L'Arabie saoudite lance au Yémen une opération militaire à grande échelle

Des Yéménites inspectent les dégâts suite à une frappe aérienne de nuit par la coalition dirigée par l'Arabie saoudite ciblant Sanaa, la capitale des rebelles houthi, le 24 décembre 2021. (Photo, AFP)
Des Yéménites inspectent les dégâts suite à une frappe aérienne de nuit par la coalition dirigée par l'Arabie saoudite ciblant Sanaa, la capitale des rebelles houthi, le 24 décembre 2021. (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 25 décembre 2021

L'Arabie saoudite lance au Yémen une opération militaire à grande échelle

  • Ryad intervient au Yémen depuis 2015 à la tête d'une coalition pour appuyer les forces gouvernementales
  • La défense civile du royaume a annoncé que deux personnes, dont un Saoudien et un Yéménite, avaient été tuées lors d'une attaque dans la région de Jazan

RIYAD: L'Arabie saoudite a déclenché samedi une opération militaire "à grande échelle" au Yémen après que deux personnes ont été tuées et sept blessées dans la première attaque mortelle revendiquée par les rebelles Houthis dans le royaume saoudien en plus de trois ans.

Ryad intervient au Yémen depuis 2015 à la tête d'une coalition pour appuyer les forces gouvernementales, en guerre depuis sept ans contre les rebelles Houthis. Ces derniers, proches de l'Iran, frappent souvent le territoire saoudien depuis le Yémen.

La défense civile du royaume a annoncé que deux personnes, dont un Saoudien et un Yéménite, avaient été tuées lors d'une attaque dans la région de Jazan, frontalière du Yémen.

Les Houthis ont revendiqué cette attaque, indiquant dans un communiqué avoir lancé trois missiles balistiques.

"Un projectile est tombé sur un bâtiment commercial, faisant deux morts, un Saoudien et un résident yéménite. Il a blessé sept civils, dont six Saoudiens et un résident bangladais", précise un communiqué officiel saoudien.

Peu après cette attaque, la coalition a dit "se préparer à une opération militaire à grande échelle" contre les rebelles. Elle tiendra une conférence de presse dimanche.

Le porte-parole militaire des Houthis, Yahya Saree, a menacé dans un communiqué le royaume saoudien d'"opérations douloureuses" s'il poursuivait "son agression et ses crimes".

Intensification des combats

Si les rebelles yéménites lancent régulièrement des missiles et des drones en Arabie saoudite voisine, ciblant ses aéroports et des infrastructures pétrolières, il s'agit de la première attaque mortelle touchant le royaume depuis 2018.

En représailles, trois personnes ont péri et six autres ont été blessées, selon des médecins yéménites, lors de frappes aériennes menées par la coalition au nord-ouest de la capitale yéménite Sanaa, tenue par les rebelles.

"Trois civils, dont un enfant et une femme, ont été tués et six autres blessés, dans la ville d'Ajama", ont rapporté des médecins à l'AFP.

Ces derniers temps, les combats se sont intensifiés, avec des frappes aériennes saoudiennes sur Sanaa, en raison desquelles l'aéroport de la capitale, sous blocus saoudien depuis 2016, ne peut plus accueillir depuis mardi les avions d'organisations humanitaires et de l'ONU.

Ryad dit riposter à des attaques de drones fomentées depuis cet aéroport.

Depuis la prise de Sanaa en 2014, les Houthis se sont emparés de la majeure partie du nord du Yémen, en dépit de l'intervention de la coalition militaire dirigée par les Saoudiens.

Jeudi, la coalition, qui avait visé la veille un camp militaire des Houthis à Sanaa, a indiqué avoir détruit un drone piégé visant l'aéroport d'Abha, dans le sud de l'Arabie saoudite, sans faire de victime.

Le même jour, la marine américaine a annoncé la saisie de 1.400 fusils d'assaut AK-47 et des munitions sur un bateau de pêche parti selon elle d'Iran et à destination des rebelles yéménites.

Téhéran reconnaît son soutien politique aux rebelles mais dément leur fournir des armes.

