Amnesty accuse Israël d'«apartheid» contre les Palestiniens, l'État hébreu proteste

Agnes Callamard, secrétaire générale d'Amnesty International (à gauche), s'exprime lors d'une conférence de presse à Jérusalem, le 1er février 2022. (Ronaldo Schemidt/AFP)
Agnes Callamard, secrétaire générale d'Amnesty International (à gauche), s'exprime lors d'une conférence de presse à Jérusalem, le 1er février 2022. (Ronaldo Schemidt/AFP)
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Publié le Mardi 01 février 2022

Amnesty accuse Israël d'«apartheid» contre les Palestiniens, l'État hébreu proteste

  • « Les Palestiniens sont traités comme un groupe racial inférieur et systématiquement dépossédés de leurs droits», a déclaré secrétaire générale d'Amnesty International, Agnes Callamard
  • «Une critique des pratiques de l'État d'Israël n'est absolument pas une forme d'antisémitisme. Amnesty dénonce fortement l'antisémitisme», se défend Mme Callamard

JERUSALEM : Comme des ONG locales et Human Rights Watch (HRW), Amnesty International a qualifié mardi «d'apartheid» la politique d'Israël envers les Palestiniens, traités comme un «groupe racial inférieur», selon cette organisation de défense des droits humains dont les propos ont été fustigés par l'État hébreu.

En avril 2021, HRW avait jeté un pavé dans la mare en rejoignant des ONG palestiniennes et israéliennes qui avaient décidé d'utiliser le terme «apartheid» pour désigner les politiques d'Israël envers les Palestiniens et les Arabes israéliens, descendants des Palestiniens restés en Israël après la création du pays en 1948.

«Les politiques cruelles d'Israël de ségrégation, de dépossession et d'exclusion à travers ces territoires tiennent clairement de l'apartheid», a déclaré la secrétaire générale d'Amnesty, Agnès Callamard lors d'une conférence de presse à Jérusalem, peu après la publication d'un rapport à ce sujet.

«Qu'ils vivent à Gaza, à Jérusalem-Est, dans le reste de la Cisjordanie ou en Israël, les Palestiniens sont traités comme un groupe racial inférieur et systématiquement dépossédés de leurs droits», a-t-elle ajouté.

Le ministre israélien des Affaires étrangères, Yaïr Lapid, a vivement rejeté les allégations de l'ONG, estimant qu'elle «rapportait les mensonges répandus par les organisations terroristes».

- «Mensonges» -

«Les citoyens arabes d'Israël ne vont pas avoir la même expérience de l'apartheid que ceux de Gaza, mais cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas de régime d'apartheid», a soutenu Mme Callamard, dont l'ONG dit cependant vouloir éviter les comparaisons avec l'Afrique du Sud.

Dès lundi, M. Lapid avait demandé à Amnesty de «retirer» son rapport.

«Amnesty était naguère une organisation estimée (...) Aujourd'hui, elle est exactement le contraire», a-t-il déclaré accusant l'ONG d'être devenue «une organisation radicale».

«Israël n'est pas parfait, mais c'est une démocratie attachée au droit international, ouverte à la critique», a-t-il argué.

Et de l'accuser d'antisémitisme. «Je n'aime pas dire que si Israël n'était pas un Etat juif personne chez Amnesty n'oserait s'en prendre à lui, mais je ne vois pas d'autre explication», a-t-il dit.

«Une critique des pratiques de l'État d'Israël n'est absolument pas une forme d'antisémitisme. Amnesty dénonce fortement l'antisémitisme», se défend Mme Callamard. «Nous disons qu'en 2021, 2022, il y a de l'apartheid en Israël, nous ne suggérons pas qu'il y avait un système d’apartheid en 1948», ajoute-t-elle. 

Lors de la conférence de presse, la responsable d'Amnesty a également rejeté les allégations selon lesquelles l'ONG «stigmatisait» Israël, rappelant qu'elle publiait notamment des rapports sur l'Iran, bête noire d'Israël.

