Corée du Nord: le Conseil de sécurité de l'ONU expose à nouveau ses divisions

«Dépenser des millions de dollars en tests militaires alors que votre peuple meurt de faim indique que ce pays ne se soucie pas de son propre peuple». (Photo, AFP / KCNA via KNS)
«Dépenser des millions de dollars en tests militaires alors que votre peuple meurt de faim indique que ce pays ne se soucie pas de son propre peuple». (Photo, AFP / KCNA via KNS)
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Publié le Samedi 05 février 2022

Corée du Nord: le Conseil de sécurité de l'ONU expose à nouveau ses divisions

  • Washington a échoué à obtenir une déclaration commune du Conseil de sécurité sur ce dossier
  • «La Chine, la Russie, les Africains et d'autres» ont refusé de l'adopter

NATIONS UNIES : Les Etats-Unis "devraient montrer davantage de sincérité et de flexibilité" s'ils veulent débloquer la crise avec Pyongyang, a affirmé vendredi l'ambassadeur chinois à l'ONU Zhang Jun, alors que, selon des diplomates, Washington a échoué à obtenir une déclaration commune du Conseil de sécurité sur ce dossier.

Washington a proposé à ses 14 partenaires un texte condamnant les derniers essais de missiles nord-coréens, mais "la Chine, la Russie, les Africains et d'autres" ont refusé de l'adopter, ont précisé ces diplomates.

Les Etats-Unis "devraient proposer des approches, des politiques et des actions plus attrayantes et plus pratiques, plus flexibles et répondre aux préoccupations de la Corée du Nord", a insisté Zhang Jun devant des médias, avant le début d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité convoquée à la demande de Washington.

Après les initiatives de l'ex-président américain Donald Trump à l'égard de la Corée du Nord, "nous avons vu la suspension des essais nucléaires, nous avons vu la suspension du lancement de missiles balistiques intercontinentaux", a fait valoir l'ambassadeur chinois dans cette rare déclaration avant une réunion du Conseil consacrée à la Corée du Nord.

Ces derniers mois, au contraire, "nous avons assisté à un cercle vicieux d'affrontements, de condamnations, de sanctions", a déploré Zhang Jun dont le pays a bloqué en janvier à l'ONU l'adoption de sanctions individuelles visant des Nord-Coréens sur le modèle de mesures prises par Washington.

Il y a plus d'un an, la Chine, avec la Russie, a proposé au Conseil de sécurité d'adopter une résolution visant à alléger à des fins humanitaires les sanctions économiques internationales imposées à la Corée du Nord, a rappelé le diplomate chinois. Faute de soutien, ce projet n'a pas fait jusqu'à présent l'objet de négociations ni été soumis à un vote. "Nous avons au moins fait quelque chose pour faciliter une amélioration et éviter l'escalade de la tension", a estimé Zhang Jun.

«Silence persistant»

"Cette résolution récompense la Corée du Nord pour son mauvais comportement", a rétorqué après la réunion l'ambassadrice américaine à l'ONU, Linda Thomas-Greenfield. "Et il n'y a aucune raison pour que ce Conseil les récompense pour neuf tests en un mois et presque autant les années précédentes", a-t-elle déclaré à des médias.

"Dépenser des millions de dollars en tests militaires alors que votre peuple meurt de faim indique que ce pays ne se soucie pas de son propre peuple", a asséné la diplomate américaine.

La réunion du Conseil de sécurité vendredi était la troisième depuis moins d'un mois. Le 20 janvier, la dernière session s'était soldée par une déclaration conjointe de huit pays auxquels s'était joint le Japon. Sept membres du Conseil de sécurité avaient refusé de se joindre à l'initiative de Washington: Russie, Chine, Inde, Mexique, Gabon, Kenya et Ghana.

Ce vendredi, les huit mêmes pays avec le Japon, toujours emmenés par Washington, ont à nouveau émis une déclaration commune à l'issue de la session à huis clos du Conseil.

"Nous réitérons notre appel à la Corée du Nord pour qu'elle cesse ses actions déstabilisatrices et renoue avec le dialogue", affirme leur texte. "Nous continuons d'exhorter la Corée du Nord à répondre positivement aux offres des Etats-Unis et d'autres de se rencontrer sans conditions préalables", ajoute-t-il, en condamnant "dans les termes les plus forts" le dernier tir dimanche du plus puissant missile nord-coréen depuis 2017.

