Présidentielle: Le flou domine encore à gauche, LR et LREM s'activent

Pas de primaire à gauche, rétorque Jadot à Hidalgo. (AFP).
Pas de primaire à gauche, rétorque Jadot à Hidalgo. (AFP).
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Publié le Jeudi 09 décembre 2021

Présidentielle: Le flou domine encore à gauche, LR et LREM s'activent

  • Du côté de la droite, les LR font actuellement le ménage puisque le parti, aussitôt Valérie Pécresse élue, s'est empressé de radier  Guillaume Peltier et Gaël Perdriau
  • A gauche, c'est encore le flou puisqu'à l'appel d'Anne Hidalgo d'organiser des primaires à gauche, le candidat Yannick Jadot a d'ores et déjà riposté en répondant par la négative 

ATHENES: Les choses se précisent de jour en jour à Paris pour ce qui est de la présidentielle de 2022. Car même si le président actuellement en exercice Emmanuel Macron n'a toujours pas fait officiellement état de sa candidature, il n'en reste pas moins que les mécanismes qui se mettent en place ne laissent plus que très peu de place au doute. Ainsi, du côté de la République en marche, Bruno Le Maire se frottera au candidat déclaré Eric Zemmour lors d'un débat télévisé organisé ce soir par France 2. Du côté de la droite, les LR font actuellement le ménage puisque le parti, aussitôt Valérie Pécresse élue, s'est empressé de radier  Guillaume Peltier (de sa fonction de vice-président) et le maire LR de Saint-Etienne Gaël Perdriau (qui lui avait tenu des propos critiques vis-à-vis d'Eric Ciotti).

 

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A gauche, c'est encore le flou puisqu'à l'appel d'Anne Hidalgo d'organiser des primaires à gauche, le candidat Yannick Jadot a d'ores et déjà riposté en répondant par la négative. 

"Non, je ne participerai pas à une primaire de la gauche", a répondu jeudi le candidat écologiste à la présidentielle Yannick Jadot à sa concurrente socialiste Anne Hidalgo qui l'a proposée la veille, "un tour de passe passe" selon lui.


Chez la maire de Paris, créditée d'entre 3 et 7% des intentions de vote dans les sondages, "il y a la volonté de sortir de l'impasse par une idée surprise", a raillé Yannick Jadot sur Europe 1. Donné lui-même dans une fourchette de 6 à 9% des intentions de vote, il a souligné avoir "déjà fait une primaire" en septembre.

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Le candidat écologiste Yannick Jadot. (AFP). 


"Quand les écologistes ont retiré leur candidature en 2017 (lui-même au profit de Benoît Hamon, NDLR), ils n'ont pas essayé de trouver un tour de passe passe", a-t-il dénoncé.


Une nouvelle primaire, portée notamment par le mouvement citoyen "Primaire populaire", "ce n'est pas le choix des écologistes, qui est de rassembler très largement autour d'idées fortes" résumées dans "l'écologie", a déclaré l'eurodéputé.


Renonce-t-il donc à l'idée de rassemblement? "Pas du tout", a rétorqué Yannick Jadot. "Je m'adresse aux électeurs socialistes, aux progressistes et aux humanistes: la dynamique qui peut gagner cette élection présidentielle, qui reprend les idées progressistes en ajoutant les enjeux essentiels de l'écologie, c'est le programme que nous portons".


Anne Hidalgo a proposé mercredi l'organisation d'une primaire à gauche pour désigner un candidat unique pour la présidentielle, invitation aussitôt déclinée par les communistes et les Insoumis qui moquent une "proposition de la dernière chance".

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Le refus de Yannick Jadot, "ce n'est pas responsable", "il veut continuer à désespérer un peu plus les électeurs de gauche et écologistes?", a dénoncé sur Public Sénat le porte-parole d'Anne Hidalgo Stéphane Troussel.


"Qu’est ce qui a fait nos victoires dans les élections locales ? C’est le rassemblement", a-t-il ajouté.


