Nordahl Lelandais devant ses juges pour le meurtre de la petite Maëlys

La Cour d'Assise d'Isère où comparaîtra Lelandais. (AFP).
La Cour d'Assise d'Isère où comparaîtra Lelandais. (AFP).
Short Url
Publié le Lundi 24 janvier 2022

Nordahl Lelandais devant ses juges pour le meurtre de la petite Maëlys

  • L'ancien maître-chien militaire de 38 ans doit être jugé à partir du 31 janvier devant la cour d'assises de l'Isère pour le meurtre précédé de l’enlèvement de cette enfant de 8 ans
  • Nordahl Lelandais, jugé  devra aussi s’expliquer sur les agressions sexuelles de deux petites-cousines

GRENOBLE: Que s'est-il passé en cette nuit d'août 2017? Moins d'un an après sa condamnation pour le meurtre du caporal Noyer, Nordahl Lelandais va répondre de la mort de la petite Maëlys qu'il a longtemps niée, puis avouée.


L'ancien maître-chien militaire de 38 ans doit être jugé à partir du 31 janvier devant la cour d'assises de l'Isère pour le meurtre précédé de l’enlèvement et de la séquestration de cette enfant de 8 ans. Il encourt la réclusion criminelle à perpétuité.


La famille de Maëlys De Araujo voit ce procès comme une "terrible épreuve" et attend que la justice prenne "toute la mesure de la dangerosité de Nordahl Lelandais", selon Me Fabien Rajon qui défend notamment la mère et la soeur de la fillette.


L'accusé, détenu à l'isolement au centre pénitentiaire de Saint-Quentin-Fallavier (Isère), lui, attend le procès "sûrement comme quelqu'un qui encourt la perpétuité", selon une source proche du dossier.


Nordahl Lelandais a longtemps nié avant d'être confondu en février 2018 par la découverte d'une tache de sang dans le coffre de sa voiture, désossée par les enquêteurs. Il déclare alors avoir tué Maëlys "involontairement" en lui portant des coups très violents au visage. 


Mais ni cet aveu ni l'autopsie du corps n'ont permis de faire la pleine lumière sur cette affaire, marquée dès les premiers jours par un énorme retentissement médiatique.

Nordahl Lelandais sera aussi jugé pour les agressions de petites-cousines

Nordahl Lelandais, jugé  devra aussi s’expliquer sur les agressions sexuelles de deux petites-cousines, ainsi que sur la détention et l’enregistrement d’images pédopornographiques.


Comme la disparition de Maëlys De Araujo, les faits remontent à l'été 2017. Nordahl Lelandais a reconnu les agressions fin 2018.


Il est accusé d’avoir caressé le sexe d’une fillette âgée de cinq ans le 11 juillet, alors que celle-ci dormait, seule dans une chambre. Puis d’avoir reproduit ces mêmes gestes, dans les mêmes circonstances, le 20 août, sur une enfant de six ans. 


Les faits ont été commis de nuit, alors que les fillettes n’étaient "pas conscientes de ce qui se passait", explique une source judiciaire, qui y voit "les gestes d’un lâche".


Lelandais a admis lors de l’instruction avoir filmé ces agressions avec un téléphone afin de pouvoir les visionner de nouveau. Les images ont ensuite été effacées, mais les enquêteurs en ont retrouvé la trace dans le cadre des investigations menées après la disparition de Maëlys. 


Me Caroline Rémond, qui représente les familles, rappelle que "les parents des fillettes sont les cousins les plus proches de Nordahl Lelandais. Un des couples (l'a même) choisi comme parrain pour sa fille, c'est vous dire la confiance qu'ils avaient en lui".


"Mes clients n'attendent pas grand chose (du procès), ils souhaiteraient savoir pourquoi, comment et qu'il (Lelandais) donne des explications s'il en a", a-t-elle indiqué à l'AFP.


S’il a reconnu la consultation quotidienne de sites pornographiques, Nordahl Lelandais a en revanche nié pendant l’instruction la fréquentation de sites à caractère pédopornographique. 


Il assure que des images se sont téléchargées automatiquement au gré de ses consultations sur internet depuis ses appareils numériques, ou qu’il s’agissait d’images de jeunes filles âgées d’au moins 17 ans. 


Un autre dossier a été ouvert à l’instruction à Charleville-Mézières (Ardennes) pour agression sexuelle sur une autre cousine de 14 ans, en mars 2017. Lors de son interrogatoire de première comparution en février 2020, Nordahl Lelandais a fermement contesté ces faits. 


