Syrie: l'effondrement de la livre turque aggrave la misère dans le Nord

L'effondrement de la livre turque, qui a perdu plus de 40% de sa valeur depuis le début de l'année, s'est rapidement répercuté en termes de baisse du pouvoir d'achat et de hausse des prix des biens, notamment ceux importés de Turquie.  (Photo, AFP)
L'effondrement de la livre turque, qui a perdu plus de 40% de sa valeur depuis le début de l'année, s'est rapidement répercuté en termes de baisse du pouvoir d'achat et de hausse des prix des biens, notamment ceux importés de Turquie.  (Photo, AFP)
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Publié le Dimanche 12 décembre 2021

Syrie: l'effondrement de la livre turque aggrave la misère dans le Nord

  • Al-Bab est l'une des principales villes de cette région du Nord de la Syrie frontalière de la Turquie, devenue ces dernières années de facto un protectorat turc
  • La situation économique de la région est inextricablement liée à celle de la Turquie en crise, et a aggravé la misère des Syriens déjà affectés par la guerre dans cette enclave appauvrie

AL BAB : Mohammed Al Debek et ses collègues enseignants dans le Nord de la Syrie sont en grève. Ils réclament une hausse de leur salaire qui a perdu environ deux tiers de sa valeur en raison de la dévaluation de la livre turque.

"En 2017, mon salaire valait 160 dollars américains. Aujourd'hui, il ne vaut plus que 50 dollars américains, ce qui me suffit à peine pour payer le loyer", confie à l'AFP Mohammed, 33 ans.

Al-Bab est l'une des principales villes de cette région du Nord de la Syrie frontalière de la Turquie, devenue ces dernières années de facto un protectorat turc. Ankara y exerce un contrôle militaire et la plupart des biens vendus sur les marchés sont turcs de même que l'opérateur de téléphonie mobile.

Ainsi, "l'effondrement de la livre turque a eu un impact considérable sur mon quotidien et m'a obligé à trouver un autre travail" en tant que vendeur dans une librairie, ajoute Mohamed en précisant que ce deuxième emploi lui rapportait 40 dollars américains supplémentaires. 

Depuis la mi-2020, plusieurs districts du Nord de la Syrie sont sous administration turque. Et pour renforcer sa présence dans la région, la Turquie a investi massivement dans les secteurs de l'éducation et de la santé, notamment.

La situation économique de la région est inextricablement liée à celle de la Turquie en crise, et a aggravé la misère des Syriens déjà affectés par la guerre dans cette enclave appauvrie. 

Conséquence de cette interdépendance, l'effondrement de la livre turque -- qui a perdu plus de 40% de sa valeur depuis le début de l'année -- s'est rapidement répercuté en termes de baisse du pouvoir d'achat et de hausse des prix des biens, notamment ceux importés de Turquie. 

Selon un rapport récent des Nations Unies sur le Nord-Ouest de la Syrie, "97% de la population, y compris la population active, vit dans une extrême pauvreté".

En novembre, le prix du pain et d'autres produits de base ont flambé dans la région. Pour le même prix, la quantité de pain est passée en quelques semaines de 650 grammes à 450 grammes.

Dormir «le ventre vide»

"La demande a diminué (...), les citoyens se contentent des produits de base et de leurs besoins quotidiens: nourriture, médicaments et chauffage", explique à l'AFP Ahmed Abou Obeida, propriétaire d'une entreprise de produits alimentaires importés de Turquie et vice-président de la Chambre de commerce au nord d'Alep.

Pour certains, acheter des produits de première nécessité est même devenu un luxe, à l'image de Hanaa, une déplacée de 36 ans, qui vit dans le camp de Terhin proche de la ville d'Al-Bab.

Cette mère de cinq enfants gagnait 20 livres turques par jour grâce à son travail de récolte de blé et de pommes de terre pendant l'été. Ce montant était suffisant pour nourrir sa famille depuis que son mari a été tué par une frappe aérienne il y a cinq ans.

