Omicron joue les trouble-fête pour l'économie américaine

Vue du centre commercial couvert Brookfield Place le 27 décembre 2021 à New York. (Scott Heins/Getty Images/AFP)
Vue du centre commercial couvert Brookfield Place le 27 décembre 2021 à New York. (Scott Heins/Getty Images/AFP)
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Publié le Vendredi 31 décembre 2021

Omicron joue les trouble-fête pour l'économie américaine

  • Le variant Omicron pourrait contribuer à la pénurie de travailleurs, voire même à la vertigineuse hausse des prix, que connaît le pays
  • Les analystes de Moody's ont récemment abaissé leur prévision de croissance pour le 1er trimestre à cause d'Omicron, tablant sur environ 2%, contre 5% anticipés auparavant

WASHINGTON : Spectacles de Noël annulés, croisières à éviter, avions incapables de décoller: le variant Omicron a déjà semé la pagaille aux États-Unis, et pourrait contribuer à la pénurie de travailleurs, voire même à la vertigineuse hausse des prix, que connaît le pays.

«Nous commençons à voir les premiers signes de l'impact d'Omicron sur l'économie», principalement dans les services, a expliqué Oren Klachkin, économiste pour Oxford Economics, dans un entretien à l'AFP, citant notamment les bars ou restaurants.

La première économie du monde espérait pouvoir enfin regarder le Covid dans le rétroviseur, mais, à la veille de la nouvelle année, le virus vient de nouveau jouer les trouble-fête. Apparu il y a un mois, le variant Omicron, extrêmement contagieux, fait flamber le nombre de nouveaux cas.

Cela a même poussé les autorités sanitaires américaines (CDC) jeudi, à déconseiller les croisières, relevant que «le risque de contracter le Covid-19 (...) y est très élevé», même pour les vaccinés.

En effet, 5.013 cas ont été signalés dans les eaux territoriales américaines entre le 15 et le 29 décembre, contre seulement 162 entre le 30 novembre et le 14 décembre.

Il est cependant encore difficile de quantifier les conséquences économiques de ce variant, «d'autant plus que c'est la saison des fêtes de fin d'année, qui a elle-même un impact sur les données», a détaillé Oren Klachkin.

Les analystes de Moody's ont, eux, récemment abaissé leur prévision de croissance pour le 1er trimestre à cause d'Omicron, tablant sur environ 2%, contre 5% anticipés auparavant.

- «Amplifié par Omicron» -

Cette «peur de la contagion» et la baisse des réservations dans les restaurants «ne sont qu'une partie de l'équation», a averti l'économiste Diane Swonk, de Grant Thornton, dans un tweet.

Il est désormais compliqué de trouver de la main-d'oeuvre à cause du nombre de personnes malades, «ce n'est pas nouveau, juste amplifié par Omicron», souligne l'économiste.

Ce manque de travailleurs, dû aux très nombreuses mises en quarantaine après un test positif ou un contact avec une personne infectée, risque de paralyser une large partie de l'économie.

«Nous voyons le début de ce que je crains, et clairement les CDC aussi», à savoir «une augmentation du nombre de personnes malades, et qui sont donc dans l'incapacité de faire fonctionner les services, même essentiels».

Le transport aérien connaît ainsi des jours difficiles, avec des annulations par milliers, tant le nombre de personnels navigants placés à l'isolement est élevé, au moment même où les Américains se déplacent massivement pour les fêtes de fin d'année.

Pour limiter les absences, l'administration de Joe Biden a ainsi décidé lundi de réduire la durée de quarantaine recommandée de dix à cinq jours.

Car ce manque de main-d'oeuvre risque d'aggraver une situation qui dure depuis des mois: il n'y a pas assez de travailleurs aux Etats-Unis pour remplir tous les postes vacants, notamment en raison des très nombreux départs anticipés en retraite depuis le début de la pandémie.

- Impact «modeste» sur l'inflation -

«Nous prévoyons que le marché du travail continuera de se redresser en 2022, avec environ 5 millions de nouveaux emplois créés, soit un peu plus de 400.000 par mois», anticipe Nancy Vanden Houten, économiste pour Oxford Economics.

Cependant, souligne-t-elle, «cela ne veut pas dire qu'il n'y aura pas de pénurie dans certains secteurs».

Le taux de chômage et le nombre d'emplois créés aux Etats-Unis en décembre seront annoncés le 7 janvier.

