D’importants pourparlers de paix entre les factions yéménites débutent à Riyad

Le secrétaire général du CCG, Nayef Falah al-Hajraf, a exhorté les participants à mettre de côté leurs différences. (@GCCSG)
Le secrétaire général du CCG, Nayef Falah al-Hajraf, a exhorté les participants à mettre de côté leurs différences. (@GCCSG)
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Publié le Jeudi 31 mars 2022

D’importants pourparlers de paix entre les factions yéménites débutent à Riyad

Le secrétaire général du CCG, Nayef Falah al-Hajraf, a exhorté les participants à mettre de côté leurs différences. (@GCCSG)
  • Le secrétaire général du CCG et les envoyés des États-Unis et de l’ONU appellent à la fin du conflit avant le ramadan
  • Les Houthis refusent de participer aux pourparlers et provoquent une escalade du conflit dans plusieurs provinces, selon certaines sources

RIYAD: Mercredi, les négociations de paix les plus complètes réalisées impliquant les factions belligérantes du Yémen ont débuté à Riyad, alors que la Coalition pour restaurer la légitimité au Yémen a annoncé une trêve qui devrait contribuer à mettre fin à ce conflit dévastateur. 

Des centaines de politiciens yéménites, de chefs de tribus et de responsables militaires et de sécurité, anciens et actuels, ont participé à la conférence. Les Houthis ont refusé de se joindre aux négociations initiées par le Conseil de coopération du Golfe (CCG). 

Dans son discours d’ouverture, le secrétaire général du CCG, Nayef Falah al-Hajraf, a exhorté les participants à mettre de côté leurs différences et à trouver une solution globale pour faire cesser la guerre.  

Il a également assuré que le bloc du Golfe soutiendrait les résultats. «Le succès des consultations yéménites n’est pas une option mais un devoir qui exige que chacun assume la responsabilité nationale et rejette toutes les causes de division et de disparités internes», a déclaré M. Al-Hajraf, saluant la réponse rapide de la Coalition à la demande de trêve du CCG. La Coalition a annoncé mardi soir qu’elle cesserait ses opérations militaires au Yémen afin de faciliter le succès des pourparlers. 

Hans Grundberg, l’envoyé spécial de l’ONU pour le Yémen, qui mène actuellement des négociations similaires, mais avec moins de personnes, dans la capitale jordanienne, a affirmé que Riyad jouait depuis longtemps un rôle important dans la facilitation des initiatives de paix. «Riyad offre un espace de dialogue menant à des accords importants, tels que l’initiative du CCG et l’accord de Riyad. Nous avons plus que jamais besoin du soutien de la région pour avancer vers un processus politique inclusif sous les auspices de l’ONU», a-t-il indiqué. 

La guerre, a-t-il ajouté, a ruiné les institutions étatiques, le tissu social et l’économie du pays, et a coûté la vie à des milliers de civils yéménites. «Plus le conflit dure, plus les conséquences sur les civils sont graves et plus il est difficile de réparer les dégâts. Le peuple yéménite a besoin de voir une issue claire.» 

Selon l’envoyé, ses derniers efforts pour convaincre les factions belligérantes de cesser les combats pendant le mois de ramadan ont porté leurs fruits. «Depuis plus de deux mois, je tente de convaincre toutes les parties de parvenir à une trêve et nous faisons des progrès. Le Yémen a besoin d’un arrêt des hostilités. Je discute avec les parties de toute urgence pour parvenir à cette trêve avant le début du ramadan», a-t-il assuré. 

L’envoyé spécial des États-Unis pour le Yémen, Tim Lenderking, a lui aussi exprimé le soutien de son pays aux appels de l’ONU et du CCG en faveur d’une cessation de toutes les combats pendant le ramadan. «Nous sommes toujours déterminés à soutenir les efforts déployés sous l’égide de l’ONU pour parvenir à une résolution durable et inclusive du conflit», a-t-il ajouté, appelant les participants à trouver une solution qui mettrait fin à la crise humanitaire au Yémen. «Au nom des États-Unis, je souhaite sincèrement que toutes les personnes ici présentes saisissent cette occasion importante pour travailler ensemble afin d’identifier des mesures tangibles qui amélioreront la vie de tous les Yéménites.» 

Pour la première fois depuis des années, les pourparlers de Riyad ont permis de réunir des personnalités politiques, militaires et tribales rivales du Yémen, notamment des membres éminents du Congrès général du peuple et des dirigeants du Conseil de transition du Sud, favorable à l’indépendance. S’adressant à Arab News pendant la conférence, les participants ont exprimé l’espoir que la grande assemblée de Yéménites débouche sur une issue favorable. 

