Libye: les Libyens veulent la paix et un gouvernement élu (ONU)

La représentante du Secrétaire général de l'ONU, Stephanie Williams lors d'un entretien samedi en Tunisie. (Photo, AFP)
La représentante du Secrétaire général de l'ONU, Stephanie Williams lors d'un entretien samedi en Tunisie. (Photo, AFP)
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Publié le Dimanche 27 mars 2022

Libye: les Libyens veulent la paix et un gouvernement élu (ONU)

La représentante du Secrétaire général de l'ONU, Stephanie Williams lors d'un entretien samedi en Tunisie. (Photo, AFP)
  • Malgré les fortes divergences au sein de l'élite politique et des craintes pour la viabilité d'une trêve signée il y a 17 mois, la représentante du Secrétaire général de l'ONU est confiante
  • En Libye, «il y a zéro appétit pour revenir à un conflit» et les manœuvres politiques visant à entraver les élections montrent «l'énorme déconnexion entre la classe politique et l'électorat», estime Stephanie Williams

TUNIS: Lassés de plus d'une décennie de chaos et de violences fratricides, les Libyens ne souhaitent rien de plus que de pouvoir se rendre aux urnes pour élire une autorité unifiée, mettre fin aux divisions et retrouver la paix, selon l'émissaire de l'ONU, Stephanie Williams. 

Malgré les fortes divergences au sein de l'élite politique et des craintes pour la viabilité d'une trêve signée il y a 17 mois, la représentante du Secrétaire général de l'ONU est confiante. 

« La plupart des Libyens veulent vraiment mettre fin à 11 ans de chaos, de division et de guerre, et le faire de manière pacifique en se rendant aux urnes », a déclaré Stephanie Williams lors d'un entretien samedi en Tunisie. 

Déjà minée par les divisions entre institutions concurrentes dans l'Est et l'Ouest, la Libye se retrouve depuis début mars avec deux gouvernements rivaux, comme elle l'a été entre 2014 et 2021, alors en pleine guerre civile après le renversement du régime de Mouammar Kadhafi en 2011. 

Bras de fer 

« Il y a une crise autour de l'exécutif, un bras de fer politique sur qui doit siéger à Tripoli, mais cela peut être résolu », a affirmé M. Williams. 

Fathi Bachagha, ancien ministre de l'Intérieur, a obtenu la confiance du Parlement élu en 2014 et l'appui de Khalifa Haftar, l'homme fort de l'Est qui avait mené en 2019 une offensive dévastatrice de 14 mois contre un précédent « gouvernement d'unité », siégeant à Tripoli (Ouest) reconnu par l'ONU et dont faisait partie M. Bachagha. 

Aujourd'hui, M. Bachagha défie l'exécutif en place à Tripoli, issu des accords politiques parrainés par l'ONU et dirigé par Abdelhamid Dbeibah qui refuse de céder le pouvoir sinon à un gouvernement issu d'élections. 

Le 10 mars, des groupes armés favorables à M. Bachagha avaient pris position aux portes de Tripoli, faisant craindre une reprise des hostilités et l'effondrement du cessez-le-feu. 

Mme Williams avait alors exhorté les deux parties à la retenue, mettant en garde contre une escalade et proposant sa médiation. M. Bachagha, ne souhaitant pas être à l'origine d'un nouvel affrontement, a opté pour la désescalade.  

M. Dbeibah a été désigné en février 2021 pour mener la transition en organisant des élections présidentielle et législatives prévues le 24 décembre. 

Mais en raison de profondes divergences entre les diverses factions politiques concernant ces scrutins, les élections ont été reportées sine die. 

Ce fut « une grande déception » pour les Libyens, a affirmé Mme Williams, en particulier pour les 2,8 millions d'entre eux qui se sont inscrits pour voter, dans un rare élan d'optimisme dans la foulée du cessez-le-feu signé en octobre 2020 et qualifié d'historique par l'ONU. 

Zéro appétit pour la guerre 

En Libye, « il y a zéro appétit pour revenir à un conflit » et les manœuvres politiques visant à entraver les élections montrent « l'énorme déconnexion entre la classe politique et l'électorat », estime la diplomate onusienne. 

Dans le cadre de ses bons offices pour sortir la Libye de l'impasse, Mme Williams avait invité le Haut Conseil d'Etat (HCE) basé à Tripoli et qui fait office de Sénat, et le Parlement (Est) à négocier pour débloquer la question cruciale d'un cadre constitutionnel régissant les élections dans un pays privé de sa loi fondamentale depuis sa suppression par Mouammar Kadhafi en 1969. 

