Discussions Russie-Ukraine sur un cessez-le-feu, Washington parle d'un bilan humain «ahurissant»

Session extraordinaire de l'Assemblée Générale de l'ONU concernant l'invasion russe de l'Ukraine (Photo, AFP).
Session extraordinaire de l'Assemblée Générale de l'ONU concernant l'invasion russe de l'Ukraine (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 03 mars 2022

Discussions Russie-Ukraine sur un cessez-le-feu, Washington parle d'un bilan humain «ahurissant»

  • Des émissaires ukrainiens se dirigeaient déjà vers «le lieu des négociations» au Bélarus pour une deuxième session de discussions avec leurs homologues russes
  • Ces pourparlers, qui porteront notamment sur un cessez-le-feu, commenceront jeudi matin

KHARKIV : La Russie s'est dite prête mercredi à discuter dès le lendemain d'un cessez-le-feu avec l'Ukraine, malgré la poursuite des frappes russes sur plusieurs villes ukrainiennes dans un conflit dont Washington a déploré le bilan humain "ahurissant".

Des émissaires ukrainiens se dirigeaient d'ores et déjà vers "le lieu des négociations" au Bélarus pour une deuxième session de discussions avec leurs homologues russes, a annoncé la présidence ukrainienne.

Ces pourparlers, qui porteront notamment sur un cessez-le-feu, commenceront jeudi matin dans un lieu déterminé "ensemble" situé "non loin de la frontière avec la Pologne", a précisé le négociateur russe Vladimir Medinski.

Les membres du Conseil de sécurité se réunissent pour discuter de l'invasion de l'Ukraine au siège des Nations Unies, le 28 février 2022, à New York. (Photo, AFP)
Les membres du Conseil de sécurité se réunissent pour discuter de l'invasion de l'Ukraine au siège des Nations Unies, le 28 février 2022, à New York. (Photo, AFP)

De premières discussions lundi, également au Bélarus, n'avaient donné aucun résultat tangible, Kiev ayant réclamé l'arrêt immédiat de l'invasion, tandis que Moscou avait semblé attendre une reddition.

Les Etats-Unis vont "soutenir des efforts diplomatiques" de l'Ukraine pour obtenir un cessez-le-feu avec la Russie, même si "c'est beaucoup plus difficile d'y parvenir quand les tirs résonnent et les chars avancent", a réagi le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken.

Le secrétaire d'Etat aussi mis l'accent sur un "coût humain" d'ores et déjà "ahurissant". "Des centaines sinon des milliers de civils ont été tués et blessés", a déploré M. Blinken lors d'une conférence de presse, et "le nombre de civils tués et blessés, les conséquences humanitaires, ne feront que s'aggraver dans les jours qui viennent".

Le secrétaire d'État américain Antony Blinken discute de l'invasion de l'Ukraine par la Russie lors d'une conférence de presse au département d'État à Washington, DC, le 2 mars 2022. (Photo, AFP)
Le secrétaire d'État américain Antony Blinken discute de l'invasion de l'Ukraine par la Russie lors d'une conférence de presse au département d'État à Washington, DC, le 2 mars 2022. (Photo, AFP)

Le président français Emmanuel Macron a quant à lui affiché sa volonté de "rester en contact" avec son homologue russe Vladimir Poutine afin de "le convaincre de renoncer aux armes", lançant dans une allocution télévisée un vibrant "nous ne sommes pas en guerre contre la Russie".

Une photo d'écrans prise dans une salle de contrôle des médias à Paris, le 2 mars 2022, montrant le président français Emmanuel Macron s'exprimant depuis l'Elysée lors d'un discours télévisé sur la situation générale sept jours après le lancement par la Russie d'une invasion militaire contre l'Ukraine. (Photo, AFP)
Emmanuel Macron s'exprimant depuis l'Elysée lors d'un discours télévisé sur la situation sept jours après le lancement de l'invasion russe de l'Ukraine (Photo, AFP)

Dans le même temps, l'Assemblée générale des Nations unies votait une résolution qui "exige que la Russie cesse immédiatement de recourir à la force contre l'Ukraine", seuls cinq pays s'y opposant et 35 s'abstenant dont la Chine, sur les 193 membres que compte cette organisation.

Dans ce texte, l'ONU demande à Moscou qu'il "retire immédiatement, complètement et sans conditions toutes ses forces militaires" du territoire ukrainien et "condamne la décision de la Russie d'accentuer la mise en alerte de ses forces nucléaires".

