La faiblesse de la monnaie turque attire les chalands transfrontaliers

Des touristes marchent en faisant leurs courses dans un bazar à Edirne, près de la frontière bulgare en Turquie, le 17 décembre 2021. (Photo, AFP)
Des touristes marchent en faisant leurs courses dans un bazar à Edirne, près de la frontière bulgare en Turquie, le 17 décembre 2021. (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 21 décembre 2021

La faiblesse de la monnaie turque attire les chalands transfrontaliers

  • Autrefois capitale de l'Empire Ottoman entre les XIVe et XVe siècle, la ville d'Edirne, avec ses innombrables mosquées, est désormais un marché géant pour les voisins des Balkans et de Bulgarie
  • Le nombre de clients du marché d'Edirne est passé de 50 000 par semaine environ à près de 150 000 depuis que les effets de la crise se font ressentir

EDIRNE : La marée de bus immatriculés en Bulgarie, serrés sur le parking du marché d'Edirne, près de la frontière, trahit à elle seule l'ampleur de la crise monétaire dans laquelle son président a entrainé la Turquie.

Autrefois capitale de l'Empire Ottoman entre les XIVe et XVe siècle, la ville d'Edirne, avec ses innombrables mosquées, est désormais un marché géant pour les voisins des Balkans et de Bulgarie - eux-mêmes parmi les plus pauvres de l'Union européenne.

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Des touristes marchent devant un bazar à Edirne, près de la frontière bulgare en Turquie, le 17 décembre 2021. (Photo, AFP)

Des fruits et légumes aux sous-vêtements bas de gamme, tout s'achète au prix faible et s'entasse dans les soutes des bus.

"Pour nous, c'est bien mais c'est vraiment dur pour les Turcs", convient une guide, Daniela Mircheva, avant de remonter dans le bus qui la ramène chez elle à Yambol en Bulgarie. "On était dans la même situation il y a 10, 12 ans", ajoute la presque quinquagénaire en référence à la crise financière mondiale de 2008. "C'est très difficile".

«A moitié prix»

La livre turque a entamé une longue descente aux enfers, en pente raide à partir de l'automne, touchant de nouveaux fonds presque chaque jour, victime de la politique économique du président Recep Tayyip Erdogan qui persiste, à rebours des dogmes économiques, à favoriser la baisse des taux d'intérêt malgré l'inflation.

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Des touristes achètent des légumes dans un bazar à Edirne, près de la frontière bulgare en Turquie, le 17 décembre 2021. (Photo, AFP)

Celle-ci a dépassé en novembre les 21% sur un an et la monnaie a perdu près de 45% de sa valeur par rapport au dollar depuis le début de l'année.

Les prix à la consommation flambent pour le citoyen turc. Mais Daniela Mircheva peut entasser encore plus de bidons d'huiles de tournesol dans son bus bondé d'acheteurs bulgares en quête de bonnes affaires. "C'est moitié prix comparé à la Bulgarie. C'est vraiment beaucoup, beaucoup moins cher pour nous". 

Mais du côté des marchands turcs, l'humeur est morose.

Humiliant

"C'est humiliant", avoue Gulsen Kaya derrière les piles de sweatshirt et de vêtements d'hiver entassés sur son comptoir. "Regardez ce qu'il a fait de la Turquie!"

Le chef de l'Etat a parié sur une livre à vil prix qui encouragerait les exportations et transformerait la Turquie en une sorte de fournisseur incontournable sur le marché mondial, à la manière de la Chine.

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Des touristes font leurs achats dans un bazar à Edirne, près de la frontière bulgare en Turquie, le 17 décembre 2021. (Photo, AFP)

Comme Premier mnistre puis comme président, il s'est appuyé sur les classes populaires pour maintenir son parti islamo-conservateur, l'AKP, au pouvoir depuis 2002. 

Grâce à une croissance vigoureuse la première décennie, il a également ouvert la Turquie aux investissements étrangers. Mais pour les observateurs, économistes et diplomates, l'attitude du chef de l'Etat est aujourd'hui difficile à suivre.

"Pour moi, si les gens qui dirigent la Turquie faisaient ce qu'ils ont à faire, la livre reviendrait au niveau où elle était avant très, très vite", professe Tinko Garev, un client bulgare. "Je suis vraiment désolé pour les Turcs parce que je comprends ce que ces prix bas signifient pour eux".

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Une touriste porte ses sacs alors qu'elle fait ses courses dans un bazar à Edirne, près de la frontière bulgare en Turquie, le 17 décembre 2021. (Photo, AFP)

Sous le choc

Bulent Reisoglu dirige le marché d'Edirne depuis qu'il s'est installé il y a 15 ans sur le site actuel, semblable à un vaste hangar. Selon lui, le nombre de clients est passé de 50 000 par semaine environ à près de 150 000 depuis que les effets de la crise se font ressentir.

