«Nous insistons sur la neutralité du Liban dans les conflits arabes», affirme Mikati

Le Premier ministre libanais Najib Mikati, le secrétaire général de la Ligue arabe Ahmed Aboul Gheit et des ministres arabes avec les lauréats (Photo, Arab News).
Le Premier ministre libanais Najib Mikati, le secrétaire général de la Ligue arabe Ahmed Aboul Gheit et des ministres arabes avec les lauréats (Photo, Arab News).
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Publié le Dimanche 27 février 2022

«Nous insistons sur la neutralité du Liban dans les conflits arabes», affirme Mikati

  • Mikati demande aux ministres arabes de la justice : «N'accablez pas le Liban avec ce qu'il ne peut pas gérer»
  • Le secrétaire général de la Ligue arabe décrit le Liban comme «un phare du savoir»

BEYROUTH : Le secrétaire général de la Ligue arabe, Ahmed Aboul Gheit, a décrit le Liban comme «un phare du savoir qui ne ménage aucun effort pour soutenir chaque activité utile à l'action commune du monde arabe».

Aboul Gheit s'exprimait samedi lors d'une cérémonie organisée par le Conseil des ministres arabes de la justice à Beyrouth en l’honneur des lauréats arabes des thèses de doctorat dans le domaine du droit et de la justice.

Ses commentaires sont intervenus après les remarques du Premier ministre libanais Najib Mikati, qui a déclaré lors de la cérémonie attendre «de nos frères arabes qu'ils comprennent notre réalité et qu'ils soient à nos côtés afin d’épargner davantage de risques au Liban et de nous aider à supporter les fardeaux qui ont dépassé nos capacités»

«Le Liban, qui est et restera une partie du monde arabe, traverse une crise sans précédent, et notre gouvernement essaie de la résoudre avec toutes les ressources dont il dispose, en s'appuyant sur le soutien de ses frères arabes et amis à l’échelle internationale», a ajouté Mikati.

Pour le Premier ministre «Il est injuste d'imposer au Liban plus qu'il ne peut supporter».

«Nous sommes incapables de nous tenir dans une tranchée ici ou sur une ligne de front là-bas. Nous avons ainsi adopté une politique de neutralité vis-à-vis des conflits arabes, et nous insistons pour la mettre en œuvre» a-t-il ajouté.

Il a indiqué que le seul perdant dans tout différend régional «est notre monde arabe, qui a toujours convoité l'unité».

Le Premier ministre libanais a ajouté que «l'amère expérience du Liban lui a appris que les combats ne mènent nulle part et que tout le monde en sort perdant».

«La patrie est perdante et le peuple aussi. Celui qui croit pouvoir gagner contre son partenaire arabe se trompe».

«La victoire ne peut être obtenue que par l’entente, en prenant soin des générations futures et en planifiant un avenir qui réponde à leurs ambitions».

Aboul Gheit a ajouté lors de son discours que les universités arabes sont toujours «en bas des classements internationaux à cause de leur manque d'innovation et de sérieux dans la recherche scientifique, et de la diminution du volume des publications scientifiques».

Il a souligné la nécessité de «rattraper ce manque en augmentant le budget de la recherche scientifique, en offrant des opportunités aux jeunes, en les préparant à affronter les défis modernes et en leur permettant d'accéder à l'égalité des chances afin de rivaliser avec d'autres sociétés».

Les prix universitaires ont été proposés pour la première fois lors de la 35e session du Conseil des ministres arabes de la justice en 2019 et ont été promus par le Centre arabe de recherche juridique et légale du conseil dans le but de soutenir la recherche scientifique, ciblant une catégorie de titulaires d'un doctorat en droit.

Ibrahim Najjar, représentant du jury et ancien ministre de la Justice libanais, a déclaré qu'«il n'a pas été facile de choisir la meilleure thèse parmi des centaines qui abordaient divers sujets concernant le monde arabe. Cette diversité montre que nous pouvons être ouverts à différentes cultures et nous adapter à l'évolution constante du monde».

Le ministre libanais de la Justice, Henry Khoury, a signalé que les prix, qui seront décernés tous les deux ans, visent à «encourager les études comparatives appliquées qui traitent de vrais problèmes de droit   et de justice arabes, orienter les études vers la satisfaction des besoins nationaux dans ces domaines, ainsi que de renforcer les études juridiques et de sensibiliser les institutions à cet égard».