L'ambassadeur d'Ukraine aux Nations unies, Sergiy Kyslytsya, avait auparavant dénoncé un "génocide" en cours dans son pays, perpétré par la Russie.

Sergiy Kyslytsya, Représentant permanent de l'Ukraine auprès de l'Organisation des Nations Unies, tient un exemplaire du manuel de la Charte des Nations Unies alors qu'il s'exprime lors d'une session extraordinaire de l'Assemblée générale au siège des Nations Unies, le 2 mars 2022, à New York. (Photo, AFP)
Sergiy Kyslytsya brandit un exemplaire du manuel de la Charte des Nations Unies lors d'une session extraordinaire de l'Assemblée générale au siège des Nations Unies, le 2 mars 2022, à New York. (Photo, AFP)

Le procureur de la Cour pénale internationale a annoncé mercredi soir "l'ouverture immédiate" d'une enquête sur la situation pour crimes de guerre.

La Banque mondiale annonce la suspension de tous ses programmes d'aide au Bélarus et en Russie

"Suite à l'invasion russe de l'Ukraine et aux hostilités contre le peuple ukrainien, le groupe de la Banque mondiale a arrêté tous ses programmes en Russie et au Bélarus avec effet immédiat", a annoncé l'institution de Washington dans un communiqué.

Au Bélarus, la Banque mondiale s'était engagée dans 11 projets totalisant 1,15 milliard de dollars. En Russie, elle menait 4 projets représentant 370 millions, selon le site internet de l'institution.

La Banque mondiale a par ailleurs souligné dans son communiqué mercredi qu'elle n'avait approuvé "aucun nouveau prêt ou investissement en Russie depuis 2014", soit depuis l'annexion de la Crimée par Moscou.

"Il n'y a pas non plus eu de nouveau prêt approuvé en faveur du Bélarus depuis la mi-2020", a-t-elle précisé.

Premier bilan russe

Sur le terrain, au septième jour de l'offensive déclenchée par Vladimir Poutine en Ukraine, des unités aéroportées russes ont débarqué à Kharkiv, la deuxième ville du pays, située dans l'est à 50 km de la frontière avec la Russie, a affirmé l'armée ukrainienne.

Après plusieurs bombardements dans le centre-ville la veille, qui ont fait au moins 21 morts selon le gouverneur régional, des bâtiments abritant des forces de sécurité et l'université ont été touchés. Au moins quatre personnes ont été tuées et neuf blessées.

Et l'OSCE a annoncé mercredi soir la mort la veille d'une membre ukrainienne de sa mission locale lors du "bombardement" de Kharkiv.

La place de l'Indépendance a été la cible dans la journée d'une frappe aérienne qui a fait voler en éclats les vitres de la mairie et détruit les commerces, a constaté un journaliste de l'AFP.

A Kiev, 500 km plus à l'ouest, dont les habitants qui n'ont pas fui se préparent depuis des jours à un assaut, un calme relatif règne mercredi, après que la tour de télévision eut été prise pour cible la veille.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a dit "admirer sincèrement les habitants héroïques" des villes qui résistent aux forces russes et à leur avancée.

Selon lui, près de 9 000 soldats russes ont été tués depuis une semaine, un chiffre invérifiable dans l'immédiat.

Moscou de son côté a dévoilé mercredi son premier bilan de militaires russes tués dans l'offensive en Ukraine, en annonçant la mort de 498 de ses soldats et précisant que 1 597 autres y ont été blessés.

Plusieurs localités au nord-ouest de la capitale, dont Bucha et Gostomel, ont toutefois été bombardées, ont déploré les autorités régionales.

La survie s'organisait dans le métro de Kiev transformé en abri antiaérien.

Dans la station Dorohozhychi, proche de la tour de télévision, l'AFP a vu des dizaines de familles. Beaucoup ont passé les six dernières nuits par terre, allongées sur des draps et des serviettes. 

Antonina Pouzyi, une retraitée accompagnée de ses petits-enfants, y préparait une soupe aux carottes et aux pommes de terre.

"C'est effrayant là-haut", a-t-elle dit, pointant de son couteau éplucheur le plafond. "Mes filles nous descendent à manger et les voisins apportent des gâteaux pour les petits. Tout le monde essaie d'aider".

La tour domine le quartier du parc-mémorial de Babi Yar, où furent abattus en septembre 1941, sous l'occupation nazie, plus de 33 000 juifs. 

