Des biens immobiliers de plusieurs milliards confisqués au Yémen par les Houthis

Des jeunes filles sur le site d'une attaque au missile balistique des Houthis au Yémen, où des responsables ont déclaré samedi que les Houthis intensifiaient leur opération visant à saisir les maisons, les terres et les biens des opposants qui contestent leur autorité. (Reuters)
Des jeunes filles sur le site d'une attaque au missile balistique des Houthis au Yémen, où des responsables ont déclaré samedi que les Houthis intensifiaient leur opération visant à saisir les maisons, les terres et les biens des opposants qui contestent leur autorité. (Reuters)
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Publié le Dimanche 13 mars 2022

Des biens immobiliers de plusieurs milliards confisqués au Yémen par les Houthis

  • Certaines propriétés sont vendues ou cédées à des combattants houthis, tandis que d'autres sont transformées en centres de détention secrets
  • Les Houthis, soutenus par l'Iran, affirment qu'ils exécutent les ordres des autorités judiciaires visant à confisquer les biens des personnalités yéménites

AL-MOUKALLA: Les Houthis armés intensifient leur campagne visant à saisir les maisons, les terres et les biens des opposants qui contestent leur autorité, ont déclaré samedi des responsables yéménites et des victimes de ces raids.

Certaines de ces propriétés sont vendues ou cédées aux combattants houthis, tandis que d'autres sont transformées en centres de détention secrets.

Contrairement aux campagnes précédentes qui visaient principalement les propriétés de Sanaa, les rebelles houthis ont pris d'assaut des dizaines de maisons et de terrains appartenant à des responsables gouvernementaux et à des militants dans les provinces de Hajjah, Ibb, Al-Bayda, Dhamar et Al-Mahwit, ainsi que dans d'autres régions du nord du Yémen.

Les Houthis, soutenus par l'Iran, affirment exécuter les ordres des autorités judiciaires visant à confisquer les biens des personnalités yéménites qui soutiennent le gouvernement internationalement reconnu du Yémen et les opérations militaires de la Coalition pour restaurer la légitimité au Yémen.

Cependant, les proches des victimes affirment que les combattants de la milice ont saisi les biens d'anciens ministres, de militants, de chefs tribaux et même de personnes ordinaires qui vivent dans des zones contrôlées par le gouvernement.

Sadam Maoudah, un ancien prisonnier houthi qui habite dans la ville de Marib contrôlée par le gouvernement, a rapporté à Arab News que la milice a fait une descente dans son immeuble de sept appartements dans la ville d'Al-Mahwit annonçant aux autres locataires de l'immeuble que les biens appartenant au « traître Maoudah » étaient confisqués.

Les Houthis ont alors rédigé un nouveau contrat avec les locataires pour percevoir le loyer.

Maoudah a déclaré que les locataires ont ensuite reçu l'ordre de quitter l'immeuble après avoir été informés du projet de le transformer en hôtel.

« Nous ne savons pas ce qu'ils vont faire du bâtiment », a déclaré Maoudah, ajoutant que sa famille, y compris son père handicapé qui a été renversé par une voiture à Marib, se retrouve sans ressources après avoir perdu leur seule source de revenus.

« Nous appelons la communauté internationale et les organisations humanitaires à intervenir pour mettre fin aux crimes des Houthis et à leur pillage des biens des personnes déplacées », a déclaré Maoudah.

L'organisation yéménite de défense des droits de l'homme Rased a recensé 32 cas de pillage et de confiscation par les Houthis de biens privés de personnes déplacées, notamment des maisons, des voitures et de l'argent liquide, dans la seule province d'Al-Mahwit.

L'organisation a décrit les campagnes de confiscation comme « une punition collective » qui vise les civils ayant fui les zones tenues par les Houthis.

D'autres victimes de ces campagnes ont fait appel à des avocats locaux pour contester les ordres de confiscation, et ont déploré la présence de gardes judiciaires houthis occupant leurs maisons et refusant de partir malgré les ordres du procureur général.

Mohammed Murshed Al-Arshani, fils d'un ancien ministre de la Justice, a déclaré vendredi qu'un garde judiciaire houthi, Mohammed Saleh Dubaish, et un certain nombre de combattants de la milice ont occupé sa maison familiale dans le quartier de Rawadha à Sanaa, sous prétexte d'exécuter une ordonnance judiciaire.

Les occupants houthis ont ensuite ajouté un nouvel étage, ignorant les ordres du parquet contrôlé par les milices exigeant leur départ.

« Il semble que le gang reste un gang même s'il porte l'habit de l'État », a déclaré Al-Arshani.

