L'impasse politique en Libye pourrait conduire à des gouvernements parallèles, selon l’ONU

Le Premier ministre sortant, Abdel Hamid Dbeibah, en compagnie de l'ancien ministre de l'Intérieur Fathi Bashagha (Photo, AFP).
Le Premier ministre sortant, Abdel Hamid Dbeibah, en compagnie de l'ancien ministre de l'Intérieur Fathi Bashagha (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 17 mars 2022

L'impasse politique en Libye pourrait conduire à des gouvernements parallèles, selon l’ONU

  • La sous-secrétaire générale pour la consolidation de la paix et pour les affaires politiques exhorte les dirigeants du pays à agir de manière responsable
  • Les Libyens «auront la possibilité de choisir leurs dirigeants politiques par le biais d'élections crédibles, transparentes et inclusives»

NEW YORK: La Libye est confrontée à une nouvelle période de polarisation politique qui risque de diviser à nouveau ses institutions et d'annuler les progrès réalisés au cours des deux dernières années, a averti mercredi la sous-secrétaire générale de l'ONU pour la consolidation de la paix et les affaires politiques.
Rosemary Dicarlo a demandé aux membres du Conseil de sécurité de transmettre aux parties libyennes la conviction de l'ONU que des élections crédibles, transparentes et inclusives sont la seule solution à l'impasse.
Elle a également appelé les dirigeants politiques libyens à faire preuve de responsabilité et à rester unis derrière les efforts de l'ONU afin d’aider ce pays d'Afrique du Nord à s'engager sur la voie de la paix et de la stabilité.
«Nous savons par expérience ce que des actions unilatérales, un gouvernement divisé et une transition interminable peuvent réserver à la Libye», a déclaré Dicarlo, qui informait le Conseil des derniers développements dans le pays.
La Libye est de nouveau en proie à des troubles politiques après l'échec des élections présidentielles qui devaient avoir lieu le 24 décembre et qui devaient être suivies d'élections législatives quelques semaines plus tard.
Causes de ce report, une controverse sur les lois électorales, notamment le calendrier des votes, l'éligibilité des principaux candidats et les pouvoirs éventuels du prochain président et du Parlement.
La division actuelle est le résultat de la mise en place d'un gouvernement rival du gouvernement d'unité nationale, à la suite de la nomination de l'ancien ministre de l'Intérieur Fathi Bashagha au poste de Premier ministre par intérim, par la Chambre des représentants le mois dernier, pour remplacer le Premier ministre sortant, Abdel Hamid Dbeibah, qui a été élu en 2021 par le Forum de dialogue politique libyen pour diriger le gouvernement d'unité nationale (GNU) intérimaire.
La Chambre des représentants a mentionné l’incapacité de Dbeibah à organiser les élections, mais ce dernier a contesté la légitimité de Bashagha et s'est engagé à rester à son poste et à continuer à diriger le pays jusqu’à la tenue des élections, qui sont désormais prévues pour le mois de juin 2022. Le gouvernement de Bashagha a pourtant encore été consolidé par le vote de confiance la Chambre des représentants du 1er mars pour son Conseil des ministres.
Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a toutefois déclaré que le vote de confiance était entaché de vices de procédure, d'un manque de transparence, d'actes d'intimidation et de menaces de violence à l’encontre des membres de la chambre et de leurs familles, avant la session parlementaire. Dicarlo a souligné que  «ces manquements ont eu un impact sur la crédibilité du processus.»
La conseillère spéciale de Guterres pour la Libye, Stephanie Williams, a révélé que sans élections, les autorités de Tripoli et de Tobrouk «manquent de légitimité populaire».
Selon Dicarlo, «depuis le vote du 1er mars, la situation sur le terrain est restée relativement calme. Cependant, nous avons constaté une rhétorique de plus en plus menaçante, des tensions politiques croissantes et des loyautés divisées parmi les groupes armés de l'ouest libyen.»
Elle a ajouté que la direction du gouvernement d'unité nationale «a rejeté la légitimité du vote, déclarant qu'elle ne cédera le pouvoir qu'à un gouvernement élu. Bashagha, quant à lui, insiste sur le fait qu’il est à la tête de gouvernement légitime».
La Russie est le seul membre du Conseil de sécurité de l'ONU à avoir ouvertement soutenu la nomination de Bashagha.
Les membres du Conseil de sécurité de l'ONU (CSNU), la France, le Royaume-Uni et les États-Unis, ont réitéré que tout désaccord sur l'avenir du processus politique doit être résolu sans recours à la violence. Ils ont exprimé leur soutien aux efforts de médiation de l'ONU par l'intermédiaire de Stephanie Williams.
Les membres du Conseil ont également exprimé leurs inquiétudes quant à la situation sécuritaire tendue en Libye, après le déploiement des forces pro-Bashagha ces dernières semaines aux alentours de Tripoli, incitant la mission de l'ONU dans le pays à mettre en garde contre toute escalade de violence.
Mais le bureau de Bashagha a affirmé vendredi matin que les groupes avaient «choisi de ne pas recourir aux armes et de retourner dans leurs bases».
Les membres du Conseil ont appelé au calme et à la stabilité dans tout le pays. Ils ont réitéré leurs appels au retrait immédiat et simultané des combattants étrangers et des mercenaires, conformément à l'accord de cessez-le-feu de Berlin le 23 octobre 2020.
Dicarlo a averti que tant que l'impasse sur la légitimité du pouvoir exécutif se poursuivra, la Libye pourrait à nouveau connaître deux administrations parallèles.
«Cela pourrait conduire à l'instabilité et éventuellement à des troubles, et porter un coup sévère à la perspective d'élections», a-t-elle prévenu, ajoutant que l'ONU continue d'exhorter les deux parties à s'engager dans un dialogue constructif afin de sortir de l'impasse politique, et à s'abstenir de toute action unilatérale qui pourrait donner lieu à de nouvelles divisions.
«L'ONU déploie des efforts considérables pour résoudre cette crise. Nous avons pour objectif de réunir les parties libyennes de manière à instaurer une base constitutionnelle pour la tenue d'élections dès que possible», a-t-elle expliqué, décrivant plusieurs initiatives de l'ONU visant à rapprocher les parties.
«Nous avons l’intention de convoquer un comité conjoint composé de membres de la Chambre des représentants et du Haut Conseil d'État dans le but de parvenir à un accord entre les deux organes sur une base constitutionnelle qui conduirait à des élections cette année», a ajouté Dicarlo.
«Notre priorité est de nous concentrer sur la réalisation des aspirations de plus de 2,8 millions de Libyens qui se sont inscrits sur les listes électorales: «Ils auront la possibilité de choisir leurs dirigeants politiques par le biais d'élections crédibles, transparentes et inclusives, conformément à un cadre constitutionnel et juridique convenu.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Israël: la procureure générale alerte sur un «démantèlement» des institutions démocratiques