Si aucun monument en hommage aux victimes de ce massacre n'a été atteint, Volodymyr Zelensky, d'ascendance juive, a accusé Moscou de chercher à "effacer" l'Ukraine et exhorté les juifs "à ne pas rester silencieux".

Le maire de la capitale, l'ex-boxeur Vitaly Klitschko, a appelé tous les habitants à la résistance : "Kiev tient et va tenir".

Des bombardements ont également eu lieu à Jitomir, 150 km plus à l'ouest. L'AFP a vu mercredi des personnes fouiller les décombres d'un petit marché. Au moins trois personnes y ont été tuées et une dizaine blessées, selon des habitants de la ville.

Russie: G7 et UE veulent empêcher l’usage des cryptomonnaies pour contourner les sanctions

Les pays du G7 et l'UE cherchent à empêcher la Russie de contourner les sanctions occidentales en utilisant des cryptomonnaies, ont indiqué mercredi le ministre allemand des Finances, Christian Lindner, et son homologue français Bruno Le Maire.

"Nous prendrons des dispositions sur les cryptomonnaies, qui ne doivent pas être utilisées pour contourner les sanctions financières", a déclaré M. Le Maire à la presse, à l'issue d'une réunion avec ses homologues de l'Union européenne par visioconférence.

Lors de cette réunion, la présidente de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde, a fait un point sur ce sujet. "Nous allons étudier tous les moyens disponibles", a dit le ministre français.

Au sein du G7, "nous devrions prendre des mesures pour empêcher les personnes et les institutions" frappées par les sanctions occidentales "de se tourner vers des cryptomonnaies non réglementées", a parallèlement déclaré M. Lindner dans un communiqué.

Depuis que les États-Unis et leurs alliés occidentaux ont mis en place un train de sanctions visant à paralyser le secteur bancaire et la monnaie russe après l'invasion de l'Ukraine la semaine dernière, les achats de cryptomonnaies en roubles ont grimpé à un niveau record.

Les Russes se sont rués vers les cryptoactifs en espérant y trouver une valeur refuge, comme le bitcoin, qui fonctionne sur un réseau décentralisé. En effet, aucune entité centrale ne peut être sanctionnée et est en capacité d'empêcher l'accès des utilisateurs à ces cryptoactifs.

Le port de Marioupol dans le viseur

Dans le sud, les militaires russes ont affirmé totalement contrôler Kherson, mais la situation y restait incertaine. Le maire de cette cité, Igor Kolykhaïev, a évoqué une "catastrophe humanitaire". 

Plus à l'est, à Marioupol, le principal port ukrainien de la mer d'Azov, "ça se dégrade d'heure en heure", a témoigné une de ses habitantes, Maryna, 28 ans, selon laquelle le centre-ville a été pilonné.

Si elle en prenait le contrôle, l'armée russe pourrait assurer une continuité territoriale entre ses forces en provenance de Crimée et celles arrivées des territoires séparatistes plus au nord.

Dans ce contexte, le ministère russe de la Défense a annoncé mercredi la mise en place de couloirs humanitaires pour permettre la sortie des civils des villes ukrainiennes les plus exposées, notamment Kiev, Kharkiv et Marioupol.

Quatre avions de combat russes ont violé l’espace aérien suédois en mer Baltique

"Dans le contexte actuel, nous prenons cet évènement très au sérieux. C'est une action irresponsable et non professionnelle du côté russe", a protesté l'armée suédoise dans un communiqué.

L'incident intervient après que la Suède a annoncé dimanche l'envoi de 5 000 armes antichars et de matériel militaire à l'Ukraine, rompant pour la première fois depuis 1939 sa doctrine consistant à ne pas exporter des armes vers un pays en guerre.

Le ministre suédois de la Défense a dénoncé une incursion "complètement inacceptable". "Cela va entraîner une prise de position diplomatique claire côté suédois", a averti Peter Hultqvist dans une déclaration écrite à l'AFP.

Ce sont deux chasseurs Soukhoï Su-27 et deux Soukhoï Su-24, spécialisés dans les attaques au sol, qui ont violé l'espace aérien, et des avions suédois Gripen ont pu documenter les faits, selon l'armée suédoise.

"Cela montre que notre préparation est bonne. Nous sommes sur place pour assurer l'intégrité territoriale et les frontières suédoises", a fait valoir l'état-major.

