Bahaa Rafic Hariri affirme qu'il poursuivra le parcours de son père

Bahaa Hariri, fils du défunt Premier ministre libanais Rafic Hariri, lors d'un discours à la nation. (Capture d'écran)
Bahaa Hariri, fils du défunt Premier ministre libanais Rafic Hariri, lors d'un discours à la nation. (Capture d'écran)
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Publié le Samedi 29 janvier 2022

Bahaa Rafic Hariri affirme qu'il poursuivra le parcours de son père

  • Bahaa a souvent critiqué ouvertement et fermement la politique de son frère envers la milice chiite soutenue par l'Iran, le Hezbollah
  • «Le fils du martyr Rafic Hariri ne quittera pas le Liban. Je suis avec vous et très bientôt je serai parmi vous», a déclaré Bahaa dans son discours

BEYROUTH: Bahaa Hariri a déclaré vendredi qu'il poursuivra le parcours de son père, le défunt Premier ministre Rafic Hariri, et qu'il «s’engagera dans la bataille pour reprendre» le pays.

Le frère cadet de Bahaa, Saad, trois fois Premier ministre, a annoncé cette semaine qu'il ne se présentera pas aux prochaines élections législatives, et qu'il ne participera plus à la vie politique, appelant son parti à en faire de même.

Bahaa, 55 ans, qui n'a jamais exercé de responsabilité publique auparavant et s'est jusque-là tenu à l'écart de la politique, a déclaré dans un discours enregistré envoyé aux médias, dont Sawt Beyrouth, qu'il «mènera la bataille pour reconstruire le pays et en reprendre la souveraineté de ses occupants».

Il a ajouté que «toute désinformation ou intimidation» faisant allusion à un vide de pouvoir au sein de la communauté sunnite du Liban «ne sert que les ennemis du pays».

Saad a déploré qu'il n'y avait aucun espoir de changement positif pour le Liban à l'ombre de l'influence iranienne sur le pays.

Sa décision a provoqué une immense perplexité dans la vie politique libanaise quelques mois à peine avant les élections, au cours desquelles les adversaires du Hezbollah espèrent inverser la majorité que ce dernier a remportée avec ses alliés en 2018.

Bahaa a souvent critiqué ouvertement et fermement la politique de son frère envers la milice chiite soutenue par l'Iran, le Hezbollah.

«Le fils du martyr Rafic Hariri ne quittera pas le Liban. Je suis avec vous et très bientôt je serai parmi vous», a déclaré Bahaa dans son discours.

Discours intégral, tel que rapporté par Sawt Beirut:

«Mes frères et sœurs libanais…

Salutations cordiales…

L'absence a été longue, mais vous avez toujours été présents dans mon cœur et dans mon esprit. Je ne parlerai pas de la gravité de la situation car vous connaissez sa dangerosité ainsi que la justesse de l'étape à venir.

Tout d'abord, il faut souligner le fait que ni notre religion, ni notre morale, ni notre éducation, nous, les fils du Premier ministre martyr Rafic Hariri, ne nous permettent d'abandonner nos responsabilités. Nous mettons toutes nos capacités au service de la renaissance du Liban, le Liban message, le Liban symbole, le Liban patrie.

La famille du martyr Rafic Hariri, la petite comme la grande famille, ne s'est pas désintégrée et ne se désintégrera pas. En parfaite coopération et en toute solidarité, nous mènerons la bataille pour reconstruire la patrie et reprendre sa souveraineté de ses occupants.

Je poursuivrai le chemin du Premier ministre martyr Rafic Hariri.

Nous poursuivons ce que nous avons appris des parents du défunt Premier ministre Rafic Hariri.

Nous avons appris que:

Nous sommes le peuple de la modération, et non de l'extrémisme;

Nous sommes le peuple de la reconstruction, et non de l'effondrement;

Nous sommes un peuple de citoyens, et non de discrimination;

Nous sommes le peuple de la souveraineté, et non de la dépendance;

Nous sommes le peuple de la profondeur arabe;

Le fils du martyr Rafic Hariri ne quittera pas le Liban. Nous sommes avec vous et très bientôt nous vous le montrerons.

