Semaine de la durabilité d’Abu Dhabi: le point sur les progrès

Cérémonie d’ouverture de la Semaine de la durabilité d’Abu Dhabi, la plate-forme mondiale pour accélérer la mise en place des objectifs de développement durable, organisée par Masdar – Abu Dhabi Future Energy Company. (Wam)
Cérémonie d’ouverture de la Semaine de la durabilité d’Abu Dhabi, la plate-forme mondiale pour accélérer la mise en place des objectifs de développement durable, organisée par Masdar – Abu Dhabi Future Energy Company. (Wam)
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Publié le Vendredi 21 janvier 2022

Semaine de la durabilité d’Abu Dhabi: le point sur les progrès

  • Les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite ont été cités par les participants comme exemples pour le reste du monde, en raison de la force de leurs initiatives pionnières en matière d’«énergie verte»
  • Le Moyen-Orient et la Corne de l’Afrique vont jouer un rôle crucial dans la transition vers les énergies propres et renouvelables», déclare l’envoyé spécial pour le climat, John Kerry

DUBAÏ: Les efforts déployés par les gouvernements du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord (Mena) pour accélérer l’action pour le climat ont été salués lors de la Semaine de la durabilité d’Abu Dhabi, qui s’est tenue dans la capitale des Émirats arabes unis (EAU).

Depuis son lancement en 2008, cet événement rassemble les membres de la communauté mondiale pour accélérer la réalisation des objectifs de développement durable.

Les événements de cette année ont fourni aux chefs d’État, aux décideurs politiques, aux chefs d’entreprise et aux pionniers de la technologie, une plate-forme pour partager des connaissances, présenter des solutions novatrices et définir des stratégies pour mener à bien l’action pour le climat.

Dans un contexte d'inquiétude croissante concernant les répercussions du réchauffement climatique, les EAU et l’Arabie saoudite ont été cités par les participants comme exemples pour le reste du monde, en raison de la force de leurs initiatives pionnières en matière d’«énergie verte».

John Kerry, envoyé spécial du président américain, Joe Biden, pour le climat, a détaillé les progrès considérables réalisés par les pays de la région Mena.

Les EAU s’apprêtent à accueillir la Conférence des nations unies sur les changements climatiques (COP28) en 2023, ce qui en fait le troisième pays arabe à recevoir cet honneur. La COP27 devrait se tenir en Égypte plus tard cette année, dix ans exactement après que le Qatar est devenu le premier pays arabe à accueillir les représentants de la COP.

Organisée une fois par an, la conférence réunit les représentants des gouvernements qui ont signé la Convention-cadre des nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) pour discuter de la manière de lutter conjointement contre le réchauffement climatique.

L’accord de Paris sur le climat, signé par presque tous les pays du monde lors de la COP21 en 2015, vise, entre autres, à maintenir la hausse de la température moyenne mondiale «bien en dessous» de 2°C par rapport aux niveaux préindustriels, et à la stabiliser idéalement à 1,5°C.

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Les Émirats arabes unis s’apprêtent à accueillir la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP28) en 2023, ce qui en fait le troisième pays arabe à recevoir cet honneur. (AFP)

La région connaît un essor remarquable et c’est un message extrêmement important pour le reste du monde. Ceux qui produisent la source actuelle de notre électricité, de notre énergie et de notre chauffage reconnaissent qu’il y aura une transition», affirme M. Kerry.

«Nous nous dirigeons de toute évidence vers une énergie propre et renouvelable, ainsi que des structures durables. Le Moyen-Orient et la Corne de l’Afrique vont jouer un rôle crucial à cet égard au cours des deux années à venir.»

En effet, les producteurs de pétrole et de gaz de la région Mena sont de plus en plus considérés comme faisant partie de la solution. Dans la région, les émissions de méthane découlant de leur production sont parmi les plus faibles.

Alors que le dioxyde de carbone (CO2) est largement identifié comme le principal responsable du réchauffement climatique, le méthane est le deuxième sur la liste des pires gaz à effet de serre qui contribuent au changement climatique.

L’ensemble des émissions indirectes de gaz à effet de serre provenant des opérations pétrolières et gazières s’élève désormais à l’équivalent de 5 200 millions de tonnes de CO2. Le méthane est le principal composant de ces émissions indirectes.

