Procès de Nordahl Lelandais: 30 ans requis pour le meurtre d'Arthur Noyer

Dans cette photo d'archive prise le 7 mai 2021, des personnes attendent d'entrer au palais de justice de la ville de Chambéry, dans les Alpes françaises, au cinquième jour du procès de Nordahl Lelandais pour le meurtre du caporal de l'armée française Arthur Noyer en 2017. PHILIPPE DESMAZES / AFP
Dans cette photo d'archive prise le 7 mai 2021, des personnes attendent d'entrer au palais de justice de la ville de Chambéry, dans les Alpes françaises, au cinquième jour du procès de Nordahl Lelandais pour le meurtre du caporal de l'armée française Arthur Noyer en 2017. PHILIPPE DESMAZES / AFP
Short Url
Publié le Mardi 11 mai 2021

Procès de Nordahl Lelandais: 30 ans requis pour le meurtre d'Arthur Noyer

  • Une peine de trente ans de réclusion criminelle, assortie d'une période de sureté des deux tiers, a été requise mardi devant la cour d'assises de Savoie contre Nordahl Lelandais pour le meurtre d'Arthur Noyer
  • C'est la peine maximale encourue

Une peine de trente ans de réclusion criminelle, assortie d'une période de sureté des deux tiers, a été requise mardi devant la cour d'assises de Savoie contre Nordahl Lelandais pour le meurtre d'Arthur Noyer, soit la peine maximale encourue.

La procureure générale de Chambéry, Thérèse Brunisso, a soutenu devant la cour la "volonté de tuer" de Nordahl Lelandais, dans un réquisitoire salué à la sortie de l'audience par la mère d'Arthur, Cécile Noyer. Il "est à la hauteur de ce qu'on espérait", a-t-elle déclaré.

Le jury, qui pourrait délibérer dès mardi soir après les plaidoiries de la défense, devra choisir de retenir l'homicide volontaire - et donc l'intention de tuer - ou les violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner (coups mortels), passibles de 15 ans de réclusion.

Pour le ministère public, qui reprend les conclusions des experts, la "dangerosité" de l'accusé de 38 ans, également mis en cause dans l'affaire de la disparition de la petite Maëlys, ainsi que le pronostic "défavorable" de Nordahl Lelandais pour son avenir, doivent convaincre les jurés de le condamner à la peine maximale.

"Je considère que la gravité du meurtre commis par Nordahl Lelandais, ses actions périphériques, ses éléments de personnalité très défavorables justifient une peine de trente ans", a lancé Thérèse Brunisso à l'issue d'un réquisitoire d'une heure et quart.

Toujours attentif depuis son box, l'accusé, en chemise blanche, s'est montré impassible après le prononcé des réquisitions.

Le mobile en question

Au fil de son argumentaire, Mme Brunisso a tenté de démontrer les faiblesses de la version donnée par l'accusé depuis le début du procès. 

Nordahl Lelandais assure avoir pris Arthur Noyer en stop vers 3H00 dans la nuit du 11 au 12 avril 2017 et, raconte-t-il, le caporal lui a demandé de le déposer à Saint-Baldoph, une banlieue de Chambéry, où la rixe mortelle aurait eu lieu.

"Arthur Noyer n'a aucun ami, aucune relation professionnelle dans cette commune de Saint-Baldoph. Il n'a donc aucune raison de demander à Nordahl Lelandais de le déposer à cet endroit", a tonné Mme Brunisso, rappelant que deux témoins avaient affirmé à l'audience que le chasseur alpin de 23 ans voulait rentrer à sa caserne, dans une commune voisine.

"J'ai cherché et recherché quel pouvait être le mobile du meurtre (...) le seul mobile qui peut être envisagé est celui d'avoir une relation sexuelle avec Arthur Noyer", a conclu l'avocate générale.  

"Terré dans ses mensonges"

La matinée avait débuté avec la plaidoirie de Bernard Boulloud, l'avocat de la famille Noyer.