« Nous sommes à un tournant crucial pour les amener autour d'une même table des négociations avec de bonnes intentions et de la bonne foi pour régler ce problème », a déclaré Mme Williams, confiante sur le fait qu'une solution peut encore être trouvée. 

Ils doivent « s'asseoir et négocier sérieusement et de bonne foi » et garder à l'esprit qu'il y a « trois millions de personnes qui les regardent », a-t-elle dit, en référence aux électeurs libyens qui s'étaient inscrits pour voter en novembre.  

Selon la diplomate, qui a multiplié les rencontres avec des Libyens de tous bords, tout exécutif « qui n'est pas directement élu par le peuple », aura toujours « un degré de légitimité superficielle ». 


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
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  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.


Les principaux points de l'accord Iran-Etats-Unis

Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours. (AFP)
Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours. (AFP)
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  • Les Etats-Unis, l'Iran et leurs alliés respectifs "déclarent la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban"
  • Ils s'engagent "à ne pas initier de guerre ou d'opération militaire l'un contre l'autre et à s'abstenir de la menace ou de l'usage de la force l'un contre l'autre, tout en garantissant l'intégrité territoriale et la souveraineté du Liban"

TEHERAN: Voici les principaux points du protocole d'accord signé entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-orient, dont le contenu a été rendu public par Washington et Téhéran:

Cessation permanente des hostilités 

Les Etats-Unis, l'Iran et leurs alliés respectifs "déclarent la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban".

Ils s'engagent "à ne pas initier de guerre ou d'opération militaire l'un contre l'autre et à s'abstenir de la menace ou de l'usage de la force l'un contre l'autre, tout en garantissant l'intégrité territoriale et la souveraineté du Liban".

Accord final sous 60 jours 

L'Iran et les Etats-Unis "s'engagent à négocier et à conclure l'accord final dans un délai maximum de 60 jours, extensible d'un commun accord".

Levée du blocus naval américain 

Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours.

Les Etats-Unis s'engagent en outre "à retirer leurs forces des abords de la République islamique d'Iran dans les 30 jours suivant l'accord final".

Réouverture du détroit d'Ormuz 

L'Iran s'engage à "assurer la sécurité du passage des navires commerciaux, sans frais pendant 60 jours uniquement, du golfe Persique vers la mer d'Oman, et inversement. Le trafic des navires commerciaux commencera immédiatement" et sera pleinement rétabli dans un délai de 30 jours, une fois le détroit d'Ormuz déminé.

Plan de 300 milliards de dollars pour l'Iran 

Les Etats-Unis et leurs partenaires régionaux élaboreront un plan "d'un montant d'au moins 300 milliards de dollars, destiné à la reconstruction et au développement économique" de l'Iran.

Levée des sanctions 

Les Etats-Unis "s'engagent à mettre fin à tous les types de sanctions" unilatérales et internationales contre l'Iran, selon un calendrier qui sera convenu dans l'accord final.

En attendant, les Etats-Unis "s'engagent à rendre pleinement disponibles et utilisables les fonds et avoirs de la République islamique d'Iran gelés ou soumis à des restrictions dès la mise en œuvre du présent protocole d'accord".

De façon immédiate et jusqu'à la levée des sanctions, le département du Trésor américain délivrera "des dérogations pour l'exportation de pétrole brut iranien, de produits pétroliers et dérivés, ainsi que pour tous les services associés, y compris les transactions bancaires, les assurances, le transport, etc".

Nucléaire 

L'Iran réaffirme qu'il "ne se procurera ni ne développera d'armes nucléaires".

Le sort de l'uranium enrichi accumulé par l'Iran sera réglé "selon un mécanisme qui sera convenu mutuellement (...) la méthodologie a minima consistant en une méthode de dilution sur place sous la supervision de l'AIEA" (Agence internationale de l'énergie atomique).

En attendant cet accord final, l'Iran "maintiendra le statu quo actuel de son programme nucléaire", et les Etats-Unis "n'imposeront aucune nouvelle sanction et ne déploieront pas de forces supplémentaires dans la région".

Signature 

Selon le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont la médiation a été cruciale, l'accord a été signé électroniquement et à distance jeudi, heure d'Islamabad, par les présidents iranien Massoud Pezeshkian et américain Donald Trump.

Une cérémonie de signature est confirmée vendredi en Suisse "pour commémorer cet événement marquant et donner le coup d'envoi des discussions techniques".

Résolution de l'ONU 

L'accord final sera entériné par une résolution contraignante du Conseil de sécurité de l'ONU.