La juge afro-américaine Ketanji Brown Jackson ou l'irrésistible ascension jusqu'à la Cour suprême

La juge Ketanji Brown Jackson est désormais la troisième afro-américaine à occuper le poste de juge à la Cour suprême. (Reuters).
La juge Ketanji Brown Jackson est désormais la troisième afro-américaine à occuper le poste de juge à la Cour suprême. (Reuters).
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Publié le Jeudi 07 avril 2022

La juge afro-américaine Ketanji Brown Jackson ou l'irrésistible ascension jusqu'à la Cour suprême

  • Ketanji Brown Jackson a travaillé du côté des accusés: pendant deux ans, elle a été avocate dans les services de l'aide juridictionnelle à Washington, où elle a défendu des prévenus sans ressource
  • Elle a également une expérience intime du système pénal: en 1989, un de ses oncles a écopé d'une peine de prison à vie dans le cadre d'une loi qui imposait automatiquement cette sentence après trois infractions aux règles sur les stupéfiants

WASHINGTON: La magistrate Ketanji Brown Jackson, première femme noire à atteindre le sommet de la pyramide judiciaire aux Etats-Unis, espère que son expérience de la vie "un peu différente" soit un atout pour la Cour suprême, et pas uniquement à cause de sa couleur de peau.

Cette brillante juriste de 51 ans, nommée par le président démocrate Joe Biden, a obtenu jeudi le feu vert du Sénat et devrait faire son entrée cet été au sein de la haute juridiction, où n'ont siégé, en 233 ans, que deux hommes noirs et aucune Afro-Américaine.

Pendant son audition au Congrès, elle a assumé son rôle de "modèle" pour "les petites filles de tout le pays" et espéré que sa confirmation augmente "la confiance" des Afro-Américains dans le système judiciaire. 

Mais elle a surtout insisté sur une autre de ses différences. Alors que la plupart des juges de ce niveau se sont distingués comme procureurs, Ketanji Brown Jackson a travaillé du côté des accusés: pendant deux ans, elle a été avocate dans les services de l'aide juridictionnelle à Washington, où elle a défendu des prévenus sans ressources. 

Pendant son audition, elle a expliqué avoir été frappée par leur méconnaissance du droit et avoir, une fois devenue juge, pris "grand soin" d'expliquer ses décisions aux condamnés, afin qu'ils comprennent la gravité de leurs actes et la sanction imposée.

Elle a également une expérience intime du système pénal: en 1989, un de ses oncles a écopé d'une peine de prison à vie dans le cadre d'une loi qui imposait automatiquement cette sentence après trois infractions aux règles sur les stupéfiants. 

Même si elle le connaissait peu, "cette expérience familiale l'a sensibilisée à l'impact de la loi sur la vie des gens", a raconté au Washington Post un ami, sous couvert d'anonymat. 

«Fierté»

Ketanji Brown Jackson a, elle, eu une enfance stable, dans une famille d'enseignants installés en Floride. 

Par "fierté de leur héritage" et "espoir en l'avenir", ses parents lui ont donné un prénom africain, Ketanji Onyika, signifiant "la charmante", a-t-elle raconté au Congrès.

Contrairement à eux, qui "ont vécu personnellement la ségrégation", elle a souligné sa "chance" d'être née après les grandes luttes pour les droits civiques des années 1960 qui ont fait tomber de nombreuses lois racistes.

Elle a pu fréquenter des écoles mixtes --où elle s'est distinguée dans des concours d'éloquence--, décrocher un diplôme de la prestigieuse université de Harvard et mener une riche carrière, tout en fondant une famille avec un chirurgien blanc.

Dès la fin de ses études, elle exerce au sein du temple du droit américain, comme assistante du juge progressiste Stephen Breyer, qu'elle va remplacer. 

Elle alterne ensuite les expériences dans le privé - au sein de cabinets d'avocats - et le public, notamment à la Commission des peines, une agence indépendante chargée d'harmoniser la politique pénale aux Etats-Unis.

«Pas des rois»

En 2013, elle franchit une nouvelle étape: le président démocrate Barack Obama la nomme juge fédérale à Washington.