La gauche est actuellement donnée à un étiage historiquement bas par plusieurs sondages, et est fragmentée en sept candidatures dont deux à l'extrême gauche.

 

Droit de vote à 16 ans: les sénateurs PS engagent le débat

Le Sénat examine jeudi une proposition de loi PS visant à abaisser de 18 à 16 ans le droit de vote, qui n'a guère de chance d'aboutir, mais qui doit permettre "d'installer dans le débat la question de la jeunesse", selon son auteure Martine Filleul.


Le texte n'a pas été adopté par les sénateurs en commission et devrait subir le même sort dans l'hémicycle de la Haute assemblée, à majorité de droite. Il est examiné dans le cadre d'une "niche" réservée au groupe PS.


A quatre mois de l'élection présidentielle, cette proposition de loi est pour Mme Filleul "à la fois une réponse parmi d'autres à la question de l'abstention, mais aussi un geste, un symbole, une manière de montrer aux jeunes qu'ils font partie de notre République".


L'abstention des moins de 35 ans a atteint 82% aux dernières élections régionales et départementales.


L'abaissement de la majorité électorale à 16 ans est portée par la candidate socialiste à l'élection présidentielle Anne Hidalgo.


Outre la question de l'âge du droit de vote, le texte de Mme Filleul propose l'introduction au collège d'une enseignement obligatoire aux sciences politiques, sanctionné par une évaluation. Pour la sénatrice du Nord, l'objectif est "de fabriquer à nouveau des citoyens à l'école".


Elle souhaite encore rendre obligatoire la création d'un conseil de jeunes pour les communes de plus de 5.000 habitants et les départements. "Ces conseils municipaux de jeunes proposent des travaux pratiques dans l'accompagnement du vote à 16 ans et permettent aux jeunes de s'initier à la démocratie locale", estime-t-elle.


Pour la rapporteure du texte, Nadine Bellurot (LR), si la nécessité de lutter contre l'abstention des jeunes ne fait pas de doute, "la solution proposée ne semble pas opportune, pour des raisons à la fois juridiques et sociologiques".


Elle avance notamment l'argument, discuté, selon lequel majorité électorale et majorité civile "ne peuvent être dissociées".               

Premier grand débat pour le candidat Zemmour, face à Bruno Le Maire

Après son meeting électoral émaillé de violences, Éric Zemmour se plie à l'exercice de sa première grande émission politique depuis l'annonce de sa candidature jeudi soir sur France 2 (21H05), avec un duel face au ministre de l'Économie Bruno Le Maire. Ce dernier semble endosser le rôle d'éclaireur en attendant qu'Emmanuel Macron ne se décide à annoncer formellement sa candidature à la course présidentielle.

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Mardi, le candidat d'extrême droite à l'Elysée avait expliqué avoir annulé un déplacement en région lyonnaise en partie pour préparer ce rendez-vous médiatique. "J'ai une émission importante jeudi soir, il faut que je travaille. Moi, vous savez, je prépare les choses, je suis un laborieux", disait-il sur BFMTV.

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Eric Zemmour a été empoigné par un individu avant de monter sur scène. L'homme suspecté vient d'être mis en examen. (AFP).


Cette émission "Elysée 2022" aura pour principale attraction le débat face à Bruno Le Maire.


"Plusieurs ministres étaient candidats" pour débattre avec Éric Zemmour, indique un cadre de la majorité. "Le Maire est un bon choix car il a une capacité de recul et de théorisation, mais qu'il saura aussi l'emmener sur des sujets plus concrets et techniques" sur le plan économique. "Jusqu'ici, Zemmour ne s'est pas emmerdé avec les détails", commente ce marcheur.

Durant son premier meeting, dimanche à Villepinte (Seine-Saint-Denis), Eric Zemmour a listé quelques propositions économiques comme la baisse des impôts de production, sa volonté de "contraindre la commande publique à privilégier les entreprises françaises" ou de réduire les cotisations pour "redonner du pouvoir d'achat" aux salariés modestes, avec "100 euros de plus" par mois. 