"Quatre ans et 29 jours après la mort d'Arthur Noyer, après encore sept jours d'audience, Nordahl Lelandais reste toujours campé droit dans ses bottes, dans sa vérité, dont seul lui-même dans la salle d'audience reste encore convaincu", a regretté le conseil des parties civiles.

"Il se terre dans ses mensonges (...) il ne dira jamais, au grand jamais, la vérité sur les circonstances de la mort d'Arthur Noyer, juste pour sauver sa peau, juste par lâcheté", a affirmé Me Boulloud, devant un large portrait de la victime posé aux côtés de ses parents face au box depuis le début du procès.

Cette grande photo, "ça nous faisait du bien", a déclaré Cécile Noyer devant les caméras. "On se disait : +Oui, t'es là Arthur+. Voilà. De toute façon il est toujours présent dans nos cœurs et ça, personne ne pourra nous l'enlever."

"Espérons que le jury et la cour d'assises suivent ces réquisitions à la lettre, parce qu'effectivement, on n'a jamais cru et jusqu'à encore aujourd'hui, on ne croit absolument pas à la thèse de Nordahl Lelandais", a également déclaré Me Boulloud à la suspension d'audience. 

La première semaine d'audience, du 3 au 7 mai, s'était achevée dans une version figée par l'accusé. L'ancien maître-chien a reconnu des coups mortels, mais en répétant qu'il n'avait "jamais voulu tuer" Arthur Noyer.

Nordahl Lelandais devrait également comparaître en 2022 devant la cour d'assises de l'Isère dans le cadre de la disparition de Maëlys de Araujo en août 2017.


En France, les canicules à répétition s'invitent dans la recherche de logement

Un piéton passe devant la tour Eiffel et l’herbe desséchée du Champ-de-Mars à Paris, le 15 juillet 2026. (AFP)
Un piéton passe devant la tour Eiffel et l’herbe desséchée du Champ-de-Mars à Paris, le 15 juillet 2026. (AFP)
Short Url
  • La chaleur devient un critère immobilier à part entière : exposition, étage, volets, ventilation, extérieur, arbres et climatisation pèsent davantage dans les choix
  • Face à des canicules plus fréquentes, les acheteurs se projettent sur le confort d’été à long terme et questionnent désormais l’habitabilité réelle des logements

PARIS: Climatisation, volets, arbres: les Français commencent à intégrer les fortes températures dans leurs critères de recherche de nouveau logement, conséquence des vagues de chaleur qui se succèdent et ne sont plus considérées comme des phénomènes isolés.

Exemple de cette évolution des comportements: Christian Tokoto, agent immobilier chez Guy Hoquet, a en vente "un appartement magnifique, avec de grandes vitres" en plein centre de Paris. Malgré "beaucoup de visites, les clients nous disent +trop chaud+, parce qu'il n'est pas traversant. Et donc, pour l'instant, il est toujours sur le marché !"

En France comme dans une grande partie de l'Europe, peu de régions échappent cet été à des températures qui dépassent régulièrement 35 voire 40°C, alors que les logements sont peu adaptés aux canicules et très rarement climatisés.

C'est le cas notamment des immeubles dits haussmanniens emblématiques de Paris, construits au XIXe siècle avec des toits en zinc ravissants sur les cartes postales mais qui chauffent fortement sous l'effet de la chaleur et du soleil.

"Au dernier étage d'un immeuble haussmannien la chaleur à l'intérieur devient vraiment insupportable", observe auprès de l'AFP Joseph Denke, agent immobilier chez FredéLion à Paris.

Il constate une évolution des critères depuis quelques mois, notamment une baisse de la demande pour l'exposition sud synonyme de soleil.

- Horizon "10-15 ans" -

La chaleur ressentie lors de la visite d'un studio de 14 m2 fait d'ailleurs douter un de ses clients, Camille Couturier, 30 ans. "Etre sous les toits c'est quelque chose qui peut être inquiétant, qui pourrait être un point négatif à l'appartement", relève-t-il à côté de la fenêtre ouverte du logement non-traversant.

