare-t-elle.

Déclaration d' Islamic Relief Worldwide (IRW)

Islamic Relief Worldwide (IRW) conteste catégoriquement tout financement du terrorisme, ainsi que tout soutien au Hamas. En tant qu'organisme caritatif agréé et réglementé par la Charity Commission of England and Wales, IRW est audité plusieurs fois par an de manière indépendante au nom des gouvernements, des organismes des Nations unies et d'autres donateurs institutionnels importants. Entre 2009 et 2019, l'institution a effectué plus de 500 audits internes et externes, qui ont montré que ses fonds ont été utilisés exclusivement pour sauver des vies et contribuer au programme humanitaire mondial, conformément aux importants principes humanitaires de neutralité, d'impartialité et d'indépendance.

Nous avons mis en place des contrôles stricts pour nous assurer que nos fonds sont alloués pour aider les personnes les plus vulnérables. Nous contrôlons régulièrement tous les administrateurs, les cadres supérieurs, le personnel, les bénévoles, les partenaires et les entrepreneurs, pour vérifier qu'ils n'ont aucun lien avec des groupes ou des entités interdits.

IRW rejette et condamne le terrorisme et estime que toutes les formes de discrimination – dont l'antisémitisme – sont inacceptables. Malheureusement, nous avons déploré des incidents par le passé avec certains employés qui n’ont pas respecté nos valeurs, mais ces cas ont été traités avec fermeté et rapidité, et les personnes impliquées ne font plus partie de l'institution. À la suite de ces événements, la Charity Commission a mené une enquête au sein de notre organisation et a conclu que nous avions agi de manière approfondie et appropriée. En outre, un examen indépendant a été mené par l'ancien procureur général du Royaume-Uni, Dominic Grieve QC, qui a conclu que l'organisation n'était pas institutionnellement antisémite.

Goulet critique également l’attitude des Français envers les Arabes et les musulmans en France. Un récent sondage d'Arab News avec YouGov a révélé que 64% des Français ont une image négative des groupes minoritaires.

«Je pense que c'est malheureusement un fait, et c’est dû aux principaux dirigeants politiques qui surfent en ce moment sur la vague du populisme. Cela les aidera à recueillir des voix», ajoute-t-elle, faisant référence aux élections présidentielles en France l'année prochaine.

«Nous avons aussi le mouvement des Gilets jaunes et l'agitation dans les rues, avec les théories du complot, et tout bout dans la même casserole pour produire quelque chose qui sent très mauvais.»

Goulet, qui est membre de la formation politique Union centriste au Sénat français, dénigre les perspectives présidentielles d’Éric Zemmour, un populiste de droite qui a récemment gagné du terrain dans les sondages d'opinion.

Elle explique: «Je pense que ces choses vont bientôt disparaître. C'était comme un petit feu. Sa campagne va échouer. Ce n'est pas la France, je veux dire que cela ne peut pas être la France. Ce type est un pur populiste. Il n'a pas d'équipe et j'espère qu'il sera bientôt à court d'argent et qu'il ira ensuite à la poubelle, parce qu'il ne mérite rien d'autre que la poubelle.»

La sénatrice espère que les relations entre la France et la Grande-Bretagne – de plus en plus tendues depuis le Brexit et l'arrivée du gouvernement de Boris Johnson – s'amélioreront, mais fait remarquer que les «malentendus» dans les affaires anglo-françaises remontent au chef militaire français Napoléon Bonaparte.

En ce qui concerne le dernier point critique – la migration des réfugiés et leur traversée de la Manche –, Goulet affirme que la situation est «intolérable» et souligne le fait que des niveaux plus élevés de prestations sociales sont disponibles pour les réfugiés au Royaume-Uni, comparativement à la France et à d'autres pays de l'Union européenne.

«Je sais pour sûr que la Grande-Bretagne attire les émigrants parce qu'il est plus facile pour eux d'y vivre et d'obtenir des subventions et de l'aide. Par conséquent, peut-être que l'une des solutions est que la Grande-Bretagne soit plus restrictive en ce qui concerne les migrants, afin que cela n'ait pas l'air si attrayant – peut-être.


Soudan : le ministre de la Défense qualifie de faux un « document des services de renseignement » après l’attaque d’un convoi

Ministre soudanais de la Défense, le général Hassan Kabroun. (Photo AN)
Ministre soudanais de la Défense, le général Hassan Kabroun. (Photo AN)
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  • Le général Hassan Kabroun affirme à Arab News que les accusations selon lesquelles l’armée aurait dissimulé des armes dans un convoi d’aide sont « totalement fausses »

RIYAD : Le ministre soudanais de la Défense a fermement démenti des informations attribuées aux services de renseignement soudanais, selon lesquelles un convoi ciblé au Kordofan du Nord transportait secrètement des armes sous couvert d’aide humanitaire.

