Le variant omicron a-t-il bouleversé la chaîne d'approvisionnement mondiale ?

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Publié le Samedi 11 décembre 2021

Le variant omicron a-t-il bouleversé la chaîne d'approvisionnement mondiale ?

  • À tout moment, environ 25 millions de conteneurs sillonnent les mers, sur environ 6 000 navires, vers des ports reliés à des réseaux ferroviaires et routiers tentaculaires
  • Les problèmes de production ont eu des conséquences de grande envergure dans tous les types d'industries

L'émergence du variant omicron a balayé les premiers signes de reprise de la chaîne d'approvisionnement mondiale, notamment au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.

«Il peut encore y avoir des fluctuations, mais dans l'ensemble, je pense que le pire est passé», a déclaré Esben Poulsson, qui préside l'International Chamber of Shipping, sur "Squawk Box Asia" de CNBC le 23 novembre.

Mais trois jours plus tard, l'Organisation mondiale de la santé a annoncé la mauvaise nouvelle en qualifiant la souche de «variant préoccupant», après qu'un scientifique sud-africain a signalé sa découverte. Il a évalué le risque global posé par omicron comme «très élevé».

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La demande soudaine de meubles pour le travail à domicile a eu un impact sur la chaîne d'approvisionnement mondiale (Photo, Shutterstock)

 

Cette nouvelle a fait chuter les marchés mondiaux, les investisseurs craignant que la reprise de l'activité économique ne soit touchée par la réimposition des restrictions et des confinements par les gouvernements.

Cela a également ébranlé les chaînes d'approvisionnement mondiales qui sont confrontées à des goulots d'étranglement, des pénuries, des retards et une hausse des prix depuis mars 2020.

À tout moment, environ 25 millions de conteneurs sillonnent les mers, sur environ 6 000 navires, vers des ports reliés à des réseaux ferroviaires et routiers tentaculaires.

Le coût moyen du fret maritime a chuté de 1,5% à 9 050,77 $ par conteneur standard de 40 pieds la semaine dernière, mais c'est près de trois fois plus élevé qu'il y a un an, selon le World Container Index, compilé par la société de recherche maritime Drewry.

Une route fondamentale entre Shanghai et New York a chuté de 5% à 12 582 $ par conteneur de 40 pieds la semaine dernière, mais plus tôt cette année, au plus fort de la crise sanitaire, les routes entre les États-Unis et la Chine ont culminé à environ 20 500 $ par conteneur de 40 pieds.

L'indice a constaté que le coût moyen du fret maritime au cours des cinq dernières années avait été de 2 709 $ par conteneur de 40 pieds.

Ces coûts plus élevés se sont traduits par des prix plus élevés pour toutes sortes de marchandises et de matières premières, des semi-conducteurs aux voitures, en passant par les dindes, les jouets et les coûts de l'énergie.

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La chaîne de glaciers Nine Soft Serve a vu ses coûts d'approvisionnement augmenter (Photo fournie)

 

Les prix au comptant du pétrole brut Brent ont doublé depuis la fin juin de l'année dernière, a noté l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) dans ses plus récentes perspectives économiques.

Elle a ajouté que le charbon et le gaz naturel ont bondi d'environ huit fois et 18 fois respectivement au cours des 18 derniers mois, atteignant des pics en octobre.

Ces coûts plus élevés ont déjà fait grimper l'inflation dans de nombreux pays développés et continueront de le faire, a déclaré l'OCDE.

L'organisme économique a relevé ses prévisions d'inflation dans les pays du G20 l'année prochaine à 4,4% dans son rapport sur les perspectives économiques de décembre, contre 3,9% dans sa prévision de septembre.

L'OCDE a affirmé : «Les perspectives soulignent le risque que des perturbations continues de l'approvisionnement, peut-être associées à de nouvelles vagues d'infections à la Covid-19, puissent entraîner une inflation plus longue et plus élevée.

Un autre risque, exposé par l'émergence du variant omicron ces derniers jours, est une aggravation de la situation sanitaire en raison de la Covid-19 entraînant de nouvelles restrictions qui mettraient en péril la reprise économique».

