Un officier jordanien tué lors d’affrontements avec des trafiquants de drogue en provenance de Syrie

Un officier de l’armée jordanienne a été tué dimanche dernier après que des trafiquants de drogue qui tentaient d’entrer dans le pays à partir de la Syrie ont ouvert le feu sur un avant-poste de l’armée le long de la frontière. (Reuters)
Un officier de l’armée jordanienne a été tué dimanche dernier après que des trafiquants de drogue qui tentaient d’entrer dans le pays à partir de la Syrie ont ouvert le feu sur un avant-poste de l’armée le long de la frontière. (Reuters)
Short Url
Publié le Lundi 17 janvier 2022

Un officier jordanien tué lors d’affrontements avec des trafiquants de drogue en provenance de Syrie

  • Les contrebandiers ont fui vers la Syrie, laissant derrière eux des stocks importants de drogue, peut-on lire dans un communiqué publié par l’armée jordanienne
  • Des responsables affirment que le Hezbollah libanais, ainsi que d’autres milices soutenues par l’Iran, sont à l’origine de la contrebande de Captagon

AMMAN: Dimanche dernier, un officier de l’armée jordanienne a été tué et trois autres militaires blessés alors qu’ils tentaient d’empêcher des trafiquants de drogue d’entrer dans le pays à partir de la Syrie.
L’agence de presse officielle Petra rapporte que le capitaine Mohammed Yasin Khdeirat est mort et que trois de ses collègues ont subi des blessures après un échange de tirs près des frontières nord-est de la Jordanie avec la Syrie.
Selon le rapport, les tirs auraient eu lieu à 4 heures du matin. Les trafiquants de drogue ont ouvert le feu et «les soldats jordaniens ont riposté».
Les contrebandiers ont fui vers la Syrie, laissant derrière eux des stocks importants de drogue, peut-on lire dans un communiqué publié par l’armée jordanienne.
«L’armée ripostera de toutes ses forces et avec la plus grande fermeté contre toute tentative d’infiltration afin de protéger nos frontières et d’éloigner quiconque violerait notre sécurité nationale.»
D’importantes cargaisons de drogue ont été saisies après que les trafiquants ont déserté les lieux.
La Syrie est responsable du trafic de drogue vers la Jordanie, déclare à Arab News Mamoun Abou Nuwar, analyste militaire et ancien général de l’armée de l’air jordanienne. Il affirme que la crise syrienne est à l’origine du problème.
«Les frontières avec la Syrie sont une source de menace pour la Jordanie sur le plan du terrorisme et au niveau du trafic de drogue. La Jordanie souhaite redonner une certaine légitimité à la Syrie; mais nous ne percevons toujours pas d’efforts sérieux de la part de cette dernière pour mettre fin à cette menace à travers les frontières.»
Le commerce de drogue rapporterait environ 4 milliards de dollars (1 dollar = 0,88 euro), ajoute-t-il, et les trafiquants de drogue utilisent la Jordanie comme terrain de transit.
«Les États du Golfe sont la destination finale de ces drogues», indique-t-il.
Les responsables jordaniens ont fait part de leur inquiétude devant l’augmentation du trafic de drogue en provenance de Syrie au cours de l’année dernière, avec de grandes quantités cachées dans des camions syriens qui passent par son principal poste frontalier en direction du Golfe.
La Jordanie a récemment abattu un drone qui transportait une grande quantité de drogue à travers la frontière.
Des responsables affirment que le Hezbollah libanais, ainsi que d’autres milices soutenues par l’Iran et qui dominent le sud de la Syrie, étaient à l’origine de la contrebande d’une drogue populaire et interdite – un stimulant connu sous le nom de «Captagon» – qui possède un marché en plein essor dans le Golfe. Le Hezbollah nie ces accusations.
Les experts de l’ONU en matière de drogue affirment que la Syrie, déchirée par une guerre civile qui se prolonge depuis une décennie, est devenue le principal site de production des drogues à destination de la Jordanie, de l’Irak, du Golfe et de l’Europe.
Les autorités syriennes ont fait part ces derniers mois de plusieurs interceptions importantes de drogues destinées aux marchés du Golfe. Elles ont affirmé qu’elles faisaient tout leur possible pour mettre un terme à la production généralisée dans le pays.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le Liban annonce qu'une délégation américaine supervisera le début du retrait israélien

