Ehpad: les propositions des candidats à l'Elysée

La résidence Ehpad du groupe Orpea, «Les Bords de Seine» à Neuilly-sur-Seine, près de Paris, le 26 janvier 2022. (Photo, AFP)
La résidence Ehpad du groupe Orpea, «Les Bords de Seine» à Neuilly-sur-Seine, près de Paris, le 26 janvier 2022. (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 02 février 2022

Ehpad: les propositions des candidats à l'Elysée

La résidence Ehpad du groupe Orpea, «Les Bords de Seine» à Neuilly-sur-Seine, près de Paris, le 26 janvier 2022. (Photo, AFP)
  • La candidate PS Anne Hidalgo, qui reproche à Emmanuel Macron de ne pas avoir mené à bout la «grande loi sur la dépendance qu'il avait pourtant promise», a l'intention de «mettre les moyens» dans le secteur du grand âge
  • Pour Marine Le Pen, il convient d'abord de «remédicaliser les Ehpad»

PARIS: Mutualisation, expropriation ou encore recrutement de personnel: au moment où le groupe privé Orpea est accusé de graves dysfonctionnements dans ses établissements, les candidats à l'Elysée rivalisent d'idées pour améliorer la situation dans les Ehpad. 

Après la sortie du livre « Les Fossoyeurs » du journaliste Victor Castanet, le président Emmanuel Macron, pas encore officiellement candidat, a affirmé mercredi lors du Conseil des ministres que « ces révélations étaient absolument choquantes, bouleversantes et qu'elles appelaient évidemment à ce que nous poursuivions notre investissement pour le grand âge ». 

Voici les propositions de ses probables rivaux dans la course à l'Elysée:  

Haro sur la spéculation (Jadot) 

A gauche, l'ensemble des candidats s'insurgent contre la « spéculation » boursière autour des Ehpad privés. Pour y mettre un terme, l'écologiste Yannick Jadot veut en finir avec « toute nouvelle autorisation d'Ehpad privé à but lucratif », afin que la »maltraitance subie dans beaucoup d'établissements ne puisse être un levier de spéculation ». A l'instar de ses rivaux à gauche, il plaide aussi pour des recrutements de « personnel d'accompagnement » afin qu'ils soient au moins 8 pour 10 résidents. 

« Y mettre les moyens » (Hidalgo) 

La candidate PS Anne Hidalgo, qui reproche à Emmanuel Macron de ne pas avoir mené à bout la « grande loi sur la dépendance qu'il avait pourtant promise », a l'intention de « mettre les moyens » dans le secteur du grand âge. Elle propose de garantir « un service public » dont le premier objectif serait de maintenir à domicile les personnes âgées grâce à des recrutements et à la formation de personnel pour s'en occuper, dont les rémunérations et le statut seraient valorisés. Les Ehpad bénéficieraient, eux aussi, d'une « augmentation de l'encadrement ». 

Expropriation (Roussel) 

C'est ce que propose le candidat communiste Fabien Roussel pour le groupe Orpea afin de « sortir nos aînés des griffes de la finance ». Son objectif: créer un grand ministère chargé des séniors, ainsi que 300 000 emplois sur trois ans, avec un coût qu'il évalue lui-même entre 10 à 13 milliards d'euros qui serait financé par « les cotisations sociales », a-t-il expliqué sur Public Sénat. 

Un réseau public (Mélenchon) 

Le candidat LFI Jean-Luc Mélenchon ne prône pas une nationalisation des Ehpad. « Non, ce n'est pas comme ça qu'il faut s'y prendre », a-t-il assuré sur sa chaîne « Allô Mélenchon ». A ses yeux, il faut confier les Ehpad « à des structures non lucratives qui ne distribuent pas de bénéfices », comme des associations, des coopératives ou des mutualistes. Dans son programme, il préconise le développement d'un « réseau public de maisons de retraite aux tarifs harmonisés et accessibles ». Il défend aussi la création de 10 000 places en Ehpad public pendant cinq ans », avec une augmentation « des moyens matériels et humains ».  

