À son procès, Salah Abdeslam raconte pour la première fois sa soirée du 13-Novembre

Ce croquis d'audience réalisé le 30 mars 2022 montre le coaccusé Salah Abdeslam, principal suspect des attentats, lors du procès des attentats de Paris et de Saint-Denis du 13 novembre 2015 (Photo, AFP).
Ce croquis d'audience réalisé le 30 mars 2022 montre le coaccusé Salah Abdeslam, principal suspect des attentats, lors du procès des attentats de Paris et de Saint-Denis du 13 novembre 2015 (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 14 avril 2022

À son procès, Salah Abdeslam raconte pour la première fois sa soirée du 13-Novembre

  • «Je vais rentrer dans ce café, je vais commander une boisson, je vais regarder les gens autour de moi et je me suis dit non, je vais pas le faire»
  • Le Français de 32 ans avait exercé son droit au silence lors de son précédent interrogatoire le 30 mars expliquant mercredi ne pas s'être «senti écouté»

PARIS : "Je vais rentrer dans ce café, regarder les gens autour ...". Au procès du 13-Novembre, Salah Abdeslam a, pour la première fois, raconté mercredi sa soirée dans le détail, et a maintenu avoir "renoncé" à se faire exploser à Paris. 

Le suspense n'aura pas duré longtemps. Il est 18H15 quand débute l'ultime interrogatoire du seul membre encore en vie des commandos. 

La dernière fois, Salah Abdeslam avait refusé de répondre aux questions, invoquant son droit à se taire. "C'est parce que je ne me suis pas senti écouté", lance-t-il au président de la cour d'assises spéciale de Paris, Jean-Louis Périès. 

"Je fais marche arrière, je vais m'expliquer parce que c'est la dernière fois que j'aurai l'occasion de le faire", annonce le principal accusé, provoquant des exclamations soulagées dans la salle d'audience. 

Il ne "promet rien" mais va cette fois beaucoup en dire sur sa "mission", "l'objectif" qui lui était fixé le 13 novembre 2015, la nuit des attentats qui feront 130 morts à Paris et Saint-Denis. 

"Je vais rentrer dans ce café (dans le 18e arrondissement de Paris), je vais commander une boisson, je vais regarder les gens autour de moi et je me suis dit +Non, je vais pas le faire+", relate Salah Abdeslam au bout de quelques minutes, polo rayé bleu et blanc et gilet sombre sur le dos. 

"Je voyais les gens rigoler, danser, je comprends que j'allais pas le faire", ajoute le Français de 32 ans. Après avoir "renoncé", il a "repris la voiture" avec laquelle il avait convoyé les trois kamikazes au Stade de France. "Je roule, je roule, je roule", mais la voiture "tombe en panne".

«Imprévu total»

"Avec une ceinture explosive, je suis cramé", continue Salah Abdeslam, très prolixe dans le box. "Deux solutions s'offrent à moi: soit je rentre en Belgique, soit je vais jusqu'au bout et je me fais exploser". 

Il dit avoir erré dans Paris, appelé "tout le monde" pour qu'on vienne le chercher, mais "c'est l'imprévu total", la "sidération". Il prend alors un taxi pour aller au sud de la capitale. Il se débarrasse de la ceinture à Montrouge et marche jusqu'à Châtillon où il sera récupéré au petit matin du 14 novembre par deux "copains" belges, aujourd'hui ses coaccusés. 

Salah Abdeslam soutient qu'il n'a intégré le projet d'attentats à Paris qu'"au dernier moment", le 11 novembre 2015, et qu'il n'en connaissait pas les détails, juste qu'il devrait se "faire exploser".  

"C'est un choc pour moi", "je devais partir en Syrie", assure le principal accusé, au collier de barbe noire. "Je vais finir par accepter". 

Le président Jean-Louis Périès tente d'en savoir plus. "Je suis au courant que de ce que je vais faire moi", maintient l'accusé. "Mon frère (Brahim, futur tueur des terrasses, NDLR), il avait une ceinture, une kalachnikov, je sais qu'il va tirer, je sais qu'il va se faire exploser mais je connais pas les cibles".

"Vous saviez que c'était des terrasses, une salle de concert ?", relance le président. "Non, non", balaie Salah Abdeslam. 

«Humanité»

La cour rappelle qu'il a dit à plusieurs proches qu'il avait failli à sa mission car sa ceinture n'avait pas fonctionné. 

"C'était un mensonge dont je n'ai pas réussi à me défaire tout au long de ma cavale. Alors, je l'ai pris comme une réalité", affirme-t-il. 

Aux autres membres de la cellule jihadiste, il a "honte" de dire la vérité. Mais "j'ai renoncé par humanité, pas par peur", assurera Salah Abdeslam plus tard. 

