Jérusalem: colère d'une église après l'appropriation d'un bien par des colons

L'Eglise grecque-orthodoxe de Jérusalem a exprimé mardi sa colère contre des colons "extrémistes" israéliens (Photo, AFP).
L'Eglise grecque-orthodoxe de Jérusalem a exprimé mardi sa colère contre des colons "extrémistes" israéliens (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 30 mars 2022

Jérusalem: colère d'une église après l'appropriation d'un bien par des colons

  • L'hôtel Petra, situé au pied de la porte de Jaffa, est au coeur d'une bataille judiciaire depuis 2004
  • Dimanche, alors que l'affaire n'a pas été tranchée, des membres d'Ateret Cohanim ont pris possession d'une partie de l'hôtel de force

JERUSALEM: L'Eglise grecque-orthodoxe de Jérusalem a exprimé mardi sa colère contre des colons "extrémistes" israéliens ayant pris possession d'un hôtel dont elle est propriétaire dans le quartier chrétien de la Vieille ville de Jérusalem, après une vente controversée.

L'hôtel Petra, situé au pied de la porte de Jaffa, est au coeur d'une bataille judiciaire depuis 2004 entre l'Eglise grecque-orthodoxe et l'organisation Ateret Cohanim, association israélienne ultra-nationaliste, qui oeuvre à la "judaïsation" de Jérusalem en rachetant des biens à des Palestiniens de manière souvent opaque.

La justice israélienne avait entériné en 2004 la vente de cet hôtel ainsi que de deux autres bâtiments, dont un autre hôtel situé à quelques mètres, l'Impérial, également géré par des Palestiniens et propriété de l'Eglise grecque-orthodoxe.

A l'époque, l'Eglise avait traîné Ateret Cohanim en justice, affirmant que les trois acquisitions avaient été conclues illégalement et sans son autorisation.

La vente avait suscité une telle polémique qu'elle avait entraîné la destitution du patriarche Irénéos Ier l'année suivante.

Dimanche, alors que l'affaire n'a pas été tranchée, des membres d'Ateret Cohanim ont pris possession d'une partie de l'hôtel Petra de force et sans qu'un ordre d'éviction ait été émis, a fustigé l'Eglise grecque-orthodoxe.

Son patriarche, Théophile III, a dénoncé mardi une "effraction", menée par un "groupe extrémiste qui agit comme s'il était au-dessus des lois".

Lors d'une conférence de presse à Jérusalem, il a affirmé être en contact avec le gouvernement et avoir été appelé par le président israélien Isaac Herzog.

"Le patriarche demande à ce que la police agisse pour expulser Ateret Cohanim (...) jusqu'à ce que les procédures légales en cours se terminent", a indiqué l'Eglise dans un communiqué.

Medhat Diba, avocat de la famille palestinienne Qiresh qui travaille pour l'hôtel Petra, a indiqué qu'aucun ordre d'éviction n'avait été donné et que l'appropriation des lieux était "illégale".

Le ministère grec des Affaires étrangères s'est dit mardi "particulièrement préoccupé" par le sujet, dans un communiqué.

Ateret Cohanim utilise des sociétés écran qui ne sont pas officiellement liées à l'association pour racheter des biens.

Son directeur exécutif, Daniel Luria, a assuré mardi à l'AFP ne pas être "impliqué dans des procédures judiciaires". Si c'était le cas, il n'irait pas "à l'encontre d'une décision de justice" et "n'entrerait pas par effraction dans un bâtiment".

L'effraction "contre une propriété chrétienne et une entreprise arabe, particulièrement avant (la fête grecque-orthodoxe de) Pâques et (le mois de jeûne musulman du) ramadan, pourrait attiser les tensions locales", a alerté l'Eglise.

La Vieille ville se trouve à Jérusalem-Est, secteur palestinien occupé depuis 1967 et annexé par Israël.

L'an dernier, des heurts entre forces israéliennes et manifestants palestiniens à Jérusalem pendant le ramadan avaient provoqué une guerre de 11 jours entre les islamistes palestiniens du Hamas et Israël.


ONG interdites à Gaza: MSF pourrait mettre fin à ses activités en mars

L'ONG Médecins Sans Frontières (MSF) pourrait mettre fin à ses activités dans la bande de Gaza en mars si Israël ne revenait pas sur sa décision jeudi de l'y interdire, tout comme 36 autres organisations, a prévenu samedi sa présidente Isabelle Defourny. (AFP)
L'ONG Médecins Sans Frontières (MSF) pourrait mettre fin à ses activités dans la bande de Gaza en mars si Israël ne revenait pas sur sa décision jeudi de l'y interdire, tout comme 36 autres organisations, a prévenu samedi sa présidente Isabelle Defourny. (AFP)
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  • Israël a confirmé jeudi interdire d'accès à la bande de Gaza 37 organisations humanitaires internationales majeures, à qui il reproche de ne pas avoir communiqué la liste des noms de ses employés, exigée désormais officiellement à des fins de "sécurité"
  • MSF a qualifié d'"ingérence scandaleuse" cette exigence, visant, selon Israël, à "empêcher l'infiltration d'opérateurs terroristes au sein des structures humanitaires"

PARIS: L'ONG Médecins Sans Frontières (MSF) pourrait mettre fin à ses activités dans la bande de Gaza en mars si Israël ne revenait pas sur sa décision jeudi de l'y interdire, tout comme 36 autres organisations, a prévenu samedi sa présidente Isabelle Defourny.

Israël a confirmé jeudi interdire d'accès à la bande de Gaza 37 organisations humanitaires internationales majeures, à qui il reproche de ne pas avoir communiqué la liste des noms de ses employés, exigée désormais officiellement à des fins de "sécurité".

