La livre turque rebondit après les mesures annoncées par Erdogan

Bureaux de change à Istanbul, alors que la livre turque plonge de nouveau (Photo, AFP).
Bureaux de change à Istanbul, alors que la livre turque plonge de nouveau (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 21 décembre 2021

La livre turque rebondit après les mesures annoncées par Erdogan

  • La livre turque progressait d'environ 10% lundi soir après l’annonce de ces mesures, faisant plus qu'effacer une perte de 10% subie auparavant au cours de la journée
  • La monnaie turque n'avait jusque-là cessé de s'enfoncer à des niveaux historiquement bas, à plus de 17 livres pour un billet vert, soit une chute de plus de 45% depuis le 1er novembre

ISTANBUL: La livre turque a rebondi dans la soirée lundi après que le président Erdogan a annoncé de nouvelles mesures de soutien monétaire, que les analystes ont interprétées comme une hausse indirecte des taux d'intérêt.

La livre turque progressait d'environ 10% lundi soir après l’annonce de ces mesures, faisant plus qu'effacer une perte de 10% subie auparavant au cours de la journée.

Les fluctuations avaient obligé à suspendre brièvement les cotations sur le marché dans l'après-midi, pour la deuxième fois depuis vendredi.

La monnaie turque n'avait jusque-là cessé de s'enfoncer à des niveaux historiquement bas, à plus de 17 livres pour un billet vert, soit une chute de plus de 45% depuis le 1er novembre. Après le rebond, dans la soirée elle affichait encore une baisse d'un tiers de sa valeur par rapport au dollar depuis début novembre.

Recep Tayyip Erdogan avait jusque-là au contraire poussé la banque centrale à réduire considérablement les coûts d'emprunt malgré le taux d'inflation annuel de plus de 20%. 

L'homme fort de la Turquie avait même semblé redoubler d’efforts dans cette approche au cours du week-end, en affirmant que sa foi islamique l'empêchait de soutenir des hausses de taux.

"En tant que musulman, je vais continuer à faire ce que notre religion nous dit", avait-il affirmé à la télévision. Les enseignements islamiques interdisent aux musulmans de recevoir ou de facturer des intérêts sur l'argent prêté ou emprunté.

Mais lundi, les analystes ont estimé qu'il a cédé à la pression du marché et augmenté les taux d’intérêt de manière indirecte, car il a annoncé une série de mesures complexes pour venir au secours de la monnaie nationale.

Les entrepreneurs turcs appellent le pouvoir à réagir face à la crise

Dès qu'ils le peuvent, les citoyens turcs cherchent à échanger leurs livres contre des dollars et de l'or pour espérer maintenir leur pouvoir d'achat.

Ce que constatent aussi les entrepreneurs de la Tüsiad qui dénoncent "une perte de confiance et un environnement instable": "La demande massive de devises étrangères perturbe tous les équilibres économiques", insistent-ils.

Des images, abondamment relayées et commentées ces derniers jours en Turquie, montrent d’interminables files d’attente devant des dépôts de pain soutenus par les municipalités d'opposition, à Ankara et Istanbul notamment: le pain y est vendu deux fois moins cher que sur le marché libre.

Dans ce contexte politiquement explosif, le président a relevé jeudi le salaire minimum au 1er janvier 2022 de 2.825,90 (soit environ 160 euros) à 4.250 livres (environ 240 euros), soit une hausse de 50%.

Mais depuis janvier, la livre a perdu plus de 57% de sa valeur face au dollar et, pour les Turcs, cet effondrement se traduit par une envolée des prix devenue difficilement soutenable, le pays étant très dépendant des importations, notamment pour les matières premières et l'énergie.

Ces mesures comprennent un nouveau titre de créance qui vise à compenser la dépréciation de la valeur des dépôts bancaires causée par celle de la lire. 