Il n'a "pas osé le faire, c'est tout", avait dit avant lui son ami d'enfance Mohamed Abrini, qui estime que la ceinture défectueuse est "la version hollywoodienne" de l'histoire. 

Un peu avant 20H00, le président Périès se tourne vers la cour. "On va peut-être arrêter là pour la soirée ..."

Grand sourire dans le box de Salah Abdeslam: "Avec moi, on sait pas à quoi s'attendre. Des fois je parle, des fois je parle pas ...". 

Le président finira par suspendre l'audience une heure plus tard. L'interrogatoire de Salah Abdeslam reprendra jeudi, en deuxième partie d'après-midi.


Les Européens se préparent à riposter aux intimidations américaines, selon Paris

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  • "Quelle que soit la forme des intimidations et quelle que soit leur provenance, nous avons engagé un travail (...) au Quai d'Orsay, pour nous préparer à riposter, à répondre et à ne pas répondre seul" pour être "convaincant et percutant"
  • Selon lui, ce travail aboutira "dans les prochains jours" à un plan qui sera partagé avec les principaux partenaires de la France

PARIS: Les Européens se préparent à "riposter" à toutes formes d'intimidations des Etats-Unis, a déclaré mercredi le ministre français des Affaires étrangères, interrogé sur les intentions affichées de Donald Trump d'acquérir le Groenland.

"Quelle que soit la forme des intimidations et quelle que soit leur provenance, nous avons engagé un travail (...) au Quai d'Orsay, pour nous préparer à riposter, à répondre et à ne pas répondre seul" pour être "convaincant et percutant", a déclaré Jean-Noël Barrot sur la radio publique France Inter.

Selon lui, ce travail aboutira "dans les prochains jours" à un plan qui sera partagé avec les principaux partenaires de la France.

Le ministre a rappelé qu'au-delà du Groenland, Washington avait pris récemment des sanctions économiques contre des personnalités européennes, dont l'ancien commissaire Thierry Breton, engagés pour une stricte régulation de la tech.

"Face à ces marques d'intimidation, nous voulons agir, mais agir avec nos partenaires européens", a souligné le ministre, précisant que cela serait discuté lors d'une réunion avec ses homologues allemand et polonais ce mercredi.

"Nous formons ensemble un triptyque, un trio qui a une capacité d'entraînement sur l'Europe. Et c'est de cette question dont nous allons discuter en même temps", a-t-il ajouté.

Pour Jean-Noël Barrot, en dépit des déclarations de Donald Trump mardi sur les options pour acquérir le Groenland, les Etats-Unis "sont très attachés à l'alliance transatlantique, à l'OTAN".

M. Barrot a en outre fait part d'une conversation qu'il a eue avec le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio, qui lui aurait assuré que Washington écartait une option militaire.

"Il a écarté qu'on puisse imaginer que se produise au Groenland ce qui vient de se produire au Venezuela", a déclaré le ministre français, en référence à la capture par les Etats-Unis du président déchu Nicolas Maduro et aux affirmations du président américain selon lesquelles les Etats-Unis étaient "aux commandes" du pays.

Donald Trump étudie "plusieurs options" pour acquérir le Groenland, y compris "utiliser l'armée", avait déclaré mardi sa porte-parole.

Les Européens avaient affiché quelques heures plus tôt leur soutien à cette immense île arctique, territoire autonome danois.

"Il revient au Danemark et au Groenland, et à eux seuls, de décider des questions concernant le Danemark et le Groenland", avaient déclaré les dirigeants européens, soulignant que le royaume danois fait "partie" de l'Otan comme les Etats-Unis, eux-mêmes liés au Danemark par un accord de défense.

Le Groenland et le gouvernement danois ont, eux, appelé à des pourparlers rapides avec le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, espérant dissiper des "malentendus".


Brigitte Bardot est décédée des suites d'un cancer, d'après son mari

Brigitte Bardot, dont les obsèques sont célébrées mercredi à Saint-Tropez (Var), a été emportée par un cancer, selon les déclarations de son mari à Paris Match. (AFP)
Brigitte Bardot, dont les obsèques sont célébrées mercredi à Saint-Tropez (Var), a été emportée par un cancer, selon les déclarations de son mari à Paris Match. (AFP)
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  • "Elle voulait toujours absolument rentrer à la Madrague", sa célèbre villa de Saint-Tropez où elle est décédée, a ajouté son mari
  • "Et là, c’était plus compliqué, notamment à cause de douleurs dorsales qui ne passaient pas, la faisaient souffrir, l’épuisaient. C’était inconfortable, même lorsqu’elle était alitée"

PARIS: Brigitte Bardot, dont les obsèques sont célébrées mercredi à Saint-Tropez (Var), a été emportée par un cancer, selon les déclarations de son mari à Paris Match.

