«  Toujours en alerte »: comment les SDF survivent à la violence à New York

La police, la justice et les associations d'aide sociale de grandes mégapoles américaines constatent que le nombre de crimes et délits contre les sans-abri est partout en hausse (Photo, AFP).
La police, la justice et les associations d'aide sociale de grandes mégapoles américaines constatent que le nombre de crimes et délits contre les sans-abri est partout en hausse (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 24 mars 2022

«  Toujours en alerte »: comment les SDF survivent à la violence à New York

  • La police, la justice et les associations d'aide sociale de grandes mégapoles américaines constatent que le nombre de crimes et délits contre les sans-abri est partout en hausse
  • Mais des hommes politiques sont aussi accusés de stigmatiser les SDF comme des facteurs de la criminalité aux Etats-Unis

NEW YORK: Sekou Salaam ne connaît que trop bien les dangers de la rue à New York: sans-abri depuis six mois, il a été frappé à coups de barre de fer et menacé au couteau plusieurs fois dans une mégapole où la criminalité grimpe en flèche.

"C'est pour de vrai ici! On peut être blessé, tué", s'insurge l'homme de 55 ans rencontré par l'AFP dans le foyer de l'association Bowery Mission, qui offre des repas aux SDF du sud de Manhattan.

A la mi-mars, New York et la capitale fédérale Washington ont tremblé quelques jours, jusqu'à ce que les autorités arrêtent et inculpent pour meurtre un homme accusé d'avoir tué deux sans-abri et blessé trois autres en leur tirant dessus alors qu'ils dormaient dans les rues des deux villes.

La police, la justice et les associations d'aide sociale de grandes mégapoles américaines constatent que le nombre de crimes et délits contre les sans-abri est partout en hausse: en cause, les conséquences de la pandémie de Covid-19 sur la santé mentale, la consommation de drogues et la circulation des armes à feu.

Mais des hommes politiques sont aussi accusés de stigmatiser les SDF comme des facteurs de la criminalité aux Etats-Unis. 

Chasse aux SDF

Ainsi, le maire de New York Eric Adams, ancien policier afro-américain démocrate mais classé au centre droit, s'est engagé en février à chasser du gigantesque réseau du métro les innombrables sans-abri qui y survivent. Notamment après le meurtre en janvier d'une Américaine asiatique, poussée sur une voie par un homme traînant sur les quais et souffrant de troubles psychiatriques.

Il y aurait 50 000 SDF à New York. 

Du jamais-vu depuis la crise des années 1930, selon l'association National Coalition for the Homeless, dans une ville marquée par des inégalités profondes entre ses neuf millions d'âmes disséminées dans cinq arrondissements (Manhattan, Brooklyn, Queens, Bronx et Staten Island).

Et le tueur de New York et de Washington en mars, Gerald Brevard III, 30 ans, a semé la panique chez les sans-abri new-yorkais.

"J'ai eu très peur, je me suis dit +attention à l'endroit où je me pose+", confie M. Salaam, qui dort la nuit dans des cahutes montées sur les trottoirs par les bars et restaurants durant la pandémie.

Mais le danger demeure.

«Sur mes gardes»

Arnie Medero, 39 ans, dont cinq années dans la rue, prend ses "précautions" en ne passant jamais deux nuits de suite au même endroit et en cassant du verre sur le trottoir pour entendre un éventuel agresseur approcher.

"Je suis toujours en alerte, constamment sur mes gardes", dit-il à l'AFP.

D'après des chiffres de la municipalité de New York, le nombre de SDF tués a triplé en trois ans: de sept meurtres en 2018 à 22 en 2021.

En octobre 2019, un quadruple homicide avait frappé les esprits à Manhattan lorsqu'un SDF avait tué quatre compagnons d'infortune en les frappant à mort avec un tuyau en métal.

Un déchaînement de violence dans un contexte d'insécurité croissante à New York et dans les agglomérations américaines depuis deux ans:  la police new-yorkaise (NYPD) a recensé au total 488 homicides en 2021 dans sa ville, en légère hausse après la forte augmentation de 2020 (468 contre 319 en 2019).

«Violence en hausse»

Quant aux SDF, il n'existe aucune statistique à l'échelle du pays mais la National Coalition for the Homeless estime que "les chiffres augmentent et que la violence est vraiment en hausse".

De fait, MM. Salaam et Medero trouvent la rue - ainsi que les foyers - de plus en plus dangereux en raison des agressions d'autres SDF mais aussi de simples passants.

Sur les quelque 50 000 sans-abris à New York, 48 500 ont dormi en janvier dans des centres d'accueil, une hausse de 15% par rapport à janvier 2012.

Mais ces centres d'hébergement riment souvent avec "absence d'intimité, bagarres et disputes", raconte à l'AFP Jovada Senhouse, une femme de 56 ans, qui survit de foyer en foyer depuis cinq ans.