M. Erdogan n'a pas expliqué comment cet instrument fonctionnerait. Mais l'ancien conseiller du Trésor turc, Mahfi Egilmez, a qualifiée la mesure de "hausse indirecte des taux d’intérêt".

Si le taux de change varie de 40% et les taux d’intérêt de 14%, 26 points de pourcentage seront versés en compensation, a-t-il tenté d'expliquer sur Twitter. 

L'économiste turc Refet Gurkaynak a qualifié cette mesure de "hausse épique des taux d’intérêt". 

La Banque centrale de Turquie avait procédé à quatre réductions successives, pour abaisser son taux directeur de 19 % à 14 %, afin de soutenir l'économie, malgré les risques inflationistes.

Des diplomates estiment que M. Erdogan table sur la croissance économique à tout prix pour l'aider à prolonger sa présence au pouvoir à l'occasion de l'élection prévue pour mi-2023.

Réprimandes d'un lobby industriel

Le président turc avait lancé le mois dernier une "guerre économique d'indépendance", s'attaquant à la dépendance de la Turquie envers les investissements étrangers et les fluctuations du coût des importations telles que le pétrole et le gaz naturel.

Mais sa politique a rencontré la résistance croissante de dirigeants d’entreprises influents.

Face à l'entêtement du chef de l'Etat à prôner l'abaissement des taux d'intérêt, l'organisation patronale Tüsiad, qui revendique 85% des entreprises exportatrices de Turquie, l'avait appelé au cours du week-end à rectifier sa politique monétaire, via une réprimande inhabituellement ferme.

"Les choix politiques mis en œuvre ici ne créent pas seulement de nouveaux problèmes économiques pour les entreprises, mais pour tous nos citoyens", avait déclaré le lobby des grandes entreprises. "Il est urgent que nous évaluions les dommages qui ont été causés à l'économie, et que nous revenions rapidement à la mise en œuvre des principes économiques établis, dans le cadre d’une économie de marché libre".

M. Erdogan a répliqué à Tüsiad directement après avoir annoncé ses nouvelles mesures, à l'issue d'une réunion hebdomadaire du cabinet. 

"Vous complotez pour renverser le gouvernement", leur a-t-il reproché. "Vous rêvez. Vous devrez attendre jusqu’en juin 2023", leur a-t-il lancé.


Mercedes-Benz chute en Bourse après une nouvelle révision des objectifs annuels

Tout le secteur automobile allemand est frappé de plein fouet par la faible demande et les difficultés du passage à l'électrique, BMW ayant également revu ses objectifs en début de mois. (AFP)
Tout le secteur automobile allemand est frappé de plein fouet par la faible demande et les difficultés du passage à l'électrique, BMW ayant également revu ses objectifs en début de mois. (AFP)
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  • La division automobile de Mercedes-Benz, qui fabrique la Classe S, prévoit maintenant un bénéfice d'exploitation bien moins important qu'annoncé auparavant, a annoncé le groupe dans un communiqué jeudi en soirée
  • Ce bénéfice devrait désormais se situer, en pourcentage des ventes, dans une fourchette entre 7,5% et 8,5%, contre 10% à 11% auparavant, qui était une prévision de marge opérationnelle déjà en baisse suite aux mauvais résultats du deuxième trimestre

FRANCFORT: Le titre du constructeur allemand de voitures haut de gamme Mercedes-Benz dérape vendredi en Bourse après une nouvelle révision en baisse de l'objectif annuel de rentabilité, en raison du mauvais climat économique, en particulier en Chine.

L'action Mercedes-Benz recule de près de 8% à 07H20 GMT, dans un indice Dax en baisse de 0,70% à la Bourse de Francfort. Cette chute entraine celle d'autres titres automobiles comme Porsche (-4,4%), Volkswagen (-2,98%) et BMW (-3,86%), qui avait aussi ajusté à la baisse ses prévisions la semaine dernière.

Tout le secteur automobile allemand est frappé de plein fouet par la faible demande et les difficultés du passage à l'électrique, BMW ayant également revu ses objectifs en début de mois.