MSF a qualifié d'"ingérence scandaleuse" cette exigence, visant, selon Israël, à "empêcher l'infiltration d'opérateurs terroristes au sein des structures humanitaires".

"Pour travailler en Palestine, dans les territoires palestiniens occupés, nous devons être enregistrés (...) Cet enregistrement a pris fin le 31 décembre 2025", a expliqué sur France Inter Isabelle Defourny, médecin et présidente de MSF France.

"Depuis le mois de juillet 2025, nous étions impliqués dans un processus de réenregistrement et à ce jour, nous n'avons pas reçu de réponse. (...) On a encore 60 jours pendant lesquels on pourrait travailler sans être réenregistrés, et donc nous devrions mettre fin à nos activités en mars", si Israël maintenait sa décision de sanction, a-t-elle ajouté.

L'ONG dispose d'une quarantaine de personnels internationaux dans la bande de Gaza et travaille avec 800 personnels palestiniens dans huit hôpitaux.

"On a encore du +staff+ international qui, très récemment, ces derniers jours, a pu rentrer dans Gaza", a néanmoins précisé Mme Defourny.

"On est le second distributeur d'eau (dans la bande de Gaza). L'année dernière, en 2025, on a pris en charge un peu plus de 100.000 personnes blessées, brûlées, victimes de différents traumatismes. On est les deuxièmes en nombre d'accouchements effectués", a encore souligné la présidente de MSF France.

S'appuyant notamment sur une note du Cogat, l'organisme du ministère israélien de la Défense chargé des affaires civiles palestiniennes, Isabelle Defourny a estimé que la décision de sanction israélienne s'expliquait par le fait que les ONG "témoignent sur les violences commises par l'armée israélienne" à Gaza.

"Les journalistes internationaux n'ont jamais été autorisés à Gaza, les journalistes nationaux sont (...) ciblés les uns après les autres, tués par l'armée israélienne", a-t-elle ajouté.

Et de rappeler que "plus de 500 humanitaires ont été tués, dont 15 membres de MSF" dans des bombardements de l'armée israélienne depuis octobre 2023.


Le Conseil de transition du Sud salue l'invitation saoudienne au dialogue sur le Yémen

Membres du Conseil de transition du Sud au Yémen. (Reuters/File Photo)
Membres du Conseil de transition du Sud au Yémen. (Reuters/File Photo)
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  • L'Arabie saoudite a annoncé cette invitation plus tôt dans la journée de samedi, à la demande de Rashad Al-Alimi, président du Conseil présidentiel yéménite
  • Le royaume a exhorté toutes les factions à participer "pour développer une vision globale"

RIYAD: Le Conseil de transition du Sud (CTS) au Yémen a salué samedi l'invitation de l'Arabie saoudite à participer à un dialogue inclusif entre les factions du sud du Yémen à Riyad.

Dans un communiqué, le groupe a déclaré que cette initiative reflétait l'engagement du Royaume à résoudre les questions politiques par le dialogue, notamment en ce qui concerne le droit du peuple du sud à restaurer son État.

Le STC a souligné que tout dialogue sérieux doit reconnaître la volonté du peuple du sud, inclure des garanties internationales complètes et envisager un référendum libre dans le cadre de toute proposition ou solution politique future.

Le Conseil a déclaré avoir pris part à toutes les étapes du dialogue parrainé par l'Arabie saoudite et le Conseil de coopération du Golfe, en commençant par l'accord de Riyad en 2019, suivi par les consultations de Riyad en 2022, et culminant dans le dialogue global avec le Sud qui a conduit à l'adoption de la Charte nationale du Sud en 2023 - soulignant son engagement constant en faveur du dialogue et de la responsabilité politique.

L'Arabie saoudite a annoncé cette invitation plus tôt dans la journée de samedi, à la demande de Rashad Al-Alimi, président du Conseil présidentiel de direction du Yémen.

Le Royaume a exhorté toutes les factions à participer "à l'élaboration d'une vision globale" qui répondrait aux aspirations du peuple du Sud.

L'initiative a reçu un large soutien régional et international.


L’Arabie saoudite accueillera un « dialogue » entre les factions du sud du Yémen

L'Arabie saoudite a réaffirmé que le dialogue était le seul moyen de résoudre la question du Sud. (AFP/Fichier)
L'Arabie saoudite a réaffirmé que le dialogue était le seul moyen de résoudre la question du Sud. (AFP/Fichier)
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  • La conférence vise à « élaborer une vision globale » afin de répondre aux aspirations des Yéménites

RIYAD : Le ministère saoudien des Affaires étrangères a invité les factions du sud du Yémen à tenir un dialogue à Riyad afin de « discuter de solutions justes à la question du Sud ».

Dans un communiqué, le ministère a précisé que la conférence, prévue dans la capitale saoudienne, avait été demandée par Rachad Al-Alimi, président du Conseil de direction présidentielle yéménite. Le Royaume a exhorté l’ensemble des factions à y participer « pour élaborer une vision globale » à même de répondre aux aspirations de la population du Sud.

Le Conseil de transition du Sud (STC), mouvement séparatiste, s’est récemment emparé de territoires dans les gouvernorats de l’Hadramaout et d’Al-Mahra.

L’Arabie saoudite a estimé que l’action du STC constituait une menace directe pour la sécurité nationale du Royaume et pour la stabilité régionale.

Plus tôt cette semaine, la coalition militaire soutenant le gouvernement yéménite a mené des frappes aériennes visant un chargement d’armes et de véhicules destiné aux forces séparatistes du Sud. Cette cargaison était arrivée au port d’al-Mukalla à bord de deux navires.

L’Arabie saoudite a réitéré que la seule voie permettant de résoudre la question du Sud passe par le dialogue.

Mardi, des pays du Golfe et d’autres pays arabes ont exprimé leur soutien au gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com