Le programme GIL: un soutien de l’Unicef à la jeunesse au Liban

Logo du programme GIL. (Photo: Hoda Rizk)
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Publié le Mardi 29 mars 2022

Le programme GIL: un soutien de l’Unicef à la jeunesse au Liban

  • Le programme GIL entend donner aux jeunes et aux femmes les moyens de se prendre en charge grâce à des ateliers et des séminaires consacrés à l'entrepreneuriat
  • Jusqu'ici, plus de 18 271 jeunes ont été formés par cette initiative de l’Unicef, dont 57% de femmes

BEYROUTH: Au moment où le Liban traverse la crise la plus profonde de son histoire moderne, Beyrouth demeure un centre où les entrepreneurs et les jeunes esprits novateurs tombent sur des opportunités qui les poussent à mettre leur ingéniosité en action. Parmi ces initiatives se trouve le projet GIL – Generation of Innovation Leaders. Mis en place par l’Unicef, ce programme est spécialement conçu pour autonomiser les jeunes au Liban.

« Dans cette situation turbulente et compte tenu de l'augmentation des défis quotidiens, donner aux jeunes les moyens de passer du statut de victimes à celui de résolveurs de problèmes est essentiel pour préserver l'avenir du pays », confie à Arab News en français Jessica Hanna, coordinatrice du projet GIL.

L’initiative GIL a débuté en mai 2016 et a été pleinement mise en œuvre à l'échelle nationale en 2017. Financé par le royaume des Pays-Bas, GIL est un programme en trois volets visant à aider les jeunes à acquérir les compétences numériques et commerciales nécessaires au XXIe siècle. Des projets réalisés par des entrepreneurs soutenus par GIL ont été présentés lors du salon Horeca Connects au public.

Cette exposition, qui s’est tenue cette année du 22 au 24 mars au pavillon du bord de mer de Beyrouth, est un point de rencontre stratégique pour les professionnels de l'hôtellerie et de la restauration de toute la région.  Son objectif principal est d'offrir aux jeunes esprits la possibilité de rencontrer des mentors et d’assister à des discussions ouvertes menées par des entrepreneurs, des experts et des figures clés de la restauration et de l'hôtellerie.

Parmi les nombreux problèmes auxquels est confrontée la jeunesse au Liban, il convient de mentionner le taux de chômage élevé. La numérisation en hausse peut considérablement améliorer les possibilités professionnelles des jeunes. Des compétences comme la capacité d'analyse, l'innovation, l'apprentissage actif, la créativité, ainsi que diverses formes de savoir-faire technologiques sont de plus en plus demandées. Actuellement, les jeunes marginalisés du pays ne sont pas qualifiés dans ces secteurs.

Le programme GIL entend ainsi donner à ces acteurs les moyens de se prendre en charge grâce à des ateliers et des séminaires consacrés à l'entrepreneuriat technologique, à la cybersécurité et au marketing des médias sociaux. Les participants sont invités à assister à une série d'activités, de séminaires, de formations et de programmes afin de combler leurs lacunes professionnelles. En effet, GIL leur fournit les outils nécessaires pour devenir des innovateurs créatifs et visionnaires dans le secteur de leur choix.

BIOWayste: transformer les déchets en ressources

BIOWayste, une start-up soutenue par GIL, a vu le jour grâce aux efforts constants du Dr Yasmine Jabali et de l’ingénieure Reine Metlej. Ce projet consiste à transformer les déchets organiques en gaz de cuisine durable et écologique.

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L'ingénieure Reine Metlej et Carine Kanbar au stand de GIL, à Horeca Connects à Beyrouth. (Photo: Hoda Rizk)

La jeune ingénieure de 25 ans explique à Arab News en français qu'elle a d'abord essayé de travailler avec des organismes publics comme les municipalités. Elle leur a soumis plusieurs rapports et études, mais ceux-ci ont été rejetés pour cause de fonds insuffisants. Au Liban, certaines régions paient d’énormes sommes mensuelles pour des entreprises de collecte de déchets détenues par le secteur privé et soutenues par la classe politique du pays, accusée de corruption. Avec ce projet, la jeune ingénieure veut mettre ses idées innovantes au service de la transformation de la réalité du pays.