En achetant un appartement, il se projette "au moins à 10-15 ans" et s'inquiète donc de savoir s'il pourra "utiliser cet appartement de manière vivable" ou "devoir fuir comme tout le monde parce qu'il fait trop chaud".

Alors que l'Europe occidentale a connu son début d'été le plus chaud enregistré selon l'observatoire européen du changement climatique, un logement sur deux en France serait une bouilloire thermique, surnom donné aux habitations qui se réchauffent très vite, estime le cabinet Pouget Consultants et Ignes.

Pour Sophie Bourg, directrice marketing de la plateforme d'annonces leboncoin immobilier, les canicules ne sont plus perçues par les Français "comme des épiphénomènes" mais "sont vraiment intégrées comme étant structurelles dans les choix résidentiels". "La fraîcheur, le confort d'été sont devenus un critère immobilier à part entière", assure-t-elle.

Un tiers des répondants à un sondage mené en ligne par la société en juin disaient ne pas exclure de déménager si les canicules s'intensifient.

- "Plus un tabou" -

Exposition, étage, piscine, volets, possibilité de faire des courants d'air, espaces extérieurs, terrasse ombragée et même présence d'arbres dans le quartier font désormais partie des critères et discussions que les professionnels de l'immobilier interrogés par l'AFP voient émerger.

Quant à la climatisation, sa possible généralisation a fait l'objet d'intenses débats politiques en France en début d'été, car elle est vue par certains comme un simple remède à l'inaction face au changement climatique et provoque des rejets de chaleur à l'extérieur.

Mais lors des recherches de logement, "ce n'est plus du tout un tabou", tranche Yann Jéhanno, président du réseau immobilier Laforêt.

"Les acquéreurs ne regardent plus seulement le logement, mais plutôt son habitabilité. Ils ne vont plus se contenter seulement du diagnostic de performance énergétique, mais interroger les agents immobiliers avec des questions très concrètes sur la température pendant la dernière vague de chaleur, s'il est possible d'aérer la nuit, si on dort bien dans les chambres", détaille-t-il.


Présidentielle: Bayrou souhaite une grande primaire entre "tous ceux qui rejettent les extrêmes"

Le maire sortant de Pau et candidat centriste du MoDem à sa réélection, François Bayrou, s’apprête à voter lors du premier tour des élections municipales françaises de 2026 à Pau, dans le sud-ouest de la France, le 15 mars 2026. (Photo : AFP)
Le maire sortant de Pau et candidat centriste du MoDem à sa réélection, François Bayrou, s’apprête à voter lors du premier tour des élections municipales françaises de 2026 à Pau, dans le sud-ouest de la France, le 15 mars 2026. (Photo : AFP)
Short Url
  • François Bayrou appelle à une grande primaire des forces démocrates et réformistes, de la social-démocratie aux gaullistes, pour désigner un candidat commun d’ici fin janvier ou début février 2027
  • Il estime qu’en l’absence d’un rassemblement, le risque d’un second tour opposant l’extrême droite à l’extrême gauche serait maximal et invite les candidats potentiels à clarifier leurs intentions dès la rentrée

PARIS: Face au "risque" d'un second tour Mélenchon-Le Pen en 2027, l'ex-Premier ministre centriste François Bayrou plaide, dans un entretien dimanche au Figaro, pour une grande primaire de "tous ceux qui rejettent les extrêmes", afin de désigner un candidat unique d'ici février.

Pour François Bayrou, "le risque maximum, c'est un deuxième tour entre l'extrême droite et l'extrême gauche" et cette "catastrophe" se produira "si nous ne portons pas au deuxième tour un candidat capable de rassembler tous les démocrates réformistes".

Or, selon le patron du MoDem, soutien d'Emmanuel Macron en 2017 et 2022, aucun des prétendants déclarés au sein de cet espace politique n'est aujourd'hui en mesure de fédérer aussi largement.

Pas même Edouard Philippe, pourtant le mieux placé dans les sondages: "Il défend sa position, c'est légitime. Mais qui porte le profond renouvellement attendu?", regrette M. Bayrou.

