Nordahl Lelandais devant ses juges pour le meurtre de la petite Maëlys

La Cour d'Assise d'Isère où comparaîtra Lelandais. (AFP).
La Cour d'Assise d'Isère où comparaîtra Lelandais. (AFP).
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Publié le Lundi 24 janvier 2022

Nordahl Lelandais devant ses juges pour le meurtre de la petite Maëlys

  • L'ancien maître-chien militaire de 38 ans doit être jugé à partir du 31 janvier devant la cour d'assises de l'Isère pour le meurtre précédé de l’enlèvement de cette enfant de 8 ans
  • Nordahl Lelandais, jugé  devra aussi s’expliquer sur les agressions sexuelles de deux petites-cousines

GRENOBLE: Que s'est-il passé en cette nuit d'août 2017? Moins d'un an après sa condamnation pour le meurtre du caporal Noyer, Nordahl Lelandais va répondre de la mort de la petite Maëlys qu'il a longtemps niée, puis avouée.


L'ancien maître-chien militaire de 38 ans doit être jugé à partir du 31 janvier devant la cour d'assises de l'Isère pour le meurtre précédé de l’enlèvement et de la séquestration de cette enfant de 8 ans. Il encourt la réclusion criminelle à perpétuité.


La famille de Maëlys De Araujo voit ce procès comme une "terrible épreuve" et attend que la justice prenne "toute la mesure de la dangerosité de Nordahl Lelandais", selon Me Fabien Rajon qui défend notamment la mère et la soeur de la fillette.


L'accusé, détenu à l'isolement au centre pénitentiaire de Saint-Quentin-Fallavier (Isère), lui, attend le procès "sûrement comme quelqu'un qui encourt la perpétuité", selon une source proche du dossier.


Nordahl Lelandais a longtemps nié avant d'être confondu en février 2018 par la découverte d'une tache de sang dans le coffre de sa voiture, désossée par les enquêteurs. Il déclare alors avoir tué Maëlys "involontairement" en lui portant des coups très violents au visage. 


Mais ni cet aveu ni l'autopsie du corps n'ont permis de faire la pleine lumière sur cette affaire, marquée dès les premiers jours par un énorme retentissement médiatique.

Nordahl Lelandais sera aussi jugé pour les agressions de petites-cousines

Nordahl Lelandais, jugé  devra aussi s’expliquer sur les agressions sexuelles de deux petites-cousines, ainsi que sur la détention et l’enregistrement d’images pédopornographiques.


Comme la disparition de Maëlys De Araujo, les faits remontent à l'été 2017. Nordahl Lelandais a reconnu les agressions fin 2018.


Il est accusé d’avoir caressé le sexe d’une fillette âgée de cinq ans le 11 juillet, alors que celle-ci dormait, seule dans une chambre. Puis d’avoir reproduit ces mêmes gestes, dans les mêmes circonstances, le 20 août, sur une enfant de six ans. 


Les faits ont été commis de nuit, alors que les fillettes n’étaient "pas conscientes de ce qui se passait", explique une source judiciaire, qui y voit "les gestes d’un lâche".


Lelandais a admis lors de l’instruction avoir filmé ces agressions avec un téléphone afin de pouvoir les visionner de nouveau. Les images ont ensuite été effacées, mais les enquêteurs en ont retrouvé la trace dans le cadre des investigations menées après la disparition de Maëlys. 


Me Caroline Rémond, qui représente les familles, rappelle que "les parents des fillettes sont les cousins les plus proches de Nordahl Lelandais. Un des couples (l'a même) choisi comme parrain pour sa fille, c'est vous dire la confiance qu'ils avaient en lui".


"Mes clients n'attendent pas grand chose (du procès), ils souhaiteraient savoir pourquoi, comment et qu'il (Lelandais) donne des explications s'il en a", a-t-elle indiqué à l'AFP.


S’il a reconnu la consultation quotidienne de sites pornographiques, Nordahl Lelandais a en revanche nié pendant l’instruction la fréquentation de sites à caractère pédopornographique. 


Il assure que des images se sont téléchargées automatiquement au gré de ses consultations sur internet depuis ses appareils numériques, ou qu’il s’agissait d’images de jeunes filles âgées d’au moins 17 ans. 