Vive le Liban libre et indépendant.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Entrée en vigueur d'un cessez-le-feu de dix jours entre le Liban et Israël

Un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Liban est entré en vigueur vendredi matin, après avoir été annoncé par le président américain Donald Trump. (AFP)
Un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Liban est entré en vigueur vendredi matin, après avoir été annoncé par le président américain Donald Trump. (AFP)
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  • La trêve a débuté à minuit heure locale dans les deux pays (21H00 GMT jeudi)
  • Celle-ci a été annoncée par le président américain Donald Trump.

BEYROUTH: Un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Liban est entré en vigueur vendredi matin, après avoir été annoncé par le président américain Donald Trump.

La trêve a débuté à minuit heure locale dans les deux pays (21H00 GMT jeudi), après un mois et demi de conflit entre Israël et le mouvement libanais pro-iranien Hezbollah. Ce dernier a rejoint début mars la guerre au Moyen-Orient en lançant des roquettes contre le territoire israélien, en solidarité avec l'Iran attaqué par les Etats-Unis et Israël.

 

 


Le Liban accuse Israël de violer le cessez-le-feu tout juste entré en vigueur

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  • Cette trêve, qui suit celle conclue pour deux semaines entre les Etats-Unis et l'Iran, a débuté à minuit heure locale dans les deux pays (21H00 GMT jeudi)
  • Elle intervient après un mois et demi de conflit entre Israël et le groupe chiite libanais Hezbollah, financé et armé par Téhéran

BEYROUTH: Un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Liban est entré en vigueur vendredi après avoir été annoncé par le président américain Donald Trump, l'armée libanaise dénonçant aussitôt des violations de la part d'Israël dans le sud du pays.

Cette trêve, qui suit celle conclue pour deux semaines entre les Etats-Unis et l'Iran, a débuté à minuit heure locale dans les deux pays (21H00 GMT jeudi). Elle intervient après un mois et demi de conflit entre Israël et le groupe chiite libanais Hezbollah, financé et armé par Téhéran. De nombreux tirs de célébration ont retenti dans la banlieue sud de Beyrouth, bastion du mouvement, selon des journalistes de l'AFP.

Des images de l'AFPTV ont montré des personnes retournant dans la banlieue sud de la capitale libanaise, particulièrement ciblée ces dernières semaines, certaines agitant le drapeau jaune du Hezbollah ou portant des portraits de son ancien chef, Hassan Nasrallah, tué par Israël en 2024.

"Nous sommes fatigués de la guerre et nous voulons la sécurité et la paix", a dit à l'AFP à Beyrouth Jamal Chehab, une femme au foyer de 61 ans, saluant l'accord de trêve.

Mais quelques heures plus tard, l'armée libanaise a évoqué "un certain nombre de violations de l'accord, plusieurs actes d'agression israéliens ayant été recensés, sans compter les bombardements sporadiques qui ont touché plusieurs villages". Elle a appelé les personnes déplacées par les combats à s'abstenir de retourner immédiatement dans le sud du Liban.

L'armée israélienne a averti qu'elle maintenait son déploiement terrestre dans cette région, et a demandé à la population de ne pas revenir sur la rive sud du fleuve Litani.

Malgré ces mises en garde, des journalistes de l'AFP ont vu des embouteillages monstres se former au nord du Litani, motocyclistes et automobilistes patientant pendant des heures pour pouvoir franchir le dernier pont, lourdement endommagé par un bombardement israélien, reliant le sud du Liban au reste du pays.

Le Hezbollah a pour sa part annoncé avoir "bombardé un rassemblement de soldats israéliens près de la ville de Khiam", dans le sud-est du Liban, "en réponse à la violation du cessez-le-feu par l'armée d'occupation".

L'Agence nationale d'information (Ani, officielle) a rapporté des bombardements contre cette localité et le village voisin de Debbine, ainsi que d'"intenses activités de drones" dans la même région.

Donald Trump a annoncé jeudi qu'Israël et le Liban s'étaient mis d'accord sur un cessez-le-feu de dix jours, ajoutant qu'il s'efforçait d'organiser la toute première rencontre à la Maison Blanche entre le président du Liban Joseph Aoun et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.