Certains économistes craignent aussi que ces perturbations n'aggravent une inflation qui est au plus haut depuis 1982, le variant perturbant la fabrication et le transport à l'échelle de la planète.

«Il existe un risque réel que les variants soient désormais plus inflationnistes que désinflationnistes», détaille Diane Swonk. Cependant, dans un premier temps, la hausse des prix des services et de l'énergie «pourrait s'atténuer» avec une demande en baisse.

Mark Zandi, chef économiste pour Moody's, mise lui sur un impact «modeste» d'Omicron sur l'inflation.

«Les entreprises ont fait des progrès significatifs pour atténuer les goulets d'étranglement de la chaîne d'approvisionnement mondiale», souligne-t-il.

Par ailleurs, «même si plus de travailleurs tombent malades (...), ils devraient, étant moins sévèrement touchés, reprendre le travail plus rapidement, d'autant plus que les CDC ont récemment réduit la période d'isolement recommandée».


France: la production industrielle recule de 0,1% en mai

Un des moteurs de l'économie française, la production industrielle de la France a légèrement reculé en mai, de 0,1% sur un mois, pénalisée par la production manufacturière dont la baisse est nettement plus marquée (-1%), a indiqué l'Insee vendredi. (AFP)
Un des moteurs de l'économie française, la production industrielle de la France a légèrement reculé en mai, de 0,1% sur un mois, pénalisée par la production manufacturière dont la baisse est nettement plus marquée (-1%), a indiqué l'Insee vendredi. (AFP)
  • "Le moteur de l'économie française commence à perdre de sa vigueur", a souligné Charlotte de Montpellier, économiste chez ING, dans une note
  • En revanche, la production des industries extractives, énergie, eau a rebondi (+3,2%)

PARIS: Un des moteurs de l'économie française, la production industrielle de la France a légèrement reculé en mai, de 0,1% sur un mois, pénalisée par la production manufacturière dont la baisse est nettement plus marquée (-1%), a indiqué l'Insee vendredi.

En avril, la production industrielle avait augmenté de 0,3% et la production manufacturière de 0,6%, après révision à la hausse.

Dans l'industrie manufacturière, la production est en repli dans tous les principaux secteurs, a précisé l'Institut national de la statistique et des études économiques: les matériels de transport (-2,8%) dont l'automobile (-4,7%), les biens d'équipement électriques, électroniques et informatiques (-2,3%), la cokéfaction et le raffinage (-9,0%), les "autres produits industriels comme la métallurgie, chimie et pharmacie (-0,4%) ainsi que les industries agro-alimentaires (-0,3%).

"Le moteur de l'économie française commence à perdre de sa vigueur", a souligné Charlotte de Montpellier, économiste chez ING, dans une note.

En revanche, la production des industries extractives, énergie, eau a rebondi (+3,2%). "La hausse qui concerne à la fois l'électricité et le gaz est due à une augmentation de la consommation liée aux températures fraîches en milieu de mois, puis à l'épisode caniculaire en fin de mois", a expliqué l'Insee.

Sur les trois derniers mois (mars à mai), par rapport à la même période en 2025, la production a augmenté de 2,4% dans l'industrie et de 2,2% dans l'industrie manufacturière.

Dans la construction, la production a progressé de 1,2% en mai sur un mois, mais elle s'inscrit en baisse de 2,3% sur les trois mois allant de mars à mai par rapport aux mêmes trois mois de l'an dernier.

Dans les prochains mois, "certains facteurs temporaires qui avaient bénéficié à l'industrie française, notamment la mise à l'arrêt de la production chez certains concurrents asiatiques, vont progressivement s'estomper avec l'apaisement de la situation au Moyen-Orient", a analysé Charlotte de Montpellier.

"D'autres facteurs continueront toutefois de soutenir l'activité, notamment la forte demande dans l'aéronautique et la hausse des dépenses de défense, qui bénéficie largement aux 5% de l'industrie française orientés vers l'armement", a-t-elle ajouté.

Selon elle, "l'industrie française devrait continuer à surperformer le secteur des services", affecté notamment par la faible confiance des ménages, "mais avec un peu moins d’élan qu’en début d’année", avec des répercussions sur la croissance.