Les prix d'expédition élevés découlent d'une augmentation de la demande au début de la pandémie de la part des consommateurs qui ne pouvaient pas dépenser pour des articles tels que les repas au restaurant, les vacances et les sorties au cinéma.

Au lieu de cela, ils ont dépensé pour des articles pour leur maison, allant des bureaux, des consoles de jeux vidéo pour le divertissement aux factures d'épicerie plus importantes.

Cela a touché des producteurs dans des usines et des fermes qui avaient réduit leur production sur le houblon, car ils avaient été frappés par des pénuries de main-d'œuvre provoquées par la crise sanitaire.

C'était le cas dans bon nombre des principales usines de fabrication du monde en Chine, en Corée du Sud, à Taïwan, au Vietnam ainsi qu'en Allemagne.

La volonté des usines et des fermes d'augmenter la production pour répondre à une demande plus élevée a entraîné des pénuries, des goulots d'étranglement et de longues files d'attente dans les ports et les entrepôts tout au long de la chaîne d'approvisionnement. Au même moment, les restrictions sanitaires ont entraîné une pénurie de chauffeurs routiers, qui ne pouvaient pas facilement traverser les frontières, ou restaient simplement chez eux.

Ces problèmes de production ont eu des conséquences de grande envergure dans tous les types d'industries.

Au cours des neuf premiers mois de l'année, la production automobile dans la zone euro était inférieure de 26% à celle de la même période en 2019 et de 10% aux États-Unis, a noté l'OCDE, en grande partie en raison d'une pénurie de semi-conducteurs et de métaux.

Même avant l'émergence d'omicron, les hauts responsables des entreprises étaient divisés sur la durée pendant laquelle les effets de la pandémie pèseraient sur les chaînes d'approvisionnement.

«Ce ne sera pas du tout un problème l'année prochaine», a affirmé le PDG de JPMorgan Chase, Jamie Dimon, lors d'une conférence virtuelle organisée par l'Institute of International Finance en octobre.

Le patron de la banque a ajouté : «C'est le pire. Je pense que les grands systèmes de marché s'y adapteront comme les entreprises l'ont fait».

Mais le même mois, DP World, basé à Dubaï, qui gère 81 ports et terminaux intérieurs dans le monde, a signalé que la chaîne d'approvisionnement pourrait prendre deux ans pour revenir à l'ordre, en partie parce que le monde est tellement dépendant de la production chinoise.

«Je ne pense pas que le problème des chaînes d'approvisionnement s'atténuera au cours des deux prochaines années, c'est l'effet d'entraînement», a expliqué le président-directeur général de DP World, Sultan Ahmed ben Sulayem, au Financial Times.

Il a ajouté : «Les retards aujourd'hui ne sont pas seulement le problème de ce qui n'est pas livré, le problème est aussi celui des autres produits qui ne peuvent pas être livrés. Ils sont maintenant dans une file d'attente.

«La Chine ne tolérera ni ne permettra aucune possibilité de propagation de ce virus. Donc, s'ils ont une infection, ils ferment les ports, et cela se reflète certainement dans la chaîne d'approvisionnement».

La société de logistique basée à Djeddah Uniworld Freight, qui livre du fret maritime, aérien et routier dans 65 pays, a souligné que les réseaux de transport sont actuellement encore sous pression.

Le PDG d'Uniworld Freight, Mohammed Bawazir, a déclaré à Arab News : «Nous sommes confrontés à plusieurs défis. Nos importantes entreprises importent d'Extrême-Orient, et la plupart des navires manquent d'espace et il y a aussi une pénurie de conteneurs vides. Le prix du fret maritime a été multiplié par trois et il y a peu de stabilité».

Bawazir a ajouté : «Sur la base de nos discussions avec les clients, des coûts d'expédition plus élevés ont conduit les entreprises à réduire les commandes, ce qui à son tour entraîne une baisse de la production».

Le poids de la fragile chaîne d'approvisionnement mondiale a également touché une chaîne de six glaciers indépendants basés à Riyad, Dammam et Al-Khobar, appelée Nine Soft Serve.

La PDG de la chaine de magasins, Abeer Al-Hashim, a révélé : «Je pense que tout le monde dans l'industrie de l'alimentation et des boissons souffre de retards. Certains fournisseurs en Europe ont arrêté la production pendant un certain temps, ce qui a entraîné une pénurie d'approvisionnement».