Des incidents autour de l'île du Gotland, alors que la Suède n'a pas la protection de l'article 5 d'assistance mutuelle de l'Otan, sont évoqués par des analystes comme autant d'hypothèses d'escalade entre la Russie et l'Europe.

La Banque mondiale suspend son aide

Les frappes sur Kiev et Kharkiv ont suscité une vive émotion dans le monde, où manifestations contre la guerre et gestes de solidarité avec l'Ukraine se sont multipliés ces derniers jours.

Le président américain Joe Biden a estimé dans la nuit que Vladimir Poutine, qu'il a qualifié de "dictateur", était maintenant "plus isolé que jamais du reste du monde", sur fond de forte pression internationale et de sanctions économiques inédites.

Parmi ces mesures, l'UE a confirmé mercredi que sept banques russes seraient, à compter du 12 mars, exclues du système de messagerie Swift, un rouage-clé de la finance internationale.

La Banque mondiale a annoncé la suspension immédiate de tous ses programmes d'aide en Russie et au Bélarus.

Le 2 mars 2022, la Banque mondiale a annoncé qu'elle arrêtait tous ses projets en cours en Russie et en Biélorussie en réponse à l'invasion de l'Ukraine. (Photo, AFP)
Le 2 mars 2022, la Banque mondiale a annoncé qu'elle arrêtait tous ses projets en cours en Russie et en Biélorussie en réponse à l'invasion de l'Ukraine. (Photo, AFP)

Le ministère américain de la Justice a parallèlement chargé des procureurs de poursuivre "les oligarques russes corrompus" et tous ceux qui violeraient les sanctions prises par Washington.

Résultat du conflit: les prix des hydrocarbures et de l'aluminium, dont la Russie est une grosse exportatrice, flambaient, avec des cours du pétrole au plus haut depuis près d'une décennie.

L'impact que cela aura sur l'économie des Etats-Unis est "très incertain", a averti mercredi Jerome Powell, le président de la banque centrale américaine.

Les autorités russes tentent pour leur part d'éviter hémorragie financière et panique: le rouble a perdu en quelques jours plus d'un tiers de sa valeur en devises étrangères. Les avions russes ne peuvent plus atterrir que dans une poignée de pays. Emplois, salaires et prêts bancaires sont potentiellement menacés.

Le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a reconnu mercredi "un sérieux coup", mais prédit que l'économie russe "resterait debout".

La Russie est aussi de plus en plus isolée dans les domaines sportifs et culturels. Le géant de la musique en streaming Spotify a annoncé mercredi soir la fermeture de ses bureaux en Russie et le retrait des contenus sponsorisés par l'Etat russe de son site.

Prague suspend les visas aux Bélarusses en raison du rôle de Minsk dans la guerre en Ukraine

"Nous avons pris la même mesure concernant les visas (pour les Bélarusses) que celle vis-à-vis de la Russie", a déclaré aux journalistes le ministre des Affaires étrangères, Jan Lipavsky.

La République tchèque, un pays de 10,7 millions d'habitants, membre de l'UE et de l'Otan, a cessé de délivrer les visas aux Russes le 25 février, le lendemain de l'invasion de l'Ukraine par la Russie.

"En ce moment, le Bélarus est pleinement impliqué dans l'agression contre l'Ukraine", a insisté M. Lipavsky.

La ministre de la Défense, Jana Cernochova, a indiqué de son côté que son ministère enverrait en Ukraine de l'aide médicale, notamment des sacs à dos de sauvetage et des civières pliantes, d'une valeur de près d'un million d'euros.

"La brutalité du bandit Poutine (le président russe Vladimir Poutine) est de pire en pire, le nombre de blessés augmente, et nous ne pouvons pas nous contenter de juste le regarder", a-t-elle ajouté.

La République tchèque a déjà envoyé à l'Ukraine 4 000 obus d'artillerie, 30 000 pistolets, 7 000 fusils d'assaut, 3 000 mitrailleuses, plusieurs dizaines de fusils de sniper et environ un million de cartouches, ainsi que d'autres matériels militaires non spécifiés.

Navalny appelle à manifester

Au plan diplomatique, l'Union européenne organise vendredi une rencontre extraordinaire des ministres des Affaires étrangères de ses Etats membres avec leurs homologues américain, britannique et canadien, présents à Bruxelles dans le cadre d'une réunion de l'Otan.