Le général Hassan Kabroun a qualifié ces accusations de « fausses » et a estimé qu’il s’agissait d’une tentative de détourner l’attention de ce qu’il a décrit comme un crime commis par une milice.

La controverse a éclaté après la publication d’articles affirmant qu’un document attribué au Service général de renseignement du Soudan soutenait que le convoi frappé vendredi à Al-Rahad n’était pas une mission purement humanitaire, mais transportait en réalité « des armes et des munitions de haute qualité » destinées à des unités des Forces armées soudanaises opérant dans l’État.

Le rapport alléguait en outre que le convoi avait été présenté comme humanitaire afin d’obtenir un passage sûr à travers les zones de conflit, et que les Forces de soutien rapide (RSF) l’avaient détruit après avoir recueilli des renseignements sur son itinéraire et sa cargaison.

Kabroun a catégoriquement rejeté cette version des faits.

« Tout d’abord, nous tenons à souligner que cette information est fausse », a-t-il déclaré à Arab News. « Même le titre évoquant la sécurité de régions telles qu’Al-Dabbah n’est pas un titre que l’armée utiliserait. »

Il a qualifié le document de fabrication à motivation politique, affirmant qu’il visait à « couvrir le crime odieux qu’ils ont commis ».

Le ministre a assuré que la zone visée par des drones est entièrement sous le contrôle des Forces armées soudanaises et ne nécessite aucun transport militaire clandestin.

« Deuxièmement, nous confirmons que la région ciblée par les drones est contrôlée par l’armée et parfaitement sûre », a déclaré Kabroun. « Il n’est pas nécessaire d’y transporter du matériel militaire en utilisant des convois humanitaires comme couverture, car il s’agit d’une zone sécurisée sous contrôle de l’armée, qui dispose de capacités importantes pour acheminer l’aide humanitaire. »

Selon lui, l’armée soudanaise possède les capacités logistiques et les itinéraires sécurisés nécessaires pour déplacer du matériel ouvertement lorsque cela est requis.

« L’armée est professionnelle et n’a pas besoin d’acheminer quoi que ce soit à Kadugli ou Dalang à bord de convois d’aide », a-t-il affirmé. « La route entre Dalang et Kadugli est ouverte. Les forces soudanaises ont emprunté cette route pour entrer et prendre le contrôle de la région. La route est ouverte et, chaque fois que des camions militaires doivent livrer du matériel, ils peuvent le faire sans recourir à une quelconque forme de camouflage. »

Kabroun a également rejeté toute suggestion selon laquelle l’armée utiliserait des opérations humanitaires comme couverture.

« L’aide est transportée par des véhicules humanitaires dédiés vers les zones qui en ont besoin », a-t-il précisé. « L’aide n’est pas transportée par l’armée. L’armée et les services de sécurité n’interfèrent pas du tout avec les efforts de secours et n’escortent même pas les convois. »

Il a souligné que les Forces armées soudanaises maintiennent une séparation institutionnelle claire entre les opérations militaires et le travail humanitaire, en particulier dans le contexte de la crise que traverse le pays.

« Ce sont des accusations mensongères », a-t-il déclaré. « Cette fausse information vise à couvrir le crime odieux qu’ils ont commis. »

Le Soudan est en proie au conflit depuis avril 2023, lorsque des combats ont éclaté entre les Forces armées soudanaises et les Forces de soutien rapide, plongeant le pays dans ce que les Nations unies ont qualifié de l’une des pires catastrophes humanitaires au monde.

La dernière controverse autour du convoi intervient alors que les combats s’intensifient au Kordofan du Sud, région stratégique reliant le centre du Soudan aux zones contestées du Darfour et du Nil Bleu.

Le faux rapport suggérait que la surveillance des services de renseignement avait permis aux RSF de frapper ce qu’elles décrivaient comme un convoi militaire déguisé en aide humanitaire. Mais Kabroun a rejeté catégoriquement cette version.

« Les services de renseignement connaissent parfaitement leurs responsabilités », a-t-il affirmé. « L’armée soudanaise dispose de suffisamment d’armes et d’équipements pour ses opérations. Ces accusations sont totalement fausses. »

Il a estimé que le récit diffusé visait à détourner la responsabilité des attaques contre des infrastructures civiles et des mouvements humanitaires.

« Cela montre qu’ils cherchent à dissimuler les atrocités », a-t-il ajouté, en référence à la milice.

Kabroun a soutenu que l’armée a repris l’initiative sur plusieurs fronts et demeure pleinement capable de poursuivre ses opérations sans recourir à la tromperie.