Samedi, des responsables et des militants yéménites ont exprimé leur soutien à Saleh Samae, ancien ministre et gouverneur d'Al-Mahwit, dont les propriétés à Sanaa ont été volées par les Houthis.

Samae faisait partie des centaines de ministres, de fonctionnaires, d'hommes politiques, de responsables militaires et de sécurité et de journalistes yéménites qui ont quitté Sanaa fin 2014 après que les Houthis ont lancé une opération de répression contre les dissidents.

Le mois dernier, l'organisation SAM pour les droits et libertés, basée à Genève, a déclaré dans un rapport détaillé que les 38 propriétés confisquées appartenant aux opposants des Houthis dans la seule ville de Sanaa, y compris des biens immobiliers et de grandes entreprises, ont une valeur combinée de plus de 2 milliards de dollars.

Les Houthis ont également pillé plus de 1,7 milliard de dollars de revenus provenant des entreprises, hôpitaux et autres institutions confisqués.

Les analystes yéménites estiment que les milices ont intensifié la saisie des biens des opposants pour anéantir tout espoir de retour dans le cadre d'un accord de paix.

« La milice passe à une nouvelle étape, en supprimant toute trace de ses opposants et en annonçant à la société que ces derniers ne peuvent pas revenir », a déclaré Ali Al-Fakih, rédacteur en chef d'Al-Masdar Online, à Arab News.


Les Émirats arabes unis affirment que l’Iran a ciblé un pétrolier d’ADNOC dans le détroit d’Ormuz, sans faire de victimes

Cette photo montre des navires naviguant près du détroit d’Ormuz, au large de la côte est des Émirats arabes unis, à Khor Fakkan, le 13 juillet 2026. (AFP)
Cette photo montre des navires naviguant près du détroit d’Ormuz, au large de la côte est des Émirats arabes unis, à Khor Fakkan, le 13 juillet 2026. (AFP)
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  • Les Émirats arabes unis affirment qu’un pétrolier d’ADNOC a été ciblé par un missile iranien dans le détroit d’Ormuz, sans faire de victimes
  • ADNOC indique que 15 de ses navires ont été attaqués depuis le début de la guerre, dont trois au cours de cette semaine

DUBAÏ : Les Émirats arabes unis ont déclaré samedi que l’Iran avait ciblé un pétrolier appartenant à l’Abu Dhabi National Oil Company (ADNOC) alors qu’il transitait par le détroit d’Ormuz.

Dans un communiqué, le ministère des Affaires étrangères a condamné « l’attaque iranienne hostile visant un pétrolier appartenant à ADNOC au moyen d’un missile alors qu’il transitait par le détroit d’Ormuz, sans faire de victimes ».

« Cette attaque constitue une violation flagrante de la résolution 2817 du Conseil de sécurité, qui garantit la liberté de navigation et rejette le ciblage des navires commerciaux ou la perturbation des voies maritimes internationales », indique le communiqué publié par WAM.

Vendredi, ADNOC avait déclaré que, depuis le début de la guerre, 15 de ses navires avaient été attaqués dans le détroit d’Ormuz, « dont trois navires cette seule semaine ».

Le ministère saoudien des Affaires étrangères a exprimé la plus ferme condamnation du ciblage du pétrolier émirati alors qu’il traversait le détroit d’Ormuz, affirmant que « ces attaques rejetées constituent une agression contre la sécurité et la sûreté de la navigation maritime, ainsi que contre la sécurité des approvisionnements énergétiques mondiaux ». 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


L’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan signent l’accord de défense conjoint de La Mecque

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  • L’accord de défense conjoint de La Mecque prévoit que toute attaque armée contre l’un des trois pays sera considérée comme une attaque contre l’ensemble des signataires

LA MECQUE : L’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan ont signé vendredi à La Mecque un accord de défense visant à renforcer leur capacité de dissuasion commune et à élargir leur coopération militaire, a rapporté l’Agence de presse saoudienne (SPA).

L’accord de défense conjoint de La Mecque stipule qu’une attaque armée contre l’un des trois pays sera considérée comme une attaque contre tous.

Selon la SPA, le président turc Recep Tayyip Erdogan et le Premier ministre pakistanais Muhammad Shehbaz Sharif ont été reçus par le prince héritier Mohammed ben Salmane à la Cour royale du palais Al-Safa, à La Mecque. Les dirigeants ont passé en revue les relations entre l’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan et ont discuté de questions d’intérêt commun.

La SPA indique que le Sommet de La Mecque sur la défense conjointe s’est tenu sur la base des liens historiques entre les trois pays, de leur solidarité islamique, de leurs intérêts stratégiques communs et de leur étroite coopération en matière de défense.