Mme Baharav-Miara, qui est également conseillère juridique du gouvernement, a pointé du doigt deux projets de loi. (AFP)
Mme Baharav-Miara, qui est également conseillère juridique du gouvernement, a pointé du doigt deux projets de loi. (AFP)
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  • "A l'approche de la fin du mandat de la Knesset actuelle, une course a commencé pour démanteler les institutions démocratiques", s'est-elle alarmée lors d'une conférence de l'Association du barreau israélien à Eilat (sud)
  • Elle a également déploré le fait que le gouvernement "appelle à ne pas respecter des décisions de justice" de la Cour suprême

JERUSALEM: La procureure générale d'Israël a mis en garde lundi contre un recul démocratique en Israël, où le Parlement examine un projet de dissolution qui pourrait mener à des élections anticipées.

Depuis que le gouvernement de Benjamin Netanyahu a été mis sur pied fin 2022, Gali Baharav-Miara conteste la légalité de certaines de ses décisions, et fait en conséquence l'objet d'une procédure de destitution intentée par l'exécutif.

"A l'approche de la fin du mandat de la Knesset actuelle, une course a commencé pour démanteler les institutions démocratiques", s'est-elle alarmée lors d'une conférence de l'Association du barreau israélien à Eilat (sud).

Mme Baharav-Miara, qui est également conseillère juridique du gouvernement, a pointé du doigt deux projets de loi.

Le premier vise à réduire les pouvoirs de la procureure générale, en créant un poste similaire mais qui serait nommé exclusivement par le ministre de la Justice.

Le second accorderait davantage de pouvoirs au ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir (extrême droite).

Si ces deux textes sont adoptés, "le système d'application de la loi dans l'Etat d'Israël changera complètement de nature", a-t-elle prévenu, d'après un communiqué de son bureau.

Elle a également déploré le fait que le gouvernement "appelle à ne pas respecter des décisions de justice" de la Cour suprême.

La procureure générale faisait référence notamment à l'inaction du gouvernement après une décision de la Cour suprême de 2024, obligeant l'Etat à imposer des sanctions aux juifs ultra-orthodoxes qui s'opposent à la conscription.