« La région est sécurisée, les routes sont ouvertes et l’armée n’a pas besoin de camouflage », a-t-il conclu. « Nous opérons de manière professionnelle et transparente. »

« Ces accusations sont totalement fausses », a-t-il insisté. « L’armée soudanaise n’utilise pas de convois humanitaires à des fins militaires. »

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le président somalien à Asharq Al-Awsat: Travailler avec des partenaires de l'Arabie saoudite pour annuler la reconnaissance du Somaliland par Israël

 Le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman rencontre le président somalien Hassan Sheikh Mohamud. (File/SPA)
Le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman rencontre le président somalien Hassan Sheikh Mohamud. (File/SPA)
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  • M. Mohamud a souligné que l'unité de la Somalie est une "ligne rouge", ajoutant que Mogadiscio a pris des positions fermes pour protéger la souveraineté nationale
  • S'adressant à Asharq Al-Awsat, M. Mohamud a déclaré que son gouvernement agissait en étroite coordination avec ses partenaires, dont l'Arabie saoudite, pour préserver la stabilité et protéger la Corne de l'Afrique

RIYAD: Le président somalien Hassan Sheikh Mohamud a dévoilé une stratégie politique et juridique à trois volets pour annuler ce qu'il a décrit comme une reconnaissance israélienne de la région sécessionniste du Somaliland, avertissant qu'une telle décision menace la souveraineté de la Somalie et la stabilité régionale.

S'adressant à Asharq Al-Awsat, M. Mohamud a déclaré que son gouvernement agissait en étroite coordination avec ses partenaires, dont l'Arabie saoudite, pour préserver la stabilité et protéger la Corne de l'Afrique de ce qu'il a qualifié d'"escalade irréfléchie".

Sans nommer de pays en particulier, le dirigeant somalien a déclaré que certains États de la région pourraient voir dans la reconnaissance israélienne une occasion de poursuivre "des intérêts étroits et à court terme au détriment de l'unité de la Somalie et de la stabilité régionale".

"Je ne souhaite pas nommer un ou plusieurs pays en particulier", a-t-il déclaré. "Mais il est clair que certains pourraient considérer cette reconnaissance comme une occasion de réaliser des gains limités.

Il a souligné que l'unité de la Somalie était une "ligne rouge", ajoutant que Mogadiscio avait adopté des positions fermes pour protéger la souveraineté nationale. "Nous mettons en garde contre le risque d'être induits en erreur par l'aventurisme israélien imprudent", a-t-il déclaré.

Trois étapes parallèles

M. Mohamud faisait référence à la reconnaissance, annoncée par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, de la République autoproclamée du Somaliland en tant qu'État indépendant.

"J'affirme avec la plus grande clarté et fermeté que toute reconnaissance du Somaliland en tant qu'État indépendant constitue une violation flagrante de la souveraineté et de l'unité de la République fédérale de Somalie", a-t-il déclaré.

Il a qualifié cette démarche de grave violation du droit international, de la charte des Nations unies et des résolutions de l'Union africaine qui prônent le respect des frontières héritées de l'Afrique.

Sur cette base, la Somalie a adopté et continuera à appliquer trois mesures parallèles, a-t-il révélé.

La première consiste en une action diplomatique immédiate par l'intermédiaire des Nations unies, de l'Union africaine et de l'Organisation de la coopération islamique afin de rejeter et d'invalider juridiquement et politiquement cette reconnaissance.

M. Mohamud a déclaré que la Somalie avait demandé et obtenu une session formelle du Conseil de sécurité des Nations unies pour traiter ce qu'il a qualifié de "violation israélienne flagrante" de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de la Somalie.

Cette session, a-t-il ajouté, constitue une victoire diplomatique importante pour Mogadiscio, compte tenu notamment du fait que la Somalie est actuellement membre du Conseil.

Il a exprimé sa "profonde gratitude" pour les déclarations de solidarité et de condamnation émises par l'Union africaine, la Ligue arabe, l'OCI, le Conseil de coopération du Golfe, l'Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD) et l'Union européenne, entre autres.

La deuxième étape consiste à coordonner une position arabe, islamique et africaine unifiée. M. Mohamud a félicité l'Arabie saoudite pour avoir été l'une des premières à publier une déclaration claire rejetant toute atteinte à l'unité de la Somalie.

Il a déclaré que la position saoudienne reflétait l'engagement de longue date du Royaume en faveur de la souveraineté de l'État et de l'intégrité territoriale, renforcé par le soutien "ferme et de principe" du cabinet saoudien à la Somalie dans ce qu'il a décrit comme un moment délicat.

La troisième étape est axée sur le renforcement du dialogue national interne afin d'aborder les questions politiques dans le cadre d'un État somalien unique, à l'abri de toute ingérence ou de tout diktat extérieur.