Mais son meeting a été parasité par des tensions et des scènes de violence. Des journalistes de l'émission Quotidien (TMC-TF1) ont été hués et mis brièvement à l'abri.

Le candidat a été empoigné par un individu avant de monter sur scène. L'homme suspecté vient d'être mis en examen

Au début de son discours, des militants de SOS racisme venus mener une action se voulant "non violente" ont été agressés par des partisans d'Éric Zemmour. Une journaliste de l'AFP a vu une cinquantaine de personnes identifiées par les forces de l'ordre comme appartenant aux Zouaves - un groupuscule d'ultra droite -  qui ont pris la pose à la sortie du meeting, en scandant: "on est chez nous".

Une enquête a été ouverte par le parquet de Bobigny.

le maire


Eric Zemmour a condamné mardi "toutes les violences", tout en qualifiant les militants de SOS Racisme de "provocateurs", de "chiens truffiers des subventions", et les médias de "complaisants".

L'ancien éditorialiste devrait à nouveau être interrogé sur le sujet, tout comme sur son rapport aux médias.

La semaine dernière, il était apparu tendu lors de son premier entretien de candidat au JT de 20h de TF1, puis avait tenu des propos insultants à l'endroit du journaliste Gilles Bouleau après l'interview.

Fin septembre Eric Zemmour, qui n'avait alors pas encore annoncé sa candidature, avait débattu avec le candidat insoumis Jean-Luc Mélenchon sur BFM-TV devant 3,8 millions de téléspectateurs, un carton d'audience pour la chaîne qui réalisait là le deuxième meilleurs score de son histoire.     

candidats         

Pour son 120ème anniversaire, le Parti radical souffle ses bougies avec Macron

Le Parti radical, qui fête ses 120 ans, doit officialiser ce week-end son soutien à Emmanuel Macron pour la présidentielle et son intégration à la "maison commune" de la majorité, en appelant à une "plateforme de gouvernement" pour le prochain quinquennat.


Une exposition retraçant ses heures glorieuses dans son siège parisien et un colloque à l'Assemblée nationale: le "plus vieux parti de France" fête cette semaine son anniversaire en grande pompe.


Point d'orgue: son congrès, vendredi et samedi, lors duquel il doit entériner son soutien au futur candidat Macron à la présidentielle, si tant est que les militants adoptent la résolution en ce sens proposée par leur président, Laurent Hénart.


L'ancien maire de Nancy dont le parti "radicalement républicain" situé au centre de l'échiquier politique fut autrefois compagnon de route de l'UDF et de l'UMP, plaide pour une future "plateforme de gouvernement", avec "dix ou quinze propositions identifiables".


"La logique, c'est donc qu'on puisse entrer dans la campagne pour préparer une nouvelle majorité, avec de nouvelles formations, de nouvelles personnalités", poursuit celui qui estime que "la recomposition politique n'a pas encore eu lieu".


Son parti en a d'ailleurs fait l'expérience après l'élection d'Emmanuel Macron: après une tentative de rabibochage avec le Parti radical de gauche - lui-même issu d'un schisme en 1973 et historiquement proche du PS - , les Radicaux réunifiés s'étaient rebaptisés Mouvement radical social-libéral en 2017. 


Las: une partie des troupes de l'ex-PRG, généralement des proches de Jean-Michel Baylet, ont claqué la porte de la colocation à peine quelques mois plus tard.


Redevenu "Parti radical", ses élus sont éparpillés dans plusieurs groupes à l'Assemblée nationale - certains avec LREM, d'autres chez "Libertés et territoires".


Toujours plus compliqué: nombre de figures du parti sont restées fidèles aux majorités régionales auxquelles elles appartenaient historiquement, contre La République en marche. 