Al-Hashim a indiqué qu'elle avait constaté une augmentation des prix de ses fournisseurs et s'attend à ce qu'ils augmentent encore l'année prochaine, mais a résisté à la répercussion sur les acheteurs.

Elle a souligné: «En fait, nous reconsidérons nos prix pour les rendre plus abordables pour nos clients».

Al-Hashim a ajouté que son «objectif est d'être aussi indépendante que possible» et travaille actuellement avec une gamme de distributeurs pour avoir un meilleur contrôle sur la chaîne d'approvisionnement de l'entreprise.

Les entreprises du monde entier, des multinationales aux détaillants à magasin unique, sont probablement occupées à essayer de résoudre le même casse-tête.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


La Bourse de Paris recule avec le regain de tensions au Moyen-Orient

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  • "Les tensions au Moyen-orient s'intensifient à nouveau", ce qui "complique la perspective d'un accord imminent" dans la région, s'inquiètent les analystes de la Deutsche Bank
  • Israël et l'Iran ont lancé lundi des attaques réciproques après le tir de missiles par Téhéran en direction du territoire israélien, menaçant la trêve en vigueur

PARIS: La Bourse de Paris évolue en baisse lundi, plombée par une nouvelle hausse du pétrole causée par des échanges de frappes entre Israël et l'Iran, mettant en danger le cessez-le-feu au Moyen-Orient.

Vers 9H40 (heure de paris) le CAC 40 cédait 0,76% à 8.155,97 points, soit un recul de 62,32 points. Vendredi, l'indice vedette parisien avait perdu 0,32%.

"Les tensions au Moyen-orient s'intensifient à nouveau", ce qui "complique la perspective d'un accord imminent" dans la région, s'inquiètent les analystes de la Deutsche Bank.

Israël et l'Iran ont lancé lundi des attaques réciproques après le tir de missiles par Téhéran en direction du territoire israélien, menaçant la trêve en vigueur et les espoirs de Donald Trump d'arriver à un accord pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.

Deux mois après l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu précaire dans une guerre qui dure depuis 100 jours, la région menace de s'embraser une nouvelle fois, malgré les appels du président américain à la retenue adressés à Israël.

Jérusalem s'est réveillé au son des explosions et des alertes, ont constaté des journalistes AFP. L'armée a fait état de deux nouveaux barrages de missiles iraniens visant le pays, après deux premières salves la veille.

Quelques heures plus tôt, la télévision d'Etat iranienne avait rapporté des explosions à Téhéran et dans les villes de Tabriz (nord-ouest) et Ispahan (centre), au moment où l'armée israélienne annonçait que son aviation avait bombardé "des cibles militaires".

Comme à chaque regain de tension dans la région, le prix du brut augmente: vers 9H40, le baril de Brent, référence européenne, gagnait 4,95% à 97,70 dollars, et celui de West Texas Intermediate, son équivalent américain, prenait 4,58% à 94,69 dollars.

Les taux d'intérêt étaient orientés à la hausse: le rendement de la dette allemande à dix ans, référence en Europe, atteignait 3,06%, contre 3,04% vendredi soir. Son équivalent français atteignait 3,82%, contre 3?80% vendredi soir.

TotalEnergies profite de la hausse des prix du pétrole

Le groupe énergétique français TotalEnergies (+0,80% à 77,99 euros) profite de la nouvelle hausse des prix du brut.

Sanofi, un traitement anticancereux approuvé par l'UE

Le géant pharmaceutique français Sanofi (-0,56% à 77,51 euros) a annoncé lundi avoir obtenu l'approbation de la Commission européenne de son traitement anticancéreux Sarclisa en formulation sous-cutanée, via un injecteur portable, pour traiter le myélome multiple.