Mais avec l'effondrement de la valeur de la livre turque et la baisse du rythme de son travail avec le début de la saison hivernale, la vie est devenue très difficile: "Avant, j'avais au moins le nécessaire pour un repas", explique-t-elle. Aujourd'hui, elle se retrouve obligée de ramasser du bois pour se réchauffer et cuisiner à l'intérieur de la tente. 

"Tout ce dont je rêve, c'est d'avoir 50 livres par jour pour nourrir mes enfants afin qu'ils ne dorment pas le ventre vide", dit-elle.


Les Emirats interdisent à leurs ressortissants de se rendre en Iran, au Liban et en Irak

Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
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  • Les Émirats arabes unis interdisent à leurs citoyens de voyager en Iran, au Liban et en Irak en raison des tensions régionales
  • Les autorités demandent aux Émiratis présents dans ces pays de rentrer immédiatement, après des attaques de missiles iraniennes visant des infrastructures aux EAU

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont interdit jeudi à leurs ressortissants  de se rendre en Iran, au Liban et en Irak, en invoquant l'évolution de la situation dans la région.

"A la lumière des développements régionaux actuels", le ministère des Affaires étrangères du pays a émis "une interdiction de voyager pour les ressortissants émiratis se rendant en République islamique d'Iran, en République libanaise et en République d'Irak", a rapporté l'agence de presse officielle WAM, indiquant qu'il appelait "tous les ressortissants émiratis actuellement dans ces pays à accélérer leur retour immédiat".

L'Iran a pris pour cible les Emirats, par des tirs de missiles visant des infrastructures civiles et énergétiques, lors du conflit déclenché le 28 février par l'attaque israélo-américaine contre Téhéran, avant l'annonce d'un fragile cessez-le-feu.


Liban: le président condamne les «violations persistantes» du cessez-le-feu par Israël

Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
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  • "Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte"
  • "Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes"

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international.

"Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte", a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé jeudi des localités dans le sud, selon un média officiel.

"Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes", a ajouté Joseph Aoun, alors que la trêve est entrée en vigueur le 17 avril.

 


Le président iranien affirme que le blocus naval américain est «voué à l'échec»

Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
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  • "Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec"
  • Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril

TEHERAN: Le président iranien a affirmé jeudi que le blocus des ports de son pays par les Etats-Unis était "voué à l'échec" et ne ferait qu'aggraver les perturbations dans le Golfe.

"Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec", a assuré Massoud Pezeshkian dans un communiqué, après qu'un haut responsable de la Maison Blanche a mentionné une possible prolongation de ce blocus "pendant plusieurs mois".

Alors que ces déclarations ont contribué à provoquer un bond des cours du pétrole, le président iranien a estimé que de telles mesures de blocage "non seulement ne permettaient pas d'améliorer la sécurité régionale, mais constituaient une source de tension et une perturbation de la stabilité à long terme du golfe".

Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril.

Dans ces conditions, les forces armées iraniennes ont décidé de maintenir leur contrôle sur le détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant le conflit un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde.

Elles menacent de représailles si Washington ne lève pas son blocus.

"Nous ne tolérerons pas le blocus naval. S'il se poursuit, l'Iran ripostera", a averti mercredi sur la télévision d'Etat Mohsen Rezaei, ancien commandant en chef des Gardiens de la Révolution, nommé en mars conseiller militaire du nouveau guide suprême Mojtaba Khamenei.

Il a également mis en garde contre une reprise des hostilités entre l'Iran et les Etats-Unis, qui pourrait selon lui se solder par le naufrage de navires américains et la mort ou l'emprisonnement de nombreux soldats ennemis.

Et un haut responsable de la marine iranienne a évoqué le déploiement "dans un avenir très proche" d'armes navales récemment mises au point.

Le ministre du Pétrole, Mohsen Paknejad, a pour sa part minimisé l'impact du blocus mené par les Etats-Unis, assurant qu'il "ne produirait aucun résultat".

"Les employés de l'industrie pétrolière travaillent sans relâche pour garantir un approvisionnement sans problème", a-t-il dit.