Mission décisive du FMI au Liban en crise

La délégation du FMI dirigée par Ernesto Ramirez-Rigo s'est entretenue avec le président libanais Michel Aoun, le 30 mars 2022. (Photo, AFP)
La délégation du FMI dirigée par Ernesto Ramirez-Rigo s'est entretenue avec le président libanais Michel Aoun, le 30 mars 2022. (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 30 mars 2022

Mission décisive du FMI au Liban en crise

La délégation du FMI dirigée par Ernesto Ramirez-Rigo s'est entretenue avec le président libanais Michel Aoun, le 30 mars 2022. (Photo, AFP)
  • Il s'agit de la troisième visite du FMI au Liban depuis le début des pourparlers le 24 janvier sur des mesures de soutien visant à sortir le pays de l'effondrement économique qui a plongé environ 80% des Libanais dans la pauvreté
  • «Les réformes devraient être approuvées et exécutées avant que le conseil d'administration du FMI ne valide un éventuel plan de financement,» a expliqué Mike Azar

BEYROUTH: Une délégation du Fonds monétaire international (FMI) a entamé mercredi une nouvelle mission au Liban, en vue de parvenir à un accord avec le pays frappé par une crise économique inédite. 

Il s'agit de la troisième visite du FMI au Liban depuis le début des pourparlers le 24 janvier sur des mesures de soutien visant à sortir le pays de l'effondrement économique qui a plongé environ 80% des Libanais dans la pauvreté. 

« Nous espérons qu'un accord préliminaire sera conclu au bout de ces deux semaines de discussions, » a indiqué Saadé Chami, le vice-Premier ministre qui dirige la délégation libanaise chargée de négocier avec le FMI.  

Mercredi, la délégation du FMI dirigée par Ernesto Ramirez-Rigo s'est entretenue avec le président libanais Michel Aoun. Les discussions ont porté sur les progrès des pourparlers, selon un communiqué de la présidence libanaise.  

Le 11 février, le FMI avait publié sa feuille de route pour le Liban qui a fait défaut sur sa dette souveraine en 2020 pour la première fois de son histoire. 

L'institution avait préconisé des réformes budgétaires pour garantir la viabilité de la dette, de reconstruire le secteur financier, de réformer des entreprises publiques et de lutter énergiquement contre la corruption. 

Le FMI a souligné à plusieurs reprises qu'il n'apporterait son soutien financier que si le gouvernement libanais consentait à mettre en œuvre des réformes ambitieuses nécessaires pour extirper le pays du marasme économique dans lequel il est plongé. 

Mais même si un éventuel accord est conclu, « il restera des défis importants » à surmonter, a prévenu l'analyste Mike Azar. 

Mardi, le Premier ministre libanais, Najib Mikati, avait appelé les députés et les ministres à coopérer « en faveur de l'intérêt national et non pas personnel, car c'est le pays qui paye le prix ».  

Il commentait le rejet par deux commissions parlementaires d'une proposition de loi sur le contrôle des capitaux. Cette loi serait l'une des conditions posées par le FMI avant un accord avec le gouvernement libanais. 

« Les réformes devraient être approuvées et exécutées avant que le conseil d'administration du FMI ne valide un éventuel plan de financement, » a expliqué M. Azar.  

Malgré le déclin social et économique frappant le pays, la classe dirigeante a continué de bloquer les réformes auxquelles les donateurs étrangers ont pourtant conditionné leur aide. 

« La volonté politique d'adopter un ensemble complet de réformes n'est peut-être pas là et l'accord ne pourra donc jamais aller au-delà d'un accord sur le papier, » a estimé l'analyste. 


Les ambassades américaines au Moyen-Orient ferment alors que la guerre avec l’Iran s’intensifie

Des ambassades américaines ont été fermées à travers le Golfe. (AFP)
Des ambassades américaines ont été fermées à travers le Golfe. (AFP)
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  • Des alertes de sécurité ont été émises à l’attention des citoyens américains, leur conseillant de quitter les lieux lorsque cela est possible

Alors que le conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran s’intensifie, les ambassades américaines à travers le Moyen-Orient sont passées en mode d’urgence, multipliant les alertes de sécurité, suspendant leurs services et appelant les ressortissants américains à prendre des précautions immédiates.

En Arabie saoudite, l’Ambassade des États-Unis à Riyad a fermé ses portes après que des drones iraniens ont frappé le complexe, provoquant des dégâts mineurs et un petit incendie. La mission a annulé tous les rendez-vous consulaires, qu’ils soient de routine ou d’urgence, et conseillé aux Américains à Riyad, Djeddah et Dhahran de rester confinés chez eux. Il leur a également été demandé d’éviter les abords de l’ambassade jusqu’à nouvel ordre.

Au Koweït, l’Ambassade des États-Unis à Koweït City a demandé à son personnel ainsi qu’aux citoyens américains présents dans le pays de rester à l’intérieur face à la menace persistante de missiles et de drones. L’ambassade a averti la population de ne pas s’approcher du complexe, de rester loin des fenêtres et de suivre les alertes officielles.