Contrairement au CO2, qui reste dans l’atmosphère pendant des milliers d’années, le méthane disparaît en seulement dix à quinze ans. Cependant, tant qu’il est dans l’atmosphère, l’effet du méthane est jusqu’à quatre-vingt-cinq fois plus néfaste que le CO2 (sur une période de vingt ans).

«C’est un sérieux problème lorsqu’on se projette sur les dix prochaines années. Notre plus grand défi consiste à essayer de réduire nos émissions d’au moins 45 %», déclare M. Kerry. «Pour y parvenir, le méthane doit faire partie de la solution et, pour une raison quelconque, personne ne s’est vraiment penché sur la question», poursuit-il.

Cette année, le président Biden et l’Union européenne (UE) ont fait part d’une initiative visant à inciter 109 pays à signer l’engagement sur le méthane et à commencer à travailler ensemble pour «colmater les fuites».

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John Kerry, envoyé spécial du président américain, Joe Biden, pour le climat, a détaillé les progrès considérables réalisés par les pays de la région Mena. (Photo fournie)

L’espoir collectif est de réduire de 30 % les émissions mondiales de méthane d’ici à 2030 – ce qui équivaut à ce que chaque automobile, camion, avion et navire n'émette plus rien pendant cette période. «Ce serait une victoire colossale pour nous tous», souligne M. Kerry. «Cela permettrait de réduire de quelque 0,2°C la hausse de la température au cours de ces dix années, ce serait un gain remarquable dès maintenant», ajoute-t-il.

Le chemin qui mène vers des économies et des sociétés durables devra surmonter la menace existentielle que représente le changement climatique. Le dernier rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) prédit que chaque région du monde connaîtra des changements simultanés et multiples dans les facteurs ayant des incidences climatiques, comme les précipitations, les sécheresses et les incendies de forêt.

«Mais ces chiffres ne sont rien en comparaison avec les bouleversements prévus dans les décennies à venir», indique Halimah Yacob, la présidente de Singapour, aux participants à la Semaine de la durabilité d’Abu Dhabi.

«La lutte contre le changement climatique demeure néanmoins un défi immensément complexe et elle doit aller bien au-delà des conférences annuelles. Elle nécessite une réponse mondiale au moyen de plans ambitieux, d’actions concrètes et d’un engagement résolu de tous les pays, grands et petits. C’est la seule façon de combler les écarts d’émissions et d’atteindre notre objectif collectif «“zéro émission nette”».

Aujourd’hui, les sources d’énergie renouvelables et propres ne fournissent que 20 % de l’électricité mondiale. Les prévisions actuelles estiment qu’elles ne représenteront que 40 % de la production mondiale totale d’ici à 2040.

Selon Awaidha Murshed Ali al-Marar, président du Département de l’énergie d’Abu Dhabi, cela signifie que le monde devra encore utiliser des combustibles fossiles pour les décennies à venir.

«Comme pour toute maladie grave, le traitement ne sera efficace et durable que s’il intègre des ajustements essentiels du mode de vie», précise M. Al-Marar dans son discours. «Il est primordial que nous établissions de nouveaux partenariats régionaux et internationaux», indique-t-il.

Cheikh Nasser ben Hamad al-Khalifa, représentant du roi du royaume de Bahreïn pour les œuvres humanitaires et les affaires de la jeunesse et président du Comité olympique de Bahreïn, affirme qu’avec la date limite fixée pour atteindre les objectifs de développement durable de l’Organisation des nations unies (ONU) d’ici à huit ans seulement, les jeunes devraient pouvoir s’asseoir à la table des négociations sur le climat pour garantir un avenir plus vert.

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Cheikh Nasser ben Hamad al-Khalifa, représentant du roi du royaume de Bahreïn pour les œuvres humanitaires et les affaires de la jeunesse et président du Comité olympique de Bahreïn, affirme que les jeunes devraient pouvoir s’asseoir à la table des négociations sur le climat pour garantir un avenir plus vert. (Photo fournie)

Les 1,8 milliard de jeunes citoyens du monde seront les plus touchés par la crise climatique. Ils sont considérés comme les plus engagés dans le changement et ils sont porteurs d’idées innovantes pour apporter des changements positifs à l’avenir, souligne M. Al-Khalifa lors de son intervention.

