L'ONU «accueille prudemment» l'accord sur le Soudan, alors que la confiance s'érode depuis le coup d’Etat

La prise de contrôle militaire du 25 octobre, au cours de laquelle Hamdok et d'autres hauts responsables et militants ont été arrêtés, a déclenché des protestations à travers le pays. (Photo, AFP/Archives)
La prise de contrôle militaire du 25 octobre, au cours de laquelle Hamdok et d'autres hauts responsables et militants ont été arrêtés, a déclenché des protestations à travers le pays. (Photo, AFP/Archives)
Short Url
Publié le Samedi 11 décembre 2021

L'ONU «accueille prudemment» l'accord sur le Soudan, alors que la confiance s'érode depuis le coup d’Etat

  • Tout en reconnaissant que l'accord du 21 novembre est «loin d'être parfait», l'émissaire Volker Perthes a déclaré qu'il pourrait empêcher l'effusion de sang et constituer un pas vers un retour à l'ordre
  • Il a ajouté qu'il existe une forte opposition à l'accord parmi une grande partie de la population du pays qui se sent «trahie» par le coup d'État

L'ONU a salué «prudemment» l'accord conclu le 21 novembre au Soudan entre le Premier ministre Abdalla Hamdok et les leaders du coup d'État militaire d'octobre.

Lors d'une réunion vendredi pour discuter du dernier rapport de l'ONU sur la situation dans le pays, Volker Perthes, le représentant spécial de l'ONU pour le Soudan, a déclaré au Conseil de sécurité que l'accord est «loin d'être parfait» mais pourrait aider à éviter de nouvelles effusions de sang et à fournir un premier pas vers un dialogue global et un retour à l'ordre constitutionnel.

Mais il a souligné qu'il existe une forte opposition à l'accord de la part d'un large segment des parties soudanaises intéressées , notamment les partis et les associations au sein de “ Forces of Freedom and Change coalition ” (Coalition des Forces de la liberté et du changement), les comités de résistance, les organisations de la société civile et les groupes de femmes, qui se sentent «trahis» par le coup d’état.

«Les décisions à venir sur la formation du gouvernement, les nominations de haut niveau et la mise en place d'institutions de transition mettront à l'épreuve la volonté et la capacité des parties prenantes à rechercher une sortie commune de la crise», a estimé Perthes.

La prise de contrôle militaire du 25 octobre, au cours de laquelle Hamdok et d'autres hauts responsables et militants ont été arrêtés, a déclenché des protestations à travers le pays dans ce que Perthes a décrit comme «la plus grande crise à ce jour» à laquelle est confrontée la transition politique dans le pays.

Le coup d'État «a dévoilé et approfondi la méfiance entre les composantes militaire et civile, et au sein des composantes civiles elles-mêmes», a-t-il annoncé aux membres du Conseil de sécurité.

Selon l'ONU, au moins 44 personnes ont été tuées et des centaines blessées lorsque les forces de sécurité soudanaises ont utilisé la force meurtrière pour réprimer des manifestants pacifiques.

Perthes a affirmé que cela avait provoqué une intensification de la crise alors que les manifestants continuaient d'organiser des manifestations de masse dans le but «de récupérer la révolution et de faire pression pour un état civil».

Il a de nouveau exhorté les leaders militaires à annuler toutes les décisions unilatérales qu'ils ont prises à la suite du coup d'État, en particulier la nomination de membres civils au Conseil de souveraineté.

Se référant à l'état d'urgence en cours déclaré le jour du coup d'État par le général Abdel Fattah Al-Burhan, Perthes a averti qu'«un manque d'inclusivité et de consensus pourrait entraîner une fragmentation supplémentaire.

Se référant à l'accord du 21 novembre, qui stipule la formation d'un Conseil des ministres composé de technocrates, Perthes a averti qu'une telle décision, bien que potentiellement une étape vers l'avancement de la transition politique, pourrait également créer «un défi constitutionnel s'il n'est pas fondé sur des consultations avec la Coalition des Forces de la liberté et du changement».

Il a souligné : «Les leaders militaires et politiques du Soudan devront principalement rétablir la confiance avec leur propre peuple, en particulier avec la jeune génération», et a ajouté que les autorités soudanaises doivent aussi s'efforcer de regagner le soutien financier, économique et politique de la communauté internationale.

Pour que cela se produise, Perthes a réitéré la nécessité de libérer tous les détenus politiques, de mettre un terme aux arrestations arbitraires, de garantir le droit de manifester pacifiquement et de traduire en justice les personnes coupables d'avoir utilisé la violence contre les manifestants.