Selon les auteurs de la déclaration, "le coût du silence persistant du Conseil est trop élevé. Cela encouragera la Corée du Nord à défier davantage la communauté internationale, normalisera ses violations des résolutions du Conseil de sécurité, déstabilisera davantage la région et continuera à menacer la paix et la sécurité internationales", estiment-ils.

Selon des experts cependant, l'envoi vendredi d'un message de "chaleureuses félicitations" de la Corée du Nord à son allié chinois pour les Jeux olympiques de Pékin est le signal probable d'un arrêt des tirs de missiles pendant l'événement sportif.


Les Etats-Unis frappent l'Iran pour la troisième nuit de suite et vont rétablir le blocus des ports

Les Etats-Unis ont mené une troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran, avant le rétablissement prévu mardi du blocus naval des ports iraniens, même si Donald Trump suggère qu'un accord avec Téhéran est encore "possible". (AFP)
Les Etats-Unis ont mené une troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran, avant le rétablissement prévu mardi du blocus naval des ports iraniens, même si Donald Trump suggère qu'un accord avec Téhéran est encore "possible". (AFP)
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  • Quatre explosions ont été entendues près de Bandar Abbas, ville portuaire située sur le détroit d'Ormuz, selon l'agence de presse iranienne Irna
  • Parmi les objectifs ciblés figurent "des systèmes de défense côtière, des installations de drones et de missiles et des moyens maritimes", selon le Centcom

TEHERAN: Les Etats-Unis ont mené une troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran, avant le rétablissement prévu mardi du blocus naval des ports iraniens, même si Donald Trump suggère qu'un accord avec Téhéran est encore "possible".

Pendant une mission de cinq heures, "les forces américaines ont frappé des cibles militaires" dans plusieurs villes portuaires du sud de l'Iran, comme Bouchehr et Bandar Abbas, a détaillé le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) dans la matinée.

Quatre explosions ont été entendues près de Bandar Abbas, ville portuaire située sur le détroit d'Ormuz, selon l'agence de presse iranienne Irna.

Parmi les objectifs ciblés figurent "des systèmes de défense côtière, des installations de drones et de missiles et des moyens maritimes", selon le Centcom.

"Nous allons les frapper fort ce soir, et nous allons les frapper fort demain", avait déclaré lundi Donald Trump dans une interview radio. Pour le président américain, les dirigeants iraniens "ne peuvent absolument rien faire contre" ces frappes.

Comme la veille, les Gardiens de la Révolution iraniens ont, eux, revendiqué une opération à Bahreïn - entre autres contre un bâtiment hébergeant les troupes américaines sur la base de Juffair.

L'armée idéologique iranienne a aussi annoncé avoir ciblé en Jordanie "des installations clé et les forces américaines sur une base aérienne jordanienne", dans un communiqué cité par l'agence Tasnim. L'armée jordanienne a annoncé pour sa part l'interception de quatre missiles iraniens.

Deux tankers attaqués 

Dans le détroit d'Ormuz, les Emirats arabes unis ont déploré des attaques de missiles iraniens contre deux de leurs tankers, tuant un membre d'équipage indien.

Malgré ces échanges de frappes, Donald Trump a tout de même estimé, devant la presse à la Maison Blanche, qu'un accord avec l'Iran était encore "possible".

Avant cela, il avait annoncé sur Truth Social que les Etats-Unis prendraient le contrôle du détroit d'Ormuz et que le blocus des ports iraniens serait rétabli.

Il entrera en vigueur mardi à 20H00 GMT, selon l'armée américaine.

Tout comme Téhéran souhaite instaurer un péage pour traverser Ormuz, le président américain a dit vouloir percevoir en échange de la protection du détroit "une rémunération correspondant à 20% de la valeur des cargaisons", contraire au droit international censé garantir la liberté de navigation.

Le pétrole remonte 

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, dont le pays a pris le contrôle du détroit au début de la guerre, a rétorqué sur X: "l'Iran a toujours été le gardien du détroit et le restera pour toujours".

Donald Trump "a tout à fait raison. Quiconque assure le passage sûr et sécurisé des navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz devrait être rémunéré", a-t-il ironisé, ajoutant: "20%, c'est évidemment trop. Nous serons équitables".

