Un nouvel accord nucléaire est «imminent», des sénateurs US menacent de le bloquer

Le principal négociateur nucléaire iranien, Ali Baghéri Kani, au palais Coburg à Vienne, le 8 février 2022. (AFP)
Le principal négociateur nucléaire iranien, Ali Baghéri Kani, au palais Coburg à Vienne, le 8 février 2022. (AFP)
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Publié le Mercredi 09 février 2022

Un nouvel accord nucléaire est «imminent», des sénateurs US menacent de le bloquer

  • Une première ébauche du document final est rédigée
  • Selon les sénateurs américains, un accord sur le nucléaire avec l'Iran pose «de sérieuses menaces à la sécurité nationale des États-Unis»

DJEDDAH: Les États-Unis ont indiqué mardi qu'un nouvel accord pour réduire le programme nucléaire iranien «est imminent», alors que les négociations internationales reprennent à Vienne.

L'Iran, la Grande-Bretagne, la Chine, la France, l'Allemagne et la Russie ont repris les négociations dans le luxueux hôtel du palais Coburg ,dans la capitale autrichienne, après avoir interrompu les discussions le mois dernier pour consulter leurs gouvernements respectifs.

Les États-Unis prennent part aux discussions de manière indirecte.

L'objectif est de rétablir le Plan d'action global conjoint (PAGC) de 2015, qui s'est effondré en 2018 à la suite du retrait des États-Unis.

Cet accord prévoyait de limiter les activités nucléaires de l'Iran contre la levée des sanctions économiques imposées à ce pays.

«Un accord qui tient compte des principales préoccupations de toutes les parties est imminent; mais si on ne parvient pas à le conclure dans les semaines à venir, les avancées nucléaires continues de l'Iran nous empêcheront de revenir au PAGC», a déclaré le département d'État américain.

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Saeed Khatibzadeh, a précisé que les réponses des «États-Unis à Vienne détermineront le moment de la conclusion de l’accord. Nous avons fait des progrès significatifs à bien des égards.»

Eric Brewer, du Nuclear Threat Initiative (organisme américain chargé de surveiller la non-prolifération des armes nucléaires) souligne qu'«une série de questions attendent encore d'être résolues», notamment la portée de l'allègement des sanctions et le sort des équipements nucléaires que l'Iran a installés.

«Il s'agit des derniers points de désaccord pour une bonne raison: ils sont litigieux et ils requièrent des concessions qu'aucune partie ne s'est montrée disposée à consentir à ce jour», explique-t-il.

Le représentant de la Russie aux négociations, Mikhail Ulyanov, a de son côté précisé que les négociateurs «se rapprochaient de la ligne d'arrivée».

«Une première ébauche du document final est déjà rédigée. Plusieurs points doivent encore être affinés, mais ce document est déjà sur la table.»

Le chancelier allemand, Olaf Scholz, a souligné que les discussions se trouvaient à «un moment décisif».

Un groupe influent composé de trente-trois sénateurs républicains américains a toutefois averti le président, Joe Biden, de la volonté de ses membres de faire obstacle à tout nouvel accord, si le Congrès ne l'examine pas et ne vote pas sur ses conditions.

Sous l'impulsion du sénateur Ted Cruz, opposant notoire à l'accord nucléaire de 2015, les sénateurs ont informé Joe Biden qu'ils utiliseraient «tous les moyens de pression et toutes les alternatives envisageables».

Selon les sénateurs, un accord sur le nucléaire avec l'Iran pose «de sérieuses menaces à la sécurité nationale des États-Unis» et nécessiterait à ce titre l’avis et le consentement de deux tiers du Sénat.

Tout accord qui n'aboutirait pas à un traité ratifié par le Sénat serait probablement «annulé dès qu'une nouvelle administration présidentielle entrera en fonction», ont-ils ajouté.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com.