Ainsi par exemple dans le Grand-Est (à majorité LR), le Centre-Val-de-Loire (à majorité de gauche plurielle), mais aussi en Île-de-France, présidée par... Valérie Pécresse.


Le congrès des 120 ans se veut ainsi celui de la clarification, alors que - ultime paradoxe - le parti compte depuis 2017 un ministre dans ses rangs: Annick Girardin, titulaire du portefeuille de la Mer.


"L'objectif, c'est être plus fort, plus visible, avec plus de parlementaires", plaide Laurent Hénart, qui entend également intégrer la "maison commune" de la majorité lancée la semaine dernière, baptisée "Ensemble citoyens!".


Ce choix a cependant été contesté mercredi par Bertrand Pancher, membre du bureau national et patron du groupe Libertés et territoires à l'Assemblée, souvent en opposition à la majorité lors des votes. Dans une "lettre ouverte aux radicaux" que l'AFP a pu consulter, il indique se "mettre en retrait" du parti, contestant une "vassalisation précipitée". 


Pour le député de la Meuse, "l'indépendance est une exigence". Et de lancer: "Je me désespère de la dilution de notre formation dans une maison commune qui nous relèguerait à la cave". 


Qui sont les Padhue, médecins à diplôme étranger au statut précaire ?

Cette photographie montre l’entrée du Conseil national de l’Ordre des médecins à Paris, le 20 mars 2026. (AFP)
Cette photographie montre l’entrée du Conseil national de l’Ordre des médecins à Paris, le 20 mars 2026. (AFP)
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  • Les Padhue (médecins diplômés hors UE) sont essentiels au système hospitalier français, mais travaillent souvent sous statuts précaires, avec des rémunérations inférieures malgré des responsabilités équivalentes
  • Leur titularisation repose sur un parcours long et complexe, vivement critiqué, que le gouvernement souhaite désormais simplifier

PARIS: Emmanuel Macron s'est emporté lundi sur le sort des médecins à diplôme étranger, notamment algériens, contraints de repasser des concours pour être titularisés. Qui sont ces "Padhue", sous quels statuts travaillent-ils à l'hôpital et comment deviennent-ils officiellement médecins en France ?

Tour d'horizon d'un système complexe, que le gouvernement a promis mercredi de revoir, notamment en "simplifiant" la procédure visant à titulariser ces médecins.

- Qui sont-ils ?

Les "Padhue" sont des praticiens diplômés hors de l'Union européenne qui exercent en France mais ne bénéficient pas des mêmes conditions de travail et de revenu que les diplômés en Europe. Urgentistes, psychiatres, gynécologues, généralistes, gériatres... La désertification médicale et la crise Covid a conduit de nombreux établissements à en recruter.

Théoriquement, ils travaillent sous la supervision d'un médecin titulaire. Mais dans beaucoup d'hôpitaux, ils font tourner des services en tension et exercent des fonctions similaires à celles des médecins seniors, selon les syndicats. D'après le syndicat des internes (ISNI), ils travaillent sous des statuts précaires aux rémunérations très inférieures à leurs confrères.

- Combien sont-ils ?

"Aucune statistique fiable" ne recense leur "nombre exact", écrivait en 2024 l'Ordre des médecins, sollicité pour un rapport parlementaire qui, en compilant plusieurs sources, avait évalué leur nombre à plus de 10.000 en 2024.

Le ministère de la Santé a indiqué à l'AFP ne pas disposer de chiffre global de Padhue travaillant dans les établissements sous statut précaire, car les recrutements se font "de gré a gré". Il précise toutefois qu'environ 4.700 Padhue sont demandeurs d'une autorisation temporaire d'exercice ou détenteurs de cette autorisation mais sans avoir passé le concours, et que 7.500 sont en cours de validation après avoir passé le concours.

- Comment sont-ils titularisés ?

Pour voir leur diplôme reconnu, ils doivent en effet obtenir une "autorisation de plein exercice", via un concours annuel puis une longue procédure. Ces contraintes visent selon l'Académie de médecine et l'Ordre à garantir "la qualité et la sécurité" des soins.