«La situation au Yémen est désastreuse. Il y a une grave pénurie de carburant et les citoyens sont très pauvres. Nous espérons que les Yéménites uniront leurs voix lors des négociations et que la communauté internationale, principalement l’Arabie saoudite et le CCG, les aidera à mettre en œuvre les résultats de ces négociations», a déclaré Abdallah ben Ali Jaber, un chef de tribu de la province du Hadramout, dans le sud-est du pays. 

Les Houthis auraient rejeté l’invitation du CCG à se joindre aux pourparlers et auraient intensifié leurs opérations militaires dans tout le Yémen, en particulier dans la province centrale de Marib. Selon les responsables locaux et les médias, les Houthis ont lancé des attaques importantes contre les troupes gouvernementales en dehors de la ville de Marib, exploitant apparemment l’espace créé par l’arrêt des frappes aériennes de la Coalition. 

«Les Houthis ont rejeté tous les appels à la paix et y ont répondu par une escalade. Ce groupe est l’outil de l’Iran pour saper la sécurité dans le monde arabe», a expliqué l’analyste militaire Yahiya Abu Hatem à Arab News, avant de poursuivre que les Yéménites devraient résoudre leurs différends et «prendre les Houthis pour cible». 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


Israël et le Liban conviennent de renouveler le cessez-le-feu

Israël et le Liban ont convenu mercredi de "la mise en oeuvre d'un cessez-le-feu" et de la création de "zones pilotes" sous contrôle de l'armée libanaise, selon une déclaration commune publiée à l'issue de deux jours de pourparlers à Washington. (AFP)
Israël et le Liban ont convenu mercredi de "la mise en oeuvre d'un cessez-le-feu" et de la création de "zones pilotes" sous contrôle de l'armée libanaise, selon une déclaration commune publiée à l'issue de deux jours de pourparlers à Washington. (AFP)
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  • Israël et le Liban ont également convenu de participer à un nouveau round de pourparlers la semaine du 22 juin en vue d'un "accord global", ajoute la déclaration
  • Plus tôt, le président Donald Trump avait insisté pour "séparer" les discussions sur le Liban de celles sur l'Iran, alors que Téhéran considère qu'il s'agit d'un seul et même sujet

WASHINGTON: Israël et le Liban ont convenu mercredi de "la mise en oeuvre d'un cessez-le-feu" et de la création de "zones pilotes" sous contrôle de l'armée libanaise, selon une déclaration commune publiée à l'issue de deux jours de pourparlers à Washington.

"A l'issue des négociations menées sous l'égide des Etats-Unis, Israël et le Liban ont convenu de la mise en œuvre d'un cessez-le-feu", qui sera subordonné "à l'arrêt complet des tirs du Hezbollah et à l'évacuation de tous les membres du Hezbollah du secteur du Sud-Litani", peut-on lire dans cette déclaration entre les trois parties aux négociations.

"Les deux parties ont convenu de faire avancer rapidement la mise en place de zones pilotes dans lesquelles les Forces armées libanaises exerceront un contrôle exclusif sur le territoire, à l'exclusion de tous les acteurs non étatiques", selon la même source.

Ces mesures doivent permettre de "progresser vers un accord global de paix et de sécurité".

"Tous les pays ont réaffirmé que l'avenir des relations entre Israël et le Liban devait être décidé par les deux gouvernements souverains. Ils ont rejeté toute tentative, de la part d'un État ou d'un acteur non étatique, de prendre en otage l'avenir du Liban", une référence implicite à l'Iran, accusé de soutenir le Hezbollah pro-iranien.

Israël et le Liban ont également convenu de participer à un nouveau round de pourparlers la semaine du 22 juin en vue d'un "accord global", ajoute la déclaration.

Plus tôt, le président Donald Trump avait insisté pour "séparer" les discussions sur le Liban de celles sur l'Iran, alors que Téhéran considère qu'il s'agit d'un seul et même sujet.

Des délégations israéliennes et libanaises se sont réunies à Washington mardi et mercredi, alors que des frappes israéliennes au Liban ont fait au moins neuf morts, dont un soldat et deux secouristes.


Liban: un média d'Etat rapporte des frappes israéliennes après l'annonce d'un cessez-le-feu conditionnel

Un média d'Etat libanais a fait état jeudi de plusieurs frappes israéliennes sur le sud du pays, quelques heures après l'annonce à Washington d'un accord israélo-libanais pour un cessez-le-feu  conditionné à un "arrêt complet" des tirs du Hezbollah. (AFP)
Un média d'Etat libanais a fait état jeudi de plusieurs frappes israéliennes sur le sud du pays, quelques heures après l'annonce à Washington d'un accord israélo-libanais pour un cessez-le-feu  conditionné à un "arrêt complet" des tirs du Hezbollah. (AFP)
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  • Les deux pays, qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques, se sont également mis d'accord pour "faire avancer rapidement la mise en place de zones pilotes dans lesquelles les Forces armées libanaises exerceront un contrôle exclusif"
  • Le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, figure de l'extrême droite, a qualifié jeudi cet accord de "grave erreur"

BEYROUTH: Un média d'Etat libanais a fait état jeudi de plusieurs frappes israéliennes sur le sud du pays, quelques heures après l'annonce à Washington d'un accord israélo-libanais pour un cessez-le-feu  conditionné à un "arrêt complet" des tirs du Hezbollah.