D'autres étapes cruciales vers le rétablissement de la confiance au sein de la communauté internationale incluent l'autorisation du Premier ministre de former librement son propre cabinet technocratique, la levée de l'état d'urgence et la restauration de la liberté de la presse.

Cependant, Perthes a appelé la communauté internationale à adopter une approche équilibrée envers le Soudan et à ne pas bloquer l'aide au pays trop longtemps.

«Au lendemain du coup d'État, la décision des donateurs de suspendre l'aide internationale au développement a un impact significatif sur les moyens de subsistance du peuple soudanais et risque de faire reculer les réalisations durement acquises au cours des deux dernières années», a-t-il averti.

En outre, Perthes a incité les autorités soudanaises à garantir une participation significative des femmes au processus politique. Le message des femmes dans le pays est clair, a-t-il déclaré : «Il ne peut y avoir de recul sur les gains durement gagnés en matière de droits des femmes, et elles demandent le soutien de la communauté internationale à cet égard».

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Olivier Cadic : « Les relations entre la France et l’Arabie saoudite n’ont jamais été aussi denses »

De gauche à droite : Nathalie Delattre, sénatrice de la Gironde (France) ; Olivier Cadic, sénateur des Français établis hors de France ; S.E. Waleed Al-Khereiji, vice-ministre des Affaires étrangères du Royaume d’Arabie saoudite ; Rémy Pointereau, sénateur du Cher (France). (Photo: fournie)
De gauche à droite : Nathalie Delattre, sénatrice de la Gironde (France) ; Olivier Cadic, sénateur des Français établis hors de France ; S.E. Waleed Al-Khereiji, vice-ministre des Affaires étrangères du Royaume d’Arabie saoudite ; Rémy Pointereau, sénateur du Cher (France). (Photo: fournie)
Short Url
  • En visite à Riyad, le sénateur des Français établis hors de France souligne l’accélération des échanges entre Paris et le Royaume, les opportunités offertes par Vision 2030 et le rôle stabilisateur de l’Arabie saoudite dans la région
  • La transformation de l’Arabie saoudite ouvre de nouvelles opportunités pour les entreprises françaises, notamment dans l’intelligence artificielle, les infrastructures, les énergies renouvelables, la culture, le tourisme et l’économie numérique

RIYAD : Sénateur des Français établis hors de France depuis 2014, vice-président de la commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées et président du groupe d’amitié interparlementaire France–Pays du Golfe, Olivier Cadic a effectué une nouvelle visite en Arabie saoudite à la tête d’une délégation parlementaire française composée notamment des sénateurs Nathalie Delattre et Rémy Pointereau. À l’issue de ses rencontres avec les autorités saoudiennes, il revient sur la transformation du Royaume, l’état des relations franco-saoudiennes et les perspectives de coopération entre les deux pays.

Pour Olivier Cadic, l’Arabie saoudite figure aujourd’hui parmi les pays qui se transforment le plus rapidement au monde. « Il s’agit de ma neuvième visite en Arabie saoudite en onze ans. Ce qui me frappe à chaque déplacement, c’est la rapidité de la transformation du pays », confie-t-il à Arab News en français.

Le sénateur souligne particulièrement les changements observés à Riyad, où les projets de développement se multiplient dans le cadre de la Vision 2030 portée par le prince héritier Mohammed ben Salmane. Selon lui, cette stratégie de modernisation « insuffle un souffle de modernité accéléré » et traduit une volonté claire de diversification économique, d’innovation et d’ouverture sur le monde.

Au cours de sa visite, Olivier Cadic a insisté sur la solidité du partenariat franco-saoudien, qu’il qualifie d’exceptionnel.

« Les relations entre la France et l’Arabie saoudite sont excellentes et n’ont jamais été aussi denses », affirme-t-il. Selon le sénateur, cette proximité repose sur une confiance mutuelle et sur des convergences de vues concernant plusieurs dossiers régionaux majeurs.

Il rappelle également l’importance de la solidarité entre partenaires dans les moments difficiles. « J’ai souhaité rappeler que la France n’oublie pas les attaques dont l’Arabie saoudite a été victime. Dans les moments difficiles, les partenaires doivent pouvoir compter les uns sur les autres. »

Selon Olivier Cadic, Paris et Riyad partagent notamment leur soutien à une solution à deux États pour résoudre le conflit israélo-palestinien, leur préoccupation face à la perspective d’une acquisition ou d’un usage d’une capacité nucléaire militaire par l’Iran, ainsi que leur volonté de voir le Liban retrouver sa pleine souveraineté et la Syrie renouer avec la stabilité.