Un « changement radical » (Pécresse) 

A droite, les candidats s'accordent sur le besoin de renforcer les contrôles. La candidate LR Valérie Pécresse plaide pour « radicalement changer le modèle des Ehpad », avec notamment un « référentiel obligatoire » applicable au public et au privé. Selon elle, il est indispensable que les conditions de vie quotidienne soient « strictement contrôlées », de la qualité de l'alimentation et des soins à la taille des chambres, en passant par « le temps consacré individuellement à chaque résident par les soignants ».  

« Remédicaliser les Ehpad » (Le Pen) 

Pour Marine Le Pen, il convient d'abord de « remédicaliser les Ehpad ». La candidate du Rassemblement national à l'Elysée déplore qu'il n'y ait pas de médecin coordinateur dans « beaucoup » d'entre eux. Elle souhaite aussi qu'il y ait un certain nombre de soignants par rapport au nombre de résidents afin d'éviter les maltraitances. « Peut-être faut-il réfléchir à un système mutualiste où le profit ne serait pas la priorité et où le bien-être des personnes âgées le soit? », a-t-elle suggéré sur CNews. 

Suppression des ARS   

Le polémiste d'extrême droite Eric Zemmour a trouvé dans la controverse sur les Ehpad un argument supplémentaire pour s'en prendre aux Agences régionales de santé (ARS), dont il souhaite la suppression après leur gestion fortement critiquée de la crise sanitaire. Pour éviter les cas de maltraitance, « la première chose à faire, cela me paraît évident, c'est les contrôles », a-t-il expliqué sur France 2. « Ce sont les ARS qui avaient en charge le contrôle, ce qui prouve qu'elles ne servent à rien ».  


Moyen-Orient: Macron dénonce une "escalade inconsidérée" et plaide pour une trêve pendant l'Aïd

Le président Emmanuel Macron arrive au sommet de l’Union européenne à Bruxelles le 19 mars 2026. Les dirigeants de l’Union européenne se réunissent dans un contexte de guerre au Moyen-Orient entre les États-Unis, Israël et l’Iran, avec des impacts sur l’énergie et la sécurité. (AFP)
Le président Emmanuel Macron arrive au sommet de l’Union européenne à Bruxelles le 19 mars 2026. Les dirigeants de l’Union européenne se réunissent dans un contexte de guerre au Moyen-Orient entre les États-Unis, Israël et l’Iran, avec des impacts sur l’énergie et la sécurité. (AFP)
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  • Le président Emmanuel Macron dénonce une « escalade inconsidérée » au Moyen-Orient, où les frappes touchent désormais des infrastructures énergétiques, notamment au Qatar
  • Il appelle à un arrêt temporaire des combats pendant l’Aïd al-Fitr et à l’ouverture de discussions directes entre les États-Unis et l’Iran

BRUXELLES: Emmanuel Macron a dénoncé jeudi une "escalade inconsidérée" au Moyen-Orient où la guerre s'est étendue aux sites de production d'hydrocarbures, en particulier au Qatar, et a appelé à "stopper" les combats pendant l'Aïd el-Fitr, la fête qui marque la fin du ramadan.

"Plusieurs (...) pays du Golfe ont été frappés pour la première fois sur leurs capacités de production, de la même manière que l'Iran avait été frappé", a relevé le président français à son arrivée à un sommet européen à Bruxelles, appelant de ses voeux des discussions "directes" entre Américains et Iraniens sur cette question.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, Emmanuel Macron avait proposé un "moratoire sur les frappes ciblant les infrastructures civiles, en particulier les infrastructures énergétiques et hydrauliques" après avoir parlé au président américain Donald Trump et à l'émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad al-Thani.

Ces frappes se sont poursuivies après cet appel.