Au cours des huit ans qui suivent, elle rend des dizaines de décisions. Elle désavoue notamment Donald Trump, qui essaie d'empêcher le Congrès de convoquer un de ses conseillers, en écrivant: "les présidents ne sont pas des rois".

Dès son arrivée à la Maison Blanche, Joe Biden la nomme au sein de l'influente Cour d'appel fédérale de Washington, considérée comme un tremplin pour la Cour suprême. En toute logique, il la choisit en février pour remplacer le juge Breyer qui, à 83 ans, a décidé de se retirer.

A plusieurs reprises, le président loue ses "qualifications extraordinaires", sa "vaste expérience", son "intellect", et son "bilan rigoureux de juge".

Lors de son audition, plusieurs élus républicains l'accusent toutefois d'avoir rendu des peines trop légères envers des pédopornographes, en écho à leur dénonciation d'un Joe Biden supposé "laxiste".

Soulignant son "impartialité", elle défend ses décisions et refuse de se laisser entraîner dans leurs batailles idéologiques.

Lors de son précédent processus de confirmation, elle avait déjà juré tenir à l'écart, dans son travail de juge, "ses opinions personnelles et toute autre considération inappropriée", dont sa couleur de peau.

Mais "j'ai peut-être une expérience de la vie différente de celle de mes collègues", avait-elle ajouté. "Et j'espère que cela peut avoir un intérêt."


L'armée américaine dit avoir mené une nouvelle série de frappes en Iran, sur 90 cibles

Des personnes se rassemblent sur la place Ferdowsi à Téhéran pour les funérailles du guide suprême iranien, Ali Khamenei. (AFP)Les États-Unis annoncent avoir frappé environ 90 cibles militaires en Iran, dont des systèmes de défense antiaérienne
Des personnes se rassemblent sur la place Ferdowsi à Téhéran pour les funérailles du guide suprême iranien, Ali Khamenei. (AFP)Les États-Unis annoncent avoir frappé environ 90 cibles militaires en Iran, dont des systèmes de défense antiaérienne
  • Les États-Unis annoncent avoir frappé environ 90 cibles militaires en Iran, dont des systèmes de défense antiaérienne
  • Selon le Centcom, ces frappes visent à réduire les capacités de l’Iran à menacer la navigation commerciale dans le détroit d’Ormuz

WASHINGTON: L'armée américaine a atteint quelque 90 "cibles militaires" en Iran, parmi lesquelles des systèmes de défense antiaérienne, lors de sa dernière série de frappes, a annoncé mercredi soir le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom).

"Les Etats-Unis ont achevé une nouvelle série de frappes contre l'Iran, le 8 juillet, afin de dégrader davantage la capacité de l'Iran à s'en prendre au transport maritime commercial et à d'innocents marins civils dans le détroit d'Ormuz", a détaillé le Centcom dans un communiqué publié sur X.


Les Etats-Unis vont retirer la Syrie de leur liste des Etats soutenant le terrorisme

L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie. (AFP)
L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie. (AFP)
  • Cette annonce survient après la rencontre en marge du sommet de l'Otan en Turquie entre Donald Trump et Ahmed al-Chareh, un ancien djihadiste devenu président de la Syrie après le coup d'Etat contre le régime de Bachar al-Assad en décembre 2024
  • "C'est un autre pas historique de la part du président Trump pour donner au peuple syrien une chance de grandeur", a déclaré Marco Rubio dans un communiqué

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont annoncé mercredi qu'ils allaient retirer la Syrie de leur liste noire des pays accusés de soutenir le terrorisme, une classification vieille de plusieurs dizaines d'années qui limitait les investissements dans ce pays.

Le secrétaire d'Etat Marco Rubio a officiellement informé le Congrès de cette décision attendue de longue date, qui sera effective dans 45 jours, à moins que les parlementaires ne choisissent, de manière inattendue, de la bloquer.

Cette annonce survient après la rencontre en marge du sommet de l'Otan en Turquie entre Donald Trump et Ahmed al-Chareh, un ancien djihadiste devenu président de la Syrie après le coup d'Etat contre le régime de Bachar al-Assad en décembre 2024.

"C'est un autre pas historique de la part du président Trump pour donner au peuple syrien une chance de grandeur", a déclaré Marco Rubio dans un communiqué.