"Le nombre de clients étrangers a été multiplié par quatre ou cinq", précise-t-il. Cependant, les commerçants gagnent moins bien leur vie parce que les ventes supplémentaires ne compensent pas l'effondrement de la livre turque.

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Des touristes emmènent leurs sacs de courses dans leur bus à Edirne, près de la frontière bulgare en Turquie, le 17 décembre 2021. (Photo, AFP)

"Nos fournisseurs nous envoient de nouvelles listes de prix chaque semaine", se plaint un commerçant, Utku Bitmez. "Toutes les matières premières viennent de l'étranger, d'Europe, de Chine et d'Italie", explique-t-il. "Le prix des produits a doublé depuis l'année dernière". 

M. Reisoglu, le responsable du marché, confie qu'il voit les commerçants rivés à leur téléphone pour surveiller l'évolution des taux de change. "Nous sommes sous le choc", ajoute-t-il. "Personne ne s'attendait à une dévaluation pareille".

Les clients bulgares eux-mêmes semblent mal à l'aise. "Les locaux ne peuvent pas acheter toutes ces choses", confirme Ilyana Todorova qui fait des emplettes de vêtements avec sa fille adolescente. "Pour les gens ordinaires, ce n'est pas bon."


La France «ne baisse pas les bras» dans son soutien économique à l'Ukraine, dit Nicolas Forissier

La France "ne baisse pas les bras" dans son soutien économique à l'Ukraine en guerre, affirme à l'AFP le ministre français délégué au Commerce extérieur Nicolas Forissier, à l'issue d'une visite de deux jours à Kiev mardi et mercredi, et alors que la France assure en 2026 la présidence du G7. (AFP)
La France "ne baisse pas les bras" dans son soutien économique à l'Ukraine en guerre, affirme à l'AFP le ministre français délégué au Commerce extérieur Nicolas Forissier, à l'issue d'une visite de deux jours à Kiev mardi et mercredi, et alors que la France assure en 2026 la présidence du G7. (AFP)
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  • La France marque des points politiquement en Ukraine en restant un soutien fort du pays
  • Il s'agit de mettre en place des partenariats gagnant-gagnant entre entreprises françaises et ukrainiennes

KIEV: La France "ne baisse pas les bras" dans son soutien économique à l'Ukraine en guerre, affirme à l'AFP le ministre français délégué au Commerce extérieur Nicolas Forissier, à l'issue d'une visite de deux jours à Kiev mardi et mercredi, et alors que la France assure en 2026 la présidence du G7.

Q: La France marque des points politiquement en Ukraine en restant un soutien fort du pays. Comment transforme-t-on ces points en gains économiques ?

R: En étant opiniâtres, en étant francs dans la négociation et la discussion. Il s'agit de mettre en place des partenariats gagnant-gagnant entre entreprises françaises et ukrainiennes. C'est l'esprit dans lequel il me semble que nous avons travaillé, l'esprit de cette visite à Kiev. On réussit parce qu'on a aussi de l'excellence, des savoir-faire, des entreprises qui sont dans tous les domaines. Et parfois, même souvent, et c'est le cas en Ukraine mais pas seulement, nos partenaires préfèrent travailler avec des entreprises françaises. Il y aura toujours une concurrence quel que soit le pays. Mais il y a une relation particulière qui existe aujourd'hui entre l'Ukraine et la France.

Q: Quelle impression vous a laissée la population ukrainienne lors de cette visite de deux jours ?

R: J'ai été très ému par la visite de Boutcha (ville où des massacres de civils ont eu lieu par l'armée russe en mars 2022, NDLR). Aussi par la remise des générateurs électriques donnés par la France à l'Ukraine. Je pense que c'était le sentiment de tous ceux qui ont participé à cette mission: c'est quand nos amis sont dans la difficulté qu'on doit être avec eux.

Q: L'Ukraine traverse un hiver froid et la communauté internationale s'intéresse moins au sort du pays. Comment attirer l'attention ?

R: D'abord, ce n'est pas le cas de la France, nous sommes vraiment présents et nous le démontrons. Dans le cadre du G7 énergie on va le montrer aussi, on va encore une fois pousser beaucoup pour apporter des solutions. Je suis venu pour inciter nos entreprises à être conquérantes, présentes, à ne pas avoir peur parce qu'il y a une situation compliquée. C'est maintenant qu'il faut être présents. C'est le message du ministre du Commerce extérieur mais aussi du gouvernement français tout entier. Cela va de pair avec la solidarité qu'on a exprimée aux Ukrainiens pendant tout ce voyage: on ne baisse pas les bras.