- Appel à l'ONU  -

L'Autorité palestinienne, qui contrôle une partie de la Cisjordanie occupée, a salué Amnesty pour son travail «courageux et juste» au nom du peuple palestinien.

Le mouvement islamiste Hamas, qui est au pouvoir dans la bande de Gaza et considéré terroriste par Washington et l'Union européenne, a applaudi le «professionnalisme» de l'ONG.

Le rapport diffusé mardi soutient encore que les Palestiniens sont considérés une «menace démographique» par Israël.

Aujourd'hui, quelque 6,8 millions de Juifs et autant d'Arabes vivent en Israël, à Jérusalem, en Cisjordanie occupée et dans la bande de Gaza, territoire où Israël impose un blocus depuis la prise du pouvoir du Hamas en 2007, selon les données officielles.

Arrivée la semaine dernière à Jérusalem, Mme Callamard a mené des entretiens en Cisjordanie et en Israël, mais n'a pas discuté avec des responsables de la diplomatie israélienne malgré une demande formulée «en octobre» aux autorités.

Dans son rapport, Amnesty a exhorté le Conseil de sécurité de l'ONU d'imposer un «embargo» sur les ventes d'armes à l'Etat hébreu, pays qui a connu en 2021 une guerre avec le Hamas, mouvement considéré terroriste par Washington et l'Union européenne, et des «sanctions» aux responsables israéliens «les plus impliqués dans le crime d'apartheid».

L'ONG a aussi demandé à la Cour pénale internationale (CPI), qui a diligenté l'an dernier une enquête pour «crimes contre l'humanité» contre les Palestiniens, «d'ajouter le crime d'apartheid» à son dossier. Israël mène de son côté une campagne diplomatique, afin de convaincre des pays occidentaux de le soutenir face à la Cour.

Mais pour Amnesty, il est surtout temps pour la communauté internationale d'en finir avec la «fatigue» du conflit israélo-palestinien, a fait valoir sa secrétaire générale, alors que le processus de paix reste dans l'impasse.


Bolsonaro a fomenté la tentative de coup d'Etat, affirme Lula

L'ancien président du Brésil Jair Bolsonaro s'exprime lors d'une conférence de presse au Dezerland Park à Orlando, en Floride, le 31 janvier 2023. (Photo par Chandan Khanna / AFP)
L'ancien président du Brésil Jair Bolsonaro s'exprime lors d'une conférence de presse au Dezerland Park à Orlando, en Floride, le 31 janvier 2023. (Photo par Chandan Khanna / AFP)
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  • Le 8 janvier, des milliers de partisans de Bolsonaro, mécontents de la victoire de Lula sur son rival d'extrême droite lors de l'élection présidentielle d'octobre 2022, ont envahi et vandalisé le palais présidentiel, le Congrès et la Cour suprême
  • «Je suis certain que Bolsonaro a participé activement à cela et essaie encore d'y participer», a déclaré Lula, interrogé sur le rôle de l'ancien président dans ces événements

RIO DE JANEIRO : Le président du Brésil Luiz Inacio Lula da Silva s'est dit jeudi «certain» que Jair Bolsonaro était le cerveau derrière l'attaque des édifices gouvernementaux de Brasilia le 8 janvier, et qu'il cherchait ainsi à réaliser un «coup d'Etat».

«Aujourd'hui, je suis conscient et je le dis haut et fort: ce citoyen (l'ancien président Bolsonaro) a préparé le coup d'État», a déclaré Lula dans une interview accordée à la chaîne de télévision locale RedeTV!

Le 8 janvier, des milliers de partisans de Bolsonaro, mécontents de la victoire de Lula sur son rival d'extrême droite lors de l'élection présidentielle d'octobre 2022, ont envahi et vandalisé le palais présidentiel, le Congrès et la Cour suprême.

Un juge brésilien a décidé d'inclure l'ex-dirigeant, qui a quitté le Brésil pour la Floride fin décembre, dans l'enquête qui vise à déterminer qui est à l'origine du saccage des institutions brésiliennes.