« Je suis sûr que nous y arriverons, mais nous ne savons pas quand»

Aujourd'hui, des milliers de jeunes au Liban sont autonomisés grâce à ce projet de l’Unicef. Selon les données fournies à Arab News en français, plus de 18 271 jeunes ont été formés par GIL jusqu’à présent, dont 57% de femmes. Certains acquièrent une formation grâce à des séminaires; d'autres lancent leur entreprise après avoir reçu un capital de départ. Enfin, certains gagnent de l'argent grâce à un approvisionnement par impact.

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Nicolas Oberlin, directeur adjoint du Programme alimentaire mondial (PAM) au Liban (à droite), lors d'une conférence durant Horeca Connects. (Photo: Hoda Rizk).

Nicolas Oberlin, directeur adjoint du Programme alimentaire mondial (PAM) au Liban, est optimiste quant à la destinée du pays. « L’avenir du Liban est très prometteur. Il y a un potentiel incroyable, je suis sûr que nous y arriverons mais nous ne savons pas quand », a-t-il affirmé lors d’une conférence à Horeca Connects sur les femmes, les jeunes et l'innovation dans des contextes difficiles.

Au pays du Cèdre, il est plus que jamais nécessaire de donner aux acteurs les plus actifs de la société libanaise, notamment les jeunes et les femmes, à partir de projets comme GIL, les bons outils afin de proposer leurs solutions et d’espérer construire un pays qui les ressemble.


«Pas d'autre option»: le destin du Koweït lié au détroit d'Ormuz

Ni oléoduc ni façade maritime de substitution: depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, le Koweït est prisonnier du blocage du détroit d'Ormuz, par où transitaient auparavant ses exportations de pétrole. (AFP)
Ni oléoduc ni façade maritime de substitution: depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, le Koweït est prisonnier du blocage du détroit d'Ormuz, par où transitaient auparavant ses exportations de pétrole. (AFP)
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  • En battant retraite face aux Etats-Unis, les troupes de Saddam Hussein avaient incendié des centaines de puits pétroliers, détruit des réservoirs de stockage et pris pour cible des raffineries
  • Le conflit régional, déclenché fin février par des frappes israélo-américaines sur l'Iran, n'a pas infligé au Koweït de dommages matériels comparables à l'assaut irakien, mais il l'a significativement éprouvé

KOWEIT: Ni oléoduc ni façade maritime de substitution: depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, le Koweït est prisonnier du blocage du détroit d'Ormuz, par où transitaient auparavant ses exportations de pétrole.

"Il s'agit sans aucun doute de la crise la plus grave qu'ait connue le secteur pétrolier depuis l'invasion du pays par l'Irak en 1990", estime dans un entretien à l'AFP le PDG de la Kuweit Petroleum Company (KPC), Cheikh Nawaf Saud al-Sabah.

En battant retraite face aux Etats-Unis, les troupes de Saddam Hussein avaient incendié des centaines de puits pétroliers, détruit des réservoirs de stockage et pris pour cible des raffineries.

Le conflit régional, déclenché fin février par des frappes israélo-américaines sur l'Iran, n'a pas infligé au Koweït de dommages matériels comparables à l'assaut irakien, mais il l'a significativement éprouvé.

Le petit Etat du Golfe, qui détient environ 6% des réserves mondiales de pétrole, est ultra dépendant de l'or noir, qui représente la quasi-totalité de ses exportations et génère plus de 90% des recettes publiques.

"Vulnérabilité stratégique" 

Si d'autres pays de la région, comme l'Arabie saoudite ou les Emirats arabes unis, ont mis en place des itinéraires pour contourner le stratégique détroit d'Ormuz, le Koweït ne possède lui aucun pipeline.

Et avec Bahreïn, il figure parmi les principales cibles des représailles iraniennes, avec des usines de dessalement d'eau et des infrastructures énergétiques, dont pétrolières, touchées.

"Cette crise nous a confrontés à un nouveau défi", souligne M. Sabah, depuis le bureau provisoire où il s'est installé après que le siège du groupe a été touché par une frappe de drone en avril.

Quelques jours seulement après le début de la guerre, la KPC avait invoqué un "cas de force majeure", une disposition la protégeant de pénalités et d'éventuels manquements contractuels vis-à-vis de ses clients. La mesure a été levée en juin.

La compagnie publique s'attelle désormais à trouver des solutions d'urgence, explique son patron. Des réservoirs de stockage situés en dehors de la région ont notamment contribué à amortir la crise.