L'UE appelle Israël à cesser son « escalade militaire» au Liban

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  • Israël doit cesser son "escalade militaire" au Liban et respecter "la souveraineté et l'intégrité territoriale" de ce pays
  • "Le peuple libanais a déjà enduré d’immenses épreuves. Il n’a pas choisi cette guerre, et cette guerre n’est pas la sienne"

BRUXELLES: Israël doit cesser son "escalade militaire" au Liban et respecter "la souveraineté et l'intégrité territoriale" de ce pays, où les autorités israéliennes envisagent d'établir dans le sud une zone sous contrôle militaire, a affirmé lundi un porte-parole de l'Union européenne.

"Le peuple libanais a déjà enduré d’immenses épreuves. Il n’a pas choisi cette guerre, et cette guerre n’est pas la sienne", a affirmé ce porte-parole, Anouar El Anouni.

 

 


Trump a renvoyé une proposition d'accord plus stricte à l'Iran 

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  • D'après le New York Times, citant samedi des responsables ayant connaissance des tractations, le président américain a durci certains termes de la proposition qui était sur la table et a adressé ce nouveau plan à Téhéran
  • Selon le site Axios, il souhaitait renforcer la position de Washington sur plusieurs aspects qu'il considère personnellement comme importants, notamment le sort des matériaux nucléaires iraniens

WASHINGTON: Donald Trump a renvoyé une nouvelle proposition d'accord plus stricte à l'Iran pour mettre fin à la guerre, alors qu'une entente semblait se rapprocher ces derniers jours, affirment samedi des médias américain.

D'après le New York Times, citant samedi des responsables ayant connaissance des tractations, le président américain a durci certains termes de la proposition qui était sur la table et a adressé ce nouveau plan à Téhéran.

Le média américain n'est pas en mesure de préciser les changements apportés par le républicain. Mais selon le site Axios, il souhaitait renforcer la position de Washington sur plusieurs aspects qu'il considère personnellement comme importants, notamment le sort des matériaux nucléaires iraniens.

M. Trump a maintes fois répété qu'il était exclu que Téhéran se dote de l'arme atomique, et exige que son stock d'uranium hautement enrichi soit détruit.

La question du nucléaire est l'un des principaux points de friction dans les négociations pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive israélo-américaine contre la République islamique.

Parmi les autres priorités du président figurent la réouverture et le déminage du détroit d'Ormuz par l'Iran, qui en bloquant cette voie d'eau perturbe gravement les approvisionnements en carburant et l'économie mondiale en général.

Les modifications apportées par Donald Trump pourraient encore prolonger les négociations. Des sources américaines ont indiqué à l'AFP que le président n'avait pas décidé de signer la proposition sur son bureau vendredi, après une réunion de crise à la Maison Blanche.

Dans la soirée, un responsable de la présidence avait affirmé que Donald Trump ne signerait un accord "que s'il est bon pour l'Amérique et que ses lignes rouges sont satisfaites".


Les Etats-Unis et l'Iran s'attaquent mutuellement malgré le cessez-le-feu

Les Etats-Unis et l'Iran ont annoncé dans la nuit de dimanche à lundi une série d'attaques réciproques, portant un nouveau coup au cessez-le-feu au moment où leurs négociations pour mettre fin à la guerre patinent. (AFP)
Les Etats-Unis et l'Iran ont annoncé dans la nuit de dimanche à lundi une série d'attaques réciproques, portant un nouveau coup au cessez-le-feu au moment où leurs négociations pour mettre fin à la guerre patinent. (AFP)
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  • Les informations de médias américains pendant le week-end faisant état de nouvelles exigences américaines envers Téhéran ont refroidi les espoirs d'accord imminent, alimentés par Donald Trump lui-même
  • Et tandis que sur le front libanais Israël a intensifié son offensive, l'armée américaine a annoncé avoir mené samedi et dimanche une nouvelle vague de frappes "défensives" sur le sud de l'Iran, la troisième en un peu plus d'une semaine

TEHERAN: Les Etats-Unis et l'Iran ont annoncé dans la nuit de dimanche à lundi une série d'attaques réciproques, portant un nouveau coup au cessez-le-feu au moment où leurs négociations pour mettre fin à la guerre patinent.

Les informations de médias américains pendant le week-end faisant état de nouvelles exigences américaines envers Téhéran ont refroidi les espoirs d'accord imminent, alimentés par Donald Trump lui-même.