L’Ambassade des États-Unis à Bahreïn a également suspendu ses opérations normales. Les avis de sécurité invitent les personnes à se mettre à l’abri à l’intérieur et à faire preuve de vigilance, avertissant que des zones civiles pourraient être exposées au risque à mesure que les tensions régionales s’aggravent.

Au Qatar, qui abrite la grande base militaire américaine d’Al Udeid, l’Ambassade des États-Unis au Qatar a diffusé des consignes similaires, demandant aux Américains de rester confinés et de se préparer à d’éventuelles perturbations. L’alerte insiste sur la nécessité de demeurer dans des lieux sécurisés et de disposer de provisions essentielles.

En Jordanie, l’Ambassade des États-Unis en Jordanie a averti que des missiles, roquettes ou drones pourraient pénétrer l’espace aérien jordanien à mesure que le conflit évolue. Les citoyens américains ont été encouragés à rester vigilants et prêts à se mettre à l’abri en cas de sirènes ou d’alertes officielles.

En Israël, où les hostilités sont directement liées à la confrontation plus large avec l’Iran, l’Ambassade des États-Unis en Israël a recommandé aux Américains de revoir leurs plans de sécurité personnels. Elle a indiqué que sa capacité à faciliter les départs pourrait être limitée dans les conditions actuelles et a exhorté les citoyens à suivre attentivement les directives officielles.

Au-delà des alertes nationales, le Département d’État des États-Unis a élargi ses avis régionaux, appelant les Américains présents dans plusieurs pays du Moyen-Orient à envisager un départ en raison de la dégradation de la situation sécuritaire. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'armée israélienne émet un nouvel ordre d'évacuation pour des dizaines de localités au Liban

Un immeuble endommagé est visible après une frappe aérienne israélienne dans la banlieue sud de Beyrouth, à Haret Hreik, au Liban. (AFP)
Un immeuble endommagé est visible après une frappe aérienne israélienne dans la banlieue sud de Beyrouth, à Haret Hreik, au Liban. (AFP)
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  • L’armée israélienne a ordonné l’évacuation immédiate d’une cinquantaine de localités au Liban, invoquant des opérations contre le Hezbollah
  • Deux secteurs de la banlieue sud de Beyrouth, Ghobeiry et Haret Hreik, sont également visés par un avertissement en raison de cibles liées au Hezbollah

JERUSALEM: L'armée israélienne a émis tôt mardi un nouvel ordre d'évacuation pour des dizaines de localités du Liban, dont deux lieux de la banlieue sud de Beyrouth, en raison d'opérations contre le mouvement Hezbollah.

"Les activités du Hezbollah contraignent l'IDF (l'armée israélienne) à agir avec force contre lui (...) Pour votre sécurité, vous devez évacuer immédiatement vos logements", a écrit Avichay Adraee, porte-parole de l'armée pour le public arabophone, sur X, listant une cinquantaine de villages.

Dans la banlieue sud de Beyrouth, deux zones font également l'objet d'un avertissement, Ghobeiry et Haret Hreik, selon la même source. "Vous vous situez près d'installations et d'intérêts du Hezbollah, contre lesquels l'IDF va agir dans un avenir proche", a prévenu le porte-parole.

Le gouvernement libanais a pris lundi la décision sans précédent d’interdire les activités militaires et sécuritaires du Hezbollah, provoquant la colère du mouvement soutenu par l’Iran.

Le Hezbollah est représenté au sein du gouvernement et du Parlement, et cette mesure est intervenue quelques heures après qu’il a annoncé avoir lancé des roquettes et des drones vers Israël tôt lundi, en représailles à la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei lors de frappes américano-israéliennes.

Israël a bombardé lundi la banlieue sud de Beyrouth ainsi que des dizaines de villages du sud du Liban en riposte, promettant de faire payer au mouvement un « lourd tribut ».

Le ministère libanais de la Santé a indiqué que les frappes ont fait au moins 31 morts et au moins 149 blessés.


L’ambassade des États-Unis à Riyad visée par des drones : ministère saoudien de la Défense

Vue générale de l’ambassade des États-Unis à Riyad. (Photo d’archive AFP)
Vue générale de l’ambassade des États-Unis à Riyad. (Photo d’archive AFP)
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  • L’ambassade a émis un avis de confinement (« shelter in place ») pour Djeddah, Riyad et Dammam

RIYAD : L’ambassade des États-Unis à Riyad a été prise pour cible par des drones, provoquant un incendie limité et des dégâts mineurs au bâtiment, a indiqué le ministère saoudien de la Défense.

L’ambassade des États-Unis à Riyad était vide au moment de l’attaque et aucune blessure n’a été signalée à ce stade.

L’ambassade a émis un avis demandant aux ressortissants de rester confinés à Djeddah, Riyad et Dammam.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com