«Les jeunes sont passionnés, énergiques, curieux, engagés, connectés, bien informés et dotés de compétences technologiques», insiste M. Al-Khalifa.

«Sans soutien, ils ne pourront pas tirer profit de ces atouts uniques pour être de véritables acteurs de changement dans la création d’un avenir zéro émission nette. Nous devons faire confiance aux jeunes qui ont le pouvoir de mettre en place des changements significatifs.»

Le royaume de Bahreïn a mis en place plusieurs initiatives pour impliquer sa jeunesse dans le processus, conformément à son plan Vision économique 2030, note M. Al-Khalifa.

Il place de grands espoirs chez les jeunes, les décrivant comme «flexibles, résilients et férus de technologie». Le Royaume les qualifie de «pionniers» et d’«innovateurs». «Tout cela leur donne la capacité de s’adapter à l’innovation, aux perturbations et aux catalyseurs de nouvelles idées et de solutions créatives», poursuit le cheikh.

«Cette éthique positive et cette culture de la jeunesse se développent dans différents secteurs et sphères. Au moment où nous empruntons une voie qui nous conduit vers un avenir plus vert, les jeunes resteront le moteur de la transformation socio-économique et culturelle au sein de nos communautés.»

Malgré l’énorme engagement pris à Glasgow lors de la COP26 l’année dernière, M. Kerry affirme que le défi aujourd’hui est de coopérer avec les 35 % restants et de les intégrer le plus rapidement possible pour atteindre cet objectif.

«Nous savons que le réchauffement poursuit sa course effrénée, en particulier en Arctique, où la glace fond beaucoup plus rapidement que partout ailleurs sur la planète», s’alarme-t-il.

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Awaidha Murshed Ali Al-Marar, président du Département de l'énergie d'Abou Dhabi, s'adresse à la Semaine de la durabilité d'Abou Dhabi. (Fourni)

«À mesure que la glace fond, elle fait remonter les eaux sombres et saumâtres de l’océan, qui contiennent plus de chaleur et qui accélèrent le réchauffement. On obtient donc une boucle de rétroaction négative.»

Alors que les coulées de boue, les tempêtes et les inondations s'intensifient dans le monde, M. Kerry a souligné que lorsque les pays se réuniront l'année prochaine pour évaluer leurs progrès, grâce à l'avantage de la visibilité par satellite, chaque pays sera tenu pour responsable sans avoir à présenter de rapport.

«Les gens pourront évaluer l’ampleur de la déforestation et de l’empreinte carbone des grandes entreprises et des pays», explique-t-il. «Nous avons fait un grand pas en avant, mais personne n’avance assez vite. Nous sommes très en retard dans la fermeture de nos centrales au charbon et nous devrons fournir plus d’efforts pour arrêter les fuites de méthane et déployer des énergies renouvelables.»

Dans cette course contre le temps, cependant, le secteur privé jouera un rôle crucial. M. Kerry pense qu’aucun gouvernement ne peut se permettre d’accélérer une telle transition à lui seul. Les efforts mondiaux ont mobilisé plus de 100 000 milliards de dollars (1 dollar = 0,88 euro) prêts à être investis dans de nouvelles technologies liées à l’énergie propre, au stockage des batteries, à la capture, l’utilisation et le stockage du carbone, ainsi qu’aux réseaux intelligents et à l’hydrogène.

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Parmi les participants à la Semaine de la durabilité d’Abu Dhabi figurent Alok Sharma (à gauche), ministre britannique et président de la COP26, et Halimah Yacob (à droite), présidente de Singapour. (Captures d’écran/ Semaine de la durabilité d’Abu Dhabi)

«La réalité, c’est qu’il faudra des investissements très importants pour effectuer cette transition», annonce M. Kerry. «L’énergie produit des revenus; nous devons donc faire preuve de créativité dans la manière d’utiliser cet argent», conseille-t-il.

«Il vaut mieux investir dans un grand champ solaire ou un nouveau produit énergétique qui générera des revenus, plutôt que de garder votre argent à la banque avec des revenus nets d’intérêt négatif.»