Le ministre algérien de la Justice, Abdel Rashid Tabbi, qui était présent à la cérémonie, a réagi à «l'intérêt porté par les chercheurs de diverses universités du monde arabe pour le prix est le début d'un rapprochement scientifique arabe entre les peuples du monde arabe, qui ouvrira la voie à d'autres opportunités de ce type».

La cérémonie a décerné le premier prix à Amina Kab, le deuxième à Mohammed Mohammed Hussein et le troisième à Safiyane Abdali.

Les deux ministres Khoury et Tabbi ont signé deux accords en marge de l'événement. Le premier porte sur la coopération judiciaire entre le Liban et l'Algérie sur les politiques pénales, tandis que le second vise à poursuivre les condamnés et à extrader les détenus entre les deux pays.

Tabbi a souligné que les accords «sont le meilleur mécanisme pour faire face l’irresponsabilité pénale, et en les signant, nous établirons pour nos deux pays un cadre global qui nous protégera des menaces criminelles».

Pendant ce temps, une délégation iranienne, conduite par le ministre de la Culture et de l'Orientation, Mahdi Ismaili, est arrivée à Beyrouth pour inaugurer les activités des «Journées de l'aube culturelle» au Liban.

Les activités devraient se tenir au Théâtre Resalat, appartenant au Hezbollah, dans le sud de Beyrouth, au Palais de l'UNESCO dans la capitale et au Centre international pour le dialogue des civilisations à Rabweh.

Ces activités comprennent une soirée musicale par l'Orchestre national iranien Rudaki, une exposition d'artisanat, un colloque sur le pluralisme culturel, une projection de film et des soirées poésie et folklore.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Liban: une frappe israélienne sur la Békaa fait un mort et deux blessés

Un membre de la défense civile inspecte des véhicules détruits ainsi que des gravats et débris après un bombardement israélien sur le village de Shmistar, au centre de la vallée orientale de la Békaa au Liban, le 8 avril 2026. (ARCHIVES/AFP)
Un membre de la défense civile inspecte des véhicules détruits ainsi que des gravats et débris après un bombardement israélien sur le village de Shmistar, au centre de la vallée orientale de la Békaa au Liban, le 8 avril 2026. (ARCHIVES/AFP)
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  • Une frappe de drone israélienne dans l’ouest de la Békaa (Liban) a fait 1 mort et 2 blessés, malgré un cessez-le-feu fragile en cours entre Israël et le Hezbollah
  • Les tensions persistent avec des échanges de tirs : roquettes et drones du Hezbollah en riposte, frappes israéliennes en retour, sur fond d’escalade régionale récente

BEYROUTH: Une frappe israélienne dans l'ouest de la région de la Békaa (est du Liban) a fait un mort et deux blessés mercredi, ont rapporté des médias d'Etat libanais, malgré la trêve en vigueur entre Israël et le Hezbollah pro-iranien.

"Une personne a été tuée et deux autres blessées à la suite d'une attaque menée par un drone ennemi à l'aube, à la périphérie d'Al-Jabour, dans l'ouest de la Békaa", a rapporté mercredi l'Agence nationale d'information (Ani).

L'agence fait en outre état de tirs d'artillerie israéliens et de démolitions dans les villes du sud actuellement occupées par Israël.

Le mouvement libanais Hezbollah avait dit mardi que ses combattants avaient tiré des roquettes et envoyé des drones d'attaque contre un site militaire israélien "en représailles aux flagrantes" violations du cessez-le-feu, invoquant notamment "les attaques contre des civils et la destruction de maisons et villages".

L'armée israélienne avait indiqué mardi que le Hezbollah avait "tiré plusieurs roquettes" en direction de soldats stationnés dans le sud du Liban et que l'armée avait frappé le lance-roquettes en retour.

Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre régionale déclenchée par le 28 février par l'attaque américano-israélienne sur l'Iran, en tirant le 2 mars des roquettes sur Israël.

Depuis, Israël a pris le contrôle d'une bande de territoire libanais d'une profondeur d'une dizaine de kilomètres courant le long de la frontière israélo-libanaise.

Un fragile cessez-le-feu de 10 jours est entré en vigueur vendredi entre Israël et le Hezbollah pro-iranien.


Le prince héritier saoudien discute de l'évolution de la situation au Liban avec le président

Le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman. (Fichier/SPA)
Le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman. (Fichier/SPA)
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  • M. Aoun a exprimé sa reconnaissance au prince héritier pour le soutien saoudien au Liban et l'assistance continue du Royaume en toutes circonstances
  • Le prince héritier a affirmé le soutien du Royaume au Liban dans le maintien de sa souveraineté et de ses efforts pour préserver ses ressources, son intégrité territoriale et son unité

RIYADH : Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a reçu un appel téléphonique du président libanais Joseph Aoun, a rapporté mardi l'Agence de presse saoudienne.