Et le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken va se rendre du 3 au 8 mars en Belgique, en Pologne, dans les Pays baltes et en Moldavie pour réaffirmer le soutien de son pays face à Moscou.

En Russie, l'opposant Alexeï Navalny a, de sa prison, appelé ses concitoyens à manifester chaque jour, qualifiant Poutine de "petit tsar complètement fou".

En Russie, l'opposant Alexeï Navalny a, de sa prison, appelé ses concitoyens à manifester chaque jour,
En Russie, l'opposant Alexeï Navalny a, de sa prison, appelé ses concitoyens à manifester chaque jour. (Photo, AFP)

Des dizaines de personnes ont été interpellées dans la soirée au cours de rassemblements contre l'invasion de l'Ukraine organisés à Moscou et à Saint-Pétersbourg.

Les Ukrainiens sont par ailleurs toujours plus nombreux à quitter leur pays : près de 900 000 sont déjà partis à l'étranger depuis le 24 février, a déclaré mercredi le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés.

Ukraine : RT visée par 12 procédures supplémentaires au Royaume-Uni

Le régulateur britannique des médias a annoncé mercredi l'ouverture de 12 enquêtes supplémentaires pour manque d'impartialité dans les programmes de la chaîne d'Etat russe en anglais RT pour sa couverture de l'invasion russe de Ukraine.

Cela porte à 27 le nombre des enquêtes ouvertes par l'organisme.

"Nous sommes très préoccupés par le volume des programmes sur RT qui soulèvent des problèmes potentiels en vertu du code de la radiodiffusion et, au fur et à mesure que nos enquêtes progressent, nous examinons si RT devrait conserver une licence britannique", a expliqué le régulateur, l'Ofcom, dans un communiqué.

Le régulateur avait annoncé lundi ouvrir 15 enquêtes sur RT.

L'organisme avait dit avoir constaté "une augmentation importante du nombre des programmes" susceptibles de faire l'objet de procédures. Il avait précisé que pour des sujets aussi importants que la crise en Ukraine, tous les médias disposant de licences de diffusion devaient "respecter des exigences particulières en termes d'impartialité", avec "des mesures supplémentaires (...) tels que donner un poids nécessaire à un large éventail d'opinions".

Les chaînes du réseau international RT (ex-Russia Today) sont dans le collimateur des pays occidentaux, accusées de "mensonges" sur la guerre en Ukraine par l'Union européenne qui veut les bannir.

Au Royaume-Uni, le gouvernement a demandé la semaine dernière un réexamen de sa licence de diffusion, mais le Premier ministre Boris Johnson a dit vouloir laisser l'Ofcom se prononcer plutôt que les politiques, au nom de la "liberté d'expression".


L'Iran et les Etats-Unis jugent un accord proche

Une femme passe devant une fresque antiaméricaine peinte sur le mur de l'ancienne ambassade des États-Unis, aujourd'hui transformée en musée, à Téhéran, le 12 juin 2026. (Photo AP/Vahid Salemi).
Une femme passe devant une fresque antiaméricaine peinte sur le mur de l'ancienne ambassade des États-Unis, aujourd'hui transformée en musée, à Téhéran, le 12 juin 2026. (Photo AP/Vahid Salemi).
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  • L’Iran et les États-Unis se disent proches d’un accord pour mettre fin à plusieurs mois de tensions au Moyen-Orient
  • Des désaccords persistent sur le nucléaire iranien, les sanctions économiques et le dossier libanais

TEHERAN: L'Iran et le médiateur pakistanais ont affirmé vendredi qu'un accord avec les Etats-Unis était proche pour mettre fin à trois mois et demi de conflit au Moyen-Orient, un haut responsable américain affichant également un ton optimiste.

Après des semaines de négociations laborieuses et d'espoirs déçus à plusieurs reprises, est-on dans la dernière ligne droite? Les principaux protagonistes se disent confiants même si la version du texte donnée par les médias iraniens diffère significativement de celle avancée par Washington.

"Dès que les dernières étapes de nos négociations seront achevées, cet accord sera signé et annoncé", a indiqué le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi à la télévision d'Etat.

"Cela pourrait arriver dans les prochains jours. J'ai bon espoir", a-t-il déclaré.

Le ministre a affirmé que le projet d'accord prévoyait la levée du blocus américain des ports iraniens et une nouvelle gestion du détroit d'Ormuz.

Il a cependant accusé Israël de chercher des "prétextes" pour faire "dérailler" un éventuel accord avec Washington.