La division automobile de Mercedes-Benz, qui fabrique la Classe S, prévoit maintenant un bénéfice d'exploitation bien moins important qu'annoncé auparavant, a annoncé le groupe dans un communiqué jeudi en soirée.

Ce bénéfice devrait désormais se situer, en pourcentage des ventes, dans une fourchette entre 7,5% et 8,5%, contre 10% à 11% auparavant, qui était une prévision de marge opérationnelle déjà en baisse suite aux mauvais résultats du deuxième trimestre.

L'élément déclencheur de la nouvelle révision a été une "nouvelle détérioration de l'environnement macroéconomique, en particulier en Chine" en raison de l'affaiblissement de la consommation et du ralentissement persistant du secteur immobilier, explique le groupe de Stuttgart.

Cela a plombé les ventes dans l'empire du Milieu, y compris les ventes dans le segment haut de gamme, ajoute-t-il.

La deuxième partie de l'année sera en outre influencée par des corrections de valeurs sur des actifs, sans préciser plus, et "il faut continuer à s'attendre à un environnement de prix dynamique".

La marge opérationnelle de la division automobile est ainsi attendue à environ 6% au second semestre. Ce ratio ne cesse de se détériorer après avoir atteint 14,6% sur l'année 2022 puis 12,6% en 2023.

"La baisse des prévisions n'est pas une surprise majeure pour nous", ont écrit les analystes de Stifel dans une note vendredi.

Le résultat d'exploitation du groupe Mercedes-Benz, qui produit également des vans et exploite une banque, devrait in fine "être nettement inférieur au niveau de l'année précédente", après avoir été anticipé "légèrement inférieur" à celui de 2023 (20 milliards d'euros), selon le communiqué.


France: le climat des affaires poursuit son redressement en septembre, selon l'Insee

 Le climat des affaires en France poursuit son redressement en septembre, l'indicateur qui le synthétise gagnant 1 point après avoir déjà progressé de 3 points en août, indique vendredi l'Insee. (AFP)
Le climat des affaires en France poursuit son redressement en septembre, l'indicateur qui le synthétise gagnant 1 point après avoir déjà progressé de 3 points en août, indique vendredi l'Insee. (AFP)
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  • Le climat est stable dans les services à 98, après un rebond de 3 points en août. Il reste toutefois sous sa moyenne de longue période en dessous de laquelle il est tombé en juillet
  • Les perspectives de demande et les perspectives générales du secteur s'améliorent légèrement, mais l'opinion sur l'activité passée se dégrade

PARIS: Le climat des affaires en France poursuit son redressement en septembre, l'indicateur qui le synthétise gagnant 1 point après avoir déjà progressé de 3 points en août, indique vendredi l'Insee.

L'indicateur s'établit à 98, se rapprochant ainsi de sa moyenne de longue période (100), grâce notamment au redressement du climat dans le commerce, de détail et de gros, précise l'Institut national de la statistique.

A 100 en mai, et 99 en juin, l'indicateur avait subi un plongeon de cinq points en juillet, tombant à son plus bas niveau depuis février 2021.

En septembre, les opinions se redressent de 3 points sur un mois dans le commerce de détail, à 100, et de 2 points depuis juillet - cette donnée n'est communiquée qu'un mois sur deux - dans le commerce de gros, à 95. Les commerçants ont des opinions positives sur les ventes passées, et les perspectives générales d'activité s'améliorent dans le commerce de détail.

Le climat est stable dans les services à 98, après un rebond de 3 points en août. Il reste toutefois sous sa moyenne de longue période en dessous de laquelle il est tombé en juillet.

Les perspectives de demande et les perspectives générales du secteur s'améliorent légèrement, mais l'opinion sur l'activité passée se dégrade.

Dans l'industrie, le climat est stable également, à 99, effet conjugué d'un rebond de l'opinion sur la production passée, mais d'une dégradation de celle sur le niveau des carnets de commandes.