"Nous allons continuer de nous mobiliser et, évidemment, nous avons passé aussi ce message aux Iraniens", a dit le président français devant la presse à Bruxelles. Il a ajouté souhaiter "qu'il y ait des discussions directes qui puissent s'établir entre Américains et Iraniens sur ce point".

"Je pense que tous les esprits devraient se calmer et le combat devrait stopper au moins pour quelques jours pour essayer de redonner une chance aux négociations", à la faveur de la fin du ramadan célébrée dans les tout prochains jours, a insisté Emmanuel Macron.


Le ramadan finira vendredi pour tous les musulmans en France

A l'issue d'une démarche exceptionnelle de concertation, plusieurs instances départementales avaient également annoncé en début de semaine la date du 20 mars. (AFP)
A l'issue d'une démarche exceptionnelle de concertation, plusieurs instances départementales avaient également annoncé en début de semaine la date du 20 mars. (AFP)
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  • La commission religieuse de la Grande mosquée, réunie mercredi après-midi, "a constaté l'impossibilité d'observer la nouvelle lune", affirme l'institution dans un communiqué
  • De ce fait "le mois de ramadan durera 30 jours" ce qui fixe à vendredi la date de l'Aïd el-Fitr qui marque la fin du ramadan, mois de jeûne, de prières et de partage pour les cinq à six millions de musulmans vivant en France.

PARIS: Après un début en deux temps qui avait consterné les fidèles, le ramadan se terminera vendredi pour tous les musulmans de France, la Grande mosquée de Paris ayant elle aussi arrêté cette date pour l'Aïd el-Fitr.

La commission religieuse de la Grande mosquée, réunie mercredi après-midi, "a constaté l'impossibilité d'observer la nouvelle lune", affirme l'institution dans un communiqué.

De ce fait "le mois de ramadan durera 30 jours" ce qui fixe à vendredi la date de l'Aïd el-Fitr qui marque la fin du ramadan, mois de jeûne, de prières et de partage pour les cinq à six millions de musulmans vivant en France.

Cette décision met un terme au pataquès qui avait entouré les dates du ramadan cette année en France, déploré par beaucoup comme un signe de division interne.

La Grande mosquée de Paris avait en effet fixé son début au 18 février, à rebours de la date du 19 arrêtée par de nombreuses autres institutions parmi lesquelles le Conseil français du culte musulman (CFCM), ex-instance de représentation de l'islam auprès des pouvoirs publics.

En ce qui concerne la fin du ramadan, le CFCM avait de longue date fixé à vendredi le jour de l'Aïd el-Fitr.

A l'issue d'une démarche exceptionnelle de concertation, plusieurs instances départementales avaient également annoncé en début de semaine la date du 20 mars.

La divergence dans la fixation des dates vient de la méthode retenue, selon que le calcul astronomique est ou non associé à l'observation de la lune.


Macron près de Nantes pour dévoiler le nom du futur porte-avions géant

Le président français Emmanuel Macron salue des militaires à bord du porte-avions Charles de Gaulle, en Méditerranée, après des frappes de drones iraniens sur Chypre, le 9 mars 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron salue des militaires à bord du porte-avions Charles de Gaulle, en Méditerranée, après des frappes de drones iraniens sur Chypre, le 9 mars 2026. (AFP)
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  • Le président Emmanuel Macron se rend à Indret pour dévoiler le nom du futur porte-avions français, qui remplacera le Charles de Gaulle en 2038
  • Le projet, estimé à 10 milliards d’euros sur 20 ans, représente un symbole de puissance militaire française et intègre une technologie américaine électromagnétique pour les catapultes, tout en restant évolutif pour accueillir drones et aéronefs futurs

PARIS: Un nouveau navire amiral, embarquant des drones et fort de trois catapultes: Emmanuel Macron se rend mercredi à Indret, près de Nantes, où il dévoilera le nom du futur porte-avions français dont la construction vient de débuter.