Même tonalité positive du côté du Premier ministre du Pakistan, principal négociateur dans le conflit. "La paix n'a jamais été aussi proche qu'aujourd'hui", selon Shehbaz Sharif.

- Signature "à distance" -

Et à Washington, un haut responsable a estimé à "80 à 85%" la probabilité d'un accord-cadre ouvrant une période de 60 jours de discussions techniques, mais "pas 100%". "La ligne d'arrivée n'est pas encore franchie", a-t-il averti, sous le couvert de l'anonymat.

La Suisse a déjà proposé d'accueillir une éventuelle signature, alors qu'un sommet du G7 en présence de Donald Trump doit commencer lundi dans la ville française d'Evian, près de Genève. Mais Téhéran a affirmé qu'une fois finalisé, le protocole d'accord serait signé "à distance".

Les marchés parient de leur côté sur une telle issue, avec un pétrole passé sous la barre des 90 dollars le baril.

Le président américain, qui a déjà annoncé 39 fois un accord imminent selon un décompte de CNN, peine à trouver une issue à cette guerre impopulaire, à l'approche des élections de mi-mandat de novembre et en plein Mondial de football co-organisé par les Etats-Unis.

Il s'est fendu vendredi d'un message furieux sur son réseau Truth Social: "Les termes (d'accord) que l'Iran a fait fuiter aux médias menteurs n'ont RIEN à voir avec les termes dont nous sommes convenus par écrit".

"Ce sont des gens qui n'ont pas d'honneur. Avec eux, il est impossible de négocier de bonne foi", a-t-il écrit aussi.

- Dilution de l'uranium -

L'agence de presse iranienne Mehr avait publié plus tôt ce qu'elle a présenté comme une ébauche de protocole en 14 points, avec des conditions telles que le maintien du contrôle sur le détroit d'Ormuz, le droit à l'enrichissement d'uranium, le déblocage rapide de 24 milliards de dollars de fonds iraniens gelés à l'étranger.

Washington a livré de son côté une toute autre version du texte.

Le compromis doit, selon le responsable américain, mener à la réouverture d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures.

Il doit aussi aboutir au "démantèlement" du programme nucléaire iranien et permettre aux Etats-Unis de récupérer l'uranium hautement enrichi, qui serait "détruit sur place" puis "sorti" du pays.

Mais Abbas Araghchi a préconisé vendredi une dilution sur le sol iranien de ses stocks d'uranium enrichi à 60%.

Diluer l'uranium à un taux inférieur à 5%, loin des 90% requis pour fabriquer la bombe nucléaire, permettrait d'éloigner considérablement la menace d'un enrichissement à des fins militaires.

Téhéran dément vouloir se doter de l'arme atomique, comme l'en accusent les Etats-Unis et Israël.

- Liban -

Enfin, sur la question des avoirs, "les Iraniens ne recevront pas d'argent et les fonds ne seront pas libérés simplement par une signature d'accord ou la participation à une réunion", a insisté sur X le vice-président américain JD Vance.

Ce point est central pour l'Iran, après des décennies de sanctions qui asphyxient son économie.

Le conflit, déclenché par des frappes américano-israéliennes le 28 février avant l'entrée en vigueur d'une trêve le 8 avril, a embrasé le Moyen-Orient, fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, et ébranlé l'économie mondiale.

Autre point d'achoppement majeur, le front libanais.

Selon Washington, l'accord en discussion avec l'Iran inclut bien le Liban, comme réclamé par Téhéran, alors que les Etats-Unis avaient toujours dit vouloir traiter ce dossier séparément.

Le Liban a été entraîné dans la guerre le 2 mars, quand le Hezbollah a visé le territoire israélien en soutien à l'Iran. Depuis, Israël pilonne le pays voisin, disant vouloir "éliminer" le mouvement chiite. Des frappes qui ont fait plus de 3.700 morts.