Les Gardiens de la Révolution iraniens ont accusé les Etats-Unis de mettre en péril l'approvisionnement mondial en pétrole.

Au lendemain d'une envolée spectaculaire de plus de 9%, les cours du pétrole continuaient leur ascension dans ce contexte. Le baril de Brent de la mer du Nord, référence internationale, gagnait 1,19% à 84,29 dollars vers 02H00 GMT.

Après quasiment 40 jours de bombardements dans le conflit déclenché par des frappes israélo-américaines le 28 février, un cessez-le-feu était entré en vigueur début avril, avant d'être entériné le 17 juin par un protocole d'accord.

Mais depuis des attaques survenues mardi contre des navires tentant de franchir Ormuz, les affrontements ont repris avec une intensité inédite depuis des semaines, faisant dire à Donald Trump que le cessez-le-feu était "terminé".

La semaine dernière, le président américain a d'ailleurs envoyé une notice officielle au Congrès indiquant que le conflit avec l'Iran avait repris, a confirmé la Maison Blanche à l'AFP.

Et au total, 25 personnes ont été tuées depuis mercredi, selon un décompte de l'AFP à partir des médias iraniens et sources officielles.

 Protocole d'accord "en crise" 

Pour le porte-parole de la diplomatie iranienne Esmaïl Baghaï, "il ne fait aucun doute" que le protocole d'accord "est en crise".

"Mais l'Iran n'a jamais été le premier à violer ses engagements", a-t-il tancé lors d'une conférence de presse lundi à Téhéran à laquelle assistait l'AFP.

Les consultations avec les médiateurs que sont le Qatar, le Pakistan et Oman se poursuivent afin de "prévenir une escalade", a-t-il toutefois assuré.

Le protocole d'accord prévoyait la réouverture du détroit, Téhéran n'autorisant toutefois qu'un seul couloir de navigation, le long de ses côtes.

"Ce passage stratégique est plus important que des dizaines de bombes atomiques, et la République islamique d'Iran le protégera", avait averti dimanche le conseiller militaire du guide suprême, Mohsen Rezaï.


L'armée américaine dit avoir conclu une série de frappes en Iran contre «des dizaines de cibles»

  • L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran
  • Elle a "visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations"

WASHINGTON: L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran, pour la deuxième journée consécutive, se disant prête à "garantir que la liberté de navigation reste assurée" dans le détroit d'Ormuz.

Les forces américaines "ont visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations", a écrit le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.

 


Le chef de la diplomatie iranienne se rend à Oman au sujet du détroit d'Ormuz

La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
  • Abbas Araghchi se rend à Oman pour des discussions sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime
  • Malgré le cessez-le-feu avec Washington, le contrôle du détroit d'Ormuz reste une source de tensions

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi va se rendre samedi à Oman pour une visite axée "sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime", a annoncé son porte-parole.

La visite "portera principalement sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime" et s'inscrit "dans le prolongement des consultations que nous avons entamées avec Oman depuis un mois ou deux", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, selon des propos rapportés par l'agence de presse officielle iranienne IRNA.

Malgré l'accord conclu le 17 juin entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre déclenchée fin février par des attaques américano-israéliennes, la question du détroit demeure un point de contentieux majeur.

L'Iran a profité du conflit pour prendre le contrôle de ce point de passage clef pour le commerce mondial des hydrocarbures et refuse de revenir à la situation antérieure.

Téhéran veut imposer des droits de passage sur les bateaux et autorise uniquement une route longeant ses côtes, dans le nord. Des navires passant au sud, au large d'Oman, ont récemment été attaqués, ce qui a déclenché une reprise des hostilités avec les Etats-Unis.

En mai, le président Donald Trump avait menacé à la surprise générale de "pulvériser" le sultanat d'Oman s'il continuait de discuter avec Téhéran d'une gestion commune du détroit.

"Plusieurs séries de réunions techniques ont eu lieu jusqu'à présent, tant à Téhéran qu'à Mascate, et ce déplacement s'inscrit dans le prolongement de ces consultations, afin de contribuer à faciliter la circulation en toute sécurité dans le détroit d'Ormuz", a également fait savoir le porte-parole de la diplomatie iranienne.