Un autre dossier a été ouvert à l’instruction à Charleville-Mézières (Ardennes) pour agression sexuelle sur une autre cousine de 14 ans, en mars 2017. Lors de son interrogatoire de première comparution en février 2020, Nordahl Lelandais a fermement contesté ces faits. 


Le procureur de la république de Charleville-Mézières Laurent de Caigny estime de son côté que "cette affaire peut être regardée avec beaucoup de distance", et précise ne pas avoir "la même lecture du dossier" que Me Caroline Rémond, qui représente également la jeune fille.

Zones d'ombres

Les versions livrées par le suspect n'ont cessé d'évoluer durant les premiers mois de l’enquête. S'il a admis que la petite fille était montée dans sa voiture, on ignore encore dans quelles conditions. Et les circonstances du décès de l'enfant restent entourées de zones d'ombre. 


"La question d'un éventuel mobile sexuel se posera vraisemblablement" même si les poursuites pour viol ont été écartées pendant l'instruction faute d’élément matériel, note Me Rajon.


L'accusé devra aussi s'expliquer sur les agressions sexuelles de deux petites-cousines de 5 et 6 ans. Et sur des images pédopornographiques retrouvées sur son ordinateur et dans ses téléphones. 


Son procès à Chambéry pour le meurtre d'Arthur Noyer n'avait pas vraiment permis de cerner sa personnalité énigmatique. Condamné en mai 2021 à 20 ans de réclusion, il n'a pas fait appel. 


A ce jour, aucun élément n'a permis d'étayer les multiples spéculations sur son possible parcours de "tueur en série". Une cellule spéciale a épluché pendant trois ans plus de 900 dossiers non élucidés, pour tenter de trouver un lien. Sans résultat.

Appel nocturne

27 août 2017. En cette fin tranquille de vacances estivales, la procureure de la république de Bourgoin-Jallieu, Dietlind Baudoin, reçoit un appel nocturne: une petite fille a disparu lors d’un mariage à Pont-de-Beauvoisin (Isère). "Tout de suite, j’ai senti que l’enquêteur n’était pas serein", raconte la magistrate.


Immédiatement, tout s’emballe. Les invités de la noce sont interrogés, des battues organisées, les plans d’eau sondés. Un homme intrigue par son comportement: Nordahl Lelandais. Il a échangé avec la fillette pendant la soirée et s’est absenté au moment de la disparition. Il a aussi, avec un soin extrême, lavé sa voiture le lendemain. 


Placé en garde à vue le 31 août, Lelandais est libéré le lendemain à la demande du procureur de Grenoble, Jean-Yves Coquillat, aujourd'hui retraité. "Je craignais une affaire type Dutroux, avec une petite fille enterrée vivante quelque part", explique-t-il à l'AFP: la "stratégie" consistait donc à le libérer et à le surveiller de près.


Le 3 septembre, nouvelle garde à vue et mise en examen après la découverte d'une trace ADN. Lelandais continue de nier. Il faut attendre six mois et la découverte de la tache de sang pour qu'il avoue. 


Il conduit magistrats, enquêteurs et avocats là où il a laissé le corps, sur un site escarpé du massif de la Chartreuse. "On ne l’aurait pas retrouvé" sans ses indications, admet M. Coquillat. 


L'affaire Maëlys a soulevé une immense vague d'émotion en France. Et le procès prévu au palais de justice de Grenoble devrait susciter encore plus d'échos médiatiques que celui de Chambéry.


La durée des audiences, sur trois semaines -du 31 janvier au 18 février- est bien plus longue que ne le veut l'usage pour ce type d'affaire. Un dispositif hors norme a été mis en place pour accueillir les plus de 160 journalistes accrédités. 

      

Affaire Maëlys: les grandes dates

 

Voici les principales étapes de l'affaire Maëlys, depuis la disparition de la fillette de huit ans en août 2017 en Isère au renvoi de Nordahl Lelandais pour meurtre devant la cour d'assises de l'Isère.