"Le chef d'état-major réclame des soldats et il n'est plus possible de l'ignorer", a déclaré la procureure générale. "L'Etat ne peut pas ignorer la loi qui impose la conscription pour tous, ni le tort causé au principe d'égalité".

Israël mène depuis mars de vastes opérations militaires au Liban contre le Hezbollah pro-iranien, et depuis plus de deux ans dans la bande de Gaza, où il combat le Hamas palestinien.


«Pas de calme à Beyrouth» tant que durent les attaques du Hezbollah, avertit Israël

L'armée israélienne a reçu l'ordre de frapper la banlieue sud de Beyrouth, bastion du mouvement Hezbollah. (AFP)
L'armée israélienne a reçu l'ordre de frapper la banlieue sud de Beyrouth, bastion du mouvement Hezbollah. (AFP)
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  • "La banlieue sud de Beyrouth n'est pas différente des localités du nord d'Israël: s'il n'y a pas de calme dans le nord, il n'y aura pas de calme à Beyrouth", a assuré M. Katz dans une vidéo diffusée par son bureau
  • "Nous ne permettrons pas une situation dans laquelle nos localités et nos citoyens sont attaqués tandis que le calme est maintenu à Beyrouth", a-t-il ajouté

JERUSALEM: Le ministre de la Défense israélien, Israël Katz, a affirmé lundi qu'il n'y aurait "pas de calme" à Beyrouth sans l'arrêt des attaques du Hezbollah pro-iranien, disant en outre vouloir établir une zone sous contrôle militaire dans une vaste partie du sud du Liban.

"La banlieue sud de Beyrouth n'est pas différente des localités du nord d'Israël: s'il n'y a pas de calme dans le nord, il n'y aura pas de calme à Beyrouth", a assuré M. Katz dans une vidéo diffusée par son bureau.

"Nous ne permettrons pas une situation dans laquelle nos localités et nos citoyens sont attaqués tandis que le calme est maintenu à Beyrouth", a-t-il ajouté.

Ces propos surviennent après que l'armée israélienne a reçu l'ordre de frapper la banlieue sud de Beyrouth, bastion du mouvement Hezbollah.

L'armée a aussi intensifié ses opérations terrestres dans le sud.

M. Katz a indiqué qu'elle opérait "afin d'éloigner les menaces (...) et de faire de la zone du fleuve Litani une zone placée sous contrôle sécuritaire de Tsahal (l'armée, NDLR), débarrassée des armes et des terroristes".

Le fleuve Litani est situé à une trentaine de km de la frontière avec Israël.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait annoncé vendredi que l'armée l'avait traversé, après avoir déclaré qu'une grande partie du sud du Liban était désormais considérée une "zone de combat", en dépit d'un cessez-le-feu en vigueur le 17 avril.


Un soldat israélien tué dans le sud du Liban 

Au total, 26 Israéliens ont été tués, dont 25 soldats et un contractuel civil, depuis la reprise des hostilités entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, quand le mouvement chiite avait rouvert un front en soutien à l'Iran après l'offensive israélo-américaine le visant. (AFP)
Au total, 26 Israéliens ont été tués, dont 25 soldats et un contractuel civil, depuis la reprise des hostilités entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, quand le mouvement chiite avait rouvert un front en soutien à l'Iran après l'offensive israélo-américaine le visant. (AFP)
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  • Le sergent-chef Adam Tzarfati, 20 ans, "est tombé au combat dans le sud du Liban", a indiqué l'armée dans un bref communiqué
  • Une source militaire a précisé à l'AFP qu'il avait été tué par un drone du Hezbollah

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé lundi que l'un de ses soldats avait été tué lors de combats dans le sud du Liban, portant à 26 le nombre de morts dans ses rangs depuis début mars.

Le sergent-chef Adam Tzarfati, 20 ans, "est tombé au combat dans le sud du Liban", a indiqué l'armée dans un bref communiqué.

Une source militaire a précisé à l'AFP qu'il avait été tué par un drone du Hezbollah. Dimanche, l'armée avait annoncé la mort d'un autre soldat au Liban, également tué par un drone explosif du mouvement pro-iranien, selon elle.

Au total, 26 Israéliens ont été tués, dont 25 soldats et un contractuel civil, depuis la reprise des hostilités entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, quand le mouvement chiite avait rouvert un front en soutien à l'Iran après l'offensive israélo-américaine le visant.