Le concours a longtemps mis en concurrence les médecins déjà en France et ceux qui candidataient depuis l'étranger. Il a été réformé en 2025. Désormais, les médecins déjà en poste passent un concours "interne" et sont prioritaires sur l'essentiel des postes disponibles. Une "voie externe" plus sélective existe pour ceux sans expérience en France.

Une fois lauréats, les Padhue entament un "parcours de consolidation des compétences" (PCC), sorte de stage de deux ans (qui peut être raccourci de 18 mois maximum, sous conditions), avant d'être autorisés ou non à exercer par une commission dédiée.

La procédure est souvent critiquée, accusée de les maintenir longtemps dans des conditions de travail indécentes. Ses détracteurs appellent à exempter les Padhue de concours et faire reconnaître leurs compétences par des pairs. Mercredi, l'exécutif a promis de "simplifier" les procédures avec l'idée de "sortir de cette logique de concours".

- Et en cas d'échec ?

Un régime dérogatoire a longtemps permis de les embaucher pendant plusieurs années, sous divers statuts rémunérés entre 1.500 et 2.200 euros mensuels. Désormais obligés de passer le concours, ils peuvent, dans l'attente, demander des autorisations temporaires.

La loi Valletoux de 2023 a créé le statut de praticien associé contractuel temporaire (PACT), sous lequel les médecins expérimentés peuvent travailler 26 mois au maximum, pour 31.204,37 euros bruts annuels.

Des hôpitaux emploient toujours des Padhue sous d'autres statuts plus précaires, selon des syndicats et élus.

- Que deviennent les anciens Padhue ?

Au 1er janvier 2026, les ex-Padhue devenus titulaires représentaient 9,2% des médecins en activité régulière (environ 19.000 praticiens) contre 4,1% en 2010, a indiqué a l'AFP l'Ordre des médecins.

Selon une étude de 2025, ils sont diplômés en majorité d'Algérie (38,6% des Padhue "actifs réguliers"), Tunisie (16%), Syrie (8,3%), Maroc (6,8%) ou Liban (4,2%).

Toujours selon cette étude, les spécialités les plus représentées sont la médecine générale (19,6% des Padhue "actifs réguliers"), la psychiatrie (8,8%) ou l'anesthésie-réanimation (7,9%).

La proportion d'anciens Padhue varie beaucoup d'un département à l'autre: ils représentent 1,4% des médecins actifs dans les Pyrénées-Atlantiques mais 29,6% dans l'Aisne et 29,1% dans l'Eure-et-Loir. Cette proportion est souvent importante dans des espaces péri-urbains et ruraux défavorisés.


Barrot entame à Riyad une tournée pour repenser et consolider les partenariats avec le Golfe

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, arrive aujourd’hui à Riyad, dans le cadre d’une tournée qui le mène à Doha, Abou Dhabi, puis en Oman, où il clôturera son déplacement vendredi. (AFP)
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, arrive aujourd’hui à Riyad, dans le cadre d’une tournée qui le mène à Doha, Abou Dhabi, puis en Oman, où il clôturera son déplacement vendredi. (AFP)
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  • À travers une série d’échanges diplomatiques récents, la diplomatie française affiche une ambition claire : consolider ses partenariats avec les pays du Golfe et adapter ses outils d’influence afin de contribuer à une architecture de sécurité plus stable
  • L’axe principal de cette stratégie consiste, selon Paris, à renforcer une approche commune avec les pays du Golfe et à accroître la coordination face aux tensions persistantes

PARIS: Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, arrive aujourd’hui à Riyad, dans le cadre d’une tournée qui le mène à Doha, Abou Dhabi, puis en Oman, où il clôturera son déplacement vendredi.

Cette visite survient au moment où le Moyen-Orient est secoué par les conflits, les rivalités régionales et les recompositions stratégiques, un contexte qui conduit Paris à redéfinir sa place et son rôle dans la région.