L'Agence nationale d'information (ANI) a annoncé des frappes de drones israéliens le long de routes dans trois localités du sud du Liban, indiquant qu'au moins une d'entre elles avait fait des victimes, sans préciser s'il s'agissait de morts ou de blessés.

Quelques heures plus tôt, l'armée israélienne avait annoncé qu'une "infiltration d'appareil hostile" avait déclenché une alerte aérienne dans un village du nord d'Israël, près de la frontière avec le Liban.

Israël et le Liban sont convenus mercredi, à l'issue de deux jours de pourparlers à Washington, de la mise en oeuvre d'un cessez-le-feu conditionné à un "arrêt complet" des tirs du Hezbollah et à "l'évacuation" de tous les membres du mouvement de la zone située au sud du fleuve Litani, qui coule à une trentaine de kilomètres de la frontière avec Israël.

Les deux pays, qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques, se sont également mis d'accord pour "faire avancer rapidement la mise en place de zones pilotes dans lesquelles les Forces armées libanaises exerceront un contrôle exclusif".

Le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, figure de l'extrême droite, a qualifié jeudi cet accord de "grave erreur".

De son côté, Mahmoud Qomati, haut responsable du Hezbollah, avait assuré mardi que sa formation n'accepterait pas un "cessez-le-feu partiel" avec Israël.

Un accord de cessez-le-feu au Liban est entré en vigueur le 17 avril mais les deux parties ont poursuivi leurs attaques à un rythme quasi-quotidien, s'accusant mutuellement de violer la trêve.

Selon l'Organisation mondiale de la Santé, plus de 600 personnes ont été tuées au Liban depuis le 17 avril.

Les frappes israéliennes ont fait 3.516 morts depuis le 2 mars, début de la guerre au Liban, et ont déplacé plus d'un million de personnes, selon les autorités. Côté israélien, 26 soldats et un contractuel civil ont été tués au Liban.

 


Au moins 8 morts dans des frappes israéliennes sur Gaza

 Au moins huit personnes ont été tuées tôt jeudi dans des bombardements israéliens sur la ville de Gaza, a annoncé à l'AFP un porte-parole de la défense civile du territoire palestinien. (AFP)
Au moins huit personnes ont été tuées tôt jeudi dans des bombardements israéliens sur la ville de Gaza, a annoncé à l'AFP un porte-parole de la défense civile du territoire palestinien. (AFP)
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  • Cinq et deux personnes ont été tuées respectivement dans des frappes contre des appartements dans le nord-ouest et le sud-ouest de la ville de Gaza, et une autre dans un raid contre une maison dans le camp de réfugiés d'Al-Shati
  • Malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis octobre 2025, la bande de Gaza reste le théâtre de violences, avec des frappes israéliennes quasi quotidiennes

GAZA: Au moins huit personnes ont été tuées tôt jeudi dans des bombardements israéliens sur la ville de Gaza, a annoncé à l'AFP un porte-parole de la défense civile du territoire palestinien.

Cinq et deux personnes ont été tuées respectivement dans des frappes contre des appartements dans le nord-ouest et le sud-ouest de la ville de Gaza, et une autre dans un raid contre une maison dans le camp de réfugiés d'Al-Shati, dans l'ouest de la ville, a indiqué ce porte-parole, Mahmoud Bassal.

Ces frappes ont également fait au moins 15 blessés, a-t-il ajouté.

Malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis octobre 2025, la bande de Gaza reste le théâtre de violences, avec des frappes israéliennes quasi quotidiennes.

Selon le ministère de la Santé du territoire, placé sous l'autorité du mouvement islamiste palestinien Hamas, plus de 900 personnes ont été tuées depuis l'entrée en vigueur de cette trêve, conclue après deux ans de guerre déclenchée le 7 octobre 2023 par l'attaque sans précédent du Hamas contre Israël.

La première phase de la trêve a vu la libération des derniers otages israéliens de Gaza enlevés par le Hamas, en échange de Palestiniens détenus par Israël. Mais le passage à la deuxième phase, devant se traduire par le désarmement du Hamas et un retrait progressif de l'armée israélienne, semble complètement grippé.

La semaine dernière, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait déclaré avoir ordonné à l'armée de prendre le contrôle de 70% de la bande de Gaza, contre 60% contrôlé actuellement.

Fin mai, le tout nouveau chef de la branche armée du Hamas, Mohammed Odeh, a été tué par une frappe israélienne, 11 jours après l'assassinat de son prédécesseur.