Et tandis que sur le front libanais Israël a intensifié son offensive, l'armée américaine a annoncé avoir mené samedi et dimanche une nouvelle vague de frappes "défensives" sur le sud de l'Iran, la troisième en un peu plus d'une semaine.

Ces bombardements ont visé des systèmes de radar et de contrôle de drones dans la ville de Goruk et l'île de Qeshm dans le détroit d'Ormuz, a précisé le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) dimanche soir sur X.

Ces opérations ont été menées "en réponse à des actions agressives de l'Iran, dont la destruction d'un drone américain MQ-1 qui opérait au-dessus des eaux internationales", a ajouté la même source.

Les Gardiens de la Révolution iraniens, peu après, ont affirmé avoir attaqué une base utilisée par l'armée américaine pour des frappes contre son territoire.

La localisation de cette base n'a pas été précisée dans le communiqué des Gardiens diffusé par les médias d'Etat.

L'armée du Koweït a annoncé de son côté faire face à une attaque de drones et missiles.

Washington et Téhéran s'étaient déjà accusés mutuellement jeudi de violer le cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril, après des frappes américaines sur le sud de l'Iran suivies d'une attaque contre le Koweït.

Plus de fermeté 

La guerre a été déclenchée le 28 février par une offensive israélo-américaine, alors que Téhéran et Washington avaient repris des négociations sur le nucléaire. Le conflit, qui a fait des milliers de morts, ébranle l'économie mondiale en faisant grimper les prix du pétrole.

Alors que les deux pays semblaient ces derniers jours se rapprocher d'un accord, le New York Times a rapporté samedi, sans plus de détails, que le président américain avait durci sa proposition et envoyé une nouvelle version d'un possible protocole d'accord à Téhéran.

Selon le site américain Axios, M. Trump, dont la priorité déclarée est de mettre fin au programme nucléaire iranien et de rétablir le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz, souhaite plus de fermeté des négociateurs de Washington.

La chaîne CBS a rapporté dimanche soir que la nouvelle proposition américaine prévoit une prolongation du cessez-le-feu de 60 jours avec des clauses prévoyant la réouverture d'Ormuz et un cadre pour une reprise des négociations sur le nucléaire.

"Nous n'approuverons aucun accord tant que nous n'aurons pas la certitude que les droits du peuple iranien ont été pleinement garantis", a averti dimanche le principal négociateur iranien, le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf.

L'Iran, qui revendique son droit à mener un programme nucléaire civil, a toujours démenti vouloir se doter de l'arme atomique, malgré les soupçons en ce sens des Etats-Unis et de nombreux pays.

Il souhaite aborder ce dossier dans un second temps en cas d'accord avec Washington et exige une levée immédiate des sanctions le frappant.

Site stratégique 

Donald Trump a insisté dimanche sur Truth Social que le projet d'accord "stipule très clairement que l'Iran n'aura pas d'arme nucléaire", et ce "en des termes très fermes".

Téhéran insiste aussi pour que tout accord inclue la fin des hostilités au Liban, où Israël veut "éliminer" le Hezbollah pro-iranien.

Mais sur ce front, l'armée israélienne continue à avancer dans le sud du pays où elle a mené de nouvelles frappes, et le Hezbollah poursuit ses attaques notamment dans le nord israélien, malgré la trêve en vigueur depuis le 17 avril, mais non respectée.

L'armée israélienne s'est emparée dimanche de la forteresse médiévale de Beaufort, un site stratégique où elle avait établi une base pendant les deux décennies de l'occupation israélienne, achevée en 2000.

Pour les Etats-Unis, c'est au Hezbollah de cesser les tirs en premier, en contrepartie de quoi Israël "s'abstiendrait de toute escalade à Beyrouth", selon un plan rapporté par un responsable américain à la suite d'entretiens menés dimanche par le chef de la diplomatie Marco Rubio avec le président libanais Joseph Aoun et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

La France a demandé une réunion d'urgence au Conseil de sécurité, qui se tiendra lundi, selon des sources diplomatiques à l'AFP.