À travers une série d’échanges diplomatiques récents, la diplomatie française affiche une ambition claire : consolider ses partenariats avec les pays du Golfe et adapter ses outils d’influence afin de contribuer à une architecture de sécurité plus stable.

L’axe principal de cette stratégie consiste, selon Paris, à renforcer une approche commune avec les pays du Golfe et à accroître la coordination face aux tensions persistantes, notamment liées à l’Iran, afin de partager une lecture des menaces et d’élaborer des réponses durables.

Des équilibres régionaux en mutation 

Dans cette logique, la stabilité du Liban demeure une priorité, assure Paris, qui estime que ce pays, fragilisé par des crises à répétition, incarne à lui seul les risques d’un effondrement régional en chaîne.

Par ailleurs, Paris insiste sur une réalité : les équilibres sont en train de changer, et les pays du Golfe, profondément marqués par les conflits récents, de l’Ukraine à Gaza, n’en sortiront pas indemnes.

Leurs besoins évoluent, leurs attentes aussi. Pour Paris, il ne s’agit plus seulement de maintenir des alliances existantes, mais de les transformer.

Dans ce cadre, les partenariats de défense, notamment, doivent être repensés à l’aune de nouvelles formes de guerre, à savoir l’usage massif des drones, l’intégration de l’intelligence artificielle ou encore les conflits hybrides, qui redéfinissent les règles du jeu.

La France entend rester un partenaire de premier plan, non pas en renégociant immédiatement ses accords, mais en les adaptant progressivement. « Il est encore trop tôt pour revoir les textes », souligne-t-on côté diplomatique, « mais il est évident que les besoins ne sont plus les mêmes ».

L’autre priorité, selon la diplomatie française, consiste à sécuriser les flux économiques et énergétiques. La question de la liberté de circulation, notamment dans des zones sensibles comme le détroit d’Ormuz, est revenue au premier plan.

Pour réduire les risques, Paris pousse à la diversification des routes commerciales. Le projet « IMEC », qui constitue un corridor reliant l’Inde, le Golfe et l’Europe, s’inscrit dans cette logique.

Plusieurs variantes sont à l’étude, passant potentiellement par la Syrie, la Jordanie, l’Égypte ou encore le Liban. L’enjeu n’est pas tant de trancher immédiatement, affirme la diplomatie française, que de bâtir une feuille de route commune avec les partenaires régionaux et européens.

Car la France n’avance pas seule et, si elle se montre particulièrement active, notamment en tant que puissance méditerranéenne, elle s’inscrit dans une dynamique plus large au sein de l’Union européenne, sur la base d’une prise de conscience partagée : la sécurité économique nécessite une meilleure résilience des chaînes d’approvisionnement.

Un soutien français multidimensionnel au Liban 

Sur le plan diplomatique, les regards restent également tournés vers les négociations entre l’Iran et les États-Unis. Même si le dialogue n’est pas rompu, les discussions peinent à progresser.

Les points de blocage sont connus : l’enrichissement de l’uranium, la levée des sanctions et la gestion des stocks nucléaires, autant de dossiers sensibles qui continuent d’alimenter l’incertitude régionale.

Pour l’heure, les échanges se poursuivent à distance, sans avancée décisive, et dans ce paysage complexe, le Liban reste un dossier central pour Paris.

Le soutien français se veut multidimensionnel : humanitaire, militaire, diplomatique et économique. Plusieurs dizaines de millions d’euros ont déjà été mobilisées pour venir en aide aux populations, tandis qu’un appui renforcé à l’armée libanaise est envisagé.

Mais la question du Hezbollah illustre toute l’ambiguïté de la situation. La France a durci sa position, qualifiant désormais son action militaire de terroriste (depuis le décès de deux soldats français de la FINUL) et soutenant le principe d’un monopole des armes par l’État libanais.

Toutefois, elle ne renie pas une réalité politique : le Hezbollah demeure un acteur incontournable du paysage libanais.