«Je suis certain que Bolsonaro a participé activement à cela et essaie encore d'y participer», a ajouté Lula, interrogé sur le rôle de l'ancien président dans ces événements.

«Ils voulaient faire cette pagaille le 1er janvier, mais ils ont réalisé qu'ils ne pouvaient pas le faire parce qu'il y avait trop de policiers et trop de gens dans les rues», a ajouté Lula.

Ces déclarations interviennent le même jour que celles du sénateur Marcos do Val, qui a assuré avoir participé à une réunion avec l'ex-président où il était question d'empêcher l'arrivée au pouvoir de Lula.

Selon ses avocats, Jair Bolsonaro a déposé une demande d'extension de son visa de six mois pour rester aux Etats-Unis. Il nie avoir quelque lien que ce soit avec les événements du 8 janvier.

Lula, 77 ans, a gagné l'élection de justesse: 50,9% contre 49,1% pour Bolsonaro.

«Nous avons vaincu Bolsonaro, mais nous devons encore vaincre le Bolsonarisme», a enfin dit le président Lula dans l'entretien à la TV locale.

 

 


L'invasion russe a étouffé la corruption en Ukraine

Oleksandr Novikov, chef de l'Agence nationale de prévention de la corruption (NACP), est interviewé par l'AFP à Kyiv le 2 février 2023, lors de l'invasion russe de l'Ukraine. (Photo, AFP)
Oleksandr Novikov, chef de l'Agence nationale de prévention de la corruption (NACP), est interviewé par l'AFP à Kyiv le 2 février 2023, lors de l'invasion russe de l'Ukraine. (Photo, AFP)
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  • Selon Novikov, les pertes financières de l'Ukraine liées à la corruption étaient estimées à environ 7 milliards d'euros par an en 2020
  • «La plupart de ces pertes étaient liés au secteurs du fisc et des douanes. Depuis, aucun changement considérable n'a eu lieu», regrette le responsable

KIEV: L'invasion russe a fortement réduit la corruption en Ukraine et provoqué un changement de mentalité "irréversible" dans ce pays, estime le chef d'une agence anticorruption ukrainienne, selon qui de récents scandales confirment cette tendance.

"Pendant les premiers mois de la guerre, nous avons constaté que la corruption avait pratiquement disparu", a déclaré Oleksandre Novikov, 42 ans, chef de l'Agence nationale de prévention de la corruption (ANPC), lors d'un entretien accordé à l'AFP après une série de perquisitions chez des personnalités et dans des administrations ukrainiennes.

Mais, passé le premier choc du conflit, "certains ont renoué avec les vieilles pratiques", regrette cet ex-procureur, à la tête de l'ANPC depuis trois ans.

Les autorités ukrainiennes ont perquisitionné mercredi au domicile du milliardaire sulfureux Igor Kolomoïski - dans une affaire de détournement de fonds impliquant des compagnies pétrolières -, à celui d'un ex-ministre de l'Intérieur et au fisc ukrainien, tandis que la direction des Douanes a été limogée.

De hauts responsables du ministère de la Défense ont également reçu la visite d'enquêteurs, une semaine après le limogeage d'une série de hauts responsables dans une affaire de corruption concernant des approvisionnements de l'armée, premier scandale d'ampleur depuis l'invasion russe il y a près d'un an.

L'Ukraine, qui accueille vendredi un sommet avec l'Union européenne et dont l'effort de guerre dépend en grande partie du soutien européen et américain, semble chercher ainsi à rassurer ses alliés sur les risques de détournements de l'aide, alors que l'UE a fait de la lutte anticorruption une condition à l'accession de l'Ukraine au bloc européen

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a salué jeudi à Kiev les récents efforts de lutte anticorruption et la réaction "rapide" des autorités.

Changement de mentalité

Ces affaires montrent "que l'Ukraine combat la corruption", assure de son côté M. Novikov.

"Le niveau de la corruption a largement baissé ces dernières années", souligne-t-il, citant un sondage financé par l'Agence américaine pour le développement (USAID) et réalisé à l'été 2022, en pleine invasion.