Erdogan et Netanyahu s'écharpent sur le Proche-Orient

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a accusé Benjamin Netanyahu de « suivre la voie d’Hitler » jeudi, après que le dirigeant israélien a affirmé qu’il était un « dictateur antisémite » ayant commis un « génocide » contre les Kurdes. (AFP/archives)
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a accusé Benjamin Netanyahu de « suivre la voie d’Hitler » jeudi, après que le dirigeant israélien a affirmé qu’il était un « dictateur antisémite » ayant commis un « génocide » contre les Kurdes. (AFP/archives)
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  • Recep Tayyip Erdogan a vivement accusé Benjamin Netanyahu de “marcher sur les pas d’Hitler”, dénonçant la politique israélienne à Gaza comme une “usine à souffrance” et un “réseau génocidaire”
  • Les échanges verbaux se sont durcis : Israël a répliqué en qualifiant Erdogan de “dictateur antisémite”, tandis que les tensions s’intensifient autour de Gaza, du Liban et de la sécurité régionale

ISTANBUL: Le président turc Recep Tayyip Erdogan a accusé jeudi le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de "marcher sur les pas d'Hitler", les deux dirigeants se renvoyant le qualificatif de "génocidaire" par discours et communiqués interposés.

Affirmant qu'Israël s'est mué en une "usine à créer de la souffrance" se nourrissant "de sang et de larmes", le chef de l'Etat turc a à nouveau comparé M. Netanyahu à Adolf Hitler, lui prédisant "le même sort que celui des autres tyrans de l'histoire".

Mercredi, le président Erdogan, à couteaux tirés avec Benjamin Netanyahu depuis le déclenchement de la guerre à Gaza fin 2023, avait déjà déclaré que "la sécurité de la Turquie commence (...) à Alep, Damas et Beyrouth", estimant que le Premier ministre israélien et "sa clique criminelle" menacent également la Turquie.

"Nous ne tolérerons aucun fait accompli dans les pays frères et ne resterons pas les bras croisés face aux attaques", a-t-il ajouté face aux députés de son parti. En soulignant que l'armée israélienne "refuse de se retirer du Liban", où ses frappes ont fait quelque 3.700 morts depuis le déclenchement le 2 mars de sa nouvelle guerre contre le Hezbollah, selon les autorités locales.

Le bureau de Benjamin Netanyahu a rétorqué mercredi soir dans un communiqué en accusant "le dictateur antisémite Erdogan, auteur d'un génocide contre les Kurdes", de soutenir le Hamas et d'emprisonner ses opposants, jugeant qu'"il est bien le dernier à pouvoir donner des leçons de morale à Israël".

Revenant à la charge, Recep Tayyip Erdogan a dénoncé jeudi les méfaits à Gaza du "réseau génocidaire sioniste dirigé par Netanyahu".

"Ceux qui s'attaquent à notre région comme des requins assoiffés de sang devront un jour répondre de leurs actes", a-t-il conclu.


Médiation Etats-Unis/Iran : le Premier ministre du Pakistan affirme qu'un accord sur un texte de paix a été "atteint"

Le président américain Donald Trump a déclaré vendredi que les commentaires divulgués de l’Iran sur un accord avec les États-Unis ne correspondent pas à ce qui a été convenu par écrit. (Photo d’archive Reuters)
Le président américain Donald Trump a déclaré vendredi que les commentaires divulgués de l’Iran sur un accord avec les États-Unis ne correspondent pas à ce qui a été convenu par écrit. (Photo d’archive Reuters)
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  • Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif affirme qu’un accord sur le texte final d’un accord de paix entre les États-Unis et l’Iran aurait été atteint, le Pakistan jouant un rôle de médiation entre les deux parties
  • Malgré des tensions et des accusations de désinformation, l’Iran estime que la conclusion d’un accord avec les États-Unis n’a jamais été aussi proche, tandis que Donald Trump conteste des fuites et nie qu’un texte corresponde à ce qui a été convenu

ISLAMABAD: Le Premier ministre du Pakistan Shehbaz Sharif a déclaré vendredi qu'un accord avait été "atteint" sur le texte d'un accord de paix entre les Etats-Unis et l'Iran.

"Nous pouvons confirmer qu'un accord sur le texte final de l'accord de paix a été atteint et que le Pakistan maintenant travaille avec les deux parties pour finaliser les étapes suivantes", a écrit M. Sharif sur X.

"La paix n'a jamais été aussi proche qu'aujourd'hui", a-t-il dit.

L'Iran a lui-même affirmé vendredi qu'un accord avec les Etats-Unis n'avait "jamais été aussi proche", semblant vouloir calmer le jeu après un message furieux de Donald Trump accusant Téhéran de faire circuler un faux texte.

"Alors que le Pakistan déploie d'intenses efforts de médiation, nous avons pleinement conscience du fait qu'une campagne de désinformation incessante est menée par ceux qui veulent saboter l'accord de paix", a encore déclaré le ministre pakistanais.