  • La disparition : Dans la nuit du 26 au 27 août 2017, Maëlys De Araujo disparaît vers 03H00 du matin d'une soirée de mariage dans la salle des fêtes de Pont-de-Beauvoisin (Isère). Sa famille la cherche durant une heure avant d'alerter les gendarmes. 


Très vite, les enquêteurs estiment qu'elle a pu monter dans une voiture, trois chiens pisteurs s'étant arrêtés au même endroit sur le parking voisin. Les recherches restent vaines.

  • Soupçons : Le 31 août,  Nordahl Lelandais, 34 ans à l'époque, ancien militaire, ami du marié venu en voisin, est placé en garde à vue. Invité sur le tard au mariage, il s'est absenté durant la fête.


Celui que ses amis appellent "Nono" admet avoir eu des contacts avec l'enfant mais réfute les soupçons: il dit s'être absenté pour se changer et avoir nettoyé sa voiture en profondeur le lendemain du mariage, dans le but de la vendre.

  • Mise en examen: Le 3 septembre, alors que des plongeurs sondent encore les nombreux plans d'eau de la région, Lelandais est à nouveau arrêté: une trace d'ADN de Maëlys a été trouvée dans sa voiture. Il est mis en examen pour enlèvement et incarcéré.


Lui assure que Maëlys est montée dans sa voiture avec un petit garçon, pour voir si un chien s'y trouvait, et que tous ont ensuite regagné la salle. 

  • Silhouette : En novembre 2017, le procureur fait état d'images de videosurveillance détectant sa voiture au moment de la disparition: à l'aller il y a une petite silhouette vêtue de blanc à ses côtés, il est seul au retour. Il est mis en examen pour meurtre précédé d'enlèvement et séquestration. Il nie toujours. 
  • Le dossier Noyer: L'affaire Maëlys conduit des enquêteurs à interroger Lelandais sur la disparition à Chambéry d'Arthur Noyer, un chasseur alpin de 23 ans. Des expertises téléphoniques montrent que les deux hommes ont voyagé ensemble dans la nuit du 11 au 12 avril 2017, au moment de la disparition du caporal. Lelandais nie toute implication. Il est mis en examen pour meurtre le 20 décembre 2017.
  • Enquêtes multiples: En janvier 2018, une cellule spécialisée de la gendarmerie est créée pour vérifier de possibles liens avec d'autres affaires. La cellule épluche quelque 900 dossiers de disparitions, sans résultat, avant d'être dissoute en octobre 2020.
  • Aveux : Le 14 février 2018, Lelandais, confondu par une trace de sang découverte sous un tapis de sa voiture, dit avoir frappé la fillette et l'avoir tuée "involontairement". Il conduit les enquêteurs aux restes de sa victime, dans le massif de la Chartreuse. 


Le 19 mars, il déclare que Maëlys est morte dans sa voiture après un "coup très violent" au visage alors qu'elle s'était mise à hurler.


Le 29 mars, conduit sur le lieu de découverte des ossements d'Arthur Noyer, il reconnaît son implication dans la mort du militaire, évoque une bagarre qui a mal tourné.

  • Agressions sexuelles: La découverte d'images pédopornographiques sur ses téléphones et ordinateur conduit en 2018 à sa mise en examen pour des agressions sexuelles sur deux petites-cousines de cinq et six ans, pendant l'été 2017. Il reconnaît les faits en décembre 2018.
  • Obsèques : Le 2 juin 2018, trois mois après la découverte du corps, neuf mois après la disparition, l'église de La Tour-du-Pin (Isère) accueille les obsèques de Maëlys.
  • Autre plainte : Le 27 février 2020, Lelandais est mis en examen par une juge de Charleville-Mézières (Ardennes) pour une agression sexuelle sur une troisième cousine. Les faits, qu'il conteste, remonteraient à mars 2017 alors qu'elle avait 14 ans.
  • Procès Noyer : Nordahl Lelandais est condamné le 11 mai 2021 à 20 ans de réclusion criminelle pour le meurtre du caporal Noyer. Il ne fait pas appel. 
  • Procès Maëlys : Le 1er juin 2021, il est renvoyé devant les assises de l'Isère pour le meurtre de Maëlys, pour deux agressions sexuelles sur mineures et pour "détention d'images pédopornographiques".