«Tragédie oubliée»

Le pape François, lors de son traditionnel tour d'horizon des conflits de la planète à l'occasion de son message de Noël, a rappelé les "tragédies immenses" et "oubliées" au Yémen et en Syrie.

"Nous entendons le cri des enfants s'élever du Yémen où une terrible tragédie, oubliée de tout le monde, se déroule en silence depuis des années, faisant des morts chaque jour", a déclaré le pontife depuis la place Saint-Pierre de Rome.

Selon l'ONU, la guerre au Yémen a causé la mort de 377 000 personnes, dont plus de la moitié due aux conséquences indirectes du conflit, notamment le manque d'eau potable, la faim et les maladies. Un enfant yéménite de moins de cinq ans meurt toutes les neuf minutes en raison du conflit.

Mercredi, l'ONU s'est dite "contrainte" de réduire l'aide alimentaire au Yémen faute de fonds nécessaires, au moment où la faim augmente dans ce pays ravagé par l'une des pires crises humanitaires au monde.

Quelque 80% des plus de 30 millions d'habitants du Yémen dépendent de l'aide internationale.


Attaque de drones sur le principal port de Koweït, des dégâts

Le principal port commercial de Koweït a été visé vendredi à l'aube par une attaque de drones "ennemis", ont annoncé les autorités portuaires. (AFP)
Le principal port commercial de Koweït a été visé vendredi à l'aube par une attaque de drones "ennemis", ont annoncé les autorités portuaires. (AFP)
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  • L'attaque sur le port de Shuwaikh a fait des dégâts matériels mais pas de victimes, ont-elles précisé dans un communiqué publié sur X
  • Une deuxième port, en construction et situé dans le nord de l'émirat a également été visé, a ensuite annoncé le ministère des travaux publics

KOWEIT: Le principal port commercial de Koweït a été visé vendredi à l'aube par une attaque de drones "ennemis", ont annoncé les autorités portuaires.

L'attaque sur le port de Shuwaikh a fait des dégâts matériels mais pas de victimes, ont-elles précisé dans un communiqué publié sur X.

Une deuxième port, en construction et situé dans le nord de l'émirat a également été visé, a ensuite annoncé le ministère des travaux publics.

Selon cette source, le port de Mubarak al-Kabeer a été touché tôt vendredi matin par des drones et des missiles qui ont causé, là aussi, des dégâts matériels mais n'ont pas fait de victimes.

Les pays du Golfe font l'objet d'une campagne de représailles iraniennes depuis le début de l'offensive américano-israélienne sur l'Iran il y a un mois et les tirs - pour la plupart interceptés - sont quasiment quotidiens.


L'armée israélienne dit avoir mené des frappes d'ampleur sur Téhéran

L'armée israélienne a dit tôt vendredi avoir mené des frappes d'ampleur dans la capitale iranienne Téhéran, presqu'un mois après le début de la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'armée israélienne a dit tôt vendredi avoir mené des frappes d'ampleur dans la capitale iranienne Téhéran, presqu'un mois après le début de la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Il y a peu, l'armée a terminé une série de frappes à grande échelle visant des infrastructures du régime terroriste iranien au coeur de Téhéran", a-t-elle indiqué dans un bref communiqué, sans plus de détails
  • Quelques heures plus tard, elle a précisé avoir "pris pour cible des sites et des infrastructures" utilisés par l'Iran "pour produire des armes, principalement des missiles balistiques"

JERUSALEM: L'armée israélienne a dit tôt vendredi avoir mené des frappes d'ampleur dans la capitale iranienne Téhéran, presqu'un mois après le début de la guerre au Moyen-Orient.

"Il y a peu, l'armée a terminé une série de frappes à grande échelle visant des infrastructures du régime terroriste iranien au coeur de Téhéran", a-t-elle indiqué dans un bref communiqué, sans plus de détails.

Quelques heures plus tard, elle a précisé avoir "pris pour cible des sites et des infrastructures" utilisés par l'Iran "pour produire des armes, principalement des missiles balistiques".