« L’accord reflète l’engagement des trois nations à renforcer leur sécurité collective et à promouvoir la paix, la sécurité et la stabilité dans la région ainsi que dans le reste du monde », a rapporté la SPA.

L’accord prévoit également le développement de tous les aspects de la coopération en matière de défense entre l’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan.


Le président turc Erdogan arrive à Djeddah pour une rencontre avec le prince héritier saoudien et le Premier ministre pakistanais

Le président turc Tayyip Erdogan tient une conférence de presse lors du sommet des dirigeants de l’OTAN à Ankara, en Turquie, le 8 juillet 2026. (Reuters/Archives)
Le président turc Tayyip Erdogan tient une conférence de presse lors du sommet des dirigeants de l’OTAN à Ankara, en Turquie, le 8 juillet 2026. (Reuters/Archives)
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  • Le dirigeant turc doit rencontrer le prince héritier Mohammed ben Salmane et le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif
  • Sharif et le chef de l’armée pakistanaise sont déjà en Arabie saoudite pour discuter des questions régionales et des relations bilatérales

ISLAMABAD : Le président turc Recep Tayyip Erdogan est arrivé vendredi à Djeddah, où il devrait rencontrer le prince héritier Mohammed ben Salmane et le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, sur fond de tensions régionales entre les États-Unis et l’Iran.

Sharif est arrivé à Djeddah jeudi pour une visite de trois jours à la tête d’une délégation comprenant le chef des forces de défense du Pakistan, le maréchal Syed Asim Munir, ainsi que des ministres fédéraux et des responsables gouvernementaux. Le porte-parole du ministère pakistanais des Affaires étrangères a indiqué que Sharif examinerait les relations bilatérales et discuterait des développements régionaux avec le prince héritier saoudien au cours de cette visite.

La visite de Sharif et d’Erdogan en Arabie saoudite intervient alors que la région du Moyen-Orient reste sous haute tension. Le président américain Donald Trump a annulé dimanche des frappes prévues contre l’Iran, affirmant que les pays du Moyen-Orient étaient parvenus à définir les « paramètres d’un accord » visant à mettre fin à la guerre avec l’Iran. Téhéran a également déclaré plus tôt cette semaine avoir conclu un accord avec Oman concernant une voie maritime pour les échanges via le détroit d’Ormuz.

La Turquie, l’Arabie saoudite, le Pakistan, le Qatar et d’autres pays de la région ont été étroitement impliqués dans les efforts visant à mettre fin à la guerre, qui a commencé en février lorsque les États-Unis et Israël ont lancé des frappes contre l’Iran.

« Notre président, Son Excellence Recep Tayyip Erdogan, effectuera une visite de travail d’une journée en Arabie saoudite le 7 août 2026 », a écrit Burhanettin Duran, responsable de la communication de la présidence turque, sur la plateforme de médias sociaux X.

« Dans le cadre de cette visite, il est prévu que Son Excellence le Président rencontre le prince héritier et Premier ministre d’Arabie saoudite, le prince Mohammed ben Salmane ben Abdelaziz Al Saoud, ainsi que le Premier ministre du Pakistan, Shehbaz Sharif. »

Les responsables pakistanais et saoudiens n’ont pas commenté la visite d’Erdogan en Arabie saoudite ni les sujets qui pourraient être abordés lors d’une éventuelle rencontre entre les dirigeants. Toutefois, l’agence de presse internationale AFP a rapporté, citant des sources, que l’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan devraient signer vendredi à Djeddah un accord conjoint de défense.

Selon l’agence, les puissances régionales cherchent à renforcer leurs liens sécuritaires dans un contexte de guerre entre les États-Unis et l’Iran, qui a impliqué les États du Golfe et perturbé la navigation dans le détroit d’Ormuz et la mer Rouge.

Le Pakistan et l’Arabie saoudite ont signé un pacte de défense historique en septembre 2025. L’accord stipule qu’une attaque contre l’un des deux pays serait considérée comme une attaque contre les deux, officialisant des décennies de coopération sécuritaire entre Islamabad et Riyad.

Cet accord de défense revêt une importance particulière alors que le Pakistan est le seul État doté de l’arme nucléaire dans la région, tandis que l’Arabie saoudite est une puissance économique majeure au Moyen-Orient.

Le Pakistan joue un rôle clé dans la médiation entre les États-Unis et l’Iran depuis le début de la guerre en février. La Turquie a également joué un rôle diplomatique dans les négociations visant à mettre fin à la guerre à Gaza. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com