Une tunisienne remporte le prix saoudien «Ithra Art»

Ashraf Fagih, responsable de la programmation chez Ithra avec l'artiste lauréate du prix Ithra, Nadia Kaabi-Linke. (Photo fournie)
Ashraf Fagih, responsable de la programmation chez Ithra avec l'artiste lauréate du prix Ithra, Nadia Kaabi-Linke. (Photo fournie)
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Publié le Samedi 18 décembre 2021

Une tunisienne remporte le prix saoudien «Ithra Art»

  • A la première Biennale d'art contemporain de Diriyah, une gigantesque flèche jaune de près de 20 mètres de long interpelle le visiteur
  • L'artiste dit que son œuvre symbolise l'aéroport de Tempelhof à Berlin, fermé depuis environ 13 ans et utilisé comme camp pour les réfugiés

RIYAD : Lorsque les visiteurs arrivent à la fin de l'impressionnante première Biennale d'art contemporain de Diriyah, leur attention est attirée par une gigantesque flèche jaune de près de 20 mètres de long accrochée au mur.

S'ils regardent de plus près l'œuvre d'art, intitulée «E Pluribus Unum - Un fossile moderne», ils peuvent voir les nombreuses fissures dans le tronc de la flèche.

L'œuvre a été créée par l'artiste berlinoise née à Tunis Nadia Kaabi-Linke, qui a remporté cette année le quatrième Ithra Art Prize. Chaque année, le prix, créé en 2017, offre jusqu'à $100 000 pour la création d'une nouvelle œuvre d'art qui fait partie de la collection permanente d'Ithra.

L'œuvre massive de Kaabi-Linke présente une manière contemplative d'examiner la pandémie, notamment la baisse du trafic aérien commercial en 2020, qui, selon l'artiste, soulève des questions sur la façon dont l'humanité mesure ses progrès et sa conscience environnementale par rapport au profit économique.

«L’œuvre est conçue comme une métaphore des temps modernes», a-t-elle déclaré à Arab News. «C'est particulièrement pertinent pour 2020 car tous les avions dans le monde ont cessé de voler».

L'artiste affirme également que l'oeuvre symbolise l'aéroport de Tempelhof à Berlin, fermé depuis environ 13 ans et utilisé comme camp pouvant accueillir jusqu'à 7 000 réfugiés. «J'ai vu un parallèle à cela parce que nous étions tous ancrés, toute l'humanité et je crois que c'est un moment exceptionnel dans l'histoire de l'humanité», a-t-elle ajouté. «Je voulais aussi faire le parallèle entre l'industrie aéronautique et l'économie. Le symbole de la croissance économique est la flèche montante».

Les fissures sont là car il représente un aéroport abandonné, explique Kaabi-Linke. L'œuvre est une empreinte réalisée à partir d'une flèche existante qui montre où les avions atterrissent et où ils décollent. «Cela vous ramène à la terre car les fissures de la flèche renvoient également à l'idée d'une terre fissurée. La question que pose l'œuvre est : Voulons-nous rester dans un monde tel que nous le connaissons qui n'a pas d'avenir ou d’accomplissements, voulons-nous prendre le risque d'aller vers quelque chose qui est inconnu mais qui a probablement un avenir ?»

«Chez Ithra, notre engagement envers l'art contemporain est incarné dans ce prix d'art», a déclaré à Arab News, Ashraf Fagih, responsable de la programmation chez Ithra. «Cette année est différente pour deux raisons : Premièrement, nous avons ouvert le prix à 22 pays arabes et pas seulement aux artistes saoudiens. Deuxièmement, nous collaborons avec la Biennale d'art contemporain de Diriyah. Pour nous, cela a une signification particulière car cela représente que le Ithra Art Prize est revenu à la maison».

Le prix avait déjà été dévoilé lors de la foire d'Art Dubaï.

«En tant que point de repère distinctif de la scène artistique saoudienne, et en intégration avec son événement le plus important de tous les temps, l'œuvre du prix a été dévoilée lors de la Biennale d'art contemporain de Diriyah», a soutenu Fagih. Après la biennale, l'œuvre retournera à Ithra à Dhahran dans la province orientale pour faire partie de la collection permanente de l'institution.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".