L'ambassadeur des Etats-Unis au Liban a informé le président libanais jeudi de la venue prochaine d'une délégation américaine pour superviser le début de l'application du retrait israélien de "zones pilotes" dans le sud, a rapporté la présidence. (AFP)
L'ambassadeur des Etats-Unis au Liban a informé le président libanais jeudi de la venue prochaine d'une délégation américaine pour superviser le début de l'application du retrait israélien de "zones pilotes" dans le sud, a rapporté la présidence. (AFP)
  • Reçu par le président libanais Joseph Aoun, l'ambassadeur américain Michel Issa l'a informé qu'une "délégation militaire arriverait à Beyrouth dans les prochains jours pour coordonner et définir le mécanisme de mise en œuvre sur le terrain" de la clause
  • "La première zone pilote sera lancée d'ici quelques jours, et d'autres zones pilotes sont actuellement à l'étude et en cours de planification", a précisé, sous couvert d'anonymat, un responsable américain à Washington

BEYROUTH: L'ambassadeur des Etats-Unis au Liban a informé le président libanais jeudi de la venue prochaine d'une délégation américaine pour superviser le début de l'application du retrait israélien de "zones pilotes" dans le sud, a rapporté la présidence.

Un accord-cadre conclu à Washington le 26 juin entre le Liban et Israël, en guerre depuis des décennies, prévoit que l'armée libanaise commence à se déployer dans des zones dont se retirerait Israël, qui occupe une partie du sud, sous réserve du désarmement du Hezbollah pro-iranien.

Reçu par le président libanais Joseph Aoun, l'ambassadeur américain Michel Issa l'a informé qu'une "délégation militaire arriverait à Beyrouth dans les prochains jours pour coordonner et définir le mécanisme de mise en œuvre sur le terrain" de la clause relative aux "zones pilotes", selon un communiqué de la présidence.

"La première zone pilote sera lancée d'ici quelques jours, et d'autres zones pilotes sont actuellement à l'étude et en cours de planification", a précisé, sous couvert d'anonymat, un responsable américain à Washington.

Il a déclaré que le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) assurerait la coordination avec les deux pays concernant ces zones.

"Nous allons bientôt entamer des discussions avec des partenaires internationaux afin d'aider le gouvernement libanais à rétablir effectivement sa souveraineté dans ces zones, puis plus largement sur l'ensemble de son territoire", a ajouté ce responsable.

Il a confirmé que les discussions prévues à Rome les 15 et 16 juillet entre Israël et le Liban auraient bien lieu, après qu'une source diplomatique eut indiqué plus tôt à l'AFP que le Liban avait exigé un retrait israélien avant de participer aux pourparlers.

Le président libanais Joseph Aoun a de son côté appelé une nouvelle fois les Etats-Unis à "faire pression sur Israël". Il a également souligné, devant des visiteurs, "l'importance de parvenir à mettre fin à l'état d'hostilité" avec son voisin.

L'accord-cadre n'établit pas de calendrier de retrait du sud du Liban, où Israël a annoncé vouloir pour l'heure maintenir ses troupes dans une zone pouvant s'étendre jusqu'à dix kilomètres de sa frontière.

Il a été conclu à l'issue de cinq cycles de négociations entre le Liban et Israël, inédites depuis des décennies, à Washington.

Les négociations de Rome seront suivies par une visite de M. Aoun aux Etats-Unis, prévue le 21 juillet selon l'ambassade libanaise à Washington.

Le Hezbollah, qui a entraîné le Liban dans la guerre régionale en mars en soutien à Téhéran, est opposé aux négociations directes avec Israël et refuse d'être désarmé.

"Aucune clause de l'accord ne passera", a une nouvelle fois martelé cette semaine le chef du Hezbollah Naïm Kassem.


Gaza: des tirs israéliens font 9 morts, selon les secours

Neuf personnes ont été tuées mercredi par des tirs israéliens dans la bande de Gaza, selon la Défense civile et des sources médicales du territoire palestinien, ravagé par la guerre entre le Hamas et Israël. (AFP)
Neuf personnes ont été tuées mercredi par des tirs israéliens dans la bande de Gaza, selon la Défense civile et des sources médicales du territoire palestinien, ravagé par la guerre entre le Hamas et Israël. (AFP)
  • L'hôpital Nasser, situé dans le sud de Gaza à Khan Younès, a annoncé avoir reçu les dépouilles de quatre personnes, dont une femme, âgées de 10 à 39 ans et tuées dans une frappe aérienne visant une tente de déplacés
  • L'établissement a également indiqué avoir reçu le corps d'Ahmad Salim, un chauffeur de camion tué par des tirs israéliens à al-Mawasi, une zone située dans le sud de Gaza

GAZA: Neuf personnes ont été tuées mercredi par des tirs israéliens dans la bande de Gaza, selon la Défense civile et des sources médicales du territoire palestinien, ravagé par la guerre entre le Hamas et Israël.