Pour les associations, une des solutions serait de lutter contre la pénurie d'habitations et le mal-logement à New York, l'un des fléaux de la mégapole.  


L'OMS salue les résultats de sa campagne de «grand rattrapage» de vaccination des enfants

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état vendredi d'avancées dans sa campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants, une initiative lancée il y a deux ans après le ralentissement enregistré lors de la pandémie de Covid-19. (AFP)
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état vendredi d'avancées dans sa campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants, une initiative lancée il y a deux ans après le ralentissement enregistré lors de la pandémie de Covid-19. (AFP)
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  • La pandémie de Covid-19 avait fortement fragilisé les systèmes de santé et perturbé les campagnes de vaccination, avec pour conséquence un regain des maladies contagieuses comme la rougeole et la poliomyélite
  • Aussi en 2023, l'OMS, avec l'Unicef et Gavi, organisme international qui aide les pays pauvres à introduire des vaccins, avait lancé une campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants

GENEVE: L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état vendredi d'avancées dans sa campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants, une initiative lancée il y a deux ans après le ralentissement enregistré lors de la pandémie de Covid-19.

La pandémie de Covid-19 avait fortement fragilisé les systèmes de santé et perturbé les campagnes de vaccination, avec pour conséquence un regain des maladies contagieuses comme la rougeole et la poliomyélite.

Aussi en 2023, l'OMS, avec l'Unicef et Gavi, organisme international qui aide les pays pauvres à introduire des vaccins, avait lancé une campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants.

Cette initiative a pris fin le 31 mars.

Les données finales sont encore en cours de compilation, mais "l'initiative mondiale semble être en bonne voie pour atteindre son objectif qui est de toucher au moins 21 millions d'enfants non vaccinés ou insuffisamment vaccinés", ont indiqué les trois organisations dans un communiqué.

De 2023 à 2025, ce programme a permis de vacciner environ 18,3 millions d’enfants âgés de 1 à 5 ans dans 36 pays, grâce à plus de 100 millions de doses de vaccins essentiels.

Parmi ces enfants, environ 12,3 millions n'avaient jamais été vaccinés et 15 millions n'étaient pas vaccinés contre la rougeole.

Le programme a permis d'administrer 23 millions de doses de vaccin antipoliomyélitique inactivé (VPI) à des enfants insuffisamment ou non vaccinés.

"En protégeant les enfants qui n'ont pas pu se faire vacciner en raison des perturbations des services de santé causées par le Covid-19, le programme Grand Rattrapage a contribué à inverser l'une des principales conséquences négatives de la pandémie", a déclaré le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, cité dans le communiqué.

Ce "plus vaste effort international jamais entrepris pour vacciner les enfants non vaccinés avec des vaccins essentiels, montre ce qu'il est possible d'accomplir lorsque les gouvernements, les partenaires et les communautés unissent leurs efforts pour protéger les plus vulnérables", a indiqué pour sa part la directrice générale de Gavi, Sania Nishtar, également citée dans le communiqué.

Lors d'un point de presse, le directeur du département Vaccination à l'Unicef, Ephrem Lemango, a appelé à poursuivre les efforts de vaccination de routine, au-delà de l'initiative.

"Le principal enjeu est de mettre en place des systèmes de vaccination capables d'atteindre et de protéger chaque enfant à temps, avant qu'il n'atteigne l'âge limite pour la vaccination. Actuellement, chaque année, 14,3 millions d'enfants ne reçoivent aucun vaccin dans le cadre des programmes de vaccination de routine", a-t-il relevé.

Kate O'Brien, directrice du département vaccins de l'OMS, a elle appelé à lutter contre le scepticisme vis-à-vis de la vaccination, indiquant être très préoccupée par "la politisation croissante des vaccins et de la santé".


Trump dit ne pas vouloir utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran

Donald Trump a dit jeudi ne pas avoir l'intention d'utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran, pendant un échange avec la presse dans le Bureau ovale. (AFP)
Donald Trump a dit jeudi ne pas avoir l'intention d'utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran, pendant un échange avec la presse dans le Bureau ovale. (AFP)
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  • "Non, je ne l'utiliserais pas. Il ne devrait jamais être possible pour quiconque d'utiliser l'arme nucléaire"
  • "Nous n'en avons pas besoin. Pourquoi poser une question aussi stupide?"

WASHINGTON: Donald Trump a dit jeudi ne pas avoir l'intention d'utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran, pendant un échange avec la presse dans le Bureau ovale.

"Non, je ne l'utiliserais pas. Il ne devrait jamais être possible pour quiconque d'utiliser l'arme nucléaire", a dit le président américain, à qui une journaliste a demandé s'il envisageait de recourir à la bombe atomique.

"Nous n'en avons pas besoin. Pourquoi poser une question aussi stupide? Pourquoi utiliserais-je l'arme nucléaire alors que nous les avons complètement anéantis, de manière très conventionnelle?" a-t-il déclaré.