 


La French Fab accélère le MRO intelligent et durable au Moyen-Orient

Le Pavillon France à l’AIME/MRO Middle East 2026 à Dubaï : 21 entreprises françaises présentent des solutions de maintenance aéronautique intelligentes, durables et data-driven pour répondre aux besoins du marché du Moyen-Orient. (Photo: fournie)
Le Pavillon France à l’AIME/MRO Middle East 2026 à Dubaï : 21 entreprises françaises présentent des solutions de maintenance aéronautique intelligentes, durables et data-driven pour répondre aux besoins du marché du Moyen-Orient. (Photo: fournie)
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  • La France s’impose comme un partenaire clé du MRO au Moyen-Orient, en apportant des solutions durables, digitales et à forte valeur ajoutée, alignées avec les stratégies aviation des Émirats et de l’Arabie saoudite
  • Le Pavillon France à AIME/MRO Middle East 2026 illustre la montée en puissance d’un écosystème MRO innovant, couvrant l’ensemble du cycle de vie des aéronefs

​​​​​​DUBAÏ: À l’occasion du salon AIME/MRO Middle East, qui se tient les 4 et 5 février 2026, au Dubai World Trade Centre (DWTC), le Pavillon France, porté par la marque French Fab, réunit 21 entreprises françaises. Celles-ci y présentent des solutions de maintenance aéronautique (MRO) intelligentes, à faible impact environnemental et fondées sur la donnée, adaptées aux besoins croissants du marché régional.

Un marché MRO en pleine accélération au Moyen-Orient

La demande en MRO au Moyen-Orient continue de croître fortement. Les dépenses régionales ont atteint 16 milliards de dollars en 2025 et devraient dépasser 20 milliards de dollars d’ici 2035. La flotte commerciale progresse à un rythme annuel de 5,1 %, pour atteindre près de 2 600 appareils, soit 6,7 % de la flotte mondiale.

Cette dynamique est portée par la forte reprise du trafic aérien et par les stratégies nationales de l’aviation aux Émirats arabes unis et en Arabie saoudite, qui stimulent la demande pour la maintenance prédictive, la réduction des temps d’immobilisation (TAT), la sécurisation des composants critiques et la décarbonation des opérations.

Dans ce contexte, Etihad Engineering a lancé le plan stratégique Al Massar (« le chemin »), visant à doubler son chiffre d’affaires d’ici 2030, avec une expansion majeure des hangars à Abou Dhabi et un élargissement significatif de ses capacités MRO.

Partenariats stratégiques : la France au cœur des écosystèmes MRO régionaux

L’expertise aéronautique française est déjà solidement ancrée dans les écosystèmes MRO des Émirats et du Royaume d'Arabie saoudite. Plusieurs partenariats structurants illustrent cette intégration :

  • EPCOR, filiale d’AFI KLM E&M et partenaire du Pavillon France, a signé un contrat de maintenance long terme avec Riyadh Air pour les APU APS5000 de sa flotte de Boeing 787 Dreamliner.
  • Safran Test Cells (Safran Aero Boosters) a remporté un contrat auprès de Sanad (Mubadala) pour la conception et la construction d’une cellule d’essais moteurs au futur centre MRO GTF d’Al Ain.
  • Satys Aerospace et ExecuJet MRO Services Middle East ont inauguré une nouvelle installation dédiée à la peinture aéronautique à Dubai South (DWC).
  • Thales, Emirates et Dubai Air Navigation Services (dans) co-développent un système basé sur l’IA permettant de réduire les circuits d’attente jusqu’à 40 %, de diminuer la consommation de carburant et d’améliorer la ponctualité des vols.

« La réputation mondiale de la France dans l’aéronautique, combinée à une forte intégration locale, fait de nos entreprises des partenaires naturels pour l’avenir du MRO au Moyen-Orient », souligne Axel Baroux, directeur général de Business France Moyen-Orient.

« Les acteurs français apportent excellence opérationnelle, réduction des TAT et maintenance plus verte, déjà visibles dans de nombreux projets régionaux », ajoute-t-il.

Des solutions françaises alignées avec la vision régionale

La délégation française couvre l’ensemble du cycle de vie de l’avion, de la maintenance aux intérieurs, en passant par la digitalisation et la logistique.

Dans le MRO composants et les services de cycle de vie, REVIMA, Domusa, AMC Aviation, Tarmac Aerosave, EOLE Aero et Air Châteaudun démontrent une expertise reconnue.

ImaginAir, BT2i Group, SELA et Latécoère réinventent les aménagements cabine et l’expérience passager.

ABC, Techman Head, TEI, Usimat Sermees et Manitou fournissent des outillages critiques, bancs d’essais et équipements de soutien au sol.