Le procureur de la république de Charleville-Mézières Laurent de Caigny estime de son côté que "cette affaire peut être regardée avec beaucoup de distance", et précise ne pas avoir "la même lecture du dossier" que Me Caroline Rémond, qui représente également la jeune fille.

Zones d'ombres

Les versions livrées par le suspect n'ont cessé d'évoluer durant les premiers mois de l’enquête. S'il a admis que la petite fille était montée dans sa voiture, on ignore encore dans quelles conditions. Et les circonstances du décès de l'enfant restent entourées de zones d'ombre. 


"La question d'un éventuel mobile sexuel se posera vraisemblablement" même si les poursuites pour viol ont été écartées pendant l'instruction faute d’élément matériel, note Me Rajon.


L'accusé devra aussi s'expliquer sur les agressions sexuelles de deux petites-cousines de 5 et 6 ans. Et sur des images pédopornographiques retrouvées sur son ordinateur et dans ses téléphones. 


Son procès à Chambéry pour le meurtre d'Arthur Noyer n'avait pas vraiment permis de cerner sa personnalité énigmatique. Condamné en mai 2021 à 20 ans de réclusion, il n'a pas fait appel. 


A ce jour, aucun élément n'a permis d'étayer les multiples spéculations sur son possible parcours de "tueur en série". Une cellule spéciale a épluché pendant trois ans plus de 900 dossiers non élucidés, pour tenter de trouver un lien. Sans résultat.

Appel nocturne

27 août 2017. En cette fin tranquille de vacances estivales, la procureure de la république de Bourgoin-Jallieu, Dietlind Baudoin, reçoit un appel nocturne: une petite fille a disparu lors d’un mariage à Pont-de-Beauvoisin (Isère). "Tout de suite, j’ai senti que l’enquêteur n’était pas serein", raconte la magistrate.


Immédiatement, tout s’emballe. Les invités de la noce sont interrogés, des battues organisées, les plans d’eau sondés. Un homme intrigue par son comportement: Nordahl Lelandais. Il a échangé avec la fillette pendant la soirée et s’est absenté au moment de la disparition. Il a aussi, avec un soin extrême, lavé sa voiture le lendemain. 


Placé en garde à vue le 31 août, Lelandais est libéré le lendemain à la demande du procureur de Grenoble, Jean-Yves Coquillat, aujourd'hui retraité. "Je craignais une affaire type Dutroux, avec une petite fille enterrée vivante quelque part", explique-t-il à l'AFP: la "stratégie" consistait donc à le libérer et à le surveiller de près.


Le 3 septembre, nouvelle garde à vue et mise en examen après la découverte d'une trace ADN. Lelandais continue de nier. Il faut attendre six mois et la découverte de la tache de sang pour qu'il avoue. 


Il conduit magistrats, enquêteurs et avocats là où il a laissé le corps, sur un site escarpé du massif de la Chartreuse. "On ne l’aurait pas retrouvé" sans ses indications, admet M. Coquillat. 


L'affaire Maëlys a soulevé une immense vague d'émotion en France. Et le procès prévu au palais de justice de Grenoble devrait susciter encore plus d'échos médiatiques que celui de Chambéry.


La durée des audiences, sur trois semaines -du 31 janvier au 18 février- est bien plus longue que ne le veut l'usage pour ce type d'affaire. Un dispositif hors norme a été mis en place pour accueillir les plus de 160 journalistes accrédités. 

      

Affaire Maëlys: les grandes dates

 

Voici les principales étapes de l'affaire Maëlys, depuis la disparition de la fillette de huit ans en août 2017 en Isère au renvoi de Nordahl Lelandais pour meurtre devant la cour d'assises de l'Isère.

  • La disparition : Dans la nuit du 26 au 27 août 2017, Maëlys De Araujo disparaît vers 03H00 du matin d'une soirée de mariage dans la salle des fêtes de Pont-de-Beauvoisin (Isère). Sa famille la cherche durant une heure avant d'alerter les gendarmes. 


Très vite, les enquêteurs estiment qu'elle a pu monter dans une voiture, trois chiens pisteurs s'étant arrêtés au même endroit sur le parking voisin. Les recherches restent vaines.

  • Soupçons : Le 31 août,  Nordahl Lelandais, 34 ans à l'époque, ancien militaire, ami du marié venu en voisin, est placé en garde à vue. Invité sur le tard au mariage, il s'est absenté durant la fête.