Icône du cinéma devenue passionaria de la cause animale, B.B. "avait très bien résisté aux deux opérations subies pour soigner le cancer qui l’a emportée", a relaté son mari, Bernard d'Ormale, dans un entretien paru mardi soir sur le site de Paris Match.

Bernard d'Ormale n'a pas précisé de quel type de cancer était atteinte Brigitte Bardot, décédée le 28 décembre à 91 ans.

L'ancienne actrice et chanteuse avait été hospitalisée à deux reprises à l'automne sans que les raisons de sa prise en charge ne soient alors détaillées. Elle avait souffert d'un cancer du sein dans les années 1980.

"Elle voulait toujours absolument rentrer à la Madrague", sa célèbre villa de Saint-Tropez où elle est décédée, a ajouté son mari. "Et là, c’était plus compliqué, notamment à cause de douleurs dorsales qui ne passaient pas, la faisaient souffrir, l’épuisaient. C’était inconfortable, même lorsqu’elle était alitée".

"Cependant, elle a été consciente et soucieuse du sort des animaux jusqu’au bout", a ajouté son mari.

Dans cet entretien à Paris Match, Bernard d'Ormale a aussi précisé les raisons de l'inhumation de Bardot au cimetière marin de Saint-Tropez, alors qu'elle avait souvent exprimé son souhait d'être enterrée à La Madrague.

"Il y a quelques années, elle s’est rendu compte que ce ne serait pas gérable pour la mairie... Imaginez les processions de touristes s’agglutinant le long de l'étroit sentier littoral. (...) Brigitte s’était donc résignée à renoncer aux démarches, acceptant l’idée de rejoindre le caveau où se trouvent ses parents, qu’elle adorait, au cimetière marin", a détaillé M. d'Ormale.

Les obsèques, organisées mercredi à Saint-Tropez, se feront "dans la simplicité", avait détaillé à l'AFP Bruno Jacquelin, directeur des relations publiques de sa Fondation dédiée à la protection des animaux, le combat de sa vie.

La cérémonie religieuse, sur invitation, doit débuter à 11H00 à Notre-Dame de l'Assomption, petite église du XVIe siècle.

La célébration sera retransmise devant la mairie pour les riverains, ainsi que sur le port et la place des Lices, dans le centre du village.


Neige: interruption de service de tous les bus à Paris et en Ile-de-France

Tous les bus parisiens et franciliens ont progressivement cessé leur service mercredi matin vers 07H00, en raison de la reprise des chutes de neige sur la région, et retournent dans leurs dépôts, ont annoncé Ile-de-France Mobilités (IDFM) et la RATP. (AFP)
Tous les bus parisiens et franciliens ont progressivement cessé leur service mercredi matin vers 07H00, en raison de la reprise des chutes de neige sur la région, et retournent dans leurs dépôts, ont annoncé Ile-de-France Mobilités (IDFM) et la RATP. (AFP)
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  • Dans un communiqué envoyé en début de matinée, la RATP indique avoir décidé, "pour des raisons de sécurité", la suspension progressive de l'exploitation de l'ensemble des lignes de bus
  • Pour le moment, les lignes de tramway ainsi que les RER A et B fonctionnent normalement

PARIS: Tous les bus parisiens et franciliens ont progressivement cessé leur service mercredi matin vers 07H00, en raison de la reprise des chutes de neige sur la région, et retournent dans leurs dépôts, ont annoncé Ile-de-France Mobilités (IDFM) et la RATP.

Dans un communiqué envoyé en début de matinée, la RATP indique avoir décidé, "pour des raisons de sécurité", la suspension progressive de l'exploitation de l'ensemble des lignes de bus, "et ce jusqu'à ce que les conditions de sécurité soient à nouveau réunies".

Pour le moment, les lignes de tramway ainsi que les RER A et B fonctionnent normalement.

Les bus "sont progressivement rappelés au dépôt pour des raisons de sécurité. A trois centimètres de neige, ils peuvent circuler, mais avec plus de trois centimètres, ça commence à être compliqué", a déclaré le ministre des Transports Philippe Tabarot sur CNews mercredi matin.

IDFM invite de son côté "tous les voyageurs à vérifier le fonctionnement de leurs lignes de transport avant de quitter leur domicile. Toutes les informations sont mises à jour en temps réel sur les applications de mobilités et les comptes X des lignes".

Neige et verglas touchent mercredi matin le nord et l'ouest de la France, un phénomène d'une "ampleur rare dans le climat actuel" selon Météo-France, qui doit entraîner d'importantes restrictions sur les routes et dans le transport aérien.