Aquarese Industries et GMI Aero innovent dans le traitement de surface et la réparation de composites.

AirInt Services et SkinPack Solutions améliorent l’efficacité grâce à des logiciels de maintenance cabine, des jumeaux numériques et du kitting optimisé, tandis que Prodex Aerospace Solutions garantit une réponse AOG fiable et une logistique aéronautique performante.

Les visiteurs sont invités à découvrir ces solutions et à rencontrer les équipes du Pavillon France, situé dans les Sheikh Saeed Halls du DWTC, les 4 et 5 février 2026.


Energie: le gouvernement veut lever le pied sur l'éolien terrestre et le solaire

Le ministre français de l’Économie et des Finances, Roland Lescure, s’exprime lors d’une séance de questions au Gouvernement à l’Assemblée nationale, à Paris, le 3 février 2026. (AFP)
Le ministre français de l’Économie et des Finances, Roland Lescure, s’exprime lors d’une séance de questions au Gouvernement à l’Assemblée nationale, à Paris, le 3 février 2026. (AFP)
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  • La prochaine Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) prévoit moins d’éolien terrestre et de solaire que prévu, en raison d’une électrification plus lente que prévu en France
  • Le gouvernement met l’accent sur des investissements majeurs dans le nucléaire et l’éolien offshore, tout en annonçant un grand plan d’électrification des usages (mobilité, bâtiment, industrie)

PARIS: La prochaine feuille de route énergétique de la France prévoit moins d'éolien terrestre et de solaire que prévu parce que l'électrification avance moins vite que prévu, a déclaré le ministre de l'Economie Roland Lescure mardi.

Attendue depuis deux ans et demi, la sortie de ce document stratégique pour les 10 ans à venir a été retardée en raison de divisions politiques sur le partage entre nucléaire et renouvelables, mais devrait être dévoilée dans les prochains jours, selon le ministre.

Interrogé sur RMC BFMTV sur la publication de cette prochaine Programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE) , le ministre a mis en avant le besoin d'"investissements majeurs dans le nucléaire", avec la construction de "six nouveaux réacteurs".

Il a également évoqué des "investissements majeurs" dans l'éolien offshore (ou marin), avec derrière des filières industrielles qui produisent".

"Donc il faut équilibrer tout ça: du nucléaire, de l'éolien marin, - du terrestre également, du solaire" mais "sans doute moins qu'initialement prévu", a-t-il ajouté sans avancer de chiffre.

Selon lui, la France est tenue de lever le pied sur le déploiement de l'électricité solaire et éolienne terrestre "parce qu'on électrifie moins" en France, "on consomme moins d'électricité qu'on avait prévu".

Ce constat a été dressé par le gestionnaire du réseau électrique à haute tension RTE, qui relève dans son bilan prévisionnel publié en décembre que la France accuse aujourd'hui un "retard" dans la dynamique d'électrification.

Or, souligne RTE, elle "dispose de l'avantage quasi-unique en Europe d'une production d'électricité particulièrement abondante et déjà décarbonée à 95%", grâce aux renouvelables et surtout au nucléaire, qui représente un atout considérable pour l'aider à réduire ses dépendances aux énergies fossiles importées (pétrole et gaz), qui pèsent lourd dans sa balance commerciale chaque année.

Le gouvernement a dans la foulée de ce rapport promis d'accompagner la publication de la PPE d'un "grand plan autour de l'électrification des usages" (mobilité, bâtiment, industrie), mais attendait l'adoption du Budget avant d'ouvrir ce chapitre. Selon Roland Lescure, celui-ci sera publié dans les toutes prochaines semaines.

"On va annoncer aussi avec le Premier ministre (Sébastien Lecornu) un grand plan d'électrification pour qu'à la fois on puisse investir dans l'offre, mais aussi investir dans la demande", a-t-il assuré sur RMC BFMTV.

"C'est vraiment une question de jours" pour la PPE "et de semaines pour le plan d'électrification. On veut consulter tout le monde", a-t-il dit.

Interrogé par l'élue écologiste Cyrielle Chatelain à l'Assemblée nationale, le Premier ministre Sébastien Lecornu a confirmé qu'il n'y aurait "pas de moratoire sur le renouvelable".

"Ce n'est pas notre objectif que d'interrompre le développement de filières industrielles qui contribuent à la décarbonation de la France", a souligné de son côté M. Lescure, devant les députés.

"Le nucléaire, l'éolien offshore sont d'énormes projets industriels. Il y en a d'autres qui sont plus petits, plus locaux, qui nous permettent effectivement d'accélérer ou de ralentir l'installation de capacités en fonction de la demande", a-t-il poursuivi.