Mais les experts maintiennent qu'à long terme, le Koweït ne pourra se passer du détroit d'Ormuz. "La dépendance du Koweït au détroit est devenue une vulnérabilité stratégique", résume Amena Bakr, analyste chez Kpler.

"Le pays dispose des ressources financières nécessaires pour faire face à un choc temporaire grave. Mais plus la guerre s'éternise, plus l'économie souffre de l'absence d'une route sécurisée pour exporter son pétrole", ajoute-t-elle.

Selon les premières données officielles, le PIB a reculé de 4,6% sur un an au premier trimestre 2026, les revenus du secteur pétrolier plongeant eux de 12,5%. Et la chute pourrait être encore plus sévère au deuxième.

"La résistance dans le sang" 

Alors que la guerre approche des six mois et que les négociations piétinent, le Koweït scrute la situation dans le détroit, où se succèdent les attaques de navires.

"Une fois qu'il sera rouvert, la libre circulation reprendra et nous pourrons alors facilement revenir à nos niveaux de production d'avant-guerre, et même plus", espère Nawaf Saud al-Sabah.

Elle s'élevait alors à un peu plus de 2,6 millions de barils par jour et devait atteindre les 4 millions d'ici 2040. Le PDG n'a pas souhaité communiquer les chiffres actuels.

"Il n'y a pas d'autre option" que de rétablir un accès sans entrave à Ormuz, insiste-t-il.

"Vous pouvez avoir tous les oléoducs au monde, toutes les infrastructures de stockage. Mais sans la liberté de circulation des hydrocarbures à travers le détroit, vous serez très rapidement confrontés à une nouvelle crise énergétique".

En attendant, les Koweïtiens s'adaptent. La nuit, la plupart des grandes installations énergétiques du pays éteignent désormais leurs lumières.

D'épaisses structures métalliques ont également été construites autour de nombreux réservoirs de pétrole brut, dans l'espoir de le protéger d'éventuelles frappes.

"Nous avons survécu à pire. Nous sommes le Koweït. Nous avons la résistance dans le sang", lance Noura, une Koweïtienne de 45 ans qui n'a pas souhaité donner son nom de famille, rencontrée dans un marché.

Mais la volonté des Etats-Unis de poursuivre la guerre laisse un goût amer à certains Koweïtiens qui, en privé, maudissent les troupes américaines, autrefois symboles de liberté.

 


L'Iran affirme contrôler le détroit d'Ormuz après les déclarations de Trump sur un contrôle américain

Cette photographie, obtenue auprès de l'agence de presse iranienne ISNA le 13 août 2026, montre une nappe de pétrole le long de la côte sud de l'île de Qeshm, en Iran, le 13 août 2026. (AFP)
Cette photographie, obtenue auprès de l'agence de presse iranienne ISNA le 13 août 2026, montre une nappe de pétrole le long de la côte sud de l'île de Qeshm, en Iran, le 13 août 2026. (AFP)
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  • Donald Trump, qui semble désormais privilégier une approche plus attentiste face à l'Iran, a répété mercredi sur son réseau Truth Social que les Etats-Unis avaient un contrôle "total" du détroit d'Ormuz et allaient le "garder"
  • Dans les faits, ce passage stratégique pour le commerce mondial de pétrole est verrouillé par l'Iran, alors que les Etats-Unis imposent de leur côté un blocus aux ports iraniens

TEHERAN: Un haut responsable iranien a affirmé jeudi que le détroit d'Ormuz restait sous le contrôle de l'Iran, après que le président américain Donald Trump a revendiqué la veille le contrôle américain de ce détroit stratégique.

"Aujourd'hui, vous voyez que le détroit d'Ormuz est sous la gestion et le contrôle de la République islamique, et que notre pays poursuit sa trajectoire en toute sécurité", a déclaré selon la télévision d'Etat Hossein Taeb, chef des forces paramilitaires du Bassidj, affiliées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Donald Trump, qui semble désormais privilégier une approche plus attentiste face à l'Iran, a répété mercredi sur son réseau Truth Social que les Etats-Unis avaient un contrôle "total" du détroit d'Ormuz et allaient le "garder".

Dans les faits, ce passage stratégique pour le commerce mondial de pétrole est verrouillé par l'Iran, alors que les Etats-Unis imposent de leur côté un blocus aux ports iraniens.