Enfin, Paris insiste sur un point : sa stratégie ne s’inscrit pas dans une logique de rivalité avec les États-Unis. Il ne s’agit pas de se substituer à Washington, mais de proposer une offre complémentaire.

Les pays du Golfe sont les mieux placés pour choisir leurs partenaires, affirme Paris, qui entend simplement rester un acteur crédible. La démarche française repose sur la conviction que, dans un Moyen-Orient fragmenté, seule une approche collective peut permettre de stabiliser durablement la région, et que ne rien faire n’est plus une option.


Présidentielle en France: Marine Le Pen veut un second tour face au camp macroniste

La présidente du groupe parlementaire du Rassemblement national, Marine Le Pen, réagit lors d’une séance de questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, à Paris, le 28 avril 2026. (AFP)
La présidente du groupe parlementaire du Rassemblement national, Marine Le Pen, réagit lors d’une séance de questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, à Paris, le 28 avril 2026. (AFP)
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  • Marine Le Pen souhaite un second tour contre le bloc central lié à Emmanuel Macron pour obtenir une « élection de choix », plutôt qu’un duel contre Jean-Luc Mélenchon perçu comme un vote de rejet
  • Elle souligne le rôle potentiel de Édouard Philippe comme candidat rassembleur, tout en restant incertaine de sa propre candidature selon une décision judiciaire, avec Jordan Bardella en possible remplaçant

PARIS: A un an de la présidentielle en France, Marine Le Pen affirme dans un entretien à l'AFP qu'elle "souhaite un second tour face au bloc central" - le camp du président Emmanuel Macron - pour "avoir la force d'une élection de choix" plutôt qu'une "élection de rejet" en cas de duel face à dirigeant de gauche radicale Jean-Luc Mélenchon.

"La présidentielle se jouera certainement entre le bloc central et le RN, s'ils arrivent à avoir un candidat commun", déclare la patronne du Rassemblement national (extrême droite), qui estime que "dans cette configuration, Edouard Philippe a un certain nombre de qualités mathématiques" car "il est en même temps issu de la droite, ancien Premier ministre macroniste" et "il plaît à la gauche, en tout cas il ne la dérange pas".

Si sa préférence va donc à un affrontement contre celui qu'elle qualifie de "candidat du parti unique" et d'incarnation de "l'extinction du clivage droite-gauche", la triple candidate à l'Elysée souligne que dans ce scénario "il y a une condition sine qua non, c'est qu'ils arrivent à ne pas être quinze sur la ligne de départ".

Dans le cas contraire, "le risque que Jean-Luc Mélenchon s'appuie sur un socle qui est plus fiable que le bloc central est réel", poursuit Mme Le Pen, qui "souhaite un second tour face au bloc central" parce qu'elle "pense que ce qui est à faire est très important (et) qu'il est nécessaire d'avoir la force d'une élection de choix et pas d'une élection de rejet de l'autre candidat".

Les rares sondages de second tour réalisés ces derniers mois ont en effet prédit une très large victoire (à plus de 70%) au RN face à Jean-Luc Mélenchon, chef du parti de La France insoumise (LFI) - mais seul Jordan Bardella, le président du RN, a été testé comme candidat. Le match serait en revanche beaucoup plus serré face à l'ancien Premier ministre Edouard Philippe, donné gagnant dans les dernières enquêtes d'opinion, aussi bien contre Mme Le Pen que M. Bardella.

Le parti d'extrême droite ne connaîtra toutefois le nom de son candidat que le 7 juillet, dans la foulée de la décision de la cour d'appel de Paris, qui pourrait confirmer l'inéligibilité de Marine Le Pen, voire lui imposer le port d'un bracelet électronique.

"Si les juges ne m'en empêchent pas, je serai candidate", assure-t-elle, précisant que "si je ne peux pas être candidate ou si je ne peux pas faire campagne, ça revient au même". Elle devrait alors laisser la place à Jordan Bardella.