Turquie: la crise financière vire au règlement de comptes politique

Le ministre turc du Trésor et des Finances Nureddin Nebati applaudit lors d'une réunion du groupe du parti à la Grande Assemblée nationale turque à Ankara le 22 décembre 2021.(AFP)
Le ministre turc du Trésor et des Finances Nureddin Nebati applaudit lors d'une réunion du groupe du parti à la Grande Assemblée nationale turque à Ankara le 22 décembre 2021.(AFP)
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Publié le Vendredi 31 décembre 2021

Turquie: la crise financière vire au règlement de comptes politique

  • Lors d'un entretien sur la chaîne privée CNN Türk mercredi soir, Nureddin Nebati, nommé début décembre à la tête du ministère des Finances, s'est directement adressé à « tous les citoyens qui ont perdu de l'argent »
  • Après un mois de pertes historiques - moins 45% par rapport au dollar depuis début novembre -, la livre turque s'est fortement redressée la semaine dernière

ISTANBUL : La crise de la livre turque prend une tournure politique avec un appel du ministre des Finances à déposer plainte contre les économistes et les journalistes qui ont commenté l'effondrement de la monnaie nationale.

Lors d'un entretien sur la chaîne privée CNN Türk mercredi soir, Nureddin Nebati, nommé début décembre à la tête du ministère des Finances, s'est directement adressé à "tous les citoyens qui ont perdu de l'argent" à cause des récentes fluctuations de la livre turque. 

"Portez plainte contre tous ceux qui ont conseillé la prudence en disant que le (cours des) devises s'envolait. Ceux-là vous ont leurrés", a-t-il lancé.

Après un mois de pertes historiques - moins 45% par rapport au dollar depuis début novembre -, la livre turque s'est fortement redressée la semaine dernière à la suite des mesures d'urgence annoncées par le président turc Recep Tayyip Erdogan.

Ce redressement soudain a pris de court de nombreux Turcs qui avaient placé leur épargne en dollars ou en euros afin de préserver leur pouvoir d'achat.

L'appel du ministre des Finances intervient quelques jours après le dépôt de plainte par l'Agence turque de régulation bancaire contre plus d'une vingtaine d'experts, dont un ancien gouverneur de la banque centrale, coupables d'avoir commenté sur les réseaux sociaux le dévissage de la monnaie.

Durmus Yilmaz, économiste respecté, est désormais membre d'un parti de l'opposition.

Cette plainte vise aussi des économistes et des journalistes qui ont attribué le plongeon de la monnaie aux politiques du chef de l'Etat et suggéré qu'il se poursuivrait tant que M. Erdogan ne corrigerait pas le tir.

M. Erdogan prépare par ailleurs une nouvelle législation visant à renforcer davantage le contrôle du gouvernement sur les médias sociaux.

Le président turc a régulièrement invoqué ces dernières semaines les préceptes islamistes interdisant l'usure pour continuer de baisser les taux d’intérêts, convaincu - à rebours des théories économiques largement acceptées - que les taux d'intérêt élevés encouragent l'inflation au lieu de la contenir en ralentissant l'activité.

Il a ainsi poussé à quatre reprises en quatre mois la banque centrale à réduire son taux directeur malgré un taux d'inflation qui a atteint en novembre 21% sur un an, accentuant la dégringolade de la livre turque.

L'annonce du chef de l'Etat la semaine dernière permettant de lier la valeur de certains dépôts bancaires en livres au cours du dollar a offert une échappatoire et entrainé le redressement immédiat de la monnaie nationale.

Mais de nombreux observateurs pointent les risques de ce nouveau mécanisme et questionnent sa pérennité.

L'ancien gouverneur, M. Yilmaz a maintenu jeudi ses critiques en moquant les propos du ministre des Finances, qui a estimé que la Réserve fédérale des Etats-Unis appartenait "à cinq familles" et manquait de réelle indépendance. 

"Je vous jure, nous en avons tellement marre", a-t-il tweeté.

 


Iran: le négociateur en chef conditionne toute discussion avec les Etats-Unis aux «lignes rouges» fixées par Téhéran

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement
  • L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient

TEHERAN: Le chef de l'équipe de négociation iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf, a insisté vendredi sur le nécessaire respect des "lignes rouges" de l'Iran lors des futurs pourparlers avec les Etats-Unis.

"Comme nous l'avons démontré tout au long des négociations précédentes, nous restons fermes dans le respect des conditions et des lignes rouges fixées, et dans la défense des intérêts de la nation iranienne", a déclaré l'influent M. Ghalibaf, cité par l'agence Irna.

"Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement.

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient.

Le président iranien Massoud Pezeshkian, qui a paraphé l'accord à distance avec son homologue américain Donald Trump, a publié une déclaration similaire, réaffirmant que les intérêts nationaux demeuraient la "ligne rouge" de son pays, sans plus de précisions.

Cette signature doit ouvrir la voie à des négociations plus poussées et techniques, d'une durée reconductible de 60 jours, centrées sur le programme nucléaire iranien en vue d'un accord définitif.

Mais de premiers pourparlers, prévus vendredi en Suisse, ont été annulés.

Les propos de M. Ghalibaf font suite à un communiqué du guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, faisant part de ses réserves pour le protocole d'accord qu'il a finalement autorisé.

Il prévoit notamment la fin de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban. Mais des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés, selon les autorités libanaises, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats.

L'accord a par ailleurs permis la levée du blocus naval américain imposé depuis deux mois aux ports iraniens et la réouverture par Téhéran du détroit d'Ormuz, voie maritime cruciale pour les hydrocarbures.

En Iran, le texte suscite l'opposition de certains conservateurs, hostiles à des concessions, notamment sur le contrôle du stratégique détroit.

"Les Américains ne respectent aucun engagement, ils n'ont jamais été loyaux envers aucun accord et ils ne le seront jamais", a ainsi déclaré Hossein Shariatmadari, rédacteur en chef du journal ultraconservateur Kayhan, lors d'une interview jeudi accordée à la télévision d'Etat.

"Le détroit d'Ormuz est le moyen d'obtenir des compensations" lors des négociations, a-t-il estimé.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
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  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.