Selon cette étude, 29% des Ukrainiens trouvent que le niveau de corruption dans leur pays est en baisse, contre seulement 4% l'année précédente. Par ailleurs, 64% de la population dit ne pas avoir été confrontée à ce fléau pendant les 12 derniers mois, contre 43% un an plus tôt.

Plus concrètement, l'agence de M. Novikov a reçu 1.300 plaintes portant sur la corruption présumée en 2021 contre 4.500 l'année d'avant.

Le nombre d'Ukraniens jugeant que les pots-de-vin ne sont "jamais justifiés" est passé de 40% en 2021 à 64% l'année suivante. Et la part de la population prête à dénoncer les cas de corruption a presque doublé, de 44% à 84%, selon la même source.

"Un changement colossal de la conscience publique a eu lieu", se réjouit M. Novikov. Selon lui, cette évolution s'explique par la solidarité sans précédent dont font preuve les Ukrainiens depuis le début du conflit, et par le renforcement inédit de la confiance envers leurs autorités en cette période.

"Quand vous faites confiance à l'État et que vous le percevez comme le vôtre, vous ne tolérez plus aucune violation de sa part", analyse le responsable.

Tout n'est pourtant pas rose dans ce pays, classé à la 116e place sur 180 selon l'indice de perception de la corruption en 2022 établi par l'ONG Transparency International.

Pas de violations majeures liées à l'aide occidentale 

Selon Novikov, les pertes financières de l'Ukraine liées à la corruption étaient estimées à environ 7 milliards d'euros par an en 2020. "La plupart de ces pertes étaient liés au secteurs du fisc et des douanes. Depuis, aucun changement considérable n'a eu lieu", regrette le responsable.

En revanche, son agence "n'a trouvé aucune violation majeure dans l'utilisation de l'aide occidentale". Si des infractions concernant l'assistance humanitaire ont été découvertes, elles n'ont pas été "importantes ou systémiques", assure M. Novikov.

Il presse aussi le gouvernement de réinstaurer la publication en ligne des déclarations de revenus des responsables étatiques et l'utilisation du système des enchères électroniques pour les achats non-militaires de l'armée, suspendues pour la durée de la guerre.

"Ces instruments doivent être restaurés, et seulement après nos partenaires seront sûrs que leur aide est utilisée correctement", estime M. Novikov.


Charles Michel, à Kiev, promet de «soutenir» l'adhésion de l'Ukraine à l'UE

Le président ukrainien Volodymyr Zelenskyy, au centre, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, à gauche, le Premier ministre ukrainien Denys Shmyhal, responsable de l'UE et de l'Ukraine posent pour une photo lors du sommet UE-Ukraine à Kiev. (AFP)
Le président ukrainien Volodymyr Zelenskyy, au centre, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, à gauche, le Premier ministre ukrainien Denys Shmyhal, responsable de l'UE et de l'Ukraine posent pour une photo lors du sommet UE-Ukraine à Kiev. (AFP)
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  • Charles Michel a promis de «soutenir» l'Ukraine dans son ambition d'adhérer à l'Union européenne, à son arrivée vendredi à Kiev
  • Le président du Conseil européen doit participer avec plusieurs hauts responsables européens à un sommet

KIEV: Les plus hauts responsables de l'Union européenne se sont réunis vendredi à Kiev pour afficher leur soutien au processus d'adhésion de l'Ukraine, au moment où les assauts russes redoublent d'intensité dans l'est du pays.

Ce sommet, qui se tient près d'un an après le début de l'invasion de l'Ukraine par Moscou, rassemble notamment la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, celui du Conseil européen Charles Michel et le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

"Nous vous soutiendrons (...) à chaque étape de votre voyage vers l'UE", a promis sur Twitter M. Michel en arrivant vendredi dans la capitale ukrainienne, où des sirènes anti-aériennnes ont retenti dans la matinée, rappelant le risque permanent d'une nouvelle volée de missiles russes.

L'Ukraine est officiellement candidate à l'adhésion depuis juin 2022, un processus ardu nécessitant de nombreuses réformes qui pourrait prendre des années, mais que Kiev espère accélérer.