Lui-même trois fois candidat à l'Elysée, l'ex-maire de Pau considère donc que "tous ceux qui rejettent les extrêmes doivent accepter d'organiser une compétition entre les candidats potentiels (...) du Parti socialiste, dans sa version sociale-démocrate, jusqu'aux gaullistes".

Une grande primaire où "chacun défend sa vision de l'avenir et un vote le plus ouvert possible a lieu fin janvier ou début février pour décider", ce qui laissera au lauréat "deux mois pleins de campagne", bien assez pour remporter un scrutin qui "se joue à la fin, parfois la dernière semaine", selon M. Bayrou.

Dans le cas contraire, faute d'une méthode pour départager les postulants, "si ça ne se fait pas par un accord large, parce que tout le monde est déraisonnable, ça se fera par effraction, par bousculade", prédit-il.

Quoi qu'il en soit, "tous ceux qui veulent se présenter doivent maintenant s'exprimer" d'ici septembre, car "la période des présentations, c'est la rentrée", avant "la décantation et la confrontation".

"Il faut sortir de l'ambiguïté générale (...) Il est temps d'y voir clair", insiste le leader centriste, qui énumère une liste de personnalités aux intentions plus ou moins claires, de Bernard Cazeneuve à Michel Barnier, en passant par Xavier Bertrand et Bruno Le Maire, jusqu'à François Baroin et Yaël Braun-Pivet.

Au passage, il vante les mérites de l'ex-commissaire européen Thierry Breton, "enraciné dans la grande famille démocrate et réformatrice" mais qui "n'a pas appartenu au pouvoir sortant" et qui dispose d'une "capacité à réunir très largement en raison de son expérience".


Risque de feux de forêt : la Gironde repasse en vigilance rouge

Une ligne pare-feu, une zone de rupture de la végétation, aménagée par des habitants près de Lège-Cap-Ferret, à l’ouest de Bordeaux, le 29 juillet 2026, lors des incendies de forêt en Gironde, dans le sud-ouest de la France. (AFP)
Une ligne pare-feu, une zone de rupture de la végétation, aménagée par des habitants près de Lège-Cap-Ferret, à l’ouest de Bordeaux, le 29 juillet 2026, lors des incendies de forêt en Gironde, dans le sud-ouest de la France. (AFP)
Short Url
  • La Gironde repasse en vigilance rouge face au risque de feux de forêt, avec des températures pouvant atteindre 38 °C et de nouvelles restrictions pour prévenir les incendieS
  • Le mégafeu de Saumos, désormais maîtrisé mais toujours sous surveillance, a ravagé 42 000 hectares, détruit 240 maisons et entraîné l’évacuation de plus de 220 000 personnes

BORDEAUX: La Gironde, où 42.000 hectares ont brûlé en raison d'un mégafeu "fixé" le 1er août, est repassée samedi midi en vigilance rouge pour les risques de feux de forêt, le quatrième niveau sur une échelle de cinq, a annoncé la préfecture.

La décision, prise "au regard de l'évolution météorologique défavorable", avec des pointes de chaleur avoisinant les 38°C dans le Sud-Ouest selon Météo-France, "entraîne le renforcement des mesures de prévention et de restriction", précise la préfecture dans un communiqué. Les manifestations festives, sportives et culturelles sont notamment interdites dans les "espaces exposés" des "communes à dominante forestière".

Dans l'ensemble du département, plusieurs activités susceptibles de provoquer des incendies sont interdites : utiliser un chalumeau pour débroussailler ou des lanternes volantes, brûler des déchets verts, tirer des feux d'artifice, sauf ceux d'initiative publique depuis une plage, en dehors des zones exposées et en direction du large.

L'incendie déclenché le 22 juillet à Saumos, à l'ouest de Bordeaux, a brûlé 42.000 hectares - une superficie correspondant à quatre fois celle de Paris -, détruit 240 maisons et contraint à l'évacuation de plus de 220.000 personnes. Ce mégafeu, le plus dévastateur depuis 1949, est considéré comme "maîtrisé" par les autorités, mais reste sous surveillance étroite.