Parmi les participants à la Semaine de la durabilité d’Abu Dhabi figurent Alok Sharma, ministre britannique et président de la COP26, qui s’est rendu aux EAU depuis l’Égypte, où il a rencontré de nombreux ministres du gouvernement, dont le futur président de la COP égyptienne, le ministre des Affaires étrangères, Sameh Choukri.

Ensemble, ils ont publié une déclaration entre le Royaume-Uni et l’Égypte qui confirme leur engagement commun à accélérer la lutte contre le changement climatique au cours de cette décennie.

Les premières visites de M. Sharma après la COP26 se termineront par une réunion entre l’Égypte, les EAU et le Royaume-Uni à Abu Dhabi – la première d’une série d'engagements entre les pays en préparation des COP27 et COP28.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Les fidèles musulmans sur le mont Arafat, étape phare du hajj

Le site offrant peu ou pas d'ombre, des bénévoles distribuaient de l'eau, des parasols et des collations aux pèlerins, tandis que des hélicoptères survolaient régulièrement la zone. (AN Photo/Loai Elkelawy)
Le site offrant peu ou pas d'ombre, des bénévoles distribuaient de l'eau, des parasols et des collations aux pèlerins, tandis que des hélicoptères survolaient régulièrement la zone. (AN Photo/Loai Elkelawy)
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  • Plus de 1,5 million de personnes participent au hajj cette année, à l'ombre de la guerre au Moyen-Orient, déclenchée le 28 février par l'offensive israélo-américaine contre l'Iran
  • Téhéran avait riposté en visant des bases militaires et infrastructures énergétiques chez ses voisins du Golfe, notamment en Arabie saoudite. Un fragile cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril

LA MECQUE: Une foule de musulmans a prié mardi sur le mont Arafat, pour l'étape phare du grand pèlerinage à La Mecque, bravant la chaleur brûlante du désert pour accomplir le rêve d'une vie.

Dès l'aube, les fidèles se sont rassemblés pour réciter le Coran sur et autour de cette colline de 70 mètres de haut, située à environ 20 kilomètres de La Mecque, où le prophète Mahomet a prononcé, selon la tradition musulmane, son dernier sermon.

Le site offrant peu ou pas d'ombre, des bénévoles distribuaient de l'eau, des parasols et des collations aux pèlerins, tandis que des hélicoptères survolaient régulièrement la zone.

"C'est un sentiment indescriptible", a affirmé Ahmed Abou al-Ezz, un ingénieur égyptien de 35 ans, en marchant vers le mont Arafat pour la première fois de sa vie.

Plus de 1,5 million de personnes participent au hajj cette année, à l'ombre de la guerre au Moyen-Orient, déclenchée le 28 février par l'offensive israélo-américaine contre l'Iran.

Téhéran avait riposté en visant des bases militaires et infrastructures énergétiques chez ses voisins du Golfe, notamment en Arabie saoudite. Un fragile cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril.

Quelque 30.000 pèlerins iraniens ont fait le voyage à La Mecque, soit beaucoup moins que les 86.000 initialement annoncés, en raison des tensions, selon la compagnie Iran Air, citée par l'agence de presse officielle Irna.

Malgré la situation régionale, la ville sainte a accueilli plus de fidèles étrangers que l'année dernière, selon les autorités saoudiennes.

Pour Karim Hazem, un pèlerin tunisien de 40 ans, "cet endroit est celui où le Seigneur rassemble la communauté des croyants, et nous rappelle que nous pouvons être réunis en tant que peuples".

Chaleur intense 

Le pèlerinage, l'un des cinq piliers de l'islam, est censé être accompli par tout musulman au moins une fois dans sa vie s'il en a les moyens. Il consiste en une série de rites codifiés sur plusieurs jours au cœur de La Mecque et dans ses environs.

Avec des températures atteignant les 44 degrés ces derniers jours, les autorités saoudiennes ont exhorté les pèlerins à boire beaucoup d'eau et à se protéger du soleil pendant les rites qui se déroulent principalement en plein air.

Les scientifiques affirment que le changement climatique causé par l'activité humaine amplifient les phénomènes météorologiques extrêmes, notamment les vagues de chaleur intenses.

Le port de chapeaux étant interdit pour les hommes durant le hajj, de nombreux pèlerins utilisent des parasols pour se protéger du soleil.