La Turquie se prépare aux obsèques des neuf victimes de la tuerie scolaire de Kahramanmaras

La Turquie, sous le choc de la tuerie perpétrée dans un établissement scolaire par un adolescent adepte de théories misogynes venues des Etats-Unis selon de premiers éléments d'enquête, se prépare à rendre hommage jeudi aux neuf victimes, dont les obsèques sont célébrées à Kahramanmaras (sud). (AFP)
La Turquie, sous le choc de la tuerie perpétrée dans un établissement scolaire par un adolescent adepte de théories misogynes venues des Etats-Unis selon de premiers éléments d'enquête, se prépare à rendre hommage jeudi aux neuf victimes, dont les obsèques sont célébrées à Kahramanmaras (sud). (AFP)
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  • "Des mandats d'arrêt ont été émis contre 83 personnes qui se sont livrées à des posts et à des activités faisant l'apologie de crimes et de criminels affectant négativement l'ordre public, et des poursuites ont été déclenchées contre elles"
  • La police turque a par ailleurs indiqué que l'auteur de la tuerie scolaire de Kahramanmaras, un adolescent de 14 ans, "utilisait sur son profil WhatsApp une image faisant référence à Elliot Rodger, qui avait perpétré un attentat aux Etats-Unis en 2014"

KAHRAMNMARAS: La Turquie, sous le choc de la tuerie perpétrée dans un établissement scolaire par un adolescent adepte de théories misogynes venues des Etats-Unis selon de premiers éléments d'enquête, se prépare à rendre hommage jeudi aux neuf victimes, dont les obsèques sont célébrées à Kahramanmaras (sud).

L'attaque de mercredi, qui a provoqué la mort de huit élèves et une enseignante, était la seconde en une semaine dans le pays.

Mardi, un premier adolescent né en 2007 et armé d'un fusil à pompe avait déjà fait seize blessés dans un lycée technique de la province turque de Sanliurfa (sud-est), parmi lesquels dix élèves et quatre enseignants.

La police turque a indiqué jeudi avoir émis des mandats d'arrêt contre 83 personnes pour s'être livrées à l'apologie en ligne des fusillades dans des établissements scolaires cette semaine.

"Des mandats d'arrêt ont été émis contre 83 personnes qui se sont livrées à des posts et à des activités faisant l'apologie de crimes et de criminels affectant négativement l'ordre public, et des poursuites ont été déclenchées contre elles", a indiqué la police dans un communiqué.

La direction générale de la police turque a par ailleurs indiqué que l'auteur de la tuerie scolaire de Kahramanmaras, un adolescent de 14 ans, "utilisait sur son profil WhatsApp une image faisant référence à Elliot Rodger, qui avait perpétré un attentat aux Etats-Unis en 2014".

Le père du tireur, identifié comme un ancien inspecteur de police, a été interpellé mercredi et placé en détention provisoire, a-t-elle précisé.

Le parquet de Kahramanmaras a quant à lui indiqué jeudi que l'adolescent avait prémédité l'attaque "d'ampleur", d'après un "document du 11 avril 2026" retrouvé dans son ordinateur.

La référence à Elliot Rodger renvoie à l'auteur de la tuerie d'Isla Vista, en 2014 en Californie. Cet homme avait fait six morts sur le campus d'une université de Santa Barbara, avant de se suicider. Il avait expliqué dans une vidéo diffusée avant son crime que cette attaque était un "châtiment" pour les femmes qui l'avaient rejeté.

Les huit élèves victimes de l'attaque de mercredi, cinq garçons et trois filles, avaient entre 10 et 11 ans et l'enseignante était âgée de 55 ans, selon une liste d'avis de décès de la municipalité de Kahramanmaras, consultée par l'AFP.

Les établissements scolaires de la province de Kahramanmaras resteront fermés jeudi et vendredi, a indiqué le ministre de l'Intérieur.

L'auteur de la tuerie est décédé, avait indiqué mercredi le gouverneur de la province de Kahramanmaras, Mükerrem Ünlüer, sans être en mesure de préciser "s'il s'agit d'un suicide ou si cela s'est produit dans le chaos".

"Les supports numériques saisis lors des perquisitions au domicile de l'auteur et dans le véhicule de son père ont été confisqués et sont en cours d'analyse. (...) D'après les premiers éléments recueillis, aucun lien avec le terrorisme n'a été établi, il s'agit vraisemblablement d'un acte isolé", a ajouté la police turque.

"Un élève est arrivé à l'école avec des armes, vraisemblablement celles de son père, dans son sac à dos. Il est entré dans deux salles de classe et a ouvert le feu au hasard", avait détaillé M. Ünlüer.

Ce type d'incident est rare en Turquie où, selon les estimations d'une fondation locale, des dizaines de millions d'armes à feu sont en circulation, la plupart illégalement.