Le président Zelensky a ainsi estimé jeudi que son pays méritait de commencer dès "cette année" les pourparlers sur son entrée dans l'Union européenne.

"Chaque pas en direction d'une plus grande intégration de l'Ukraine à l'UE est une source d'inspiration pour notre peuple", a-t-il plaidé, appelant aussi à renforcer encore la pression internationale sur la Russie.

A Kiev, Ursula von der Leyen a assuré travailler à de nouvelles sanctions contre la Russie pour le 24 février, date du premier anniversaire de l'invasion. Elle n'a pas donné le détail de ses intentions pour ce dixième paquet, mais a assuré que le pays devrait "payer pour les destructions qu'il a causées".

Elle a estimé que les mesures punitives prises depuis un an avaient déjà fait reculer l'économie russe d'"une génération", notant que le plafonnement du prix du pétrole russe exporté à 60 dollars le baril coûtait à Moscou 160 millions d'euros par jour.

Offensive majeure redoutée 

Un embargo européen sur les produits pétroliers raffinés russes exportés par voie maritime doit d'ores et déjà entrer en vigueur dimanche, le Kremlin fustigeant vendredi une mesure "négative" qui va "déséquilibrer davantage" les marchés.

Kiev réclame par ailleurs l'utilisation d'avoirs russes gelés dans les pays occidentaux pour financer la reconstruction de l'Ukraine, une mesure âprement débattue qui poserait plusieurs problèmes d'ordre légal.

Dans l'autre camp, la Russie a annoncé vendredi avoir "nationalisé" quelque 500 biens et actifs appartenant notamment à des oligarques ukrainiens en Crimée, péninsule annexée en 2014 par Moscou.

Sur le terrain, les forces poursuivent leurs bombardements meurtriers.

A Kramatorsk, grande ville de l'est contrôlée par les forces de Kiev, les secouristes ont extirpé jeudi soir le corps d'une femme des décombres d'immeubles visés cette semaine par une frappe qui a tué quatre personnes.

Alors que le premier anniversaire de la guerre approche, Kiev redoute une nouvelle offensive massive de Moscou dès que les conditions météorologiques le permettront.

"La Russie est en train de concentrer ses forces, nous le savons tous. Elle veut se venger non seulement de l'Ukraine mais aussi de l'Europe libre", a estimé jeudi M. Zelensky.

Après une série d'humiliants revers à l'automne, le Kremlin a mobilisé des centaines de milliers de réservistes et a multiplié ses attaques terrestres, en particulier dans l'est.

Les forces russes ont remporté quelques succès sur le champ de bataille autour de Bakhmout, qu'elles tentent de conquérir depuis l'été.

«De quoi répondre»

Pour soutenir les forces ukrainiennes, les Occidentaux ont finalement accepté ces dernières semaines d'envoyer des chars lourds, des Leopard de conception allemande, des Abrams américains et des Challenger britanniques, après de longues tergiversations par crainte de provoquer une aggravation du conflit.

Mais Kiev n'a pas obtenu pour l'instant les missiles de haute précision d'une portée de plus de 100 km dont l'armée dit avoir besoin pour frapper les lignes logistiques russes, ni les avions de guerre qu'il réclame.

Les livraisons de chars promises ont en tout cas accentué la colère de Moscou qui présente à son opinion publique l'invasion de l'Ukraine comme une guerre visant à empêcher les Occidentaux de détruire la Russie.

Lors d'un événement commémorant jeudi le 80e anniversaire de la victoire des Soviétiques sur les Nazis à Stalingrad, le président russe Vladimir Poutine a ainsi établi un nouveau parallèle entre l'offensive en Ukraine et la Seconde Guerre mondiale.

"C'est incroyable mais des chars allemands Leopard nous menacent à nouveau", a lancé M. Poutine, qui s'exprimait de Volgograd (ex-Stalingrad, sud-ouest), avant d'ajouter: "Nous avons de quoi répondre et ça ne se limitera pas à des blindés".