 

                

Le village de Pont-de-Beauvoisin marqué par l'affaire

Le village de Pont-de-Beauvoisin reste profondément marqué par la disparition de la petite Maëlys, fin août 2017, suivies de longues recherches, puis par l'arrestation de son meurtrier présumé et de ses aveux.


Alors que le procès de Nordahl Lelandais approche, les habitants de ce bourg de 2000 âmes attendent avec impatience que "justice passe" dans une histoire douloureuse, "difficile à effacer".


Quelques affichettes décolorés par le temps rappellent le drame survenus lors d'une soirée de mariage, devant la salle des Fêtes, là même où la fillette de 8 ans a disparu, ou à la station de lavage où l'accusé a nettoyé sa voiture pendant plus d'une heure pour effacer toutes les traces.


"Le souvenir est toujours là. Malheureusement, c’est difficile à effacer. (...) On a besoin que justice se fasse pour les parents, pour la famille, et pour que ça ne se renouvelle jamais", assure Christiane, 78 ans, rencontrée au centre du village. Selon elle, Nordahl Lelandais "n'avouera jamais" et "on ne peut pas attendre de lui des regrets".


"On ne peut pas comprendre le geste de tuer quelqu’un, de tuer une pauvre gamine comme ça !", lance tout de go Sylvie, 52 ans, qui tient un coquet salon de coiffure près de la mairie.


"Les gens attendent vraiment le procès: ils veulent vraiment le voir en prison et payer", poursuit la commerçante, le visage grave, sans nommer l'homme de 38 ans qui doit comparaitre à partir de lundi prochain devant la cour d'assises de l'Isère à Grenoble.


Le procès "aurait dû avoir lieu depuis longtemps", commente sa cliente Andrée, 80 ans, en plein shampoing. Cette retraité pense qu'"avec des gens comme ça, il faut remettre la peine de mort": "c’est ce qu’il mérite. Il tue, il ne doit pas vivre".


"Il mérite la prison. La prison ferme", s'exclame pour sa part Danièle, une autre octogénaire rencontrée dans la rue en souhaitant qu'il soit puni "à bloc".

« Anéantie »

La justice, "il ne faut pas qu'elle passe à côté", souligne une autre habitante. Danielle, 74 ans, "plaint la famille" de Maëlys dont l'histoire l'a "anéantie", elle espère surtout "qu'il n'y ait plus de meurtres comme ça !".


Hosam Jedda, un technicien de 44 ans, lui, a "peur" pour ses enfants depuis l'affaire. Il souhaite surtout que la procédure judiciaire puisse apporter de la sérénité "pour que ça apaise un peu le village". 


Car cette affaire "pour Pont-de-Beauvoisin, c’est malheureux !", dit-il avant de rejoindre ses amis au café. 


Longtemps, ce joli village aux maisons colorées, situé au milieu de collines, au bord d'un torrent, a surtout été connu pour son artisanat d'ébénisterie depuis l'époque du roi François 1er. 


Guerre au Moyen-Orient : le porte-avions français Charles de Gaulle est arrivé en Méditerranée

Le porte-avions Charles de Gaulle, envoyé par la France au Moyen-Orient pour protéger ses ressortissants et ses alliés frappés par l'Iran, est entré vendredi en tout début d'après-midi en mer Méditerranée en franchissant le détroit de Gibraltar, a constaté un journaliste de l'AFP. (AFP)
Le porte-avions Charles de Gaulle, envoyé par la France au Moyen-Orient pour protéger ses ressortissants et ses alliés frappés par l'Iran, est entré vendredi en tout début d'après-midi en mer Méditerranée en franchissant le détroit de Gibraltar, a constaté un journaliste de l'AFP. (AFP)
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  • Emmanuel Macron, qui estime que l'offensive américano-israélienne est menée "en dehors du droit international", avait assuré mardi que la France était dans une posture "strictement défensive"
  • Il a annoncé le déploiement d'importants moyens militaires, dont le porte-avions Charles de Gaulle, en Méditerranée orientale car la France doit "prendre des dispositions pour sa sécurité, celle de ses ressortissants et de ses bases"

TARIFA: Le porte-avions Charles de Gaulle, envoyé par la France au Moyen-Orient pour protéger ses ressortissants et ses alliés frappés par l'Iran, est entré vendredi en tout début d'après-midi en mer Méditerranée en franchissant le détroit de Gibraltar, a constaté un journaliste de l'AFP.