Elle a aussi annoncé avoir "frappé diverses cibles liées aux dispositifs de puissance de feu du régime" dans l'ouest de l'Iran, dont "des lanceurs de missiles et des sites de stockage de missiles, qui constituaient une menace" pour Israël.

Le Moyen-Orient est plongé depuis le 28 février dans une guerre déclenchée par des frappes conjointes des Etats-Unis et d'Israël contre l'Iran, auxquelles Téhéran a riposté par des tirs de missiles et de drones visant Israël et plusieurs pays de la région.

 


Des explosions retentissent dans le sud de Beyrouth

Une banderole à l'effigie de Hassan Nasrallah, le chef assassiné du mouvement chiite libanais Hezbollah, est accrochée devant un magasin dans une rue jonchée de débris de bâtiments, sur le site d'une frappe aérienne israélienne menée dans la nuit et qui a visé un quartier de la banlieue sud de Beyrouth, le 25 mars 2026. (AFP)
Une banderole à l'effigie de Hassan Nasrallah, le chef assassiné du mouvement chiite libanais Hezbollah, est accrochée devant un magasin dans une rue jonchée de débris de bâtiments, sur le site d'une frappe aérienne israélienne menée dans la nuit et qui a visé un quartier de la banlieue sud de Beyrouth, le 25 mars 2026. (AFP)
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  • Des images de l'AFPTV ont montré de la fumée s'élever de la banlieue sud de la capitale libanaise, considérée par Israël comme un fief du mouvement pro-iranien Hezbollah
  • Habituellement densément peuplée, cette zone s'est largement vidée de ses habitants depuis le début des hostilités

BEYROUTH: Des explosions ont retenti dans le sud de Beyrouth aux premières heures de vendredi, selon des journalistes de l'AFP, des médias locaux et l'agence de presse officielle libanaise faisant état de frappes israéliennes.

Des images de l'AFPTV ont montré de la fumée s'élever de la banlieue sud de la capitale libanaise, considérée par Israël comme un fief du mouvement pro-iranien Hezbollah. On ignore à ce stade si la frappe a fait des victimes dans cette zone visée régulièrement par l'armée israélienne.

Habituellement densément peuplée, cette zone s'est largement vidée de ses habitants depuis le début des hostilités.

Quelques heures plus tard, l'armée israélienne a lancé un appel à évacuer aux habitants d'un village du sud du pays et à se déplacer vers le nord de la rivière Zahrani, car "les activités du Hezbollah poussent l'armée israélienne à prendre des mesures fermes contre eux dans le village".

Le Liban a été entraîné dans la guerre début mars lorsque le Hezbollah, soutenu par Téhéran, a commencé à tirer des roquettes sur Israël pour venger l'assassinat du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué au premier jour de l'offensive américano-israélienne en Iran le 28 février.

Alors qu'Israël manifeste sa détermination à intensifier sa campagne militaire contre le mouvement islamiste, ce dernier a revendiqué une série d'attaques contre les troupes israéliennes qui mènent une incursion terrestre dans le sud du Liban.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé mercredi soir qu'Israël était en train d'élargir une "zone tampon" au Liban pour "éloigner la menace des missiles" du Hezbollah.

Le mouvement a déclaré que ses combattants poursuivaient leurs attaques contre les troupes israéliennes dans le sud du Liban tôt vendredi matin.

Jeudi, les médias officiels ont fait état de frappes israéliennes meurtrières sur plusieurs zones du sud du pays. Le Hezbollah a revendiqué plus de 90 attaques contre des cibles israéliennes à l'intérieur du Liban et de l'autre côté de la frontière.

De son côté, l'armée israélienne a déclaré jeudi que deux soldats avaient été tués dans le sud du Liban, tandis que les services d'urgence israéliens ont indiqué qu'une roquette tirée depuis le Liban avait tué un homme dans la région de Nahariya, au nord d'Israël.

Selon les autorités libanaises, les frappes israéliennes menées depuis le 2 mars ont fait au moins 1.116 morts, dont 121 enfants, et plus d'un million de personnes ont été déplacées.