Enfin, le climat des affaires perd un point dans le bâtiment, à 100, en raison d'une détérioration des soldes sur l'activité, passée comme prévue.

Par ailleurs, l'indicateur synthétique de climat de l'emploi augmente de nouveau de deux points, à 100: cette hausse est liée principalement à celle des opinions sur les effectifs dans les services.


Le Fonds pour l'environnement et ROSHN: ensemble pour stimuler l'innovation en matière de construction durable

ROSHN et le Fonds pour l'environnement travailleront ensemble pour améliorer la sensibilisation aux questions environnementales. (SPA)
ROSHN et le Fonds pour l'environnement travailleront ensemble pour améliorer la sensibilisation aux questions environnementales. (SPA)
Le Centre national pour le développement de la couverture végétale et la lutte contre la désertification et ROSHN s'engagent à travailler ensemble pour favoriser les plantations et combattre la désertification. (SPA)
Le Centre national pour le développement de la couverture végétale et la lutte contre la désertification et ROSHN s'engagent à travailler ensemble pour favoriser les plantations et combattre la désertification. (SPA)
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  • L'accord se concentre sur l'étude de la durabilité dans la conception des bâtiments et l'amélioration des normes de construction 
  • Le protocole d'accord vise également à renforcer les relations entre les deux parties, en vue d'atteindre l'objectif commun de durabilité environnementale

RIYAD: Le Fonds saoudien pour l'environnement a signé, mercredi, un accord avec le promoteur ROSHN, propriété du Fonds d'investissement public, afin de stimuler l'investissement et la recherche sur les pratiques de construction durable.

L'accord se concentre sur l'étude de la durabilité dans la conception des bâtiments, l'amélioration des normes de construction et l'introduction d'incitations pour encourager les pratiques de développement environnemental.

Le protocole d'accord vise également à renforcer les relations entre les deux parties, en vue d'atteindre l'objectif commun de durabilité environnementale.

Selon l'Agence de presse saoudienne, ROSHN et le Fonds pour l'environnement travailleront ensemble pour améliorer la sensibilisation aux questions environnementales.

Fawaz al-Enezi, vice-président du marketing et de la communication, a signé au nom du Fonds pour l'environnement, tandis que Wassim Khashan, directeur général exécutif du marketing, a signé au nom du groupe ROSHN.

Mercredi également, ROSHN a signé un autre protocole d'accord avec le Centre national pour le développement de la couverture végétale et la lutte contre la désertification, s'engageant à travailler ensemble pour favoriser les plantations et combattre la désertification.

Les accords ont été signés en marge de l'ouverture du ROSHN Green Initiative Center à Riyad.

Le centre disposera d'une pépinière qui produira de la verdure pour les communautés ROSHN et les zones environnantes.

Le centre sera également doté d'un centre éducatif ouvert au public, qui proposera des sessions d'apprentissage interactives aux membres du public et aux organisations désireuses de soutenir les programmes de durabilité du Royaume.

Selon la société, l'initiative verte de ROSHN a produit jusqu'à présent plus de 32 000 semis, 25 000 arbres de mangrove et 4 300 autres arbres plantés à travers le Royaume.

Plus de 3 000 bénévoles et 75 écoles ont été mobilisés pour parvenir à ces résultats.

Lorsqu'il sera pleinement opérationnel, le centre devrait être en mesure de produire environ 2 000 arbres par an.

ROSHN est un important promoteur immobilier lancé dans le cadre de l'initiative Vision 2030, qui vise à construire plus de 400 000 logements économes en énergie dans des communautés piétonnes.

Chargé de développer un certain nombre de projets de logement dans tout le pays, ROSHN met l'accent sur l'amélioration de la qualité de vie des résidents.

Le Fonds pour l'environnement a été créé en 2019 pour apporter un soutien financier aux initiatives environnementales et météorologiques.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com