Après la mort de plus de 1.300 personnes en 2024, sous des températures dépassant les 50 degrés, les autorités saoudiennes ont mis en place des mesures visant à limiter les effets de la chaleur, notamment davantage de zones ombragées.

Plus de 50.000 agents de santé et 3.000 ambulances ont également été déployés pour aider les pèlerins dans le besoin, a indiqué le ministère saoudien de la Santé.

Après le mont Arafat, les fidèles se rendent à Muzdalifah, où ils ramassent des cailloux afin de procéder à la symbolique "lapidation du diable" mercredi.

L'Arabie saoudite, qui abrite les sanctuaires les plus sacrés de l'islam à La Mecque et à Médine, génère des milliards de dollars chaque année grâce au hajj et à la Omra, le petit pèlerinage entrepris à d'autres moments de l'année.


Liban: frappes sur la ville de Nabatiyé dans le sud, 11 morts dans un raid sur l'est

Des frappes ont visé mardi la ville de Nabatiyé dans le sud du Liban après un ordre israélien d'évacuation inédit, au lendemain de la mort d'au moins 11 personnes dans un raid israélien sur l'est du pays, selon les autorités. (AFP)
Des frappes ont visé mardi la ville de Nabatiyé dans le sud du Liban après un ordre israélien d'évacuation inédit, au lendemain de la mort d'au moins 11 personnes dans un raid israélien sur l'est du pays, selon les autorités. (AFP)
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  • A Nabatiyé, un correspondant de l'AFP a fait état de plusieurs frappes après l'avertissement d'Israël, et a pu voir de la fumée s'élever de plusieurs endroits
  • "Vous devez évacuer vos maisons immédiatement et vous déplacer au nord de la rivière Zahrani", avait indiqué plus tôt sur X un porte-parole militaire arabophone, Avichay Adraee, en s'adressant aux habitants de cette grande ville du sud

BEYROUTH: Des frappes ont visé mardi la ville de Nabatiyé dans le sud du Liban après un ordre israélien d'évacuation inédit, au lendemain de la mort d'au moins 11 personnes dans un raid israélien sur l'est du pays, selon les autorités.

Dans le même temps, l'armée israélienne a annoncé étendre ses opérations terrestres contre le Hezbollah au-delà de la "ligne jaune" qu'elle a établie dans le sud du Liban.

Cette pression accrue intervient au lendemain de la menace du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu d'intensifier les frappes pour "écraser" le mouvement pro-iranien.

A Nabatiyé, un correspondant de l'AFP a fait état de plusieurs frappes après l'avertissement d'Israël, et a pu voir de la fumée s'élever de plusieurs endroits.

"Vous devez évacuer vos maisons immédiatement et vous déplacer au nord de la rivière Zahrani", avait indiqué plus tôt sur X un porte-parole militaire arabophone, Avichay Adraee, en s'adressant aux habitants de cette grande ville du sud.

Désertée par une grande partie de ses habitants depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, Nabatiyé continue d'être pilonnée malgré la trêve entrée en vigueur le 17 avril.

D'autres frappes dans le sud ont fait au moins un mort et deux blessés parmi des secouristes affiliés au mouvement Amal, allié du Hezbollah, à Srifa, selon le ministère de la Santé, ce qui porte à 120 le nombre de secouristes tués dans le conflit.

Plusieurs localités du sud, notamment dans la région de Tyr, ont aussi été ciblées, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).

La veille, des ordres d'évacuation pour Tyr avaient provoqué la panique et un mouvement d'exode parmi les habitants encore présents dans la ville millénaire, d'après un correspondant de l'AFP.

Un barrage menacé 

L'armée israélienne a également émis mardi un ordre d'évacuation pour Machghara et Sohmor, deux localités dans l'est du Liban, où elle a en outre visé les environs du barrage de Qaraoun, selon l'Ani.

L'organisme chargé du barrage a appelé les autorités libanaises à faire pression sur la communauté internationale pour empêcher toute attaque aux "risques catastrophiques pour les habitants".

Des bombardements avaient eu lieu lundi soir dans cette région du pays, faisant au moins 11 morts à Machghara, dont deux enfants et une femme, et 15 blessés, a annoncé mardi le ministère de la Santé.

L'armée israélienne avait indiqué avoir frappé dans la nuit plus de 100 cibles du Hezbollah.

