Trois Américains blancs condamnés à la prison à vie pour le meurtre d'un joggeur noir

Ahmaud Arbery est sorti de chez lui «pour faire un jogging et il a fini par courir pour sauver sa vie», a affirmé le juge Timothy Walmsley. (Photo, AFP)
Ahmaud Arbery est sorti de chez lui «pour faire un jogging et il a fini par courir pour sauver sa vie», a affirmé le juge Timothy Walmsley. (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 08 janvier 2022

Trois Américains blancs condamnés à la prison à vie pour le meurtre d'un joggeur noir

  • Travis McMichael, 35 ans et auteur des coups de feu mortels, et son père Gregory McMichael, 66 ans, ont été condamnés à la perpétuité
  • Leur voisin William Bryan, 52 ans, qui a participé à la poursuite en la filmant, pourra lui espérer une libération anticipée après 30 ans de réclusion

WASHINGTON : Les trois Américains blancs qui avaient poursuivi puis tué le jeune joggeur noir Ahmaud Arbery en février 2020 dans le sud des Etats-Unis, affirmant l'avoir pris pour un cambrioleur, ont été condamnés vendredi à la prison à vie.

Travis McMichael, 35 ans et auteur des coups de feu mortels, et son père Gregory McMichael, 66 ans, ont été condamnés à la perpétuité sans possibilité de libération anticipée.

Leur voisin William Bryan, 52 ans, qui a participé à la poursuite en la filmant, pourra lui espérer une libération anticipée après 30 ans de réclusion.

Ils avaient été reconnus coupables de meurtre le 24 novembre dernier à Brunswick, dans l'Etat de Géorgie, après des débats marqués par la question du racisme et du droit à l'autodéfense.

Ahmaud Arbery est sorti de chez lui "pour faire un jogging et il a fini par courir pour sauver sa vie", a affirmé le juge Timothy Walmsley en prononçant vendredi la sentence dans cette ville côtière du sud-est des Etats-Unis.

Le jeune homme a été "pourchassé et tué parce que les individus dans cette salle ont fait eux-mêmes la loi", a-t-il expliqué.

Il a estimé que Gregory McMichael avait incité son fils et son voisin à poursuivre le jeune homme, tout en admettant après coup ne pas être sûr qu'il s'agisse vraiment un cambrioleur.

Il a aussi fustigé l'attitude de Travis McMichael qui "s'inquiète pour son bébé (resté seul à la maison, ndlr) et lui-même, alors que la victime gît sur le sol".

«Jamais douté»

La famille d'Ahmaud Arbery, qui avait réclamé une "punition maximale" pour les trois hommes, a salué ces lourdes peines.

"Je savais que l'on sortirait du tribunal avec une victoire, je n'ai jamais douté", a déclaré sa mère, Wanda Cooper-Jones.

Plus tôt, elle avait dit au juge Walmsley que les trois hommes avaient "pris (son) fils pour cible parce qu'ils ne voulaient pas de lui dans leur quartier".

Ce verdict "était très important" pour que la "responsabilité" soit assumée, a ajouté l'un des avocats de la famille, Lee Merritt. "Il était important pour la famille de voir ces hommes être mis en prison."

Ben Crump, célèbre avocat afro-américain, a rendu hommage "à tous les hommes noirs qui ont été lynchés dans l'histoire de l'Amérique et de la Géorgie, et à qui justice n'a jamais été rendue". 

"L'autodéfense finit toujours mal", a pour sa part affirmé à l'audience la procureure Linda Dunikoski, estimant que les McMichael n'avaient montré "ni remords, ni empathie".

Elle a ainsi révélé que Gregory McMichael avait transmis les images du meurtre aux médias "parce qu'il pensait que cela allait l'exonérer".

Les avocats des trois hommes avaient plaidé une dernière fois un acte non intentionnel qui ne méritait pas qu'ils finissent leurs jours en prison.

«Parce qu'il était noir»

La dimension raciale de cette affaire a été sous-jacente pendant le procès.

Les McMichael et leur voisin ont décidé de pourchasser Ahmaud Arbery "parce qu'il était noir et qu'il courait dans la rue", avait affirmé Linda Dunikoski.

Le 23 février 2020, le jeune homme de 25 ans faisait un jogging quand il avait été pris en chasse par les trois hommes à bord de leurs voitures.

Après une altercation, Travis McMichael avait ouvert le feu et tué le joggeur qui tentait de s'emparer de son fusil, un cas de légitime défense selon lui.

Les accusés avaient ensuite assuré avoir pris Ahmaud Arbery pour un cambrioleur, après l'avoir vu quelques jours auparavant entrer dans une maison en construction. 

Les trois hommes avaient aussi invoqué une loi de Géorgie, datant de la guerre de Sécession et abrogée après le drame, autorisant les simples citoyens à procéder à des arrestations.