Le bâtiment, qui a encore plusieurs jours de trajet devant lui avant d'être sur zone, était déployé dans le nord de l'Europe dans le cadre d'une mission de l'Otan quand le président français Emmanuel Macron a annoncé son envoi au Moyen-Orient.

Emmanuel Macron, qui estime que l'offensive américano-israélienne est menée "en dehors du droit international", avait assuré mardi que la France était dans une posture "strictement défensive".

Il a annoncé le déploiement d'importants moyens militaires, dont le porte-avions Charles de Gaulle, en Méditerranée orientale car la France doit "prendre des dispositions pour sa sécurité, celle de ses ressortissants et de ses bases ainsi que celle de ses alliés dans la région".

La France est notamment liée par des accords de défense avec le Qatar, le Koweït et les Emirats.

 


La France "ne fait pas la guerre" au Moyen-Orient, assure le président Macron

Un écran diffusant l’allocution du président français, le président Emmanuel Macron, sur la guerre en Iran et ses répercussions au Moyen-Orient, depuis le palais de l’Élysée à Paris, le 3 mars 2026. (AFP)
Un écran diffusant l’allocution du président français, le président Emmanuel Macron, sur la guerre en Iran et ses répercussions au Moyen-Orient, depuis le palais de l’Élysée à Paris, le 3 mars 2026. (AFP)
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  • Le président Emmanuel Macron affirme que la France ne participe pas à la guerre au Moyen-Orient et n’a pas l’intention de s’y engager militairement
  • Paris renforce toutefois sa présence militaire pour protéger ses ressortissants, ses alliés et sécuriser les voies maritimes, tout en cherchant à jouer un rôle de médiateur entre Israël, les États-Unis et le Liban

PARIS: "On n'est pas au combat": le président français Emmanuel Macron a assuré jeudi soir sur Instagram que la France ne faisait "pas la guerre" au Moyen-Orient et qu'elle n'allait pas s'y "engager".

"Je comprends très bien et j'entends votre inquiétude mais je voulais être très clair", a-t-il dit en réponse à une internaute qui s'inquiétait des répercussions de l'offensive israélo-américaine en Iran.

"La France ne fait pas partie de cette guerre. Nous on n'est pas au combat et on ne va pas s’engager dans cette guerre", a déclaré le chef de l'Etat.

"La France ne fait pas la guerre dans cette région. Elle protège les Françaises et les Français, les alliés et elle est aux côtés du Liban", a-t-il ajouté.

La France, ex-puissance mandataire au Liban, garde un attachement fort avec ce pays, où elle dispose encore de leviers d'action et ambitionne de continuer à jouer un rôle. Le Liban constitue de fait un de ses derniers relais d'influence historiques dans la région.

Le pays a envoyé des renforts militaires au Proche et Moyen-Orient - dont le porte-avions Charles de Gaulle - pour protéger ses ressortissants, ses alliés touchés en représailles par l'Iran, les aider "à intercepter les drones, les missiles", a expliqué Emmanuel Macron.

"De manière tout à fait pacifique on est en train de se mobiliser pour essayer de sécuriser le trafic maritime", a-t-il poursuivi.

Le président a annoncé mardi qu'il cherchait à bâtir une coalition afin de sécuriser les "voies maritimes essentielles à l'économie mondiale" dans la région.

"On essaiera d'être les plus raisonnables et les plus pacifiques possible parce que c’est le rôle de la France", a-t-il ajouté.

Comme lors de la dernière campagne de frappes israéliennes visant à détruire les capacités du Hezbollah en 2024, Emmanuel Macron tente de nouveau de faire office de médiateur entre Israël, les Etats-Unis et le Liban.