« Plus largement, la France et l’Arabie saoudite défendent le multilatéralisme, le respect du droit international et de l’intégrité territoriale des États », souligne-t-il.

Sur le plan économique, le sénateur estime que les perspectives de cooperation entre la France et l’Arabie saoudite sont particulièrement prometteuses.

Les secteurs des nouvelles technologies, de l’intelligence artificielle, des énergies renouvelables, du tourisme, de la culture et de la formation figurent parmi les domaines les plus porteurs.

« La diversification de l’économie saoudienne crée de nombreuses opportunités pour les entreprises françaises, qui disposent d’un savoir-faire reconnu dans ces secteurs », explique-t-il.

Les mégaprojets lancés dans le cadre de Vision 2030 offrent également de nouvelles perspectives dans les infrastructures de transport, la gestion durable de l’eau, les énergies décarbonées, la santé et les technologies numériques.

Olivier Cadic met aussi en avant l’émergence de nouveaux axes de coopération à forte valeur ajoutée. « Les coopérations entre la France et l’Arabie saoudite s’étendent désormais à de nouveaux secteurs, notamment les industries culturelles et créatives, l’intelligence artificielle, mais aussi l’e-sport », observe-t-il.

Pour le sénateur, les projets liés à l’économie numérique et à la jeunesse illustrent parfaitement la capacité des deux pays à construire ensemble des partenariats innovants et tournés vers l’avenir.

Parmi les éléments les plus marquants de cette mission, Olivier Cadic évoque avant tout l’état d’esprit qu’il a observé auprès des responsables saoudiens et des jeunes générations.

« J’ai été particulièrement impressionné par la confiance qui anime les responsables saoudiens et la jeunesse du pays. On ressent une véritable volonté de construire l’avenir et de réussir la transformation engagée », confie-t-il.

Le sénateur souligne également la qualité de l’accueil qui lui a été réservé et salue « l’hospitalité saoudienne », ainsi que les efforts entrepris pour valoriser le patrimoine culturel du Royaume et développer son attractivité touristique.

Cette dynamique de coopération devrait continuer à se renforcer dans les années à venir. Selon Olivier Cadic, les échanges bilatéraux se sont considérablement intensifiés ces dernières années, comme en témoigne la multiplication des visites officielles entre les deux pays. Le sénateur rappelle notamment qu’une délégation saoudienne a été accueillie en France en 2025.

« Le rôle des groupes d’amitié parlementaires est précisément de nourrir ce dialogue dans la durée et de favoriser l’émergence de nouvelles coopérations, qu’elles soient économiques, culturelles ou institutionnelles », souligne-t-il.

Interrogé sur la situation actuelle dans le Golfe, Olivier Cadic estime que l’Arabie saoudite joue un rôle central dans une région confrontée à de nombreux défis sécuritaires et géopolitiques.

« Le Golfe évolue dans un environnement régional particulièrement complexe », note-t-il, faisant référence aux tensions liées au conflit israélo-iranien.

Dans ce contexte, il considère que le Royaume s’affirme comme un acteur stabilisateur, privilégiant les solutions diplomatiques et les initiatives favorisant la paix régionale. Son poids économique, politique et diplomatique en fait, selon lui, « un acteur incontournable de l’équilibre régional ».

Enfin, Olivier Cadic a tenu à adresser un message à la communauté française vivant et travaillant en Arabie saoudite.

« J’adresse un message de confiance à nos compatriotes établis en Arabie saoudite », déclare-t-il. « Ils participent pleinement au rapprochement entre nos deux pays et contribuent au rayonnement de la France. »

Le sénateur estime que les perspectives offertes par le Royaume sont considérables et que les relations franco-saoudiennes disposent encore d’un potentiel de développement exceptionnel.

« Plus que jamais, les Français présents dans le Royaume sont des passerelles entre nos deux nations et des acteurs précieux de cette coopération d’avenir », conclut-il.

 


Le président syrien n'entend pas intervenir au Liban (sources proches)

Le président syrien Ahmed al-Chareh. (REUTERS)
Le président syrien Ahmed al-Chareh. (REUTERS)
Short Url
  • Le président syrien Ahmad al-Chareh a démenti toute intention d’intervention au Liban, qualifiant ces rumeurs d’infondées
  • Damas affirme privilégier la coordination avec Beyrouth et la stabilité du Liban, dans un contexte régional tendu lié au Hezbollah et au conflit israélo-libanais

DAMAS: Le président syrien Ahmad al-Chareh a déclaré à des visiteurs que Damas n’avait aucune intention d’intervenir au Liban, démentant des rumeurs à ce sujet, ont indiqué vendredi à l'AFP deux personnes ayant assisté à l'entretien.