Celui que ses amis appellent "Nono" admet avoir eu des contacts avec l'enfant mais réfute les soupçons: il dit s'être absenté pour se changer et avoir nettoyé sa voiture en profondeur le lendemain du mariage, dans le but de la vendre.

  • Mise en examen: Le 3 septembre, alors que des plongeurs sondent encore les nombreux plans d'eau de la région, Lelandais est à nouveau arrêté: une trace d'ADN de Maëlys a été trouvée dans sa voiture. Il est mis en examen pour enlèvement et incarcéré.


Lui assure que Maëlys est montée dans sa voiture avec un petit garçon, pour voir si un chien s'y trouvait, et que tous ont ensuite regagné la salle. 

  • Silhouette : En novembre 2017, le procureur fait état d'images de videosurveillance détectant sa voiture au moment de la disparition: à l'aller il y a une petite silhouette vêtue de blanc à ses côtés, il est seul au retour. Il est mis en examen pour meurtre précédé d'enlèvement et séquestration. Il nie toujours. 
  • Le dossier Noyer: L'affaire Maëlys conduit des enquêteurs à interroger Lelandais sur la disparition à Chambéry d'Arthur Noyer, un chasseur alpin de 23 ans. Des expertises téléphoniques montrent que les deux hommes ont voyagé ensemble dans la nuit du 11 au 12 avril 2017, au moment de la disparition du caporal. Lelandais nie toute implication. Il est mis en examen pour meurtre le 20 décembre 2017.
  • Enquêtes multiples: En janvier 2018, une cellule spécialisée de la gendarmerie est créée pour vérifier de possibles liens avec d'autres affaires. La cellule épluche quelque 900 dossiers de disparitions, sans résultat, avant d'être dissoute en octobre 2020.
  • Aveux : Le 14 février 2018, Lelandais, confondu par une trace de sang découverte sous un tapis de sa voiture, dit avoir frappé la fillette et l'avoir tuée "involontairement". Il conduit les enquêteurs aux restes de sa victime, dans le massif de la Chartreuse. 


Le 19 mars, il déclare que Maëlys est morte dans sa voiture après un "coup très violent" au visage alors qu'elle s'était mise à hurler.


Le 29 mars, conduit sur le lieu de découverte des ossements d'Arthur Noyer, il reconnaît son implication dans la mort du militaire, évoque une bagarre qui a mal tourné.

  • Agressions sexuelles: La découverte d'images pédopornographiques sur ses téléphones et ordinateur conduit en 2018 à sa mise en examen pour des agressions sexuelles sur deux petites-cousines de cinq et six ans, pendant l'été 2017. Il reconnaît les faits en décembre 2018.
  • Obsèques : Le 2 juin 2018, trois mois après la découverte du corps, neuf mois après la disparition, l'église de La Tour-du-Pin (Isère) accueille les obsèques de Maëlys.
  • Autre plainte : Le 27 février 2020, Lelandais est mis en examen par une juge de Charleville-Mézières (Ardennes) pour une agression sexuelle sur une troisième cousine. Les faits, qu'il conteste, remonteraient à mars 2017 alors qu'elle avait 14 ans.
  • Procès Noyer : Nordahl Lelandais est condamné le 11 mai 2021 à 20 ans de réclusion criminelle pour le meurtre du caporal Noyer. Il ne fait pas appel. 
  • Procès Maëlys : Le 1er juin 2021, il est renvoyé devant les assises de l'Isère pour le meurtre de Maëlys, pour deux agressions sexuelles sur mineures et pour "détention d'images pédopornographiques".

 

                

Le village de Pont-de-Beauvoisin marqué par l'affaire

Le village de Pont-de-Beauvoisin reste profondément marqué par la disparition de la petite Maëlys, fin août 2017, suivies de longues recherches, puis par l'arrestation de son meurtrier présumé et de ses aveux.


Alors que le procès de Nordahl Lelandais approche, les habitants de ce bourg de 2000 âmes attendent avec impatience que "justice passe" dans une histoire douloureuse, "difficile à effacer".


Quelques affichettes décolorés par le temps rappellent le drame survenus lors d'une soirée de mariage, devant la salle des Fêtes, là même où la fillette de 8 ans a disparu, ou à la station de lavage où l'accusé a nettoyé sa voiture pendant plus d'une heure pour effacer toutes les traces.


"Le souvenir est toujours là. Malheureusement, c’est difficile à effacer. (...) On a besoin que justice se fasse pour les parents, pour la famille, et pour que ça ne se renouvelle jamais", assure Christiane, 78 ans, rencontrée au centre du village. Selon elle, Nordahl Lelandais "n'avouera jamais" et "on ne peut pas attendre de lui des regrets".