Les hostilités ont repris entre les deux pays début juillet, quand le protocole d'accord conclu en juin pour mettre durablement fin à la guerre au Moyen-Orient a volé en éclat.

Les frappes se sont depuis atténuées, Donald Trump assurant que des négociations étaient en cours avec l'Iran, qui a démenti, assurant de son côté ne parler qu'avec Oman d'un futur itinéraire pour franchir le détroit d'Ormuz.


Une colonie de Cisjordanie, démantelée en 2005, à nouveau inaugurée par Israël

Ganim est l'une des quatre colonies israéliennes de Cisjordanie évacuées par Israël dans le cadre du plan de retrait de l'ancien Premier ministre Ariel Sharon en 2005, avec Homesh, Sa-Nour et Kadim.  (AFP)
Ganim est l'une des quatre colonies israéliennes de Cisjordanie évacuées par Israël dans le cadre du plan de retrait de l'ancien Premier ministre Ariel Sharon en 2005, avec Homesh, Sa-Nour et Kadim. (AFP)
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  • À Ganim, environ deux douzaines de maisons préfabriquées ont déjà été installées. Des niveleuses et des rouleaux compresseurs s'activent sur le flanc de la colline afin de dégager de nouveaux espaces destinés à de futures habitations
  • Dans la vallée en contrebas, des Palestiniens interrogés par l'AFP témoignent de leur crainte que la construction de Ganim ne rende leur vie plus difficile, voire n'entraîne à terme leur déplacement

GANIM, TERRITOIRES PALESTINIENS: Plus de vingt ans après son retrait de la colonie de Ganim, en Cisjordanie occupée, Israël l'a officiellement inaugurée à nouveau jeudi, selon des journalistes de l'AFP sur place, dans une nouvelle illustration de la politique d'intensification de la colonisation menée par le gouvernement Netanyahu.

"Nous sommes revenus à Ganim  - et nous sommes revenus pour y rester", a affirmé le ministre de la Défense israélien Israël Katz, présent pour la cérémonie.

Sur l'unique rue récemment aménagée, l'odeur de l'asphalte fraîchement coulé flotte dans l'air. De nouveaux résidents et leurs proches, venus les aider à s'installer, sourient à la vue de leurs caravanes flambant neuves.

Ganim est l'une des quatre colonies israéliennes de Cisjordanie évacuées par Israël dans le cadre du plan de retrait de l'ancien Premier ministre Ariel Sharon en 2005, avec Homesh, Sa-Nour et Kadim. Leur emplacement isolé, dans le nord de la Cisjordanie, près de la ville palestinienne de Jénine, avait notamment motivé leur démantèlement.

Trois d'entre elles ont désormais été reconstruites sous l'actuel gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu, sur fond de forte accélération de la création de nouvelles colonies, et de légalisation d'avant-postes (souvent constitués de quelques caravanes ou préfabriqués construits sans l'aval du gouvernement israélien, et destinés à créer des faits accomplis).

À Ganim, environ deux douzaines de maisons préfabriquées ont déjà été installées. Des niveleuses et des rouleaux compresseurs s'activent sur le flanc de la colline afin de dégager de nouveaux espaces destinés à de futures habitations.

Dans la vallée en contrebas, des Palestiniens interrogés par l'AFP témoignent de leur crainte que la construction de Ganim ne rende leur vie plus difficile, voire n'entraîne à terme leur déplacement.

De part et d'autre de la route reliant Israël à la nouvelle colonie, l'armée a démoli ces derniers jours des commerces et bloqué plusieurs chemins de terre menant aux villages palestiniens, y amoncelant des gravats.

Une centaine de personnes ont assisté à Ganim à la cérémonie d'inauguration, venus d'Israël ou d'autres colonies de Cisjordanie, dont des députés et deux ministres.

Yossi Dagan, le président du Conseil régional, chargé des colonies de ce secteur a parlé "moment historique".

Il a rappelé qu'un plan de construction de 19 nouvelles colonies dans cette zone avait été lancé, avec le soutien du gouvernement.

"Aujourd'hui, nous revenons à Ganim et nous la reconstruisons. Nous ne sommes pas seulement revenus dans les quatre localités qui avaient été évacuées : nous multiplions par deux et par trois la présence juive dans le nord de la Samarie", a-t-il déclaré, utilisant le nom israélien de la Cisjordanie occupée.