Le chef de l'Etat est attendu vers 15H00 sur le site du constructeur Naval Group où seront fabriquées les deux chaufferies nucléaires du bâtiment. Il remplacera en 2038 le Charles de Gaulle, sur lequel Emmanuel Macron s'est récemment rendu alors qu'il naviguait en Méditerranée orientale face aux risques d'extension de la guerre au Moyen-orient.

Le chef de l'État a donné le feu vert à la construction de ce porte-avions de nouvelle génération en décembre, concrétisant un projet en gestation depuis 2018. Ce déplacement devrait être l'occasion de dévoiler le nom du navire, dont la coque sera façonnée à Saint-Nazaire à partir de 2031.

Le "Richelieu" ? "François Mitterrand" ? Le "Marie Marvingt", pionnière de l'aviation ?  Ou encore le "Simone Veil", figure politique française ? Les paris vont bon train sur internet, en attendant le verdict présidentiel. Donner le nom d'une femme à un tel bâtiment serait en tout cas une première.

Ce nouveau fleuron, qui représentera 10 milliards d'euros d'investissements sur une vingtaine d'années, est d'ores et déjà paré de tous les superlatifs. "Ce sera le plus gros navire militaire construit en France, avec 77.000 tonnes contre 42.000 pour le Charles de Gaulle", relève l'Elysée.

Seuls deux pays au monde disposent de porte-avions nucléaires, les Etats-Unis (11 bâtiments) et la France. La Chine et l'Inde en ont à propulsion classique et les autres (Royaume-uni, Italie..) sont équipés de porte-aéronefs à décollage vertical.

De quoi faire du navire un symbole de la puissance militaire française, à l'heure où Emmanuel Macron met un accent particulier sur l'effort de défense, à l'image de son récent discours sur la dissuasion nucléaire qui marque l'augmentation de l'arsenal français et une coopération avec huit pays européens.

Ce futur bâtiment "sera capable à la fois de catapulter et de récupérer des avions. Actuellement, sur la plupart des porte-avions, vous catapultez et vous reconfigurez ensuite le pont pour récupérer, ce qui limite en termes de capacité opérationnelle", souligne la présidence.

- "Plan B" -

Avec trois rails de catapulte, au lieu de deux actuellement, il maximisera aussi la capacité d'envol des 40 aéronefs embarqués.

Un gros bémol toutefois: la technologie électromagnétique des futures catapultes relèvera de l'américain General Atomics, source de vulnérabilité potentielle dans un monde aux rapports de forces de plus en plus exacerbés.

"Le choix a été fait, et c'est un choix économique de travailler avec les États-Unis, qui est parfaitement cohérent, mais il existe bien évidemment d'autres plans, un plan B, si jamais on avait des contraintes particulières", assure toutefois un conseiller présidentiel.

Le bâtiment devra aussi être "évolutif" pour pouvoir accueillir tous les types d'avions qui seront déployés pendant sa durée de vie, mais aussi des drones, le nouveau défi militaire révélé par les guerres en Ukraine et au Moyen-orient.

Un enjeu énorme. "On ne peut pas se contenter de reproduire un outil qui a été conçu à la moitié du siècle dernier", souligne le chef d'état-major des armées, le général Fabien Mandon.

"Demain, le porte-avions ne sera pas qu'un porte-avions (..) Nous aurons besoin de drones qui vont pénétrer les défenses adverses, que ce soit des drones de combat ou des munitions téléopérées, de drones ravitailleurs, de drones de surveillance...", renchérit le chef d'état-major de la Marine, l'amiral Nicolas Vaujour.

Vecteur de projection de puissance, les porte-avions représentent aussi des coûts astronomiques, en période de restriction budgétaire. "Sur un programme de près de 20 ans, nous sommes précautionneux", concède l'Elysée tout en maintenant l'estimation de 10 milliards d'euros.

La question d'un deuxième porte-avions continue aussi de se poser, alors qu'un seul bâtiment n'est disponible que 65% du temps. "A ce stade, non", répond-on toutefois à l'Elysée.