L’un des participants, qui a requis l’anonymat, a affirmé que le dirigeant syrien avait dit à une délégation de près de 70 notables et dignitaires de la province de Damas, en visite jeudi au palais présidentiel, que "ce qui se dit au sujet d'une intervention de la Syrie au Liban n’est qu'une rumeur".

L'autre personne a confirmé ces propos.

Le communiqué officiel publié à l'issue de cette visite, centrée autour de questions locales de développement, n'a fait aucune mention des propos d'Ahmad al-Chareh sur le Liban.

Le président américain Donald Trump avait affirmé lors d'une interview le 7 juin à NBC que le président syrien était prêt à aider à affaiblir le Hezbollah, contre lequel Israël mène une campagne de frappes aériennes et une offensive terrestre.

Dans une interview télévisée jeudi, le porte-parole du ministère syrien de l’Intérieur, Noureddine al-Baba, a déclaré que Damas se tient aux côtés du président libanais Joseph Aoun pour " préserver la sécurité du Liban et la souveraineté de l’Etat libanais".

"La coordination avec (...) le Liban est le fondement de tout rôle que la Syrie peut jouer dans la résolution des dossiers libanais", a-t-il ajouté.

Réagissant aux propos de Donald Trump, Noureddine al-Baba a déclaré que "les parties syrienne et libanaise sont les mieux placées pour (les) interpréter et se mettre d’accord sur une formule qui serve les deux pays dans le cadre d'une vision arabe commune".

Selon un diplomate qui a requis l'anonymat, la Syrie est sous pression des Etats-Unis depuis le début de la guerre entre Israël et le Liban le 2 mars pour intervenir contre la formation pro-iranienne dans le pays voisin, avec lequel elle partage une longue frontière terrestre.

La Syrie est dirigée depuis fin 2024 par des autorités islamistes hostiles au Hezbollah, qui était l'allié du président renversé Bachar al-Assad.

M. Chareh a dit vouloir ouvrir une nouvelle page avec le Liban.

Le président syrien Hafez al-Assad, père de Bachar al-Assad, était intervenu au Liban en pleine guerre civile en 1976 et ses troupes ne s'en étaient définitivement retirées que près de 30 ans plus tard.


Le CCG déclare que les hostilités iraniennes compromettent le dialogue et les relations régionales

Photo de groupe lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères du CCG à Koweït City, le 2 juin 2025. (File/AFP)
Photo de groupe lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères du CCG à Koweït City, le 2 juin 2025. (File/AFP)
Short Url
  • Le communiqué indique que la poursuite de l'agression iranienne ne fera qu'accentuer l'isolement de l'Iran
  • Affirmation du droit des États du CCG à se défendre conformément au droit international

LONDRES : Un communiqué du Conseil de coopération du Golfe a déclaré mercredi que les hostilités iraniennes sapaient la confiance et fermaient la porte au dialogue.

Le communiqué souligne que "l'agression ne permet pas d'établir des relations ni de favoriser la compréhension ou le rapprochement".

La déclaration ajoute que la poursuite de l'approche agressive de l'Iran ne fera qu'accentuer son isolement, avertissant que de telles politiques affaiblissent la stabilité régionale.

Elle précise également que la porte de la compréhension reste ouverte à ceux "qui choisissent le langage de la sagesse et du bon voisinage".

Le Conseil a réaffirmé son entière solidarité avec le Bahreïn, le Koweït et la Jordanie, soulignant que la sécurité des États du Golfe est indivisible et que toute attaque contre un membre constitue une attaque contre tous.

Le Conseil a condamné les actions de l'Iran, a tenu Téhéran pour responsable de leurs conséquences sur la sécurité régionale, la navigation internationale et l'approvisionnement en énergie, et a appelé la communauté internationale à demander des comptes aux responsables.

Il a également affirmé le droit des États du CCG à se défendre conformément au droit international et à la charte des Nations unies.

Cette déclaration a été faite alors que les ministres des affaires étrangères du CCG participaient à la 167e session du conseil ministériel du CCG à Bahreïn.

La réunion du CCG pour les États arabes du Golfe s'est tenue à Manama sous la présidence du ministre des affaires étrangères de Bahreïn, Abdullatif bin Rashid Al-Zayani.