Après des échanges mercredi avec Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, puis de nouveau jeudi avec les principaux acteurs libanais, il a annoncé vouloir "établir un plan en vue de mettre un terme aux opérations militaires" du Hezbollah et Israël.


Macron a parlé à Trump et Netanyahu, appelle au respect de l'intégrité territoriale du Liban

Le président français Emmanuel Macron s’exprime lors d’une réunion du Conseil de défense nationale au Palais de l'Élysée à Paris, le 1er mars 2026, à la suite des frappes américaines et israéliennes contre Iran. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron s’exprime lors d’une réunion du Conseil de défense nationale au Palais de l'Élysée à Paris, le 1er mars 2026, à la suite des frappes américaines et israéliennes contre Iran. (AFP)
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  • Emmanuel Macron a appelé Benjamin Netanyahu à préserver l’intégrité territoriale du Liban et à éviter une offensive terrestre, tout en exigeant que le Hezbollah cesse immédiatement ses attaques contre Israël
  • Il a également échangé avec Donald Trump sur la situation régionale, promis une aide humanitaire aux déplacés libanais et réaffirmé le soutien français aux forces armées libanaises

PARIS: Le président français Emmanuel Macron s'est entretenu mercredi avec son homoloque américain Donald Trump et avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qu'il a appelé "à préserver l'intégrité territoriale du Liban et à s'abstenir d'une offensive terrestre".

Dans un message sur X, relatant ses conversations avec Benjamin Netanyahu ainsi qu'avec le président libanais Joseph Aoun et le Premier ministre Nawaf Salam, Emmanuel Macron dit également avoir "réaffirmé la nécessité que le Hezbollah cesse immédiatement ses attaques contre Israël et au-delà".

"Cette stratégie d'escalade constitue une faute majeure qui met en péril l'ensemble de la région", a jugé le chef de l’État français.

Son entourage a fait savoir qu'il avait également échangé avec Donald Trump mercredi soir et avait "alerté" le président américain "sur la situation au Liban à laquelle la France demeure très attentive".

"Le président Trump a contacté le président de la République ce soir pour l'informer de l'état des opérations militaires menées par les États-Unis en Iran", a indiqué l'entourage d'Emmanuel Macron.

À ses interlocuteurs libanais, le président français a promis que "la France prendra des initiatives immédiates pour soutenir les populations libanaises déplacées" face à "l'urgence humanitaire dans le sud du Liban" depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient par Israël et les États-Unis.

Il a assuré que la France poursuivrait également "son soutien aux efforts des Forces armées libanaises, afin qu'elles puissent assumer pleinement leurs missions de souveraineté et mettent un terme à la menace posée par le Hezbollah".

La discussion entre Emmanuel Macron et Benjamin Netanyahu était la première depuis le début de l'été 2025. Leurs relations ont connu une brouille au mois d'août lorsque la France a annoncé son intention de reconnaître l’État de Palestine.

Le chef du gouvernement israélien avait alors accusé Emmanuel Macron "d'alimenter le feu antisémite" en France.

Dans un échange de lettres acerbe, Emmanuel Macron lui avait alors reproché d'"offenser la France toute entière" et l'avait appelé "solennellement" à sortir de sa "fuite en avant meurtrière" dans la guerre à Gaza.

Dans son message sur X, le président français se limite à évoquer la situation au Liban qu'il juge "très préoccupante". Il ne dit pas s'il a discuté avec Benjamin Netanyahu de l'Iran où Israël et les États-Unis ont déclenché depuis dimanche une offensive militaire massive.

L'armée israélienne a indiqué dans un communiqué mercredi avoir déployé "sur plusieurs positions" du sud du Liban des soldats, avec des unités "de l'infanterie, des blindés et du génie".

Le Hezbollah a affirmé de son côté que ses combattants étaient engagés dans des affrontements "directs" avec des soldats israéliens entrés dans la ville libanaise de Khiam, à six kilomètres de la frontière avec Israël

Mardi, lors d'une allocation solennelle, Emmanuel Macron avait dénoncé la "responsabilité première" de l'Iran dans la guerre, notamment à cause de son "programme nucléaire dangereux", mais estimé que les opérations militaires américano-israélienne se déroulaient "en dehors du droit international".