 


Le cessez-le-feu entre le Liban et Israël prolongé de trois semaines

L'ambassadeur américain en Israël Mike Huckabee, l'ambassadeur israélien aux États-Unis Yechiel Leiter, le vice-président américain JD Vance, le secrétaire d'État américain Marco Rubio, l'ambassadeur du Liban aux États-Unis Nada Hamadeh Moawad et l'ambassadeur américain au Liban Michel Issa écoutent le président américain Donald Trump s'exprimer lors d'une réunion avec l'ambassadeur du Liban aux États-Unis et l'ambassadeur d'Israël aux États-Unis, à la Maison Blanche, à Washington, DC, le 23 avril 2026. (AFP)
L'ambassadeur américain en Israël Mike Huckabee, l'ambassadeur israélien aux États-Unis Yechiel Leiter, le vice-président américain JD Vance, le secrétaire d'État américain Marco Rubio, l'ambassadeur du Liban aux États-Unis Nada Hamadeh Moawad et l'ambassadeur américain au Liban Michel Issa écoutent le président américain Donald Trump s'exprimer lors d'une réunion avec l'ambassadeur du Liban aux États-Unis et l'ambassadeur d'Israël aux États-Unis, à la Maison Blanche, à Washington, DC, le 23 avril 2026. (AFP)
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  • La prolongation du cessez-le-feu fait suite à des frappes israéliennes meurtrières et à la poursuite des affrontements dans le sud du Liban
  • M. Trump a ajouté qu'il se réjouissait d'accueillir prochainement le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président libanais Joseph Aoun

WASHINGTON/BEIRUT/JERUSALEM : Le Liban et Israël ont prolongé leur cessez-le-feu de trois semaines après une réunion de haut niveau à la Maison Blanche, a déclaré jeudi le président américain Donald Trump. M. Trump a accueilli l'ambassadeur d'Israël à Washington, Yechiel Leiter, et l'ambassadrice du Liban aux Etats-Unis, Nada Moawad, dans le bureau ovale pour une deuxième série de discussions facilitées par les Etats-Unis, un jour après que des frappes israéliennes aient tué au moins cinq personnes, dont un journaliste.

"La réunion s'est très bien passée ! Les États-Unis vont travailler avec le Liban pour l'aider à se protéger du Hezbollah", a écrit M. Trump sur Truth Social. Le Hezbollah, le groupe armé allié à l'Iran qui combat Israël, n'était pas présent aux pourparlers. Il affirme avoir "le droit de résister" aux forces d'occupation.

M. Trump a ajouté qu'il se réjouissait d'accueillir prochainement le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président libanais Joseph Aoun.

M. Trump s'est également adressé aux journalistes dans le bureau ovale, aux côtés des participants à la réunion, et a déclaré qu'il espérait que les dirigeants se rencontreraient pendant les trois semaines de cessation des hostilités. Il a ajouté qu'il y avait "une grande chance" que les deux pays parviennent à un accord de paix cette année.

Le vice-président JD Vance, le secrétaire d'État Marco Rubio, l'ambassadeur des États-Unis en Israël Mike Huckabee et l'ambassadeur des États-Unis au Liban Michel Issa ont également participé à la réunion.

Le cessez-le-feu, conclu à l'issue de discussions entre les ambassadeurs des deux pays à Washington la semaine dernière, devait expirer dimanche. Il a permis une réduction significative de la violence, mais les attaques se sont poursuivies dans le sud du Liban, où les troupes israéliennes se sont emparées d'une zone tampon autoproclamée.

Rendre au Liban sa grandeur

L'ambassadeur Moawad, qui avait demandé une prolongation du cessez-le-feu lors de la réunion, a remercié M. Trump d'avoir accueilli les pourparlers. "Je pense qu'avec votre aide et votre soutien, nous pouvons rendre au Liban sa grandeur", a-t-elle déclaré.

Un responsable libanais avait auparavant déclaré que Beyrouth ferait pression pour un retrait israélien, le retour des Libanais détenus en Israël et la délimitation de la frontière terrestre lors d'une prochaine phase de négociations.

Israël a cherché à faire cause commune avec le gouvernement libanais au sujet du Hezbollah, que Beyrouth s'efforce de désarmer pacifiquement depuis un an.

Interrogé sur la manière dont les États-Unis aideraient le Liban à lutter contre le Hezbollah, M. Trump n'a pas donné de détails, mais a déclaré que les États-Unis entretenaient "une excellente relation avec le Liban". M. Trump a déclaré qu'Israël devait être en mesure de se défendre contre les attaques du Hezbollah.

M. Trump a également appelé le Liban à abolir les lois interdisant tout engagement avec Israël. "C'est un crime de parler avec Israël ?", a-t-il répondu lorsqu'on l'a interrogé sur les lois connues sous le nom de lois anti-normalisation, qu'il ne semblait pas connaître. "Je suis certain qu'il y sera mis fin très rapidement. J'y veillerai", a déclaré M. Trump.