"Lever les sanctions contre la Syrie va débloquer le commerce international et les investissements, donner à la Syrie une chance de se reconstruire, et ouvrir un nouveau chapitre pour le peuple syrien", a-t-il poursuivi.

L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie.

Le président américain avait auparavant publiquement poussé en faveur d'un accord de paix entre Israël et la Syrie, mais a finalement choisi de lever cette classification malgré l'absence de progrès dans les négociations.

Dans son communiqué, Marco Rubio a expliqué que cette décision avait été prise après avoir reçu des "assurances formelles" de la part d'Ahmed al-Chareh selon lesquelles "la Syrie ne soutiendra pas d'actes de terrorisme international à l'avenir".

Il a soutenu qu'une "Syrie stable, unifiée et en paix avec elle-même et avec ses voisins ne sera pas seulement bénéfique pour la région, mais pour le monde entier".

Donald Trump avait commencé à lever la plupart des sanctions contre la Syrie il y a un an, après que la Turquie et l'Arabie saoudite l'ont encouragé à rencontrer Ahmed al-Chareh.

"Il fait un travail incroyable pour unifier la Syrie", a affirmé le président américain à son sujet lors de la rencontre à Ankara.

La Syrie était sur la liste américaine des pays accusés de soutenir le terrorisme depuis sa création en 1979.

Après cette décision, seuls l'Iran, la Corée du Nord et Cuba demeurent sur cette liste.

 


Trump affirme que le cessez-le-feu avec l'Iran est « terminé»

Le président américain Donald Trump s'exprime lors d'une rencontre avec le secrétaire général de l'Otan, en marge du sommet de l'Alliance à Ankara, le 8 juillet 2026. (AFP)
Le président américain Donald Trump s'exprime lors d'une rencontre avec le secrétaire général de l'Otan, en marge du sommet de l'Alliance à Ankara, le 8 juillet 2026. (AFP)
  • Donald Trump affirme que le dossier iranien est « terminé » pour lui, tout en laissant la porte ouverte à une reprise des négociations par ses émissaires
  • Les tensions restent vives entre Washington et Téhéran, sur fond de frappes, de représailles militaires et d'accusations mutuelles de violation du cessez-le-feu

ANKARA: Le président américain Donald Trump a affirmé mercredi à Ankara que le cessez-le-feu avec l'Iran était "terminé", ouvrant toutefois la porte à une reprise éventuelle des discussions.

"En ce qui me concerne, c'est terminé", a-t-il lancé au deuxième jour d'un sommet de l'Otan.

"C'est juste une perte de temps de discuter avec eux, ce sont des menteurs", a-t-il ajouté.

Le locataire de la Maison Blanche a toutefois laissé entendre que les négociateurs pourraient poursuivre les discussions, après l'avoir consulté.

Jared Kushner et Steve Witkoff sont "de bons négociateurs, ils veulent négocier", a-t-il ainsi affirmé, mais "ils doivent revenir vers moi".

Le président américain n'a pas eu de mots assez durs contre les dirigeants iraniens qu'il a qualifiés d'"ordures" avec qui il refusait désormais de discuter.

"Je ne veux plus avoir affaire à eux, ce sont des ordures. (...) ce sont des malades", a-t-il encore affirmé .

"Ils sont vicieux, ce sont des gens violents, et s'ils avaient l'arme nucléaire, ils l'utiliseraient", a-t-il ajouté, aux côtés du secrétaire général de l'Otan Mark Rutte, affirmant avoir pourtant obtenu un accord avec l'Iran.

"Tout le monde est d'accord : pas d'arme nucléaire. On passe un marché. Ils sortent, plaisantent devant la presse, ils disent qu'on n'en a même jamais parlé. Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond chez eux, ils sont fous", a-t-il encore déclaré.

Les Etats-Unis ont frappé plus de 80 cibles en Iran en riposte à des tirs iraniens sur des navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz, déclenchant mercredi des représailles de Téhéran qui a dit avoir attaqué des bases américaines au Koweït et à Bahreïn.

Washington a également rétabli ses sanctions économiques sur le pétrole iranien après les attaques de navires. Les deux camps s'accusent de violer leur protocole d'accord, signé le 17 juin pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique.