Open d'Australie: le visa de Djokovic encore annulé à trois jours du tournoi

Le champion serbe Novak Djokovic lors d’une séance d'entraînement avant le tournoi de tennis de l'Open d'Australie à Melbourne le 14 janvier 2022. (AFP)
Le champion serbe Novak Djokovic lors d’une séance d'entraînement avant le tournoi de tennis de l'Open d'Australie à Melbourne le 14 janvier 2022. (AFP)
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Publié le Samedi 15 janvier 2022

Open d'Australie: le visa de Djokovic encore annulé à trois jours du tournoi

  • Le ministre de l'Immigration a publié un communiqué annonçant l'annulation, pour la deuxième fois, du visa australien du N.1 mondial
  • Djokovic a admis avoir rempli incorrectement sa déclaration d'entrée en Australie, et n'avoir pas respecté les règles d'isolement après avoir été testé positif à la Covid-19 en décembre

MELBOURNE : L'Australie a relancé vendredi de façon spectaculaire la saga Djokovic en annulant à nouveau le visa du numéro un mondial de tennis, à trois jours du premier tournoi du Grand Chelem de l'année à Melbourne.

Canberra a même menacé le tennisman serbe de 34 ans d'un retour dès samedi en rétention, où il a déjà passé plusieurs jours après être entré en Australie sans respecter l'obligation d'être vacciné contre la Covid-19.

Djokovic a continué vendredi à s'entraîner dans l'espoir de conquérir un 10e titre à l'Open d'Australie, qui démarre lundi, et une 21e victoire en Grand Chelem, ce qui serait un record.

Mais, en fin de journée, le ministre de l'Immigration Alex Hawke a annulé, pour la deuxième fois, le visa australien du Serbe "sur des bases sanitaires et d'ordre public".

Si Djokovic ne sera pas expulsé avant l'examen de son recours, le gouvernement souhaite que le Serbe soit de nouveau placé en rétention dès samedi matin, après un entretien avec les services de l'immigration, et qu'il ne puisse en sortir que pour assister, dans les bureaux de ses avocats et sous la surveillance de policiers, aux audiences en ligne de la justice concernant son cas, a indiqué l'avocat des autorités, Stephen Lloyd. 

Les représentants du joueur ont en revanche réclamé qu'il puisse rester en liberté en attendant le dénouement de cette procédure, qui pourrait être retardée. Le juge de l'Etat australien, Antony Kelly, s'est en effet dessaisi au profit de la justice fédérale australienne.  

"Les Australiens ont fait de nombreux sacrifices pendant cette pandémie et souhaitent à juste titre que le résultat de ces sacrifices soit protégé", a défendu le Premier ministre australien Scott Morrison.

Le joueur va-t-il finalement jeter l'éponge? "Djokovic est extrêmement bien armé et dispose d'une équipe compétente autour de lui. Il peut soit rester et se battre, soit partir", estime l'avocat spécialisé dans les questions d'immigration Christopher Levingston.

"Nole" avait sollicité une dérogation pour entrer en Australie, en invoquant une contamination à la Covid-19 en décembre, mais son visa a été annulé une première fois à son arrivée à Melbourne le 5 janvier et il a été placé en centre de rétention.

Lundi dernier, il a été libéré après avoir obtenu d'un juge le rétablissement de son visa, mais le document a de nouveau été annulé vendredi par le ministre de l'Immigration en vertu de son pouvoir discrétionnaire.

«Erreur humaine»

Djokovic a admis avoir rempli incorrectement sa déclaration d'entrée en Australie, et n'avoir pas respecté les règles d'isolement après avoir été testé positif à la Covid-19 en décembre.

Djokovic, vu en Serbie et en Espagne dans les deux semaines précédant son arrivée, contrairement à ce qu'il avait déclaré dans le formulaire d'immigration, a plaidé "l'erreur humaine". 

Les rêves d'un 10e titre à Melbourne s'éloignent d'autant plus que cette annulation de visa, si le recours est rejeté, implique que Djokovic sera interdit d'entrée dans le pays pendant trois ans, sauf circonstances exceptionnelles.

Ce bannissement peut être levé uniquement si les intérêts de l'Australie le justifient, selon l'avocat Christopher Levingston.

Cette saga autour du champion de tennis se déroule dans un pays dont les habitants ont enduré pendant près de deux ans des restrictions anti-Covid parmi les plus strictes au monde, et où des élections sont prévues d'ici mai. 

D'où un contexte politique chargé. Et la pression s'est intensifiée autour du Premier ministre Scott Morrison, accusé d'"incompétence" par la cheffe de l'opposition travailliste, Kristina Keneally.

«Pays fasciste»

Chez les joueurs, les avis sont partagés.

L'Américain Tennys Sandgren, lui aussi non-vacciné, a dénoncé sur Twitter "une humiliation" contre Djokovic et la volonté de "faire un exemple". Le Serbe Janko Tipsarevic a également estimé que "tous ceux impliqués dans cette procédure" devraient avoir "honte".

Le Grec Stefanos Tsitsipas, N.4 mondial, a en revanche regretté que Djokovic ait "joué selon ses propres règles", dans une interview jeudi au média indien WION, et "fait passer la majorité des joueurs pour des idiots".

L'Ecossais Andy Murray a choisi un ton plus empathique: "Je ne vais pas commencer à frapper Novak alors qu'il est à terre." 

Le feuilleton est aussi suivi assidument en Serbie, où des responsables politiques érigent la star en héros national.

Vendredi, le président serbe Aleksandar Vucic a de nouveau apporté son soutien au joueur, accusant l'Australie de "maltraiter" Djokovic.

"Pourquoi vous en prenez-vous non seulement à lui, mais aussi à sa famille et à toute la nation ?" s'est insurgé le dirigeant sur Instagram. "Si vous vouliez interdire à Novak Djokovic de remporter un 10e trophée à Melbourne, pourquoi ne l'avez-vous pas renvoyé immédiatement, pourquoi ne lui avez-vous pas dit qu'il était impossible d'obtenir un visa pour votre pays ?", a demandé M. Vukic. Avant de conclure: "Novak, nous sommes à tes côtés !".

Dans les rues de Belgrade, Stanislav Urosevic, retraité de 69 ans, a "l'impression que l'on veut l'empêcher à tout prix de remporter un nouveau titre, comme c'est parti ils vont interdire le tennis si nécessaire".

"L'Australie, qui a toujours été à mes yeux un pays de libertés, le rêve de tous, comme les Etats-Unis, est devenu un pays fasciste. Ce qu'ils font, c'est du fascisme", s'étrangle un autre Belgradois, Mirko Herceg.

"Ca devient absurde que quelqu'un qui soit en bonne santé (...) soit une menace pour le public", a pour sa part déclaré Igor Cetojevic, un médecin connu pour avoir aidé Djokovic à se hisser au sommet du tennis mondial.

Djokovic pourrait perdre sa place de N.1 mondial en cas de forfait cumulé à une victoire à Melbourne de Daniil Medvedev (N.2) ou d'Alexander Zverev (N.3).

Et s'inscrire à des tournois risque désormais de relever de la course d'obstacles pour le joueur, qui partage actuellement le record de victoires en Grand Chelem (20) avec Roger Federer et Rafael Nadal. 

Le frère du joueur, Djordje Djokovic, a déclaré que la famille ne s'exprimerait plus jusqu'à la fin de la procédure juridique en cours en Australie.

Un feuilleton à rebondissements

Les principaux épisodes de l'affaire Novak Djokovic, qui voulait entrer en Australie sans être vacciné contre le Covid-19 pour participer au premier tournoi du Grand Chelem de l'année (17-30 janvier), mais dont le visa a été à nouveau annulé vendredi.

. 16 décembre

Deux jours après avoir assisté à un match de basket à Belgrade avec plusieurs personnes qui ont ensuite été testées positives, Djokovic fait un test antigénique négatif puis un PCR qui s'avérera positif le lendemain.

Avant d'en avoir obtenu le résultat, le joueur assiste au lancement d'un timbre à son effigie, toujours en Serbie.

. 17 décembre

Le Serbe de 34 ans participe à une rencontre avec des jeunes joueurs de tennis. Il assure avoir effectué avant un deuxième test antigénique, également négatif. "Je n'avais pas de symptôme, je me sentais bien et je n'avais pas reçu la notification du PCR positif avant la fin de cet événement", a-t-il assuré dans un communiqué publié sur Instagram le 12 janvier.

. 18 décembre

Toujours à Belgrade, il réalise une interview et une séance photo avec le quotidien sportif français L'Equipe, alors qu'il sait qu'il est positif. "Je me suis senti obligé (...) car je ne voulais pas laisser tomber le journaliste, mais j'ai veillé à respecter la distanciation sociale et à porter un masque, sauf lorsque mon portrait photo a été fait", dit-il. Le Serbe reconnaît "une erreur de jugement" et admet qu'il aurait "dû reporter cet engagement."

. 25 décembre

Djokovic est photographié à Belgrade en compagnie du handballeur serbe Petar Djordjic.

. 31 décembre

L'académie SotoTennis tweete une vidéo de Djokovic s'entraînant à Marbella, en Espagne. Le 2 janvier, le journal local Diario le photographie en train de s'entraîner, toujours à Marbella.

. 4 janvier

Djokovic, qui n'a jamais communiqué sur son statut vaccinal, annonce sur les réseaux sociaux qu'il a obtenu une "dérogation" pour participer à l'Open d'Australie, où il vise une 10e victoire et un 21e sacre record dans un tournoi du Grand Chelem. Or les participants doivent fournir un certificat de vaccination ou une exemption médicale délivrée par un panel d'experts indépendants.

. 5 janvier

Le tennisman arrive dans la soirée à l'aéroport de Melbourne mais s'y trouve bloqué pour ne pas avoir rempli le bon formulaire pour le visa demandé afin d'entrer dans le pays.

Le Premier ministre australien Scott Morrison exige de Djokovic qu'il fournisse la preuve que la "dérogation médicale" dont il bénéficie pour participer au tournoi est justifiée, faute de quoi il sera renvoyé "chez lui par le premier avion".

Son visa est annulé.

. 6 janvier

Le joueur dépose un recours en justice contre cette annulation et son expulsion. Celle-ci est suspendue et il est placé dans un centre de rétention.

. 8 janvier

Ses avocats indiquent qu'il a obtenu une exemption de vaccination car il a été testé positif le 16 décembre.

. 10 janvier

Un juge australien ordonne la libération immédiate de Djokovic. Pour lui, si les autorités lui en avaient laissé le temps, il "aurait pu consulter d'autres personnes et présenter des arguments pour expliquer pourquoi son visa ne devrait pas être annulé".

Le gouvernement australien concède que la façon dont cet entretien a été mené n'était pas "raisonnable". Un avocat du gouvernement avertit toutefois que ce dernier peut encore décider de l'expulser, ce qui aurait pour conséquence de lui interdire l'entrée sur le territoire pendant trois ans.

Le patron du tennis australien Craig Tiley défend sa fédération contre les critiques l'accusant d'avoir induit les joueurs en erreur à propos de la réglementation pour entrer dans le pays, déclarant que le gouvernement avait "refusé" de vérifier la validité des exemptions médicales avant leur arrivée.

. 11 janvier

Le joueur reprend l'entraînement.

Il apparait qu'il n'a pas signalé dans le document remis à son arrivée en Australie son déplacement en Espagne, effectué dans les 14 jours précédant son arrivée à Melbourne, ce qui pourrait justifier son expulsion.

La bataille judiciaire menée par Djokovic pour entrer sur le territoire australien et y disputer l'Open d'Australie "a été préjudiciable sur tous les fronts, y compris pour le bien-être de Novak et sa préparation à l'Open d'Australie", estime l'ATP, qui gère le circuit de tennis masculin.

. 12 janvier

Djokovic dénonce dans un communiqué sur Instagram la "désinformation" à propos de ses apparitions en public après son test positif le 16 décembre et donne sa chronologie des événements. Pour avoir déclaré à tort à son arrivée en Australie n'avoir pas voyagé lors des 14 jours précédant, il reconnaît une "erreur humaine certainement pas délibérée" de la part de son "agent".

. 13 janvier

Le tirage au sort de l'Open d'Australie désigne le Serbe Miomir Kecmanovic (78e) comme adversaire de Djokovic au premier tour.

. 14 janvier

Le gouvernement australien annule à nouveau le visa de Djokovic, une décision prise "sur des bases sanitaires et d'ordre public", explique le ministre de l'Immigration Alex Hawke dans un communiqué. Elle implique que le joueur serbe sera interdit d'entrée dans le pays pendant trois ans, sauf dans certaines circonstances.


Ormuz: l'armée américaine dit avoir détruit des missiles, des drones et six petits bâteaux iraniens

Les forces armées américaines ont abattu des missiles et des drones iraniens qui visaient les bâtiments de l'US Navy et des navires commerciaux, et ont détruit six petits bateaux iraniens, a annoncé lundi l'amiral américain chargé du Moyen-Orient. (AFP)
Les forces armées américaines ont abattu des missiles et des drones iraniens qui visaient les bâtiments de l'US Navy et des navires commerciaux, et ont détruit six petits bateaux iraniens, a annoncé lundi l'amiral américain chargé du Moyen-Orient. (AFP)
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  • Les forces américaines ont "neutralisé efficacement" l'ensemble des "missiles et drones tirés contre nos forces et contre la navigation commerciale ", a déclaré à la presse l'amiral Brad Cooper, à la tête du CENTCOM
  • Téhéran avait affirmé plus tôt avoir tiré des "missiles de croisière, roquettes et drones de combat" vers des bâtiments américains

WASHINGTON: Les forces armées américaines ont abattu des missiles et des drones iraniens qui visaient les bâtiments de l'US Navy et des navires commerciaux, et ont détruit six petits bateaux iraniens, a annoncé lundi l'amiral américain chargé du Moyen-Orient.

Ces hostilités surviennent au premier jour d'une opération américaine destinée à porter assistance à des navires bloqués dans la région du Golfe et du détroit d'Ormuz, Donald Trump affirmant qu'il s'agit là d'un "geste humanitaire" pour aider les équipages.

D'une part, les forces américaines ont "neutralisé efficacement" l'ensemble des "missiles et drones tirés contre nos forces et contre la navigation commerciale ", a déclaré à la presse l'amiral Brad Cooper, à la tête du commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom).

Téhéran avait affirmé plus tôt avoir tiré des "missiles de croisière, roquettes et drones de combat" vers des bâtiments américains.

L'amiral a affirmé que la plus grande partie de ces attaques iraniennes ciblaient des navires commerciaux, et qu'une minorité avaient visé des bâtiments militaires américains.

D'autre part, des hélicoptères d'attaque Apache et Seahawk ont visé et détruit "six bateaux iraniens qui représentaient une menace pour la navigation commerciale ", a ajouté l'amiral Brad Cooper.

Donald Trump a affirmé de son côté que "sept petits bateaux" avaient été visés par les tirs américains.

Un haut responsable militaire iranien, cité par la télévision d'Etat, a démenti la destruction des navires iraniens.

"Ensemble défensif" 

Après ces tirs, l'armée israélienne a affirmé être en "état d'alerte élevé".

Selon Donald Trump, "il n'y a pas eu, pour le moment, de dégâts dans le détroit", à part des tirs contre un navire sud-coréen à propos desquels il n'a pas donné de détail.

L'armée américaine affirme que deux destroyers, d'imposants bâtiments qui peuvent tirer des missiles, ont traversé le détroit d'Hormuz dans le cadre de l'opération "Freedom project", annoncée dimanche, tandis que deux navires commerciaux battant pavillon américain ont fait le chemin inverse et "poursuivent leur route en sécurité".

Selon l'amiral Cooper, les forces armées américaines n'escortent pas directement les navires à travers le détroit mais ont déployé "plusieurs couches qui incluent des navires, des hélicoptères, des avions, des avertissements aériens et des attaques électroniques". Le tout constitue selon lui "un ensemble défensif bien plus large" qu'une "simple escorte".

Il a assuré qu'"au final, il y aura une voie de passage dans les deux sens", mais que pour l'instant, "la chose la plus importante (...) est que les navires puissent partir."

Il n'a pas explicitement cité le détroit d'Hormuz, voie stratégique par laquelle transite d'ordinaire un cinquième de la consommation mondiale de pétrole contrôlée par Téhéran depuis le début des hostilités lancées par les Etats-Unis et Israël le 28 février.

 


Russie: un immeuble endommagé à Moscou dans une frappe de drone ukrainienne

Un immeuble résidentiel a été endommagé à Moscou dans la nuit de dimanche à lundi dans une rare frappe de drone ukrainienne, a indiqué le maire de la capitale russe Sergueï Sobianine. (AFP)
Un immeuble résidentiel a été endommagé à Moscou dans la nuit de dimanche à lundi dans une rare frappe de drone ukrainienne, a indiqué le maire de la capitale russe Sergueï Sobianine. (AFP)
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  • "Le drone a visé un immeuble" dans la rue Mosfilmovskaïa, dans l'ouest de Moscou, a écrit sur Telegram Sergueï Sobianine le maire de la capitale russe
  • Pour sa part, la chaîne de télévision russe Vesti a diffusé des images sur lesquelles on voit un appartement endommagé, avec des murs effondrés et des portes brisées

MOSCOU: Un immeuble résidentiel a été endommagé à Moscou dans la nuit de dimanche à lundi dans une rare frappe de drone ukrainienne, a indiqué le maire de la capitale russe Sergueï Sobianine.

Cette attaque intervient à quelques jours des célébrations le 9 mai de la victoire soviétique sur l'Allemagne nazie, à l'occasion desquelles la Russie ne déploiera pas cette année de matériel militaire pour le traditionnel défilé sur la place Rouge - pour des raisons de sécurité, selon le Kremlin.

"Le drone a visé un immeuble" dans la rue Mosfilmovskaïa, dans l'ouest de Moscou, a écrit sur Telegram Sergueï Sobianine. "Personne n'a été blessé", a-t-il précisé.

Pour sa part, la chaîne de télévision russe Vesti a diffusé des images sur lesquelles on voit un appartement endommagé, avec des murs effondrés et des portes brisées.

Selon M. Sobianine, deux autres drones visant Moscou ont été abattus dans la nuit par les systèmes de défense aérienne et un autre appareil sans pilote a été neutralisé lundi matin.

Depuis le début de son offensive en Ukraine en février 2022, conflit le plus sanglant en Europe depuis la Deuxième Guerre mondiale, la Russie bombarde régulièrement l'ensemble du territoire ukrainien et notamment ses infrastructures essentielles.

En représailles, Kiev frappe des cibles en Russie, assurant viser des sites militaires mais aussi des infrastructures d'hydrocarbures afin de réduire la possibilité pour Moscou de financer son effort de guerre.

Si la région moscovite fait régulièrement l'objet d'attaques de drones ukrainiennes, Moscou elle-même est plus rarement visée.

L'Ukraine, qui tente de repousser l'offensive contre son territoire, avait cherché à perturber le défilé du 9 mai l'an dernier avec des attaques de drones visant Moscou les jours précédents.

Le Kremlin a annoncé que l'armée russe ne déploierait pas de matériel militaire lors du défilé sur la place Rouge samedi prochain en raison de la "menace terroriste" posée par Kiev.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a estimé lundi que la Russie ne pouvait "se permettre" actuellement de faire défiler des équipements militaires à Moscou et avait "peur" que des drones ukrainiens ne perturbent les commémorations. "Cela montre qu'ils ne sont pas forts", a-t-il affirmé lors d'un sommet en Arménie.


Trump lance une opération pour débloquer le détroit d'Ormuz, mise en garde de l'Iran

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  • A partir de lundi matin heure locale, la marine américaine escortera au travers du détroit d'Ormuz des navires de pays "qui n'ont rien à voir avec le conflit au Moyen-Orient", a annoncé M. Trump
  • Il a toutefois averti que si cette opération, baptisée Project Freedom ("Projet Liberté"), devait être entravée par l'Iran, cela "devrait malheureusement être traité par la force", en saluant des discussions "très positives" avec Téhéran

TEHERAN: Donald Trump a annoncé une opération à partir de lundi pour débloquer des navires bloqués depuis deux mois dans le Golfe, mais le commandement militaire iranien a prévenu qu'il attaquerait dans ce cas l'armée américaine.

Le président américain, qui a déclenché les hostilités contre l'Iran le 28 février avec Israël, a évoqué dimanche soir "un geste humanitaire" et de "bonne volonté" en faveur des marins bloqués par la fermeture du détroit d'Ormuz.

A partir de lundi matin heure locale, la marine américaine escortera au travers du détroit d'Ormuz des navires de pays "qui n'ont rien à voir avec le conflit au Moyen-Orient", a annoncé M. Trump.

Il a toutefois averti que si cette opération, baptisée Project Freedom ("Projet Liberté"), devait être entravée par l'Iran, cela "devrait malheureusement être traité par la force", en saluant dans le même temps des discussions "très positives" avec Téhéran par l'intermédiaire du Pakistan.

L'Iran a rétorqué lundi en menaçant l'armée américaine.

"Nous mettons en garde toute force armée étrangère, en particulier l'agressive armée américaine: s'ils ont l'intention de s'approcher du détroit d'Ormuz ou d'y pénétrer, ils seront ciblés et attaqués", a affirmé le général Ali Abdollahi, chef du commandement des forces armées.

"Toute intervention américaine dans le nouveau régime maritime du détroit d'Ormuz sera considérée comme une violation du cessez-le-feu" entré en vigueur le 8 avril, avait auparavant averti président de la commission du Parlement iranien sur la sécurité nationale, Ebrahim Azizi.

Dans un communiqué, le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a précisé que l'opération annoncée par Donald Trump impliquerait des destroyers lance-missiles, plus d'une centaine d'aéronefs et 15.000 soldats.

"Pénuries" 

Depuis le début des hostilités, l'Iran bloque le détroit d'Ormuz, par lequel transite d'ordinaire un cinquième de la consommation mondiale de pétrole. Washington a répliqué début avril en bloquant à son tour les ports iraniens.

Le président français Emmanuel Macron a appelé lundi à une réouverture du détroit d'Ormuz "concertée" entre "l'Iran et les Etats-Unis". Il s'est montré sceptique quant à la nouvelle opération lancée par Donald Trump, jugeant son cadre "pas clair".

"La fermeture effective du détroit d'Ormuz a des répercussions énormes sur l'Indo-Pacifique", a souligné pour sa part la Première ministre japonaise Sanae Takaichi, la région étant très dépendante du Moyen-Orient pour son énergie.

Le blocage du détroit a fait flamber les cours du pétrole au plus haut depuis 2022 et l'invasion de l'Ukraine par la Russie. Les prix se sont stabilisés lundi sur les marchés asiatiques, avec un baril de Brent, la référence mondiale, grappillant 0,39% à 108,59 dollars, bien loin des 126 dollars dépassés jeudi.

Le nombre de navires commerciaux présents dans le Golfe s'élevait à 913 le 29 avril, dont 270 pétroliers et une cinquantaine de navires gaziers, a indiqué jeudi l'entreprise spécialisée dans le suivi maritime AXSMarine. Quelque 20.000 marins seraient concernés, selon un haut responsable de l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO.

"Beaucoup de ces navires subissent des pénuries de nourriture et de tout ce qui est nécessaire pour permettre aux équipages de rester à bord de façon saine", a souligné Donald Trump.

"Au cimetière" 

Depuis le début de la guerre, qui a fait des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban, Téhéran a instauré de facto des droits de passage pour franchir le détroit.

La situation est bloquée depuis le cessez-le-feu du 8 avril, après quasiment 40 jours de frappes israélo-américaines sur l'Iran et de représailles de Téhéran dans la région.

Entre le détroit d'Ormuz et le volet nucléaire, les points de discorde restent importants et les efforts pour relancer les négociations ont échoué, malgré une première rencontre directe au Pakistan le 11 avril.

Pour redonner une chance aux discussions, Téhéran a soumis une nouvelle proposition à Washington, qui y a répondu, a indiqué dimanche la diplomatie iranienne.

Selon l'agence Tasnim, Téhéran réclame dans ce plan une liste de mesures: le retrait des forces américaines des zones proches de l'Iran, la levée du blocus des ports iraniens et du gel des avoirs du pays, le financement de réparations, la levée des sanctions, un "mécanisme" concernant le détroit d'Ormuz et "la fin de la guerre sur tous les fronts y compris au Liban".

Le dossier nucléaire ne figure apparemment pas dans le plan, or il s'agit d'une question centrale pour les Etats-Unis et Israël, qui accusent l'Iran de vouloir se doter de la bombe atomique - ce que la République islamique dément.