Au cours de cet appel, ils ont discuté des derniers développements au Liban et dans la région, ainsi que des efforts déployés pour parvenir à la sécurité et à la stabilité.

M. Aoun a remercié le prince héritier pour le soutien saoudien au Liban et l'assistance continue du Royaume en toutes circonstances.

Le prince héritier a affirmé le soutien du Royaume au Liban dans le maintien de sa souveraineté et de ses efforts pour préserver ses ressources, son intégrité territoriale et son unité.

Un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Hezbollah, négocié par Washington, est entré en vigueur jeudi dernier, mais les forces israéliennes restent déployées dans une bande de terre libanaise de 5 à 10 km de profondeur tout au long de la frontière.

De nouveaux entretiens entre les ambassadeurs américains du Liban et d'Israël auront lieu jeudi à Washington, selon un responsable du département d'État américain, après les premiers entretiens directs entre les deux pays depuis des décennies, qui ont eu lieu le 14 avril.


Liban: premières funérailles collectives de combattants du Hezbollah dans le sud

Il s'agit des obsèques de 15 combattants et d'un civil dans le village de Qlaylé et de 29 autres combattants dans le village de Kfarsir, a détaillé le mouvement chiite pro-iranien dans un communiqué, sans préciser le nombre total de ses pertes dans les frappes israéliennes et les combats avec les troupes qui ont pénétré dans des secteurs du sud. (AFP)
Il s'agit des obsèques de 15 combattants et d'un civil dans le village de Qlaylé et de 29 autres combattants dans le village de Kfarsir, a détaillé le mouvement chiite pro-iranien dans un communiqué, sans préciser le nombre total de ses pertes dans les frappes israéliennes et les combats avec les troupes qui ont pénétré dans des secteurs du sud. (AFP)
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  • Trois combattants du groupe armé avaient eux été enterrés lundi dans trois localités de la Békaa, dans l'est du pays, selon la chaîne al-Manar affiliée au Hezbollah
  • Certains de ces combattants tués pendant la guerre avaient d'abord été inhumés temporairement hors du sud, un rite musulman chiite autorisé en cas de circonstances exceptionnelles

BEYROUTH: Le Hezbollah pro-iranien organise mardi des funérailles collectives de 44 combattants, les premières dans le sud du Liban depuis le début de sa guerre avec Israël le 2 mars, après l'entrée en vigueur d'une trêve vendredi.

Il s'agit des obsèques de 15 combattants et d'un civil dans le village de Qlaylé et de 29 autres combattants dans le village de Kfarsir, a détaillé le mouvement chiite pro-iranien dans un communiqué, sans préciser le nombre total de ses pertes dans les frappes israéliennes et les combats avec les troupes qui ont pénétré dans des secteurs du sud.

Un cortège funèbre doit traverser plusieurs villages avant l'inhumation, qui permettra, selon le Hezbollah, "le retour d'âmes bénies vers le sol du sud".

Dans la banlieue sud de Beyrouth, quatre combattants du Hezbollah avaient déjà été enterrés lundi, selon un photographe de l'AFP, en présence de dizaines de proches et partisans, y compris des femmes et des enfants, portant les portraits des défunts.

Trois combattants du groupe armé avaient eux été enterrés lundi dans trois localités de la Békaa, dans l'est du pays, selon la chaîne al-Manar affiliée au Hezbollah.

Certains de ces combattants tués pendant la guerre avaient d'abord été inhumés temporairement hors du sud, un rite musulman chiite autorisé en cas de circonstances exceptionnelles.

Les frappes israéliennes et les combats ont fait 2.387 morts et un million de déplacés dans le pays depuis début mars, d'après un bilan officiel, qui ne précise pas s'il s'agit de civils ou de combattants.

Ce bilan inclut au moins 274 femmes et 177 enfants, selon le ministère de la Santé libanais.

Un cessez-le-feu de 10 jours émaillé de nombreux incidents est entré en vigueur vendredi entre Israël et le Hezbollah, et de nouvelles discussions "directes" entre le Liban et Israël auront lieu jeudi à Washington, une dizaine de jours après une première session, a indiqué lundi à l'AFP un responsable de la diplomatie américaine.

Israël avait annoncé mi-avril avoir tué "plus de 1.700" combattants du Hezbollah, des chiffres que l'AFP n'a pas pu vérifier.