La Défense civile, un organisme opérant sous l'autorité du mouvement islamiste Hamas, a recensé neuf morts en plusieurs endroits, dans des frappes aériennes et des tirs.

L'hôpital Nasser, situé dans le sud de Gaza à Khan Younès, a annoncé avoir reçu les dépouilles de quatre personnes, dont une femme, âgées de 10 à 39 ans et tuées dans une frappe aérienne visant une tente de déplacés.

L'établissement a également indiqué avoir reçu le corps d'Ahmad Salim, un chauffeur de camion tué par des tirs israéliens à al-Mawasi, une zone située dans le sud de Gaza.

L'armée israélienne a affirmé que M. Salim s'était dirigé en courant vers des soldats qui interrogeaient d'autres chauffeurs de camion interpellés.

Les soldats ont ouvert le feu dans sa direction après "avoir identifié une menace immédiate", a précisé l'armée, affirmant enquêter sur les autres incidents survenus mercredi.

L'hôpital Al-Chifa, à Gaza-ville, a de son côté déclaré avoir reçu quatre corps: celui d'un enfant tué par des tirs israéliens dans l'est de la ville, celui d'un homme tué dans une frappe aérienne dans l'ouest et deux autres tués dans un bombardement ayant visé un véhicule.

L'armée israélienne a confirmé à l'AFP avoir mené une frappe aérienne sur la ville de Gaza, mais a dit ne pas "être au courant" d'un bombardement dans l'ouest de la ville.

Israël et le Hamas s'accusent presque quotidiennement de violer le cessez-le-feu dans le territoire dévasté.

Au moins 1.084 Palestiniens y ont été tués depuis son entrée en vigueur en octobre, selon le ministère de la Santé du territoire, également placé sous l'autorité du Hamas et dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU.

Dans le même temps, Israël a recensé cinq soldats et un contractuel travaillant pour le ministère de la Défense tués dans le territoire palestinien.

Les restrictions imposées aux médias et l'accès limité à Gaza empêchent l'AFP de vérifier de manière indépendante les bilans ou de couvrir librement les violences sur place.


La justice libanaise remet en liberté un célèbre chanteur libano-palestinien devenu islamiste

  • Cet artiste connu dans le monde arabe s'était rendu après douze ans de cavale passés dans le camp de réfugiés palestiniens d'Aïn al-Heloué, près de Saïda (sud), qui échappe au contrôle aux autorités libanaises
  • Il est poursuivi dans quatre affaires liées à sa participation présumée en 2013 à des affrontements à Saïda, aux côtés du cheikh radical Ahmad al-Assir, contre l'armée libanaise, dont 18 soldats avaient été tués

BEYROUTH: La justice libanaise a décidé mercredi de remettre en liberté un célèbre chanteur libano-palestinien devenu islamiste, Fadl Chaker, qui s'était rendu aux autorités en octobre 2025, a indiqué une source judiciaire à l'AFP.

Cet artiste connu dans le monde arabe s'était rendu après douze ans de cavale passés dans le camp de réfugiés palestiniens d'Aïn al-Heloué, près de Saïda (sud), qui échappe au contrôle aux autorités libanaises.

Il est poursuivi dans quatre affaires liées à sa participation présumée en 2013 à des affrontements à Saïda, aux côtés du cheikh radical Ahmad al-Assir, contre l'armée libanaise, dont 18 soldats avaient été tués.

Il va être remis en liberté moyennant deux cautions d'une valeur cumulée de près de 3.500 dollars, a précisé la source judiciaire.

Le montant a été versé et Fadl Chaker doit sortir de prison mercredi, a-t-elle ajouté.

Pendant ses années de fuite, la justice l'avait condamné par contumace à des peines allant de cinq à 15 ans de prison avec travaux forcés dans ces dossiers.

Quelques mois avant de s'être rendu, Fadl Chaker avait sorti des chansons qui arrivaient en tête des classements dans le monde arabe. Ses clips vidéo, tournés dans le camp de Aïn el-Heloué, atteignaient des centaines de millions de vues sur YouTube.

Assir avait lui été arrêté en 2015, et condamné à mort avec sursis en 2017 pour "terrorisme".