 

 


La France, 1er producteur européen de blé, importe toujours plus de farine

Le coureur belge Brent Van Moer, de l’équipe Lotto, roule en échappée devant des champs de blé et des éoliennes lors de la 2e étape de la 112e édition du Tour de France 2025, longue de 209,1 km entre Lauwin-Planque et Boulogne-sur-Mer, dans le nord de la France, le 6 juillet 2025. (AFP)
Le coureur belge Brent Van Moer, de l’équipe Lotto, roule en échappée devant des champs de blé et des éoliennes lors de la 2e étape de la 112e édition du Tour de France 2025, longue de 209,1 km entre Lauwin-Planque et Boulogne-sur-Mer, dans le nord de la France, le 6 juillet 2025. (AFP)
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  • La production française de farine est restée stable en 2025 à près de 4 millions de tonnes, mais les importations ont bondi de 45 % en deux ans, creusant le déficit commercial du secteur
  • Les meuniers français dénoncent une concurrence accrue, notamment de l’Allemagne, et la pression des marques de distributeurs qui favorisent des farines moins chères, pesant sur les prix et la rentabilité

PARIS: Premier producteur européen de blé, la France se situe au 2e rang pour la production de farine mais a vu ses importations bondir de "45% en deux ans", selon le bilan annuel de la meunerie française.

Une hausse générée par plus d'achats de la grande distribution, et qui tire les prix vers le bas, souligne auprès de l'AFP Jean-François Loiseau, président de l'Association nationale de la meunerie française.

En 2025, la production française de farine est restée quasi stable à "près de 4 millions de tonnes de farine à partir de de blé 100% français", soit plus de 11% de la production européenne, au deuxième rang derrière l'Allemagne, selon l'ANMF.

Si ces résultats "confirment le rôle stratégique de la meunerie française dans la souveraineté alimentaire nationale et européenne", la rentabilité du secteur est "très faible" et les échanges commerciaux traduisent "une pression concurrentielle croissante", relève l'association fondée en 1886, qui représente l'immense majorité des meuniers français.

En 2025, la France a exporté 204.000 tonnes de farine mais en a importé 420.000: le déficit se creuse depuis 2018, au profit notamment de l'Allemagne et de la Belgique, qui fournissent plus de 80% des importations françaises.

"En France, on a traditionnellement des boulangers qui utilisent de la farine 100% française, produite par des centaines de moulins. Personne n'a la qualité de pain qu'il y a dans les boulangeries françaises", a affirmé à l'AFP Jean-François Loiseau, président de l'ANMF.

- Concurrence internationale -

"Mais ces dernières années, ce que l'on voit, c'est une augmentation des achats de farine moins chère, venue surtout d'Allemagne mais aussi d'Italie, de Roumanie ou de Bulgarie, par la grande distribution pour ses marques (propres) MDD", a-t-il ajouté.

L'an dernier, ces achats de farine à l'étranger ont atteint 11% de la consommation nationale, précise le bilan.

"Un vrai problème, parce qu'en vendant de la farine sous marques distributeurs moins chères, la distribution tire les prix vers le bas" et cela met en difficulté les producteurs français, a-t-il souligné.

Le chiffre d'affaires de la meunerie, quant à lui, atteignait 1,84 milliard d'euros l'an dernier et a baissé de près de 17% en deux ans.

Les meuniers français, qui travaillent dans de petites unités, souvent des entreprises familiales, ont du mal à rivaliser avec les gros producteurs allemands, dont "les coûts de production et les charges sociales sont moins élevés", selon M. Loiseau.

La concurrence internationale s'intensifie aussi avec la Turquie, premier exportateur mondial de farine (entre 3 et 3,5 millions de tonnes/an), ou l'Ukraine, qui a quadruplé ses exportations vers la France entre 2022 et 2025, selon l'ANMF.

Dans ce contexte, la meunerie française "ne demande pas d'aide" mais veut voir ses charges baisser pour regagner en compétitivité.

Cela passe notamment par une énergie électrique accessible, un arrêt de l’inflation réglementaire, une simplification des démarches administratives qui pèsent sur les entreprises qui souhaitent investir et se développer", plaide Jean-François Loiseau.