Dans cet Etat encore profondément marqué par le racisme et la ségrégation, ils avaient bénéficié de la clémence de la justice locale, pour qui Gregory McMichael avait longtemps travaillé, et avaient été laissés en liberté pendant des mois.

Après la diffusion en mai de la vidéo du drame, l'enquête avait été délocalisée et confiée à la police de l'Etat, qui avait arrêté les trois hommes.

L'affaire avait alimenté les grandes manifestations antiracistes qui ont secoué le pays à l'été 2020, après la mort d'un autre Afro-Américain, George Floyd, tué par un policier blanc à Minneapolis, dans le Minnesota.

Les condamnés pour le meurtre d'Ahmaud Arbery n'en ont pas fini avec la justice: ils seront jugés pour crime raciste par un tribunal fédéral à partir du 7 février.


Détroit d'Ormuz: l'Iran met en garde le Conseil de sécurité de l'ONU contre toute «action provocatrice»

 Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
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  • Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février
  • "M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation"

TEHERAN: Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz.

M. Araghchi s'exprimait jeudi et le vote était initialement prévu vendredi, avant l'annonce de son report sine die.

Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février.

"M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation", selon un communiqué de son ministère.

Porté par Bahreïn, le texte fait l'objet de discussions par les 15 membres du Conseil depuis dix jours, reflétant leurs divergences.

Le dernier projet de résolution insiste sur le fait que le Conseil autoriserait tout Etat ou toute coalition d'Etats à utiliser des moyens "défensifs" pour assurer la sécurité des navires. Une stipulation de mandat défensif absente au départ.

Mais il n'est pas certain que cela soit suffisant à convaincre la Russie et la Chine, qui ont un droit de veto.

"L'Iran a fermé le détroit d'Ormuz, empêchant les navires commerciaux et les pétroliers de passer et posant des conditions pour permettre le passage de certains", a dénoncé jeudi le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG), Jassem Al-Budaiwi, au nom de cette organisation qui regroupe l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn, le Qatar, le Koweït et Oman.

"Nous appelons le Conseil de sécurité à prendre toutes ses responsabilités et à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les couloirs maritimes et assurer la poursuite en toute sécurité de la navigation internationale", a-t-il insisté à New York, avant l'annonce du report.


Le patron du Pentagone obtient le départ du chef d'état-major de l'armée de terre

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
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  • Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George
  • Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite"

WASHINGTON: Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George, a fait savoir un responsable américain à propos de ce limogeage qui survient en pleine guerre contre l'Iran.

Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite."

Il ne donne pas la raison de ce départ soudain.

CBS News, qui a révélé l'information, cite un responsable américain anonyme affirmant que Pete Hegseth souhaite nommer à sa place quelqu'un qui pourra appliquer la vision de Donald Trump et de son ministre pour l'armée de terre.

Le général Randy George, diplômé de la prestigieuse académie militaire de West Point, qui a servi en Irak et en Afghanistan, avait été nommé à ce poste en 2023, sous le mandat du président démocrate, Joe Biden.

Il s'agit d'un départ forcé de plus chez les plus hauts gradés de l'armée américaine depuis le retour au pouvoir de Donald Trump.

Le président américain avait, sans explication, limogé début 2025 Charles "CQ" Brown, le chef d'état-major des armées, pour le remplacer par Dan Caine.

Depuis, ce sont les chefs de la marine, des gardes-côtes, de l'agence d'espionnage NSA, ainsi que de nombreux autres, qui ont été poussés vers la sortie par le gouvernement de Donald Trump.

Selon le Washington Post et CBS, deux autres généraux, David Hodne, chargé du Commandement de la transformation et de l'entraînement de l'armée, et William Green Jr, à la tête du corps des aumôniers militaires, ont par ailleurs été mis à l'écart en même temps que le général George.

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde.

Des parlementaires de l'opposition démocrate se sont inquiétés d'une potentielle politisation de l'armée, traditionnellement plus isolée des batailles politiciennes que le reste de l'appareil d'Etat américain.

Pete Hegseth a aussi décidé l'an passé de réduire le nombre de plus hauts gradés de l'ensemble de l'armée.

 


Trump menace de nouvelles destructions de ponts et de centrales en Iran

Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
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  • "Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social
  • Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens

WASHINGTON: Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques.

"Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social.

Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens.

Les Etats-Unis n'ont "même pas commencé" leur programme de destruction des infrastructures civiles du pays, a prévenu M. Trump dans la soirée.

Le dirigeant américain a répété à plusieurs reprises que la grande majorité des sites militaires, cibles premières de l'offensive américano-israélienne débutée le 28 février en Iran, avait déjà été endommagée ou détruite.

"Les dirigeants du nouveau régime (iranien) savent ce qu’il faut faire, et qu’il faut le faire VITE!", a ajouté le président américain, qui alterne menaces et appels à Téhéran à accepter un accord de cessez-le-feu.