"On ne peut pas comprendre le geste de tuer quelqu’un, de tuer une pauvre gamine comme ça !", lance tout de go Sylvie, 52 ans, qui tient un coquet salon de coiffure près de la mairie.


"Les gens attendent vraiment le procès: ils veulent vraiment le voir en prison et payer", poursuit la commerçante, le visage grave, sans nommer l'homme de 38 ans qui doit comparaitre à partir de lundi prochain devant la cour d'assises de l'Isère à Grenoble.


Le procès "aurait dû avoir lieu depuis longtemps", commente sa cliente Andrée, 80 ans, en plein shampoing. Cette retraité pense qu'"avec des gens comme ça, il faut remettre la peine de mort": "c’est ce qu’il mérite. Il tue, il ne doit pas vivre".


"Il mérite la prison. La prison ferme", s'exclame pour sa part Danièle, une autre octogénaire rencontrée dans la rue en souhaitant qu'il soit puni "à bloc".

« Anéantie »

La justice, "il ne faut pas qu'elle passe à côté", souligne une autre habitante. Danielle, 74 ans, "plaint la famille" de Maëlys dont l'histoire l'a "anéantie", elle espère surtout "qu'il n'y ait plus de meurtres comme ça !".


Hosam Jedda, un technicien de 44 ans, lui, a "peur" pour ses enfants depuis l'affaire. Il souhaite surtout que la procédure judiciaire puisse apporter de la sérénité "pour que ça apaise un peu le village". 


Car cette affaire "pour Pont-de-Beauvoisin, c’est malheureux !", dit-il avant de rejoindre ses amis au café. 


Longtemps, ce joli village aux maisons colorées, situé au milieu de collines, au bord d'un torrent, a surtout été connu pour son artisanat d'ébénisterie depuis l'époque du roi François 1er. 


Dans le Loiret, Elisabeth Borne au chevet des agriculteurs touchés par la sécheresse

Elisabeth Borne, en déplacement jeudi dans le Loiret dans une exploitation agricole touchée par la sécheresse (Photo, AFP).
Elisabeth Borne, en déplacement jeudi dans le Loiret dans une exploitation agricole touchée par la sécheresse (Photo, AFP).
Short Url
  • Elisabeth Borne a rappelé le doublement de l'enveloppe à destination des agriculteurs désireux d'investir dans du matériel pour optimiser la consommation de l'eau
  • Elle a assuré que son gouvernement allait «poursuivre le grand chantier de la réforme de l'assurance-récolte»

SANDILLON: Elisabeth Borne, en déplacement jeudi dans le Loiret dans une exploitation agricole touchée par la sécheresse, a assuré que son gouvernement était "déterminé à agir pour éviter que la situation ne se dégrade" et "accompagner financièrement les agriculteurs".

En visite dans cette exploitation de 230 hectares, située entre la Beauce et la Sologne et spécialisée dans les céréales, les fraises et les asperges, la Première ministre a longuement échangé avec un jeune agriculteur qui lui a expliqué que "cette année, la sécheresse avait démarré de bonne heure". 

"Nous prenons des mesures pour gérer la ressource en eau et éviter que la situation ne soit ingérable cet été", a expliqué Mme Borne, qui était accompagnée du ministre de l'Agriculture Marc Fesneau et de la ministre de la Transition écologique Amélie de Montchalin. 

Consigne a été donnée aux préfets "de préserver au maximum la ressource en eau", avec "des messages à tous les Français pour baisser leur consommation d'eau", et pour les situations les plus difficiles "des arrêtés sécheresse et donc des restrictions sur les usages non prioritaires", a-t-elle ajouté, précisant que 19 départements sont aujourd'hui concernés.

La cheffe du gouvernement a par ailleurs rappelé que 400 millions d'euros seront alloués "aux éleveurs qui peuvent avoir du fait de la sécheresse des difficultés sur l'alimentation animale", dans le cadre du plan d'aide exceptionnelle mis en place suite à la guerre en Ukraine et à l'envolée des prix de ces aliments. 

"Le guichet de mise en place de cette aide ouvrira dès lundi", a-t-elle annoncé.

Elisabeth Borne a également rappelé le doublement de l'enveloppe (de 20 à 40 millions d'euros) à destination des agriculteurs désireux d'investir dans du matériel pour optimiser la consommation de l'eau, et les 100 millions d'euros supplémentaires mis à disposition des agences de l'eau pour aider les filières agricoles à s'adapter ou créer des retenues d'eau.