Transport maritime: CMA CGM inaugure le "Notre-Dame", plus grand porte-conteneurs français

L'ancien Premier ministre français et maire du Havre, Édouard Philippe, l'épouse du président français Brigitte Macron, le président-directeur général du groupe CMA CGM, Rodolphe Saadé, le ministre français des Transports Philippe Tabarot et Delphine Arnault, à la tête de Dior et vice-présidente exécutive de Louis Vuitton, participent à l'inauguration du porte-conteneurs « Notre-Dame » de CMA CGM, le plus grand porte-conteneurs sous pavillon français, au Havre, dans le nord-ouest de la France, le 2 juillet 2026. (AFP)
L'ancien Premier ministre français et maire du Havre, Édouard Philippe, l'épouse du président français Brigitte Macron, le président-directeur général du groupe CMA CGM, Rodolphe Saadé, le ministre français des Transports Philippe Tabarot et Delphine Arnault, à la tête de Dior et vice-présidente exécutive de Louis Vuitton, participent à l'inauguration du porte-conteneurs « Notre-Dame » de CMA CGM, le plus grand porte-conteneurs sous pavillon français, au Havre, dans le nord-ouest de la France, le 2 juillet 2026. (AFP)
  • CMA CGM a baptisé au Havre le "Notre-Dame", le plus grand porte-conteneurs sous pavillon français et premier d'une série de 10 navires géants, renforçant la souveraineté maritime française
  • Fonctionnant au GNL, ce navire de 400 mètres peut transporter 24.000 conteneurs et assurera les échanges commerciaux entre l'Asie et l'Europe

LE HAVRE: CMA CGM a baptisé jeudi au Havre (Seine-Maritime) le "Notre-Dame", plus gros porte-conteneurs sous pavillon français et le premier d'une série de dix navires géants commandés par l'armateur basé à Marseille.

Long de 400 mètres et plus haut que les tours de la cathédrale parisienne dont il porte le nom, le navire a été inauguré à la mi-journée devant plusieurs centaines de personnes, parmi lesquelles le maire du Havre Édouard Philippe et l'épouse du chef d'Etat Brigitte Macron.

"Je nomme ce navire CMA CGM Notre-Dame. Je souhaite bon vent à son équipage et à tous ceux qui navigueront à son bord", a lancé sa marraine Delphine Arnault, PDG de Christian Dior Couture, avant de briser la traditionnelle bouteille de champagne sur la coque.

Le choix du pavillon français vient d'un engagement pris par le PDG de CMA CGM, Rodolphe Saadé, devant Emmanuel Macron en novembre 2025.

Alors que les armateurs défendaient un avantage fiscal menacé, M. Saadé avait annoncé l'immatriculation sous pavillon français de ces nouveaux porte-conteneurs, présentés comme une contribution au renforcement de la souveraineté maritime française.

"Dans un monde où les routes maritimes sont de nouveau sous tension, notre mission n'a jamais été aussi essentielle", a déclaré jeudi le patron du troisième armateur mondial.

"À l'heure où la mer redevient un espace d'affirmation et de souveraineté (...), pour la France, dont la prospérité repose en grande partie sur les échanges internationaux, c'est un enjeu direct de compétitivité", a-t-il poursuivi.

Fleuron d'une nouvelle génération de porte-conteneurs géants, le "Notre-Dame" a été commandé pour transporter les marchandises produites par les usines asiatiques vers les consommateurs européens, et pour les produits agroalimentaires, cosmétiques et pharmaceutiques européens vers l'Asie.

Ce mastodonte des mers, le plus grand du monde à fonctionner grâce au gaz naturel liquéfié (GNL), sort du gigantesque chantier naval Yangzijiang Shipbuilding (YZJ) près de Shanghai, en Chine.

Il peut embarquer 24.000 conteneurs standards, soit l'équivalent de 20.000 camions ou 600 trains de fret, et son équipage est composé en moyenne d'une trentaine de personnes.

Le choix de son nom s'inscrit dans une tradition de séries thématiques adoptée par l'armateur. Pour cette nouvelle génération de porte-conteneurs, CMA CGM a choisi de mettre à l'honneur des symboles du patrimoine français.

Après le "Notre-Dame", le deuxième navire de la série, le "Panthéon", doit rejoindre la flotte en septembre.