De son côté, le Hezbollah a annoncé que ses combattants avaient fait barrage mardi à l'aube à "une force israélienne (...) qui avançait en direction de Zaoutar", village surplombant Nabatiyé, situé à une dizaine de kilomètres de la frontière.

Le groupe a dit avoir eu recours notamment à "des obus et drones d'attaques", ajoutant que les "combats directs" se poursuivaient dans la zone.

"Nous allons intensifier les coups, en intensifier la puissance et nous allons écraser" le Hezbollah, a averti lundi soir Benjamin Netanyahu.

"Pour chaque drone explosif, dix immeubles doivent tomber à Beyrouth", a estimé pour sa part le ministre des Finances d'extrême droite, Bezalel Smotrich.

Malgré la trêve, Israël poursuit ses frappes et opérations au Liban en disant viser le Hezbollah et son infrastructure, alors que les chances d'un accord rapide entre les Etats-Unis et l'Iran semblent s'amenuiser.

Les frappes israéliennes ont fait au moins 3.213 morts depuis le début du conflit début mars, selon le dernier bilan du ministère de la Santé publié mardi, soit 28 morts de plus par rapport au bilan de la veille.


Les pays du Golfe «ne serviront plus de bouclier aux bases américaines», affirme le guide suprême iranien

Les bases américaines ne sont désormais plus protégées par les pays du Golfe, a estimé mardi le guide suprême iranien Mojtaba Khamenei, dans une déclaration écrite diffusée par la télévision d'Etat. (AFP)
Les bases américaines ne sont désormais plus protégées par les pays du Golfe, a estimé mardi le guide suprême iranien Mojtaba Khamenei, dans une déclaration écrite diffusée par la télévision d'Etat. (AFP)
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  • L'Iran avait fait état de progrès lundi tout en prévenant qu'un accord n'était pas imminent, les positions des deux parties restant éloignées
  • Dans le même temps, le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé avoir frappé des sites de lancement de missiles dans le sud de l'Iran, portant un coup au processus diplomatique

TEHERAN: Les bases américaines ne sont désormais plus protégées par les pays du Golfe, a estimé mardi le guide suprême iranien Mojtaba Khamenei, dans une déclaration écrite diffusée par la télévision d'Etat.

"Il est certain qu'il n'y aura pas de retour en arrière et que les nations et territoires de la région ne serviront plus de boucliers aux bases américaines", a déclaré Mojtaba Khamenei, qui n'est pas apparu en public depuis sa prise de fonction début mars.

"Les Etats-Unis, qui ne disposent plus d'aucun lieu sûr dans la région pour mener une agression et établir des bases militaires, s'éloignent chaque jour davantage de leur ancien statut", a-t-il ajouté dans ce message publié à l'occasion de la fête musulmane de l'Aïd al-Adha.

Ces déclarations surviennent alors que l'Iran et les Etats-Unis tentent de parvenir à un accord pour mettre fin à la guerre qui a débuté le 28 février et s'est étendue à toute la région, avant l'entrée en vigueur d'un fragile cessez-le-feu le 8 avril.

L'Iran avait fait état de progrès lundi tout en prévenant qu'un accord n'était pas imminent, les positions des deux parties restant éloignées.

Dans le même temps, le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé avoir frappé des sites de lancement de missiles dans le sud de l'Iran, portant un coup au processus diplomatique.

L'Iran n'a pas officiellement confirmé l'attaque américaine, mais les médias d'Etat ont rapporté des explosions dans la ville portuaire de Bandar Abbas, et annoncé qu'une enquête était en cours pour en déterminer l'origine.

Et mardi, les Gardiens de la Révolution iraniens ont affirmé avoir abattu un drone américain et tiré sur d'autres aéronefs tentant de pénétrer dans l'espace aérien du pays, sans préciser la date de ces incidents.

Dans un communiqué, ils ont mis en garde "contre toute violation du cessez-le-feu par l'armée américaine", affirmant disposer d'un "droit légitime et certain à riposter".

Mojtaba Khamenei, 56 ans, a succédé à son père Ali Khamenei, tué au premier jour des frappes américano-israéliennes le 28 février, ce qui a déclenché des représailles de Téhéran dans toute la région.