Rachat de SFR en France: la fin des négociations entre opérateurs attendue vendredi

En cas de rachat de SFR, partagé entre les acheteurs, le secteur reviendrait alors à trois opérateurs, une situation jamais vue depuis l'arrivée de Free sur le marché du mobile en 2012. (AFP)
En cas de rachat de SFR, partagé entre les acheteurs, le secteur reviendrait alors à trois opérateurs, une situation jamais vue depuis l'arrivée de Free sur le marché du mobile en 2012. (AFP)
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  • Les potentiels acheteurs, Bouygues Telecom, Iliad (Free) et Orange, avaient annoncé mi-avril être tombés d'accord sur un prix de vente avec l'opérateur au carré rouge, à hauteur de 20,35 milliards d'euros
  • Depuis l'extension mi-mai de la période de négociations exclusives jusqu'au 5 juin, les opérateurs se gardent de tout commentaire officiel sur les échanges en cours

PARIS: Après un premier report, la période de négociations exclusives sur la vente de l'opérateur SFR à ses trois concurrents français doit s'achever vendredi, avec en ligne de mire un possible accord et une reconfiguration du marché à trois opérateurs.

Le secteur des télécoms s'offre un deuxième moment de suspens avec cette nouvelle échéance.

Les potentiels acheteurs, Bouygues Telecom, Iliad (Free) et Orange, avaient annoncé mi-avril être tombés d'accord sur un prix de vente avec l'opérateur au carré rouge, à hauteur de 20,35 milliards d'euros, mais de nombreux détails du contrat restaient à finaliser.

Depuis l'extension mi-mai de la période de négociations exclusives jusqu'au 5 juin, les opérateurs se gardent de tout commentaire officiel sur les échanges en cours.

"Ce type de dossier est d'une complexité sans nom", estime auprès de l'AFP une source proche des négociations.

Selon cette même source, si "tout le monde bosse dans un esprit constructif" pour parvenir à un accord rapidement, "plus personne n'est à deux jours près".

Deux issues sont privilégiées: un accord, ou une nouvelle extension de la période de négociations.

L'hypothèse d'un recul avec abandon des discussions apparaît quant à elle comme très improbable, après des mois d'échanges entre les trois potentiels acheteurs, regroupés au sein d'un consortium, et la maison mère de SFR, Altice France.

Accord inédit 

"Si ça devait être le cas, j'imagine qu'ils auraient jeté l'éponge il y a quelques semaines déjà", dit à l'AFP Renaud Kanayakis, associé au sein du cabinet 2023 Conseil.

"Côté Altice France, Patrick Drahi doit trouver une solution pour les actifs de SFR, toujours dans cette logique de réduction de sa dette", poursuit le spécialiste des télécoms.

D'après plusieurs sources proches du dossier, l'un des points sensibles des négociations concerne les contours de la clause d'"earn out", qui définit un complément de prix en fonction de certains paramètres liés à l'entreprise rachetée.

Si les contours de l'éventuel deal final n'ont pas encore été réglés, ce premier accord sur le prix de vente, officialisé mi-avril avec l'ouverture de la période de négociations exclusives, constitue déjà un événement inédit dans un secteur des télécoms très compétitif.

La réunion de trois concurrents au sein d'un même consortium d'acheteurs, puis la poursuite des discussions avec le groupe du milliardaire Patrick Drahi, après le refus d'une première offre de rachat à hauteur de 17 milliards d'euros, augurent d'une possible reconfiguration du marché.

Millions d'abonnés 

En cas de rachat de SFR, partagé entre les acheteurs, le secteur reviendrait alors à trois opérateurs, une situation jamais vue depuis l'arrivée de Free sur le marché du mobile en 2012.

Les 19,4 millions de clients mobiles et 6,1 millions de clients fixes seront répartis à terme vers Free, Bouygues ou Orange.

Si elle aboutit, l'opération restera soumise au contrôle des autorités de concurrence. La compétence de Bruxelles ou de Paris devra alors être tranchée, avant que ne s'ouvre une phase d'évaluation du dossier qui devrait prendre environ 18 mois.

Sur un marché à trois opérateurs, les observateurs du secteur s'attendent à une hausse des prix, qui devrait être relativement modérée selon de nombreux spécialistes.

En parallèle, les salariés de SFR, mais également ceux des autres opérateurs, ont émis des craintes au sujet de leurs emplois.

Tandis que le syndicat CFE-CGC Télécoms s'est inquiété d'une "casse sociale annoncée", les représentations syndicales CFDT chez Bouygues Telecom et SFR ont quant à elle demandé des "garanties concrètes pour l'emploi".