"Par ailleurs, partout où ça se justifiera nous activerons cette année le dispositif des calamités agricoles pour les fourrages", a-t-elle ajouté.

Enfin, elle a assuré que son gouvernement allait "poursuivre le grand chantier de la réforme de l'assurance-récolte", afin que "le nouveau dispositif s'applique à partir du 1er janvier 2023".

"Je veux le dire très clairement aux agriculteurs, mon gouvernement est à leurs côtés pour les accompagner dans cette transition", a conclu Mme Borne.


Adhésion à l'Otan: Macron appelle Erdogan à « respecter le choix souverain» de la Finlande et la Suède

« Il a souhaité que les discussions se poursuivent pour trouver une solution rapide» à l'opposition turque aux deux candidatures, a précisé la présidence française. (Photo d'illustration, AFP)
« Il a souhaité que les discussions se poursuivent pour trouver une solution rapide» à l'opposition turque aux deux candidatures, a précisé la présidence française. (Photo d'illustration, AFP)
Short Url
  • « Le président de la République a souligné l'importance de respecter le choix souverain de ces deux pays, résultant d’un processus démocratique et intervenant en réaction à l'évolution de leur environnement de sécurité», a indiqué l'Elysée
  • Les deux pays nordiques, rompant avec une longue tradition de neutralité, ont décidé d'adhérer à l'Otan en réaction à l'offensive lancée par la Russie en Ukraine le 24 février

PARIS : Le président français Emmanuel Macron a appelé jeudi son homologue turc Recep Tayyip Erdogan à "respecter le choix souverain" de la Finlande et de la Suède d'entrer dans l'Otan, et souhaité qu'une "solution" soit rapidement trouvée pour lever la menace de veto turc.

"Le président de la République a souligné l'importance de respecter le choix souverain de ces deux pays, résultant d’un processus démocratique et intervenant en réaction à l'évolution de leur environnement de sécurité", a indiqué l'Elysée à l'issue de l'appel entre les deux dirigeants qui a duré une heure. 

"Il a souhaité que les discussions se poursuivent pour trouver une solution rapide" à l'opposition turque aux deux candidatures, a ajouté la présidence française.

Les deux pays nordiques, rompant avec une longue tradition de neutralité, ont décidé d'adhérer à l'Otan en réaction à l'offensive lancée par la Russie en Ukraine le 24 février.

Mais la Turquie menace de bloquer leur entrée dans l'Alliance, qui requiert l'unanimité des Etats membres de l'organisation.

Ankara accuse notamment les deux pays d'abriter des militants kurdes du PKK, le Parti des Travailleurs du Kurdistan qu'elle considère comme une organisation terroriste, et demande leur extradition. 

La Turquie envisage par ailleurs une nouvelle opération contre les Kurdes dans le nord de la Syrie, qui risque de susciter de nouvelles tensions au sein de l'Otan, notamment avec la France.

Les présidents français et turc ont évoqué en outre "l'urgence de rendre possibles les exportations de céréales ukrainiennes", bloquées par la guerre dans les ports du sud du pays, ce qui menace d'entraîner une crise alimentaire mondiale. Emmanuel Macron va poursuivre "dans les jours qui viennent les contacts à ce sujet avec les acteurs internationaux pertinents". 

Ils ont discuté des "différentes voies possibles pour acheminer" ces récoltes, en lien avec les Nations Unies, et sont "convenus de rester en contact afin de trouver une solution rapidement".

Une des pistes étudiées est la mise en place d'un corridor naval depuis Odessa, en mer Noire, dont la Turquie pourrait être un acteur important.

Les deux dirigeants ont par ailleurs dit "leur préoccupation face à la dégradation de la situation en Libye".

Après plus d'une décennie de chaos consécutif à la chute en 2011 de Mouammar Kadhafi, la Libye, minée par les divisions entre institutions concurrentes dans l'Est et l'Ouest, compte depuis début mars deux gouvernements rivaux, comme entre 2014 et 2021, alors en pleine guerre civile.

Un gouvernement formé par l'ex-ministre de l'Intérieur Fathi Bachagha, approuvé par le Parlement siégeant dans l'Est, est en concurrence avec l'exécutif à Tripoli dirigé par Abdelhamid Dbeibah, issu des accords politiques parrainés par l'ONU.