Le secteur privé, moteur du rapprochement économique entre la France et l’Arabie saoudite

En marge de Vision Golfe, la délégation saoudienne a multiplié les rencontres avec le MEDEF, les chambres de commerce et plusieurs représentants du secteur privé français. (Fournie)
En marge de Vision Golfe, la délégation saoudienne a multiplié les rencontres avec le MEDEF, les chambres de commerce et plusieurs représentants du secteur privé français. (Fournie)
  • Dans un entretien accordé à Arab News en français, Sultan Almusallam souligne la dynamique des relations économiques franco-saoudiennes, avec 12 milliards de dollars d’échanges en 2025
  • À Vision Golfe, la Fédération des chambres saoudiennes veut accélérer les partenariats avec les entreprises françaises en facilitant les investissements et le commerce, dans le cadre des objectifs de Vision 2030

PARIS: À l’occasion de sa première participation à Vision Golfe, le secrétaire général de la Fédération des chambres saoudiennes, Sultan Almusallam, a réaffirmé, dans un entretien accordé à Arab News en français, la volonté du Royaume de renforcer ses liens économiques avec la France. Selon lui, les priorités françaises en matière d’expertise, d’innovation et de développement « s’inscrivent pleinement dans les objectifs de la Vision 2030 du Royaume et au-delà », créant des opportunités de coopération dans des secteurs stratégiques.

Cette dynamique se traduit déjà par des résultats concrets. « La croissance soutenue des échanges commerciaux entre les deux pays au cours des cinq dernières années est un indicateur positif. Sur un an, les échanges ont progressé de 7,8 %, atteignant 12 milliards de dollars en 2025 », souligne Sultan Almusallam. Dans le même temps, les investissements français en Arabie saoudite ont presque triplé en cinq ans, passant de 7 à 19 milliards de riyals saoudiens.

Aujourd’hui, 500 entreprises françaises sont implantées en Arabie saoudite, dont 30 ont choisi Riyad comme siège régional, un chiffre appelé à progresser.

Pour le secrétaire général, cette croissance repose sur la complémentarité des savoir-faire. « L’expertise française est en phase avec les ambitions saoudiennes », explique-t-il, citant notamment les secteurs du MICE (Meetings, Incentives, Conferences and Exhibitions), de la culture, du tourisme et de l’économie créative.

Les prochains grands événements internationaux organisés en Arabie saoudite, notamment l’Expo 2030 et la Coupe du monde de football, ouvrent selon lui de nouvelles perspectives de coopération. Il cite le groupe hôtelier Accor, fortement implanté dans le Royaume et engagé dans le recrutement de talents saoudiens, comme « un modèle à reproduire dans d’autres secteurs ».

Dans son entretien avec Arab News en français, Sultan Almusallam insiste également sur le rôle de la coopération culturelle dans le développement des relations économiques. Les initiatives telles qu’Afalula, ainsi que l’inscription de huit sites saoudiens au patrimoine mondial de l’UNESCO au cours des dix dernières années, contribuent selon lui à renforcer les liens entre les deux pays.

« Les relations d’affaires ne peuvent se construire que sur la confiance, et la confiance se construit à travers les relations entre les peuples », affirme-t-il. Il souligne également la présence d’environ 16 000 expatriés français en Arabie saoudite, qui contribue à renforcer cet écosystème de coopération.

Le responsable saoudien estime par ailleurs que l’image du Royaume évolue rapidement. « Nous avons encore des efforts à faire pour faire connaître au public français la beauté de l’Arabie saoudite », confie-t-il, ajoutant que « la majorité des personnes qui découvrent le Royaume sont surprises par l’accueil qui leur est réservé ». Selon lui, le développement du tourisme, de la culture et des grands événements favorise les échanges humains, lesquels stimulent ensuite les relations d’affaires.

Au-delà des chiffres, Sultan Almusallam affirme que la mission de la Fédération est d’accompagner davantage les entreprises françaises. En marge de Vision Golfe, la délégation saoudienne a rencontré le MEDEF, les chambres de commerce ainsi que plusieurs représentants du secteur privé français afin d’identifier les obstacles au commerce et à l’investissement.

« Nous sommes ici pour écouter. Aucun environnement d’investissement n’est parfait. Nous voulons comprendre les barrières auxquelles les entreprises françaises sont confrontées et trouver des solutions », explique-t-il.

Cette ambition s’inscrit dans la stratégie 2026-2030 récemment lancée par la Fédération des chambres saoudiennes, en cohérence avec la troisième phase de Vision 2030. « Le secteur privé doit conduire cette nouvelle étape de la transformation économique », souligne Sultan Almusallam.

Aujourd’hui, celui-ci représente 52 % du PIB saoudien, une part qui devrait atteindre 65 % d’ici 2030. « Nous sommes sur la bonne voie. La question est désormais de savoir comment accélérer le rythme », conclut-il.