Sécurité régionale

M. Mohamud a prévenu que si rien n'était fait, la reconnaissance pourrait créer un "dangereux précédent et compromettre la paix et la sécurité régionales et internationales".

Il a ajouté que cela pourrait encourager les mouvements séparatistes non seulement dans la Corne de l'Afrique, mais aussi dans toute l'Afrique et le monde arabe, citant les développements dans des pays tels que le Soudan et le Yémen comme preuve du coût élevé de la fragmentation de l'État.

"Il s'agit d'une artère maritime mondiale vitale et d'un élément essentiel de la sécurité nationale arabe", a-t-il déclaré en faisant référence à la mer Rouge.

"Toute tension politique ou sécuritaire le long de la côte somalienne affectera directement le commerce international et la sécurité énergétique.

Il a ajouté que l'instabilité aurait des répercussions sur les États riverains de la mer Rouge, en particulier l'Arabie saoudite, l'Égypte, le Soudan, l'Érythrée, le Yémen et la Jordanie. "Préserver l'unité de la Somalie est la pierre angulaire de la sécurité collective de la mer Rouge", a-t-il déclaré.

Point d'appui stratégique

M. Mohamud a affirmé que l'objectif d'Israël allait au-delà de la reconnaissance politique.

"Nous pensons que l'objectif va au-delà d'un geste politique", a-t-il déclaré à Asharq Al-Awsat. "Il comprend la recherche d'un point d'appui stratégique dans la Corne de l'Afrique, près de la mer Rouge, permettant d'exercer une influence sur le détroit de Bab al-Mandeb et menaçant la sécurité nationale des États riverains de la mer Rouge.

Il a décrit cette initiative comme un test de la détermination somalienne, arabe et africaine sur les questions de souveraineté et d'unité territoriale, soulignant que l'opposition de la Somalie à la sécession est une position nationale de principe et durable largement soutenue dans les mondes arabe et africain, "en premier lieu par l'Arabie saoudite".

Il a rejeté toute tentative visant à faire de la Somalie un champ de bataille pour les rivalités régionales ou internationales. "Nous ne permettrons pas que la Somalie devienne une arène pour le règlement de conflits qui ne servent pas les intérêts de notre peuple ou la sécurité de notre région", a-t-il déclaré.

Liens avec l'Arabie saoudite

En ce qui concerne les relations entre l'Arabie saoudite et la Somalie, M. Mohamud a décrit le partenariat comme étant "profondément enraciné et stratégique, enraciné dans une histoire et une religion partagées et dans une destinée commune". L'Arabie saoudite, a-t-il déclaré, "reste un partenaire central dans le soutien à la stabilité, à la reconstruction et au développement de la Somalie, ainsi qu'à la sécurité de la mer Rouge".

Il a exprimé son admiration pour la Vision 2030 de l'Arabie saoudite et les gains économiques et de développement réalisés sous la direction du Gardien des deux saintes mosquées, le roi Salman bin Abdulaziz, et du prince Mohammed bin Salman, prince héritier et Premier ministre.

Interrogé sur la récente décision du Cabinet saoudien rejetant toute tentative de diviser la Somalie, M. Mohamud a déclaré que le gouvernement fédéral l'avait reçue avec "beaucoup d'appréciation et de soulagement."

Selon lui, cette position prolonge le soutien historique du Royaume à l'unité territoriale et à la souveraineté de la Somalie, renforce la stabilité régionale et envoie un message important à la communauté internationale sur la nécessité de respecter la souveraineté des États et de s'abstenir de toute ingérence dans les affaires intérieures.


Le ministre saoudien des AE en Éthiopie pour discuter des développements régionaux

Le ministre saoudien des Affaires étrangères Faisal ben Farhane (AFP)
Le ministre saoudien des Affaires étrangères Faisal ben Farhane (AFP)
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  • Le prince Faisal rencontrera le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed Ali pour "discuter des développements dans la région et des efforts déployés pour parvenir à la paix et à la stabilité régionales"
  • Cette visite fait suite à l'accueil par l'Arabie saoudite du ministre éthiopien des affaires étrangères, Gedion Timothewos, pour des entretiens à Riyad au début du mois

RIYAD: Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, est arrivé mercredi dans la capitale éthiopienne Addis-Abeba pour une visite officielle, a indiqué le ministère.

Le prince Faisal rencontrera le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed Ali pour "discuter des développements dans la région et des efforts déployés pour parvenir à la paix et à la stabilité régionales", selon le communiqué publié sur X.

Cette visite fait suite à l'accueil par l'Arabie saoudite du ministre éthiopien des affaires étrangères, Gedion Timothewos, pour des entretiens à Riyad au début du mois.