La France à la découverte de Yanbu, exemple de la légendaire hospitalité saoudienne

L’ambassadeur de France en Arabie saoudite, Ludovic Pouille, s’est rendu mercredi à Yanbu (Photo, fournie).
L’ambassadeur de France en Arabie saoudite, Ludovic Pouille, s’est rendu mercredi à Yanbu (Photo, fournie).
Short Url
  • «Le potentiel touristique de Yanbu est impressionnant, autant pour l’architecture traditionnelle de son quartier historique, que pour la beauté de ses côtes et de ses fonds marins exceptionnels»
  • «L'accueil que j’ai reçu des autorités et de la population confirme, si besoin était, la légendaire hospitalité saoudienne»

L’ambassadeur de France en Arabie saoudite, Ludovic Pouille, s’est rendu mercredi à Yanbu, la ville portuaire antique sur la côte de la mer Rouge, à l’ouest de l’Arabie saoudite. À quelques heures de Médine, Yanbu est la deuxième plus grande ville au bord de la méditerranée après Djeddah.

Reçu par le gouverneur de Yanbu, M. Saad al-Suhaimi, avec le consul général de France à Djeddah, Mostafa Mihraje, ils ont abordé le sujet du développement industriel et touristique du gouvernorat et le renforcement des liens avec la France. M. Pouille révèle à Arab News en français que «le potentiel touristique de Yanbu est impressionnant, autant pour l’architecture traditionnelle de son quartier historique que pour la beauté de ses côtes et de ses fonds marins exceptionnels, ainsi que les montagnes qui l’entourent et qui offrent de prometteuses perspectives d’écotourisme». Ludovic Pouille n’a pas oublié de souligner bien sûr «la gastronomie de la région de Yanbu qui propose les meilleurs poissons frais du pays et le délicieux riz brun Sayadieh».

L’ambassadeur s’est ensuite rendu à la Commission royale de Yanbu, où il a rencontré son président, le Dr Fahad Dhaifallah al-Qurashi et son équipe.

L’ambassadeur s’est ensuite rendu à la Commission royale de Yanbu, où il a rencontré son président, le Dr Fahad Dhaifallah al-Qurashi et son équipe (Photo, fournie).
L’ambassadeur s’est ensuite rendu à la Commission royale de Yanbu, où il a rencontré son président, le Dr Fahad Dhaifallah al-Qurashi et son équipe (Photo, fournie).

M.  Pouille et le Dr Al-Qurashi ont exploré la contribution des entreprises françaises au développement économique de la grande ville industrielle de l’ouest.

M. Pouille a également rencontré le maire de Yanbu, Eng Yasser al-Rifai. Ils ont discuté des perspectives impressionnantes de développement de la ville, dans les domaines industriel, énergétique, culturel et touristique. Selon M. Pouille, et dans le cadre de la vision saoudienne 2030, «les plans de développement industriel de la ville et du port, qui devraient doubler dans les quinze prochaines années, sont autant d’opportunités de renforcement des relations économiques franco-saoudiennes».

Ludovic Pouille a clôturé son premier jour dans la vieille ville de Yanbu par une visite «très agréable» au souk nocturne traditionnel, où sont notamment vendus des produits artisanaux créés par les coopératives de femmes de la région, dans le cadre de la politique d’autonomisation des femmes menée par le gouvernorat.

M.  Pouille et le Dr Al-Qurashi ont exploré la contribution des entreprises françaises au développement économique de la grande ville industrielle de l’ouest (Photo, fournie).
M.  Pouille et le consule ont exploré la contribution des entreprises françaises au développement économique de la grande ville industrielle de l’ouest (Photo, fournie).

Toujours dans le cadre de sa visite à Yanbu, M. Pouille s’est rendu le jeudi au port industriel et commercial de King Fahad, l’un des plus importants ports de la mer Rouge. Remerciant le capitaine Ali Salem al-Mehwari, le directeur général du port, pour son accueil chaleureux, M. Pouille révèle à Arab News en Français qu’il a découvert avec énormément de plaisir et d’intérêt la ville portuaire de Yanbu, l’un des plus anciens ports de la région et désormais le premier port industriel de la mer Rouge. «L'accueil que j’y ai reçu des autorités et de la population confirme, si besoin était, la légendaire hospitalité saoudienne», souligne-t-il.

L’ambassadeur de France en Arabie a clôturé sa tournée à Yanbu en visitant la cité industrielle où il a rencontré l’ingénieur et PDG de la raffinerie Yasref, Hicham al-Adel, qui a noué un partenariat stratégique avec Air Liquide Group dans le domaine de la production d'hydrogène.